- Rio de Janeiro , Brésil -

December 2015

#MelDoestheWorld : Rio de Janeiro, en balade à Copacabana, Ipanema et le Centro

Il fallait que je revoie Copacabana, ce morceau de plage mythique… J’avais besoin de voir la mer, ce grand analgésique, pour me remettre de mes émotions. Maintenant que mes problèmes étaient temporairement réglés, je pouvais enfin démarrer la première d’une suite de longue visite : une ballade de Copacabana vers Ipanema me semblait indiquée. Direction le métro. Copacabana possède 3 stations, toutes situées à deux pâtés de maisons de la plage. Comme il est déjà tard, je choisis de descendre à la dernière : Cantagallo. Un coq jaune me salue à la sortie en même temps qu’une météo mi-figue, mi-raisin. Le soleil brille encore un peu mais les nuages ne font que s’amonceler. Ce n’est pas celà qui va ralentir l’activité sur Copacabana. C’est tout Rio qui défile ici. On court, on y fait du vélo ou du roller, des monsieurs muscles utilisent les installations d’exercices qu’on peut trouver le long de la plage, les gamins s’amusent dans les vagues. Les matrones qui sont souvent à la tête des stands de location de parasols/transat surveille les allées et venues tandis que leurs employés font des va-et-vient entre les clients, avec une bière ou un cocktail pour les rafraîchir. Les vagues grondent sourdement, bien plus que notre bonne vieille Mer du Nord. Ici, c’est l’Atlantique, on ne rigole pas !

Une fois arrivé à Arpoador, on se trouve devant le Fort de Copacabana qui « ferme », la vue est imprenable ! On peut y admirer cette plage parfaite, avec le Pain de Sucre et l’Océan pour horizon.

Ipanema est de mauvaise humeur

Mais l’un des endroits préférés des Cariocas, se trouve de l’autre côté de l’Arpoador, avec ce que beaucoup considère comme le plus joli coucher de la ville : celui de la plage d’Ipanema. Tous les soirs, vois verrez des dizaines de personnes rassemblées sur le rocher pour admirer le spectacle… mais le temps de faire le contourner le fort (trop tard pour le visiter), et le ciel s’est bien voilé. Les sommets de la montagne où se situe la forêt de Tijuca sont à peine visibles ! Dans un ciel tourmenté, le soleil laisse échapper quelques rayons, comme de longs doigts lumineux qui descendent vers nous, pauvres humains. Le vent commence à se lever et la plage devient déserte. Je décide de rentrer aussi, le lendemain me réserve de sérieuses explorations.

Le Centro de Rio, comme un petit air de vieille Europe

Ca fait la deuxième fois que je visite Rio mais à part la Cathédrale Métropolitaine, je n’avais jamais exploré le Centro, le vieux centre de la ville. Je m’arme donc de mon guide et de bon matin, reprends le métro, pour descendre à la station « Cinélandia », le surnom que les Cariocas ont donné à la Praça Floriano, un grand espace public qui pourrait nous faire croire revenus en Europe, à Paris, pour être précise. Dominant la place, on trouve le Theatro Municipal, il semble avir été doré de neuf. D’ailleurs, ce n’est pas le seul qui se soit refait une beauté. La Bibliothèque nationale aussi est en cours de rénovation. Même à travers les rideaux et échafaudage, on voit bien que l’édifice est impressionnant ! On peut d’ailleurs le visiter (avec un guide obligatoire) mais rien ne vous empêche d’aller jeter un œil au foyer.

Juste à gauche de la bibliothèque, vous trouverez une petite rue (la rua Pedro Lessa) où se tient un petit marché pour les amateurs de musique. Les amateurs de vinyles seront comblés, et leurs discothèque aussi (tous les classiques de la musique brésilienne sont là).

Le calme dans la tempête urbaine

Je reviens sur mes pas, et traverse la Ave 13 de Maio pour rejoindre le Largo Carioca, une grande place pleine de vie. Elle n’est pas spécialement jolie mais il s’y passe plein de choses ! Au milieu de la place, on y trouve un petit parc, avec un marché au milieu. Juste avant d’entrer dans le parc, je tombe sur un stand de dessert bahianais. Je ne résiste pas ! Par l’odeur de la noix de coco alléchée, je m’achète une bonne part de gâteau dont le gras ne tarde pas à transpirer de l’emballage. C’est délicieux… et une bouchée me fera tenir jusqu’au soir ! Surplombant la place, se trouve le plus ancien édifice religieux : l’Igreja de São Francisco da Penitência. C’est en fait carrément une espèce de couvent. On peut y accéder par un escalier ou un ascenseur (j’ai choisi la 2e solution). Si vous prenez l’ascenseur, vous pourrez voir dans le couloir des dessins qui représente Rio au fil des âges. Depuis le temps où les Portugais n’étaient pas encore arrivés, jusqu’à aujourd’hui. La transformation est saisissante. On dirait qu’à chaque grand époque, tout ait été rasé pour faire place au neuf. Une espèce de bruxellisation avant la lettre. C’est particulièrement brutal au XIXe siècle, où il semble ne plus rien rester des bâtiments coloniaux, et aux XXe siècle où d’horribles bâtiments sans âme, notamment les deux tours Petrobras, ont complètement défiguré l’urbanisme.

Au sein de l’église, on trouve ici un peu de répit après l’agitation de la place. Quelques personnes se recueillent… j’essaie de prendre quelques photos discrètement car l’intérieur baroque en vaut la peine. Depuis le parvis, la vue est imprenable sur la place !

Délice, shopping et religion

La prochaine étape, sera un petit « caffezinho » à l’un des plus jolis cafés (et aussi les plus fréquentés) de Rio : la Confeitaria Colombo, à l’intérieur d’un Art Nouveau extravagant. On peut y prendre un déjeuner, mais la file est plutôt longue.

De là, on peut rejoindre la Praça Tiradentes, un espace assez imposant avec une fontaine centrale représentant les grands fleuves du Brésil. J’ai trouvée un peu solennelle et inhospitalière et ai préfère aller perdre dans les petites rues commerçantes du centre. Nous sommes vendredi après-midi et il semble que tout Rio soit venus faire son shopping ! Une foule de petites boutiques se suivent, les unes après les autres, dans de vieilles bâtisses du XIX-XXe siècles, qui semblent avoir connus de meilleurs jours. C’est sans doute ce mélange de grandeur et décadence qui fait le charme du vieux centre de Rio… et le fait qu’on puisse être au plus près des Cariocas, même si on ne les comprend pas. Le plus beau morceau de rue est sans doute la Rua do Lavradio, traditionnellement la rue des antiquaires (ils sont toujours là), on y trouve d’agréables boutiques et des cafés qui incitent à venir un passer un moment de farniente… mais l’heure tourne… car si le Centro est plein de vie pendant la journée, il se vide le soir, après le traditionnel « after-work » et il ne fait pas bon y traîner. Depuis la fin de la Rua do Lavradio, on peut rejoindre la Cathédrale métropolitaine de São Sebastião, un des édifices les plus étrange de Rio. A la fois pyramide inca et vaisseau spatial, on ne peut pas dire que ce gros machin en béton soit vraiment belle à l’extérieur. Elle a même mal vieilli mais les magnifiques vitraux qu’on y trouve à l’intérieur rachètent beaucoup.

After-work à la mode carioca

Mais la cathédrale ferme justement (juste avant 17 heures), je me dirige donc vers les Arcs de Lapa, avec un peu de chance, vous verrez le Bonde, le petit tram qui traversera son sommet et qui fait le lien entre le quartier de Santa Teresa et le Centro.

A partir de là, je décide de rejoindre mon point de départ, la Praça Floriano, pour rejoindre les Cariocas qui prennent l’apéritif. Les cafés sont bondés, mais je déniche une place au Café Amarellinho (qu’on ne peut pas louper avec son enseigne jaune). Enfin, la première « choppe » (à prononcer « choppi ») du voyage. Je peux prendre un peu de temps pour moi… avant d’être rejoins par un groupe de Québecois, tous au dessus de la cinquantaine, et qui terminent ici un voyage de bénévolat à travers l’Amérique latine, tout contents d’être à Rio. Ils seront ma première rencontre de voyage, en espérant qu’il en aient beaucoup d’autres !

Pour aller plus loin

Visite du Teatro Municipal : Du mardi au vendredi: 12h, 14h, 15h et 16h – samedi et jours fériés 11h, 12h et 13h – 10,00 Reals le tour complet, 5,00 Reals pour la moitié du tour.

Les amateurs de Musées pourront visiter Museu Nacional de Belas Artes, situé Ave Rio Branco, juste à côté du Theatro Municipal.

Sur la Rua Carioca en venant de la Praça Tiradentes, regardez bien et vous trouverez la minuscule Rua do Verde où se sont réfugiés tous les fleuristes du quartier. C’est comme une mini-jungle dans un passage urbain.

Sécurité : Vous balader dans le Centre pendant la journée n’a rien de spécialement dangereux (en tout pas plus que dans les autres grandes villes du monde, attention aux pickpockets) par contre, à la tombée de la nuit, le Centro se vide et là, les ennuis peuvent commencer surtout dans le coin des Arcs.  On n’hésitera donc pas à utiliser un taxi!

 

 

#MelDoesTheWorld : la surprise Santiago du Chili - 1e partie
#MelDoesThailand, Saison 5, épisode 3 : Koh Mak