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January 2011

Le Cap Express: 5e arrêt, Robben Island, le vent et ce qui arrive dans les bars! The Cape Express: 5th stop, Robben Island, the wind and what happens in bar!

Cape Town: Robben Island

Pour le moment, toutes ces visites à travers le Cap avaient un petit goût de légèreté… Pourtant, cela fait à peine 20 ans que l’apartheid fut aboli et que la prison de Robben Island ferma définitivement ses portes. Comme le vent qui bat Cape Town depuis deux jours a un peu baissé, les bateaux pour l’île ont repris leur ballets On distingue a peine Robben Island depuis le V&A Waterfront tant l’île est plate. Le ticket d’embarcation en main (attention, les réservations à l’avance en ligne sont HAUTEMENT recommandées), je fais la file et attend le ferry avec le sentiment d’avoir rendez-vous avec l’histoire. Robben Island, c’est la prison où furent envoyés les grands noms de la lutte anti-apartheid: Govan Mbeki, Walter Sisulu, Billy Nair, Jacob Zuma, l’actuel président sud-africain) et le plus célèbre d’entre tous: Nelson Mandela.

Cape Town: Robben Island

Nous montons enfin à bords du bateau sous un ciel impeccablement bleu. J’essaie de me mettre dans la peau des anciens prisonniers… voir le Cap s’éloigner petit à petit. Penser sans doute que la route qui mène à l’exil et au barreau est belle puis de sentir le désespoir grandir en apercevant la jetée de Robben Island. Une petite heure plus tard, nous sommes arrivés et une voix venue d’un haut-parleur nous demande de nous diriger vers un bus. Le système est bien rodé! Me voilà donc confortablement installée pendant que notre guide (tous sont d’anciens prisonniers), nous prend en charge pour faire le tour de l’île. Pendant le cours de la visite, il demandera à tout le bus d’où les passagers sont originaires. Et notre guide de sortir une anecdote de comment nos pays ont participé à leur combat. Je ne connaitrais pas son nom… sauf qu’il n’était pas membre de l’ANC et qu’il a passé du temps à récolter des fonds pour la lutte anti-apartheid. Devant une petite maison entourée de barbelés, notre guide se fait sérieux et nous raconte alors l’histoire de Robert Sobukwe dont le gouvernement avait voulu faire un exemple. Estimé extrêmement dangereux, Sobukwe fut mis en isolation complète, sans possibilité de communiquer, ni même avec les gardiens. Après trois ans de ce traitement, il fut envoyé en exil intérieur ayant presque perdu la capacité de parler. La plupart des autres prisonniers, eux, étaient employés dans une mine. Mine qui allait devenir un vrai auditoire d’université à ciel ouvert puisque c’est là que les prisonniers complétèrent leur éducation. Après le tour de l’île, le bus nous dépose à l’entrée de la prison même et nous laisse entre les mains d’un autre guide. Celui-ci est plus grave, plus triste. Il nous fait signe de le suivre et nous voilà traversant la grande allée qui mène à la prison. Je me sens imperceptiblement courber l’échine. Nous entrons.

Cape Town: Robben Island

Les couloirs étroits et gris sont entourés de cellules minuscules. Une seule est « emménagée » à l’identique : celle du « Camarade » Mandela. Une natte et un paquet de couvertures posés à même le sol, une petite table avec une gamelle et un gobelet en fer et une poubelle, voilà ce qui meuble l’intérieur de la cellule de celui qui deviendra le premier président noir d’Afrique du sud. Nous visitons le reste du bâtiment silencieusement. Notre guide nous ouvre une petite porte et nous laisse sortir. J’ai l’impression de mieux respirer. Une demi-heure plus tard, je reprends le ferry pour le Waterfront.

Le vent a recommencé à souffler et l’accès à Table Mountain est à nouveau fermé… Tant pis : j’appelle un « Rikkis » pour m’emmener à nouveau à Camps Bay. Le « rikkis », c’est un taxi collectif. Il vous emmène là où vous le voulez mais il faut l’appeler, patienter et partager le taxi avec d’autres passagers. Avantage : les prix sont moitié moins chers que les taxis et on fait connaissance avec les autres passagers !

Cape Town: Camps Bay
Le soleil est éclatant mais le vent souffle tellement que le sable vient vous fouetter la peau avec force. J’ai l’impression de me faire poncer la peau. Pas questions de se balader ou de bronzer sur le sable. Heureusement, les petites pelouses directement derrière la plage permettent de se détendre à l’abris du sable. Mais à toute chose malheur est bon : L’Océan est agité et l’écume est projetée tellement fort dans les airs que des petits arcs-en-ciel se forment au-dessus de l’eau. Après le coucher du soleil, je prends un mini-van collectif pour rentrer vers le centre. C’est le moyen le moins cher et le plus courant partout en Afrique. Les deux seules choses à connaître, c’est où se trouvent les arrêts et quels sont les itinéraires. Mon petit conseil ? Rendez-vous au coin de Long Street et de Strand Street ou bien au croisement de St-George’s Mall de Strand. C’est d’ailleurs au premier des croisements que me dépose le chauffeur et je rejoins le « Café Mojito ». Il est 19 heures et le bar est déjà plein. Je m’assieds au comptoir, commande… un mojito (histoire de voir si le bar mérite son nom) et alors que je m’apprête à sortir mon iPhone pour vérifier s’il y a du wi-fi, une voix me dit : « Qu’est-ce que tu vas faire avec ton portable ? Et un gros bouquin ? Tu vas lire ? Tu es dans un bar, ‘faut parler aux gens ». Je trouve devant moi un grand gars souriant qui tire son siège près du mien, amène un pote et entame la conversation. Mes nouveaux amis sont Zimbabwéens… et experts en bières belges. Je suis sur le cul. Après la comparaison entre l’Orval et la Tripel Westmaele, la conversation embranche sur leur pays. Un de mes interlocuteurs tente de me faire comprendre que Robert Mugabe n’est pas un si mauvais dirigeant que çà… « Mais pourquoi tu as émigré ici alors ? ». « Je pensais que j’aurai de meilleures opportunités en Afrique du sud. Finalement, je me retrouve au même point que quand je suis arrivé. Et retourner les mains vides, jamais ! ». Pendant ce temps-là, un troisième ami, Sud-africain cet fois, écoute d’un air distrait ou ennuyé. Je ne sais pas si c’est parce qu’il a entendu cent fois ce discours ou si il en assez d’entendre l’Afrique du sud malmenée par ses deux copains. Deux heures plus tard, je quitte le bar l’esprit léger mais riche d’une autre réalité.

Cape Town: Robben Island

For now, all these visits throughout Cape Town had a small taste of lightness … Yet it’s been barely 20 years since apartheid was abolished and the Robben Island Prison closed its doors and today, I was going to visit it. As the wind that’s been blowing over Cape Town for two days eased slightly, boats to the island resumed their ballets. From the V & A Waterfront, Robben Island is hardly distinguishable as the island is rather flat. My ticket in hand (note that advanced reservations – online – are highly recommended), I’m queueing for the ferry with the feeling of having an appointment with history. Robben Island is the prison where big names of the anti-apartheid struggles were sent to: Govan Mbeki, Walter Sisulu, Billy Nair, Jacob Zuma (the current President of South Africa) and the most famous of all: Nelson Mandela.

Cape Town: Robben Island

After 20 minutes, we climb aboard the ferry beneath a perfectly blue sky. I put myself in the shoes of former prisoners … Like them, seeing Cape Town gradually fading away. Thinking perhaps that the road to exile and being locked up is ironically beautiful and finally, feeling despair growing up as the pier on Robben Island gets closer and closer. An hour later, we arrived and a voice from a speaker ordered us to move towards a bus. Seems like their system is working well! So here I am sitting comfortably while our guide (all guides on Robben Island are former prisoners), will show us around the island. During the course of the visit, he will ask all the passengers where they are coming from and tells a story of how our countries have participated in their fight. I will not know his name… just that he was not a member of the ANC and he spent time fund-raising for anti-apartheid movements. Before a small house surrounded by barbed wire, our guide turns serious and then tell us the story of Robert Sobukwe, whom the government had wanted to make an example. Considered extremely dangerous, Sobukwe was put into complete isolation in this cabin, with no possibility to communicate, even with the guards. After three years of this treatment, he was sent into internal exile in Kimberly, having almost lost the ability to speak. Most other prisoners were employed in a mine. The mine was to become a real open-air university because that is where the prisoners perfected their education. After the island tour, the bus drops us off at the entrance of the prison itself and leaves us in the hands of another guide. This one is more serious and looks sadder. He asks us to follow him and we are walking the main alley leading to the prison. I feel my head imperceptibly bowing down. We enter.

Cape Town: Robben Island

The narrow and gray corridors are surrounded by tiny cells. One is set up exactly like it was 20 years ago: that of  “Comrade” Mandela. A mat and a bunch of blankets laid on the floor, a small table with a iron bowl and cup and a trash can are the only furniture inside the cell that was “home” to the one who will become the first black president of South Africa south. We visit the rest of the building quietly. Our guide opens a small door and leave us out. Somehow, I’m breathing a little better. Half an hour later, I take the ferry back to the Waterfront. The wind began to blow again and access to Table Mountain is closed… Too bad! I call a “Rikkis” for taking me back to Camps Bay. The “rikkis” is a collective taxi. It takes you wherever you want but you have to call it, wait and share the taxi with other passengers. Advantage: the prices are half cheaper than taxis and you get a chance to chit-chat with the other passengers!

Cape Town: Camps Bay

The sun is shining but the wind blowing the sand so hard it just whips the skin with force. I feel like my whole body is being sanded. Strolling or sunbathing is out of the question! Fortunately, small lawns directly behind the beach is provide a shelter from the sand and I can spend a few hours relaxing. The silver lining of all this: The ocean is stirred by the wind and foam is sprayed into the air so strongly that small rainbows are forming over the water. After sunset, I take a mini-van to return to the city center. This is the least expensive and most common transportation all across Africa. The only two things to know is where the stops are and what are the routes. My little advice? Go at the corner of Long Street and Strand Street or at the junction of St George’s Mall and Strand. The driver drops me off at Long Street and I decide to stop at the “Café Mojito“. It is almost 8pm and the bar is already full. I sit at the counter, order… a mojito (just to see if the bar is worthy of to carry the name) and while I’m about to get my iPhone to check if there is a wi-fi network, a voice said: ” What you gonna do with your cellphone? And this big book? You’re going to read? You’re in a bar, talk to people. ” I found a tall guy before me smiling. He pulls his seat close to mine, calls a buddy and starts the conversation. My new friends areZimbabweans… and experts in Belgian beers. I’m really surprised. After the comparison between Orval and Tripel Westmaele, the conversation takes a turn to their country. One of my interlocutors attempt to make me understand that Robert Mugabe is not such a bad after all. “But why did you emigrate here then?” “I thought I’d have better opportunities in South Africa. Finally, I find myself at the same point as when I arrived. And return empty handed, never! . During that time, a third friend, a South African, was listening, looking a bit distracted or bored. I do not know if it’s because he has heard this speech a hundred times before or if he was tired of hearing his two buddies complaining about South Africa. Two hours later, I left the bar with a strange feeling of levity but also rich in the knowledge of another reality.

Le Cap Express, 6e Arrêt: Des pingouins et du surf The Cape Express, 6th stop: Pinguins and Surfers
Photo de la semaine - 7 : the Great Salt Lake, UtahPicture of the week - 7: the Great Salt Lake, Utah




  1. Tweets that mention Le Cap Express: 5e arrêt, Robben Island, le vent et ce qui arrive dans les bars! | Mel Loves Travels -- Topsy.com
    le 21.12.2014

    […] This post was mentioned on Twitter by Mélissa M., Mel Loves Travels. Mel Loves Travels said: Ce matin, sur le blog: "Le Cap Express: 5e arrêt, Robben Island, le vent et ce qui arrive dans les bars!" @ http://ow.ly/3N5xs […]

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