Dernier jour en Moldavie ! Ce matin, c’est grasse matinée ! Après près de 2 semaines d’horaires à respecter et de réveils obligatoires, j’ai décidé de me la couler douce et de simplement profiter du soleil, du shopping et des parcs de la ville.

Seule (et belle) obligation : j’ai rendez-vous en début d’après-midi avec Kristina, Couchsurfeuse qui a répondu à mon appel de voyageuse solitaire. Mais avant notre rendez-vous, je passe chercher des bouteilles de vin au Centre commercial en face de l’hôtel… Je ne pouvais rentrer à la maison sans ramener ce qui fait la gloire de la Moldavie!

Deuxième arrêt : « UNIC ». Unic est une espèce d’énorme magasin général. Il devait déjà l’être à l’époque communiste. Dans un bâtiment sans grâce, des tas de petites boutiques sont ouvertes et on y trouve de tout : produits cosmétiques, vaisselle, vêtements, chaussures, bagages, objets de déco… sous la lumière blafarde des néons. Particularités amusante: des escalators vous emmèneront vers les étages supérieurs mais pour descendre, c’est à pied! Les escalators allant vers le bas n’existent pas!

En prenant une rue parallèle à Stefan çel Mare, j’arrive au parc de la cathédrale métropolitaine. En sortant, après une petite promenade, je suis littéralement happée par un flot de jeunes. C’est que l’Académie d’étude économique se trouve sur la Strada Mitropolit Gavriil Bănulescu-Bodoni qui fait le côté gauche du parc. Intriguée, j’entre sur le campus et observe. La chose qui me saute aux yeux : les filles semblent constituer une écrasante majorité des étudiants. En fait, a y bien songer, j’avais déjà eu l’impression qu’il y a avait légèrement plus de femmes dans les rues de Chișinău. Fait réel ou alors le taux d’emploi est plus élevé chez les hommes et comme nous sommes en semaine, ils sont tous enfermés dans leurs lieux de travail ? Il y a de quoi investiguer !

Après une pause repas au Café Régal, il est l’heure du rendez-vous avec Kristina. Elle n’est pas venue seule, avec elle, Gerhard, un jeune Allemand qui commence un contrat dans la coopération. Séduit par un séjour précédant, il a décidé de mettre un an de côté pour le consacrer à aider les autres. Sa mission: aider à tenir une école de devoir pour soutenir la scolarisation de jeunes ados. Kristina quant à elle, avec ses traits fins et ses tresses blondes nouées sur sa tête, est vraie icône russe. Elle fait partie de la minorité russe de Moldavie. C’est une toute jeune fille curieuse qui cherche encore sa voie et commence à découvrir ce que le monde peut lui offrir.

Au lieu d’aller au Botanique, tous les deux décident de m’emmener me balader dans un autre parc, le Dendrariu. Pour y entrer, il faut s’acquitter de quelques lei mais ce parc immense contient des étangs, une roseraie… et l’inévitable wi-fi gratuit ! En se promenant dans les allées, Gerhard raconte sa visite au Le Musée National d’Ethnographie et d’Histoire Naturelle de Chisinau. Kristina y a une amie et elle a organisé une petite visite pour Gerhard et une paire d’autres copines. « C’était intéressant, mais un peu triste… Le musée est assez vieillot et il n’y avait personne d’autre que nous. Déprimant, en fait ! » Un peu comme si ce musée était oublié. Il n’y a pas assez de touristes visitant la Moldavie et soit les Moldaves ne s’y intéressent pas, soit ils n’ont pas les moyens à consacrer à une visite. Après la ballade, Gerhard rentre chez lui car le lendemain sera son premier jour de boulot et Kristina et moi allons manger à la « Piacinte », une chaîne de restaurants de cuisine moldave. Je laisse Kristina choisir : Mamaliga (une sorte de polenta commune aux roumains et Moldaves et des piacinte, sortes de  qu’on peut fourrer sucré ou sale (les miennes étaient à la cerise) et comme boisson, du vin moldave et… de la compot, boisson prisée en Russie et toute l’Europe orientale qui est une sorte d’eau où se sont infusés des fruits. Pas désagréable du tout.

Kristina m’explique un peu sa vie… Elle a étudié la comptabilité mais finalement, a réalisé qu’elle n’est pas faite pour ça et s’interroge sur son futur. Bien que Moldave, elle ne parle quasi pas le Roumain, le Russe étant encore une lingua franca entre toutes les composantes de la mosaïque moldave. Tournée vers les autres, avec Couchsurfing, elle a commencé à voyager, en Russie et en Ukraine et bien que Russe, la « Mère Russie » ne l’a pas séduite. Selon elle, Mourmansk est déprimante et les Russes de Russie, désagréables. Elle préfère les rues de Kiev et le caractère plus enjoué des Ukrainiens. Pour le moment, elle n’a pas encore mis les pieds en Europe occidentale, surtout à cause des démarches de visa à obtenir et un peu à cause du coût. Je n’ai pas osé lui demander mais après information, le salaire moyen à Chișinău serait de 187 Euros!  Je la questionne sur la situation économique et politique de la Moldavie. Ce n’est pas son fort mais comme pas mal de ses concitoyens, elle a perdu toute confiance dans le système politique à cause d’une longue crise dans l’élection du président de la république. Depuis 2009, les présidents ne le sont que par intérim! Cela ne fait que renforcer les nostalgiques du communisme, surtout chez les Russophones, le temps où tout le monde travaillait et où les retraités recevaient leurs pensions.

Mais la Moldavie tient à son destin européen. Notre bannière bleue étoilée, je l’ai vue flotter dans le ciel de Chișinău, comme un fanion d’espoir. Quelle cruelle ironie alors que vivant l’Union de l’intérieur, j’ai plutôt l”impression que tout part en déliquescence.

Et pourtant, face à cette envie, je retrouve le même sentiment éprouvé il y a 15 ans, lors de mon premier voyage en Roumanie. L’envie de rassurer et de dire que oui, la route sera difficile mais que Kristina et ceux de sa génération ont la chance inouïe de façonner ce que sera leur pays. Ce n’est pas rien.

 

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