- , -

September 2014

1,2,3 Bruxelles ! Ou comment être un touriste dans sa ville (1)

« Alors, tu as trouvé ton chemin ? »

Je vois les sourires se peindre sur les visages des complices du week-end. C’est qu’il m’a fallu deux minutes pour rejoindre le point de rendez-vous : l’Ibis Sainte-Catherine. Mes petits copains et moi-même sommes conviés à un week-end de redécouverte de notre bonne vieille capitale, et ça commence par mon fief : le quartier Sainte-Catherine où un guide de Visit Brussels va nous régaler de faits et d’anecdotes.

Bruxelles médiévale: la Porte Noire

Et quoi de mieux que de commencer par ce qui est l’un des plus beaux quartiers de Bruxelles puisque c’est ici qu’on y trouve un des plus anciens vestiges du Bruxelles médiéval : la Tour Noire ! C’est tout ce qui reste du premier mur d’enceinte. Au XIIe siècle, Bruxelles était devenue assez importante que pour avoir besoin d’une protection… mais bien qu’elle soit toujours debout, elle n’est pas tout à fait originale. Regardez bien la maçonnerie et la toiture : celles-ci ont été reconstruites selon l’idée d’un architecte commandité par le bourgmestre Charles Buls, un passionné du Moyen-Âge.

Il ne reste rien grand chose de cette époque à Bruxelles, mais l’on peut trouver d’autres vestiges assez imposants comme la Tour Anneesens au Boulevard de l’Empereur ou la très romantique Tour de Villiers, bien cachée de l’autre côté du Boulevard de l’Empereur. Là, c’est tout un pan de mur qui nous est parvenu plus ou moins intact.P1190991

P1190996

Begin the biguine

De là, nous passons à la Place du béguinage… « Alors les béguines, on les imagine comme des petites bonnes vieilles qui font de la broderie et qui posent pour les touristes japonais à Bruges, mais la vérité est bien différente ». Les béguines de Bruxelles étaient une vraie force, surtout économique, sur laquelle il fallait compter. Car si les béguines faisaient vœux d’obéissance et de chasteté, elles étaient loin de faire vœux de pauvreté. Pendant plusieurs siècles, ces dames ont vécu dans un véritable village dans la ville avec leur organisation interne, bâtissant la fortune du béguinage sur le commerce du drap et attisant la jalousie. Elles auront même le titre glorieux d’avoir organisé la première gréve de la ville de Bruxelles! Finalement, la sécularisation et l’agrandissement de Bruxelles aura raison des béguines. Il fut entièrement rasé au XIXe siècle. Ne subsiste plus que quelques tracés de rue et la belle église baroque de Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage connue pour être une refuge pour les demandeurs d’asiles depuis la fin des années ’90.

P1190998

Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage

P1200002  P1200014

Vers la fin de son histoire, les petites maisons des béguines servaient de home pour « les indigents » qui furent déplacés au « Grand hospice » construit sur les lieux même du béguinage. Connu sous le nom de l’Institut Pachéco, il est toujours actuellement un home pour personnes âgées. Lorsque l’on regarde une carte de la ville de Bruxelles, on aperçoit un énorme « trou » ce donne une idée de la taille de l’Institut! Et quel contraste avec le baroque de l’église Saint-Jean-Baptiste. Ici, ce sont les lignes droites du style né-classique qui règnent, tout à fait adapté à ce qu’était le lieu à l’époque: un endroit où on venait mourir.

Même s’il s’agit d’un home, on peut facilement le visiter pendant les heures d’ouvertures. Tout y est calme, reposant, un peu sévère… mais au moins, les dortoirs d’antan ont laissé place aux chambres individuelles. Mon endroit préféré au Pachéco, est sans doute le café du home. Un vrai café spécialement pour les pensionnaires qui ressemble à un vrai débit de boisson du temps jadis. Avec pompe à bière!

Détail amusant : l’Institut Pachéco est le lieu d’un « faux en écriture » (dixit notre guide). Dans le grand hall, on trouve deux plaques commémoratives racontant l’origine du Pachéco et la construction du Grand hospice. On renseigne que « Sous le règne de Léopold Ier l’ancien hospice Pachéco situé près de la Porte de Schaerbeek ne répondant plus, vu son état de dégradation, aux intentions de la fondatrice, le conseil général d’administration des hospices et secours de la ville de Bruxelles a fait construire cet édifice. » avec la date de 1935. Eh bien non! La vérité vous est révélée par deux fois! L’une sur une plaque en latin mentionnant la date de 1826… et Guillaume Ier d’Orange, roi des Pays-Bas… et à cette époque des Belges! Un si bel ouvrage ne pouvait pas avoir été décemment commandé par les vils occupants hollandais! A la sortie du Pachéco, une autre plaque remercie le directeur des travaux, avec la même date de 1826. Pas très subtil de la part de ceux qui voulaient refaire l’histoire.

Un endroit insolite et très peu connu, à visiter absolument!

P1200019 P1200015

Bruxelles, ville maritime et le Quartier Sainte-Catherine

Pour revenir vers le centre ville, nous passons le long des anciens quais. Avant les travaux de voûtement de la Senne et des grands canaux, le port de Bruxelles, c’était ici! Un canal reliait directement Bruxelles à l’Escaut, et plus loin, la mer. En bas de chez moi, j’y aurai trouvé la Senne, et à la place de l’église Sainte-Catherine, un bassin plein de barques! Mais les plus grand bassins étaient un peu plus loin, derrière l’église, dans ce qui est maintenant un des espaces les plus ouverts Bruxelles. Deux bassins et le nom des rues en rappellent les origines maritimes: Quai du bois à bruler, Quai aux briques, Quai à la houille… les noms des rues, quelques bâtiment aussi comme le rue du chien marin ou la maison du cheval marin (une traduction littérale du flamand pour « phoque » et « hippocampe ») et une immense barre à roue qui fut déterrée lors d’une fouille et installée comme commémoration du passé maritime du quartier. Ne la cherchez pas tout de suite, elle est en cours de restauration!

L'ancien quartier des ateliers, à côté de l'ancie port de Bruxelles

L’ancien quartier des ateliers, à côté de l’ancie port de Bruxelles

P1190994

L’envers de l’église Sainte-Catherine

La matinée se termine par un petit apéritif au bar de l’Ibis Off Grand Place, qui a le bon goût d’avoir gardé l’esprit d’un café bruxellois (excellent pour suivre les indications de la carte “beer-hopping” qui propose 11 bières de choix (1 pour chaque province et pour Bruxelles). En 2 minutes, nous rejoignons la Grand-Place pour aller déjeuner dans un un restau qui devrait être dans tous les plans des Bruxellois (surtout s’ils font visite leur ville): t’ Kelderke. Ce petit restaurant est situé dans une cave d’une des maison qui forme l’ensemble de la Maison des Ducs de Brabant. Au menu : spécialité belge, non peut-être? Salade liégeoise (avec des lardons à tomber), carbonnade flamande, steak frite (de boeuf ou de cheval) et bien entendu, l’inévitable stoemp, LE plat bruxellois par excellence. Si vous avez de la chance, vous trouverez une place sur la miniscule terrasse sinon, n’hésitez pas à vous installer dans cette petite cave. Vous sortirez repus avec un portefeuille quasi intact.

A suivre…

P1200025

Apéro typiquement bruxellois: salami, fromage, sel de céleri et moutarde!

P1200039

P1200030Le stoemp

Pour aller plus loin

En fouillant les internetz pour en savoir plus, je suis tombée sur deux ouvrages qui reviennent sur l’histoire des quartier du Béguinage et de sainte-Catherine… A lire!

Cette jolie ballade à Sainte-Catherine est faite en collaboration avec Ibis et Visit Brussels pour la ballade, mais les opinions de l’auteure lui reste bien entendu propre.

#thailandBFF : Cours de cuisine thaï à la Baipai Thai Cooking School
Roadtrip en Afrique du Sud : la Garden Route – Jour 2: Knysna, Wilderness, Mossel Bay




  1. Lucie
    le 23.06.2017

    C’est sympa cette idee de revisiter sa ville, c’est vrai que quand on vit quelque part on fait beaucoup moins attention a ce qui nous entoure, on s’habitue quoi. C’est un peu dommage.

  2. Melissa
    le 23.06.2017

    Mais toi tu fais régulièrement l’effort de te balader à côté de chez toi! Et je dois dire que même si je connais plutôt bien mon quartier et son histoire, j’apprends et je découvre encore à chaque fois. Je suispassée tant de fois à côté de la porte noire, sans jamais aller voir “l’intérieur” de la tour. Et le coup du “faux en écriture”, hilarant!

  3. Rachel
    le 23.06.2017

    Très intéressante cette présentation de la ville. Je suivrai vos bons conseils si jamais je me rends à Bruxelles. Le quartier des Béguines m’intéresse tout particulièrement.

  4. This is Belgium
    le 23.06.2017

    très contente de découvrir ce super blog!
    greetings
    anni

  5. Melissa
    le 23.06.2017

    Merci Anni, tes clichés du quotidien du Plat Pays sont pas mal non plus, très poétiques!