- Emeishan , Chine -

February 2017

Emeishan, plus près du ciel au Sichuan !

320 km/heure c’est la vitesse annoncée sur le petit panneau d’affichage numérique qui se trouve à l’avant d’un wagon d’un train à grande vitesse qui nous emmène de Chengdu à Emeishan. Derrière la fenêtre, c’est un camaïeu de vert qui défile à toute vitesse depuis l’émeraude des palmiers jusqu’au vert tendre des champs de riz nichés entre deux collines. C’est le paysage fantasmé de la Chine qui nous apparaît finalement. Et j’ai comme une envie de descendre du train et de laisser là mes collègues pour découvrir cette campagne chinoise qui ne me sera apparue que depuis ces fenêtres.

À l’intérieur du wagon tout est calme la majorité des passagers semble somnoler et ne guère prêter attention à ce qui se passe à l’extérieur du train, lui-même plutôt confortable et flambant neuf.  Ca doit faire un an et demi que la ligne Chengdu-Emeishan a été inaugurée. La gare d’Emeishan aussi est toute neuve mais surtout gigantesque quand on pense qu’il s’agit d’une petite ville (bon… 400.000 habitants quand même, mais à l’échelle de la Chine, c’est de la rigolade). Elle domine une immense esplanade où les passagers ne font que passer. Et pourtant, l’endroit est plutôt calme  Il y a de fortes chances pour que vous ne voyez pas la ville en elle-même. La plupart des visiteurs logent au village de Baoguo aux portes du Parc du Mont Emei, sur la longue rue de Jingqu Road et ses rues perpendiculaires, remplie d’auberges, de petits hôtels et de restaurants.

Nous nous empressons de laisser nos affaires à notre hôtel et HOP: Gardienne-des-cordons-de-bourse, Grande-blonde et moi-même sommes prêtes à explorer le site.

Le Mont Emei (Emei shân en chinois) est l’une des quatre montagnes sacrée du bouddhisme et est inscrite au patrimoine de l’UNESCO. Elle est associée à l’éveil du boddhisatsva Samantabhadra (connu sous le nom de Pǔxián Púsà  en Chine) et compte une cinquantaine de temples répartis depuis la base de la montagne, jusqu’à son sommet à plus de 3000 mètres.

La première journée sera dédiée aux temples les plus accessibles : Baoguo Temple et Fuhu Temple.

Baoguo Temple

Situé juste à l’entrée du parc, Baoguo est un grand temple qui consiste en quatre pavillons où l’on trouve de nombreuses statues, peintures et artefacts, notamment une représentation de Samantabhadra sur son éléphant et un large Bouddha de porcelaine dorée. Tu le verras te sourire Lectrice, Lecteur, assis sur un lotus. La galerie des sept bouddhas vaut aussi le coup. Ce qui m’a le plus frappée dans ce temple, c’est l’harmonie qui y règne. On se sent transportée comme dans un monde parallèle où chaque bouffée d’air apporte un parfum d’encens et où les apparitions furtives de bonzesses habillées de gris viennent rythmer la vie.

On peut également y dormir !

Fuhu Temple, le monastère du Tigre Couché

Situé à un petit kilomètre du Temple de Baoguo, le Monastère du tigre couché est une des merveilles un peu ignorées d’Emeishan.

Ses pavillons en tuiles lui donne un côté vraiment charmant et il est largement délaissé par les autres touristes (ce qui est étonnant, puisque c’est le plus grand temple du complexe). Depuis ses terrasses, on peut admirer ses toits et la montagne qui donne son nom au temple et qui ressemble à un tigre au repos. Il est encore plus calme et serein que Baoguo mais compte moins d’objets d’art. Par contre, ses jardins sont remplis de papillons énormes tous plus beaux les uns que les autres. On y trouve une très belle pagode de cuivre couvertes de bas reliefs et d’inscriptions bouddhiques mais aussi un pavillon impressionnant qui compte pas moins de 500 “arhats”, des méritants et des disciples du Bouddha à un état avancé sur le chemin du nirvana. Les statues sont à taille réelle et sont toutes différentes les unes des autres, chacun des arhats avec une attitude, une expression et des attributs bien à eux.

Le Mont Emei et le Sommet Doré

Le lendemain, nous prenons le chemin du sommet d’Emeishan. On peut y accéder de différentes manières : en bus, avant d’emprunter de grands escaliers et un téléphérique ou… à pied (la plupart optent plutôt pour la descente à pied, puisque le chemin vers le sommet est assez ardu). La beauté du Sommet Doré du Mont Emei est chantée à travers toute la Chine et le meilleur moment pour y être est peu avant le lever du soleil pour avoir une chance d’admirer le spectacle (et avec un peu de chance, la “mer de nuages” fera son apparition. Pas de chance pour nous, les prévisions météo ne sont pas au top, nous irons donc là-haut en matinée.  Attention, partez avec polaires et manteau car même en été, il ne fait pas vraiment pas chaud là-haut !

Après une bonne heure de bus sur une route qui ne fait que grimper, nous voilà arrivées au début du chemin. J’endosse ma polaire car même si le sommet est encore loin, la température a chuté. Un chemin bien aménagé emmène les visiteurs à travers une forêt dense et autant vous prévenir : ça grimpe… et même pas mal mais on prend son temps, d’autant plus que les visiteurs, surtout chinois, sont légion à Emeishan ! En route, vous croiserez sûrement les macaques qui y vivent. Ils sont bien différents de macaques que je connais, avec un pelage long et épais pour les protéger des rigueurs de l’hiver (le sommet du Mont Emei reste enneigé jusqu’au milieu du printemps). Comme à chaque fois que je vois un primate, j’ai l’impression de retomber en enfance mais méfiance ! Ces singes sont chapardeurs, encouragés par le fait que de nombreux touristes complètement inconscients tentent de les attirer avec de la nourriture. Je vais d’ailleurs assister à une scène plutôt triste où un singe assis sur un poteau sera carrément bombardé de cacahuètes par une dizaine de touristes, manquant de lui faire perdre l’équilibre alors qu’un précipice est derrière lui !  Prudence donc, gardez vos distances et faites attention à vos affaires !

Au fur et à mesure de l’ascension, le brouillard se fait de plus en plus épais… en fait, nous sommes dans les nuages ! Celà donne au paysage un aspect mélancolique, hanté… j’ai l’impression d’avoir devant moi une estampe chinoise grandeur nature !

C’est dans la cabine de téléphérique que l’effet sera encore plus saisissant ! Nous voilà entourées de tous les côtés par des nuages qui nous cachent tout : finis les contours des paysages, à part quelques sommets d’arbres et les cabines de téléphériques qui passent dans l’autre sens, on a l’impression d’être suspendues dans un monde blanc et ouaté.

Enfin… après avoir monté encore quelques volées d’escaliers, nous voilà devant le dernier. Il est monumental et les nuages engloutissent presque son sommet ! Au fur et à mesure qu’on le gravit, une immense silhouette dorée commence à se dessiner : c’est ce que vient voir le pèlerin (ou l’amoureux de la randonnée) : une statue à multiple visages de Samantabhadra assis sur un quadruple éléphant. L’ambiance étrange procurée par le brouillard est encore amplifié par le mal des montagnes. J’ai la tête qui tourne et le moindre effort si il n’est pas une torture, demande pas mal de prendre sur soi (pas facile du coup de grimper les escaliers). N’oublie pas Lectrice, Lecteur, à 3000 mètres, on est déjà TRES haut et pour peu que tu sois sensible (de mon côté, les premiers symptômes apparaissent au dessus de 2000 mètres), tu risques de passer un moment un peu compliqué au sommet ! Celà ne m’empêche heureusement pas de profiter de l’étrange beauté de ce lieu où toutes formes sont gommées. Enfin, en naviguant entre les nombreux visiteurs venus qui entrent et sortent du brouillard comme des fantômes.

Après avoir fait le tour de la statue, nous nous dirigeons vers Huazang Temple, un ensemble de trois pavillons, tous aussi dorés que la statue ! L’abondance de dorures se poursuit jusqu’à l’intérieur même des pavillons, avec une opulence de décoration et de statues.

La tête dans les nuages au propre comme au  figuré, je me dis qu’il ne suffit pas de prendre de la hauteur pour se rapprocher du nirvana… mais peut-être que la contemplation de ce monde brouillé et de l’étrange poésie qui s’en dégage, pourrait bien m’en rapprocher !

Pour aller plus loin

Arriver à Emeishan

Le train

Un train à grande vitesse relie la gare de Chengdu-Est à Emeishan, via la ville de Leshan. En une heure et demie, vous voilà arrivés ! C’est aussi une manière de tenter l’expérience du voyage en train… et les TGV chinois sont plutôt confort (nous avions décidé de prendre un billet de première classe pour l’aller) : larges et confortables sièges, avec une tablette glissée dans les accoudoirs. Il existe même une “classe business” avec des sièges comme dans des avions dans la même classe. Plutôt saisissant !  Une fois à la gare d’Emeishan, prendre le bus 8 jusqu’à Baoguo.

Attention, ce train nécessite une réservation et je conseille vivement de le faire bien à l’avance car ces trains se remplissent vite, surtout les trains du matin et du soir. Vous pouvez le faire à la gare (en n’oubliant surtout pas votre passeport, vous en aurez besoin pour faire votre réservation), soit en ligne (ce que nous avons fait avec https://www.travelchinaguide.com, billets livré en 48 heures en Chine. Un aller en 1ère classe vous coûtera environ 11 Euros, un billet de seconde classe, environ 10 Euros. Attention, les contrôles pour entrer dans les gares chinoises sont extrêmement poussés (un peu comme dans un aéroport)

Le bus 

Rien de plus simple depuis Chengdu : il suffit de se rendre à la gare  des bus de Xinnanmen d’où partent des bus plus ou moins toutes les vingts minutes.  Il vous déposera à la station des bus touristiques à Baoguo.

Accès au site du Mont Emei

C’est sans doute le point le plus irritant de cette chouette étape à Emeishan : il faut toujours tenir son porte-monnaie à proximité. : il y a le billet d’entrée du parc (¥185 soit 24 Euros… quand même), le billet de bus pour arriver au sommet ainsi que le téléphérique., etc. etc.

  • Le centre d’information touristique au Baoguo village (aux portes du parc) pourra vous aider et les plus jeunes employés parlent anglais, ça aide !
  • Le bus pour accéder au sommet du Mont Emei se prend à la station touristique des bus à Baoguo Village.

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  1. Vincent
    le 18.11.2017

    C’est prévu pour mon prochain voyage en Chine, est-ce que tu as aussi fait le bouddha de Leshan? Et oui, les sites touristiques sont toujours assez cher en Chine!

  2. Melissa
    le 18.11.2017

    Bonsoir Vincent, Justement oui, ce sera le sujet demon prochain article sur la Chine la semaine prochaine. Et |spoiler alert}, on l’a échappé belle ! Si je comprends bien, tu es un habitué de la Chine ?

  3. Vincent
    le 18.11.2017

    Tu me tease, hâte de lire ça du coup! Habitué, je n’irais pas jusque la, mais j’adore vraiment le pays et la culture! J’y repars d’ailleurs tout bientot x)

  4. Melissa
    le 18.11.2017

    C’était en en effet le but, Vincent ! 😉 L’article devrait sortir vendredi. Et quelle région tu vas explorer alors ?

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