- Beaune , France -

November 2016

Beaune : de charité et de vignes

L’automne se pose doucement sur les paysages de Bourgogne. Le jaune, le rouge et l’orange ont déjà bien envahi le vert et brillent sous la lumière dorée du soleil d’octobre. Le genre de paysage qui donne envie de rêvasser quand on est en train ! Celui-ci est fait de collines couvertes de vignes… ces fameuses vignes bourguignonnes, j’ai hâte d’y être mais avant tout, il y a une ville à explorer : Beaune.

Flâner à Beaune

La ville de Beaune est connue pour 3 choses : ses murs d’enceinte préservés, ses vignobles et surtout, ses hospices.

C’est Françoise de l’Office du tourisme de Beaune et du Pays Beaunois qui est là pour m’accueillir et me faire faire une petite promenade.

Visiter le vieux Beaune est assez facile, la ville est petite et enserrée dans ses murs d’enceinte, c’est assez bien délimité. On peut d’ailleurs en faire le tour facilement et se retrouver plongé dans une ambiance toute médiévale car en ville, les rues sont étroites (Beaune a gardé son tissu ancien)… et remplie de voitures. Un étrange contraste avec Dijon. Ce sera le seul reproche que j’aurai à faire à une ville qui a su autrement garder tout son charme : belles demeures en pierre de Bourgogne, boutiques de marchands de vin, cours de maison viticoles, lourds toits bourguignons… C’est une petite ville de conte de fées et les touristes ne s’y trompent pas, il y a du monde… surtout anglais et américains. C’est frappant ! D’après Françoise, la Bourgogne est une des régions numéro 1 visitée en France. Et la file devant les hospices de Beaune en témoigne.

Les hospices de Beaune, le palais des pauvres

Impossible de deviner que derrière la lourde façade et les toits de sombre ardoises se cache un flamboyant palais de la charité humaine.

L'hôtel-dieu
C’est en 1443, que le Chancelier du Duc du Bourgogne, Nicolas Rolin (l’équivalent d’un premier ministre) fonde l’Hôtel-Dieu avec l’appui de sa femme, Guigone de Salins. La région sort de la Guerre de 100 ans et à bien besoin d’un peu de répit et d’un lieu pour soigner malades et blessés les plus pauvres. Très riche, le couple Rolin y apportera une fameuse dotation et seront impliqués dans les moindres détails de l’organisation et de la construction de l’Hôtel-Dieu, se basant sur les Hôtels-Dieu les plus importants de Paris mais aussi des Flandres (les hospices de Beaune sont d’ailleurs jumelés avec le Oud Sint-Jan de Bruges). En plus d’une rente, Nicolas Rolin y adjoignit des vignes pour que les Sœurs hospitalières qui dirigeaient l’hospice puissent subvenir aux besoins de la structure. Un domaine qui s’est accru avec de nombreuses donations et héritages. Depuis 5 siècles, les crus sont vendus aux enchères lors des ventes des hospices de Beaune.  

On me munit d’un audioguide, et en route pour la visite. Ce sont les voix imaginées des fondateurs des hospices qui vont me balader à travers tout l’Hôtel-Dieu. Une bien belle manière de visiter le complexe, puisque les guides vous incitent à regarder partout et livrent de nombreuses anecdotes.

La vue la plus familière des hospices, c’est bien la grande cour, avec ses élégantes facades, son puits et surtout, ses magnifiques toits de tuiles colorées. C’est ici qu’arrivaient les malades avant d’être dirigés. La premières salle que l’on visite est la Grande des Salle des Pôvres (pas de faute d’orthographe, c’est bien ainsi qu’elle s’appelle). Une énorme salle de 50 mètres de long qui ressemble plus à une petite église qu’à un un hôpital. C’est ici que l’ont soignait le gros des malades, chacun dans un lit qui les isole les uns, les autres. J’essaie d’imaginer la salle quand elle fonctionnait, avec d’énormes feux de cheminées, des dizaines de patients et des sœurs en noir et blanc qui vont et viennent. On entendrait le bruit des instruments, quelques râles, des murmures… Sans doute des conversations entre patients, le tout surmonté par les gueules de dragons qui crachent les poutres du plafond. C’est plutôt grandiose, surtout quand on pense à l’époque où cela a été construit. Au bout de la salle, il y a la chapelle, ce qui doit un peu contribuer à donner l’aspect “église” à cette salle. Un énorme Christ veille sur tous les patients. Et l’on se promène de salles en salles. Ne loupez pas la maquette de l’hôtel-Dieu en paille dans la salle Saint-Nicolas, réalisée au XVIIIème siècle par un patient. C’est aussi la salle d’exposition sur l’histoire du lieu et au milieu de la salle, une dalle en verre vous permet de voir la Bouzaise, la rivière qui coule à travers Beaune. Cette rivière fut une des raisons pour lequel l’Hôtel-Dieu fut construit ici : il était facile d’y puiser l’eau, évacuer les déchets, etc.

Un des lieux les plus impressionnants à voir est la cuisine. Elle est énorme ! Après la grande salle des pôvres, c’est ce qui donne une idée de l’ampleur de travail effectué par les Sœurs hospitalières. Elle a fonctionné (avec un autre équipement, bien sûr) jusqu’en 1985, alors que l’hospice était devenu une maison de retraite. Lors de la transformation de l’Hôtel-Dieu en musée, la cuisine a repris son aspect du début du XXème siècle et on ne peut pas s’empêcher d’admirer la cheminée et l’énorme tourne-broche qui y trône. C’est qu’il y en avait des bouches à nourrir !

Les plus curieux (et les amateurs de déco) seront sans doute fascinés par la pharmacie et surtout l’officine avec tous ces pots en faïence où étaient conservés les différents ingrédients et drogues : des plus communs (comme la cannelle, le romarin ou l’eucalyptus) au plus bizarre (déjà entendu parlé du sang-dragon ?).

Mais le clou du spectacle, le joyau du musée, c’est le polyptyque du Jugement Dernier par le plus grand artiste flamand de son époque : Rogier van der Weyden. Commandé par Rolin lui-même, elle servait à montrer à la fois la grande piété du commanditaire, mais aussi sa richesse et sa puissance (pas moins de 9 panneaux composent cette magnifique oeuvre). Pour mieux observer les détails, une grosse loupe automatisée parcours l’oeuvre, ce qui est plutôt bien pensé !

Vous l’aurez compris, il y a une foule de choses à admirer, si vous êtes férus d’histoire. Réservez donc au moins deux bonnes heures pour la visite de l’Hôtel-Dieu.

Hospices de Beaune : http://www.hospices-de-beaune.com/

L’Hôtel-Dieu : http://www.beaune-tourisme.fr/decouvrir/les-hospices-de-beaune

Autres points d’intérêt à Beaune

Beaune à la particularité d’avoir un beffroi, ce qui est un peu inhabituel tellement au sud. Un beffroi plutôt massif surmonté d’une grande horloge (d’ailleurs, les Beaunois l’appelle plutôt la Tour de l’horloge, plutôt que le beffroi). Malheureusement, on ne peut pas le visiter. Dommage, la vue devrait être magnifique depuis le sommet !

La basilique collégiale Notre-Dame de Beaune n’est pas en reste. Elle aussi à un côté massif et ramassé. Pas étonnant, quand elle fut construite, l’époque romane touchait à sa fin et elle est un des derniers exemplaires du genre en Bourgogne. Comme pas mal d’édifice de cette taille, la collégiale a connu beaucoup de changements dus à des incendies, ou au goût des temps qui changent. C’est pourquoi on retrouvera des fenêtres gothiques, des ajouts de chapelles… mais l’ensemble reste très harmonieux.

Sinon, laissez vous guider par votre instinct, vos yeux, suivez les rues et place du vieux-Beaune. Il fait bon y flâner !

Climats de Côtes de Beaune

Voilà un moment que j’attendais avec impatience : me balader à travers les vignes des Côtes de Beaune et pas n’importe comment : en trottinette électrique !!! Et découvrir les vignobles est un véritable jeux d’enfant si on est basé à Beaune. J’avais rendez-vous avec Fabien de Kick’nGo dans le parc de la Bouzaise, juste en dehors des enceintes de la ville. C’est ici que démarre le Véloroute : un circuit de 35 kilomètres jusqu’à Santenay. Nous n’allons en faire qu’un tout petit bout mais d’abords, nous nous équipons : en premier le casque, puis brancher la batterie que l’on porte sur le dos sur la trottinette. On donne un petit coup de pied pour démarrer comme une trottinette classique et ZOU ! nous voilà en train de filer sur les petits chemins. C’est que les vignes commencent tout de suite là où Beaune finit et on est directement plongés dans un paysage de douce collines. J’ai une chance inouïe : il fait beau… à peine quelques cirrus dans le ciel viennent-ils embellir un beau ciel bleu. L’air est doux sur mon visage pendant que la trottinette trace sa route. Nous croisons de tant en temps d’autres cyclistes et promeneurs, plutôt amusés de nous voir passer avec nos drôles d’engins mais sinon, c’est le genre d’expérience qui permet de vraiment apprécier le paysage qui nous entoure. Nous traversons de jolis villages, passons à côté de chateaux (comme le château de Pommard). Et comme je suis la seule cliente, Fabien et moi avons tout le loisir de papoter, de nous arrêter où nous voulons. J’en profite pour immortaliser des grappes oubliées par les vendanges, au milieu de vignes dont le feuillage prend des teintes de rouille et de rouge. Un bien intéressant personnage ce Fabien, d’ailleurs ! Ingénieur pour de grosses boites, il a décidé de tout laisser tomber pour lancer son entreprise de découverte de la région avec ce moyen plutôt insolite. Et ça marche pas trop mal. Mais plus que çà, ça le rend heureux et lui permet de faire rencontrer des gens… comme le vigneron que nous allons voir : Thierry Violot-Guillemard.

C’est à Pommard que se trouve le domaine Violot-Guillemard, un grand nom parmi les vins de Bourgogne, Pommard ! Arrivés à destination, c’est plutôt l’effervescence ! Les vendanges sont à peine finies et il y a pas mal de boulot à faire. Tout le monde est sur le pied de guerre : la femme du maître des lieux, les grands fils… et voilà enfin notre hôte qui s’avance : chemise à carreau, ventru, moustachu, un peu bourru… Il nous signale que nous n’aurons pas beaucoup de temps vu qu’il y a du boulot mais finalement, dans sa cave, nous passerons bien une à l’écouter. Lancer un vigneron sur métier et vous ne verrez pas les minutes passer !  D’emblée, notre hôte me pose la question :  “Et vous vous y connaissez en vin ?

  • Euh, je commence seulement à m’y intéresser.
  • Mais alors, comment vous voulez écrire là-dessus ?’

Fabien vole à mon secours : “Justement, c’est une autre perspective…” Et ce qui m’intéresse plus encore que la dégustation du vin, finalement, c’est l’histoire de l’homme qui la fabrique. Cinq générations que sa famille veille sur un domaine qui comprend des crus de Pommard, Beaune ou Meursault. Et depuis 1999, le domaine est passé à l’agriculture biologique.  Assis autour d’un tonneau, on commence la dégustation… Prise dans la conversation, j’oublie de noter ce que je goûte mais me souvient parfaitement de la saveur du vin : racée, virile, enveloppante…  Thierry raconte l’année 2016. Ce ne sera pas terrible. Un hiver long, des gelées tardives, un mois de juin catastrophique ont détruit une grande partie de la récolte. Sans compter des maladies dues à l’humidité. Mais il n’est pas le plus à plaindre. D’autres vignerons ont perdu plus que lui. Il faudra voir que faire avec la vendange qu’il a. Verbe fort, paroles vraies et ancrées dans son terroir, le goût de l’exigence pour son vin, Thierry est un sacré personnage qui vaut vraiment la peine d’être rencontrée.

En plus du vin, Thierry et sa famille tiennent une maison d’hôte… histoire de vivre au plus prêt de ce qui fait partie de l’âme de la Bourgogne.

Où dormir

C’est Chez Marie que je serai allée dormir, une charmante maison d’hôte située dans le quartier de la Madeleine, juste en dehors du vieux Beaune. Nichée dans une petite rue tranquille, la maison cache un joli jardin d’intérieur. Les chambre sont située au rez-de-chaussée tandis que mes hôtes habitent en dessus. Et je dois dire que c’est une chouette option de séjour pour la voyageuse e solo que je suis. La chambre d’hôte est toujours synonyme avec convivialité et c’est de pied ferme que Marie, son époux Yves et Gaspard, leur petit garçon m’attendaient pour l’apéritif. C’est vraiment comme se retrouver en famille  Très chaleureux et sportifs tous les trois, ils n’hésiterons pas à vous emmener en balade avec eux  comme ils sont aussi de bonnes fourchettes, Marie et Yves vous donnerons de précieux conseils pour aller où dîner. Celà fait quelques années que le couple a ouvert sa maison d’hôtes et on les sent passionnés : passionnés par leur ville et par leur petite entreprise qui a complètement changé leur vie, pour le meilleur. Qui dit maison d’hôte dit aussi petit-déjeuner. Il est copieux et servi dans le jardin quand il fait beau et dans leur cuisine, comme ce fut le cas pour moi. Avec des hôtes toujours prêts à bavarder, vous passerez un super-séjour !

Ma chambre, la “Côté sud”, était grande et agrémentée de toile et d’objet africains. Une chambre dans les tons marrons et rouges, comme la terre d’Afrique et les tomettes qui en font le carrelage lui confère un joli cachet! J’ai beaucoup aimé la salle de bain, décorée avec beaucoup de goût. J’ai eu un peu peur en voyant qu’elle donnait sur la rue mais c’est très, très calme et y ai dormi comme un bébé.

Bonus: le quartier de la Madeleine compte pas mal de restaurant à deux minutes à pied de la Maison d’hôte, vous aurez l’embarras du choix (mais réservez à l’avance, pour ne pas vous retrouvez le bec dans l’eau comme moi).

Bref, je vous recommande chaudement cette adresse !

Chez Marie, 14 Rue Poissonnerie, 21200 Beaune, France

Où manger

Une belle petite adresse dans une des plus jolies rues de Beaune, c’est Le p’tit paradis. Ce restaurant à taille réduite est comme une petit cocon (on à l’impression d’être dans une cave). C’est l’enjouée Delphine qui va s’assurer que mon repas en solo se passera au mieux. La carte des vins fait Pour commencer, une soupe “A boire et à manger” (avec légumes et morceaux de viande), suivi d’un pavé de charolais au jus de cumin et ses légumes (avec des légumes savoureux et un bœuf bien juteux) et l’apothéose : une tarte bourdaloue avec une sauce caramel à se tapper le cul par terre. je n’en ai pas laissé une miette !

Le p’tit paradis, 25 Rue Paradis, 21200 Beaune

Cette découverte de Dijon a été réalisée grâce Bourgogne-Franche-Comté Tourisme mais les opinions de l’auteure lui restent propres, malgré les kirs bourguignons.




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