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December 2011

Comment l’on joue aux boules dans la région de Chimay…

Il y a des coins, même très près de chez soi, qui restent une terra tout aussi incognita que la Papouasie-Nouvelle Guinée… Un point aveugle sur une carte. Tel fut le cas pour moi et la région de Chimay. Pourtant, j’ai grandi à 45 minutes en voiture de la « capitale » des bières trappistes, dans la même province du Hainaut. De Chimay, je connaissais bien sûr l’Abbaye de Scourmont où l’on brasse les plus célèbres des bières trappistes. Je savais que ce coin rural, une espèce de petite Ardennes à micro-climat froid, était un endroit où l’on pouvait faire du ski du fonds. Mais voilà, l’occasion n’était jamais venue pour moi d’y aller aussi, quand une de mes collègues, originaire de la région, m’a invitée à participer au jeu de boules organisé par sa mère, j’ai tout de suite accepté, sachant très bien que le jeu n’est qu’un prétexte à s’amuser… et bien entendu, boire.

Pour commencer, il faut savoir que les « jeux de boules » (toujours en bois) sont très courant dans le Hainaut. Dans le village où j’ai grandi, le jeu se déroulait bien entendu dans les rues, et l’on déplaçait la boule à l’aide d’un maillet. Le but était d’atteindre les futs de bières placés à chaque entrées de cafés qui participaient et où une tournée attendait les joueurs. Ma grand-mère maternelle ayant été tenancière de café, j’étais aux premières loges pour observer le phénomène!

Le samedi, nous nous levons tôt pour rejoindre la maison de notre hôtesse à Baileux, un petit village de l‘entité de Chimay. Au fur et à mesure que l’on s’approche, le paysage devient plus vallonné, plus boisé, les villages plus rares… et les maisons de briques ont laissé places à celles en pierre de pays. Un côté authentique qu’on ne retrouve plus tellement dans une province surpeuplée par des maisons « Monopoly » sauf dans les corons de charbonnages, qui sont la plupart du temps classés. La maison de notre hôtesse ne déroge pas à la règle, c’est une belle bâtisse de pierre, comme quasi toutes les maison du village. C’est dans ce lotissement calme que nous allons jouer. Dans le jardin, on trouve une petite maisonnette, elle aussi en pierre, où attendent déjà la majorité des joueurs dans une ambiance joyeuse et bruyante. Le temps de s’acquitter aux frais de participations (en retour, vous aurez des tickets de boisson, de la soupe aux oignons et des sandwiches)  d’une petite tasse de café, et les ‘paires’ sont tirées au sort. En effet, pour équilibrer le jeu, on ne laisse pas les joueurs former eux même leurs équipes. Deux équipes de deux, différente à chaque manche, s’affrontent, lançant chacun à leur tour leurs boules le plus prêt d’un “petit” (l’équivalent du cochonnet) qui aura préalablement été tiré vers le côté opposé de la rue (vous me suivez toujours?).  Le duo gagnant étant celui qui arrive à 11 ou 15. Pendant que mon partenaire, expert, discute avec un participant français (mais oui, la renommée du jeu a dépassé les frontières) essence de bois à boule (très bon, le poirier, le teck par contre, sert à des boules dures), j’essaie d’apprendre les rudiments du lancer, comment faire pour viser, regarder attentivement la route pour y voir les dénivellations… malheureusement, sans grand succès, surtout que le petit atterrit dans les gravier, dans de l’herbe, que les boules font des rebonds inattendu sur des cailloux et ce ne sont pas les vins chauds et bières qui défilent à chaque fin de partie, qui améliorent mes performances! Au moins, je fais rire mes partenaires respectifs par ma malchance… et mon lancer particulier. Certains se demandant encore comment je ne suis pas partie avec la boule! La nuit tombant, les parties s’achèvent… le fond de l’air se fait frais et pendant que Madame la commissaires comptent les points de chaque participants, on s’assoit à de grande table et discutent dans une ambiance un brin paillarde mais pleine de rires tandis que tout le monde achète des billets de tombola. C’est qu’il y a lieu d’avoir de la répartie dans le coin! Finalement, les résultats sont proclamés et j’ai l’immense honneur de recevoir le trophée de la lanterne rouge. Parce quitte à être une looseuse, autant l’être magnifiquement. La tombola confirmera mon manque de réussite! Je repars avec des chaussettes… et un set de table pour une personne. Aucun des magnums de cette délicieuse bière de Chimay ne me raccompagnera vers Bruxelles!

Tsssssssssk…

Et vous? Y a t’il aussi des lieux proches de chez vous et inexplorés? Avez-vous aussi participé à des jeux locaux ?

Pour en savoir plus sur les jeux de boules de bois (attention, pop-ups!):  http://membres.multimania.fr/lesboulesdebois/

My name is Phone, Windows Phone (But You May Call Me Acer Allegro)
Caribbean Redux




  1. Lucie
    le 23.06.2017

    Par chez moi (Maine et Loire a l’origine) on a la boule de fort. Materiel = un jeu de boules ovales dont un des cotes est plus lourd que l’autre, une piste dont les bords sont incurves et qui renvoie la boule dans le sens inverse si elle s’approche du bord (la boule qui est déjà plus lourde d’un cote que de l’autre !). A part ca, toujours la meme histoire il faut atteindre le cochonet. Mais avec toutes ces difficultes, c’est dur !!!! Il y a quand meme des gens qui y arrivent…au bout d’annees de pratique. J’ai essaye, c’était marrant mais je suis pas tres douee 

  2. Melissa
    le 23.06.2017

    Waw… c’est la première fois que j’en parler de boules ovales de dissymétriques, Julie! Ca a l’air beaucoup plus compliqué, en effet.