Il y a presque deux ans, je découvrais ma première belle scandinave: Stockholm… En solitaire, j’avais profité  de bon deal du week-end de Pâques pour parcourir ses rues et ses îles. Avant de vous relater mon retour dans la capitale suédoise le week-end dernier, cette fois en compagnie d’une amie, un petit flash-back!

Débarquée à la Centrale de bus à près de 22h30, je découvre une zone en travaux et de larges rues au décor XIXe siècle.  Je retrouve le sentiment grisant d’être un perdue. Celle d’être débarquée dans un lieu inconnu, avec, si j’y ai pensé, une carte pour me diriger et mon air le plus avenant pour demander mon chemin. Après avoir tourné dans le quartier, je trouve enfin mon hôtel: le Nordic Sea. Lui, se la joue lounge et chic. Une compile “Hôtel Costes” énième numéro tourne en fond sonore, le mobilier minimaliste mais confortable est stratégiquement placé et des poissons exotiques glissent comme des fantômes dans leur aquarium géant. Ma chambre, elle n’a pas de fenêtre. Je n’en aurai pas besoin. Demain, je change déjà de pénates. N’empêche, la perspective de ne pas voir le temps qu’il fait avant d’arriver à la salle du petit déjeuner est légèrement perturbante. Pas très bien réveillée, je fais la moue devant le caviar de cabillaud et le hareng mariné. Peut-être pas tout de suite, là me dis-je. On va commencer par le pain de seigle comme introduction à la culture culinaire suédoise.

Le petit déjeuner avalé, je refais mes valises et migre vers mon nouvel hôtel. Stockholm sourit sous le soleil… Je parcours le hall central de la Gare avant de m’engouffrer dans le T-Bana, le métro local. Il n’y a pas de doute… je suis au pays de H&M! Pas un centimètre carré d’espace publicitaire qui ne soit pas rempli par la marque. C’est une vision aussi  familière que McDonald’s! Le métro est calme, propre… et quand il démarre, étrangement silencieux. A peine un “woooosh” au moment du départ. Je m’amuse à écouter les annonces et à comparer la prononciation avec ce qui passe sur les écrans… Je perçois une langue saccadée, musicale dont la compréhension à la lecture n’est pas bien compliquée mais pouvoir la rendre dans une bouche romane, c’est autre chose. Je suis littéralement fascinée. Au quatrième arrêt, me voilà arrivée à destination: Skanstull, dans le quartier branchouille de Södemalm. Mon nouvel hôtel, le Clarion Stockholm, est énorme. Un bar au ton orangé est bien placé côté boulevard, une compilation de bossa nova/acid jazz passe remplit la réception. J’ai déjà appris à dire “Hej!” à tout va. Ma chambre est-elle déjà prête? “Tout à fait!” me répond la jolie blonde derrière un comptoir en verre. Quatrième étage. “Il y a un sauna et un espace détente au 7e” me signale t’elle. Je pars donc m’installer. En découvrant ma chambre, ne regrette pas le petit extra payé pour avoir une fenêtre et un lit double. Je sors mes vêtements à la va-vite puis me mord les lèvres. Sans mon netbook, je me sens comme une junkie en sevrage forcé. Et comme je comptais brancher mon iPhone sur la prise USB pour le charger, je suis obligée de l’utiliser au minimum si je tiens à ce que les batteries ne me lâchent pas avant dimanche. Je sors précipitamment. De la distraction, et vite! Je mets mon guide et mon appareil photo dans mon sac et 5 minutes plus tard, me voilà sur la Ringvägen me dirigeant vers la station de métro. L’aventure commence! Enfin!

Depuis la Station de Slussen, Stockholm ressemble à son cliché: une cité à la silhouette finement ciselée dont les bâtiments Renaissance se reflètent dans une eau où nagent encore quelques blocs de glace.  Slussen et son échangeur est par contre un étrange endroit où se côtoient voitures, vieux bâtiments et structures modernistes. dans un certain chaos. Le seul que je verrai lors de mon voyage. Je traverse le pont et entre dans Gamla Stan, la vieille ville, pour l’observer de plus près. Je me retrouve enrobée d’orange, de rouge, d’ocre et de touristes dont la majorité sont Espagnols ou Italiens. Je me dis que  la nation d’exotisme est toute relative. Sous le soleil, les Suédois, aux, semblent hypnotisés, en transe, semblant à peine regarder les pavés, les visages tournés vers l’astre du jour comme des tournesols. Une marchande de Västerlånggatan me signale que “C’est le premier jour de vrai printemps alors, nous sommes heureux”.  Tellement heureux que malgré les 6 degrés ambiants, je vois défiler quelques disciples du Dieu Soleil en shorts et T-shirts pendant que je me réchauffe d’une soupe, les genoux enveloppés d’un plaid à la terrasse d’un café de Stortorget.

A ce stade, j’ai la tête déjà plein d’images… un Palais royal gardé par une jeune femme, souriante et tenant sa carabine à la main; les coffee bars qui se succèdent, les uns après les autres; le contraste violent entre l’ombre et la lumière dans les allées et ruelles médiévales; une procession de Jeudi-Saint aux pieds de la Cathédrale dont les participants, les larmes aux yeux, semblaient porter la souffrance de leur martyr et une musicienne blonde, guitare en bandoulière, chantant à un coin de rue un air mélancolique à pleurer, mais resplendissante de joie sous la lumière de la fin d’après-midi. En prenant le chemin de Kungsholmen, je continue à en fredonner le refrain.

Trois semaines plus tard, je me rappelle encore les paroles et la musique.