- Vichy , France -

October 2015

L’Auvergne dans tous ses états : Bleu comme Vichy

L’intercité trace sa route sur les rails du cœur vert de la France. De Moulins à Vichy, c’est un petit saut pour la locomotive, mais un grand saut dans l’histoire pour moi. J’avais neuf ans lorsque j’avais visité Vichy pour la première fois avec mes parents. J’en gardais le souvenir de curistes avec leurs verres gradués et de parcs. Souvenir flous noyé dans le bonheur de l’enfance mais la visite de la ville de Vichy devra attendre : si je viens, c’est évidemment pour tester ce pourquoi on vient à Vichy :les eaux ! C’est Marc, du Vichy Célestins Spa Hotel qui vient me chercher à la gare et sera mon guide dans ce véritable paquebot.

Depuis l’antiquité, Vichy est une ville thermale, on y vient pour soigner des troubles du métabolisme et les rhumatisme et pas moins de 3 établissement géré par la compagnie de Vichy existent en ville et le Vichy Célestins Spa Hotel est comme sont nom l’indique, le plus “spa”, le plus “bien être”.

Le temps de déposer mes affaires dans ma (spacieuse) chambre et c’est parti pour le tour du propriétaire.

Spaaaaaaaaaaaaah!

Comme il convient à un établissement thermal, on y trouve beaucoup de blanc et de bleus, avec des touches de taupe et de cacao pour réchauffer tout çà… la plupart des chambres viennent d’être rénovée et on va retrouver des clins d’œil à la silhouette de la pastille de Vichy (en miroir, où comme dossier de fauteuil), ça donne un côté un peu plus fun à ce qui pourrait sembler un peu austère à première vue. Toutes les chambres sont immenses et font entrer la lumière à flot grâce à leurs énormes fenêtres.

Nous aurons l’occasion de revenir là-dessus dans un prochain article. Pour l’instant, je n’ai qu’une chose en tête : le spa!

Depuis que j’ai commencé à en fréquenter, j’ai commencé à prendre de mauvaises habitudes! 🙂 Pour accéder au spa, qui est de l’autre côté de la rue, il suffit de prendre une passerelle au 3e étage, vous ne devrez donc pas circuler en peignoirs dans le lobby de l’hôtel! Et vu depuis ce niveau là, on se rend compte de l’immensité du lieu : 7000 m2 dédié au bien-être, réunis autour d’un puis de lumière. Sur les différents étages, on trouvera piscine, salle des soins diverses (de la bonne vieille douche revitalisante ou l’hydromassage aux soins les plus hi-tech comme la musicothérapie ou la luminothérapie avec en plus, deux espaces beautés (l’un de la marque Vichy, bien évidemment, et l’autre de SkinCeuticals (tout neuf). Il y a évidemment un espace de remise en forme (avec salle de cours collectifs et machines de tortures 😉 ) et, le clou, la piscine d’eau thermale, toute ronde.

Après la visite, j’ai juste le temps de remonter dans ma chambre, d’enfiler mon maillot de bain et mon peignoir et de revenir au spa. C’est que j’ai un soin emblématique du thermalisme à Vichy : la douche thermale avec gommage. Une masseuse m’installe sur une longue table, et un jeu d’eau légèrement chaude commence à m’asperger et c’est parti pour me faire polir la couenne avec du sel issu de l’eau de Vichy. Parfait pour s’ouvrir les pores pour d’autres soins ! C’est délicieux ! J’en profite pour me faire expliquer un peu les différents soins. Le plus emblématique, c’est la douche à quatre mains, un soin qui existe depuis le XIXème siècle. L’enveloppement à la boue aussi, pour apaiser la peau. Très minéralisée, l’eau de Vichy aide le corps à reconstituer des réserves de minéraux et d’oligo-éléments qui lui manque.  Et puis évidemment, on discute voyage : les siens, les miens… Vingt-cinq minutes plus tard, c’est déjà fini. La douche s’est terminée par un petit massage à l’huile de pépin de raisin. Me voilà libre de me balader dans le spa. Il est déjà 19 heures, et j’ai une bonne heure pour en profiter.

L'eau de Vichy
Qu’est-ce qu’elle a de particuliers, cette eau de Vichy ? En fait, plutôt que d’eau, il faudrait parler d’eauX. Des sources, il y en plusieurs, des chaudes (au dessus de 60%) et des froides (comme celle de Vichy Célestins). Leur caractéristique commune est d’être riche en bicarbonate de sodium (un sel plus sein de notre habituel chlorure de sodium) et d’oligo-éléments. Plus l’eau est chaude, plus elle est minéralisée (en fluor, notamment) et certaines sources comme celle de l’Hôpital ou de la Grande Grille, doivent être bues à petites doses.

Histoire de débarrasser du foutu rhume qui me suit depuis la veille de mon départ en Auvergne, je prends la direction du sauna. Il existe plusieurs cabines, mais c’est plutôt calme ce soir. Comme la température est vraiment élevée (plutôt un bon signe pour un sauna), je renonce à mettre de l’eau sur les pierres chauffantes mais ça fait déjà de l’effet. Allongée sur ma banquette, je sens mes voies respiratoires se dégager… Je me sens merveilleusement bien, planant dans un monde chaleur et respirant à grande bouffée. Une grosse douzaine de minutes plus tard, je sors et file à toute vitesse vers l’espace hammam, car c’est là que se trouve le distributeur de glaçons. Le principe est simple : on prend des grandes poignées de glace pilée et HOP, on se frictionne tout le corps avec. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est moins violent qu’une douche froide. Je fais également un petit passage par le bassin d’eau froide pour relaxer mes jambes et enfin, je suis prête pour faire un petit tour à la piscine thermale. Oui, oui : une piscine remplie d’eau de Vichy. Un peu comme si je prenais mon bain dans un verre géant de Vichy Célestins. L’espace est reposant… la rondeur de la piscine, l’éclairage, les petits jets d’eau qui viennent doucement vous masser… J’ai connu plus wild pour un vendredi soir mais il est si doux de prendre soin de soi.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, je me décide à sortir de la piscine, d’autant plus qu’à travers les fenêtres, j’ai vu se dessiner un coucher de soleil de fou! A toute vitesse, je retraverse la passerelle et me dépêche de me rendre au 7e étage de la partie ‘Hôtel”, là où se trouve la piscine et sa terrasse.  Et je ne suis pas déçue! La vue est superbe. Sur la terrasse, il pleut mais de l’autre côté du ciel, le ciel est dégagé et le soleil se faufile en dessous d’un rideau de nuage. Me voilà donc dans mon peignoir, complètement aspergée, à regarder le soleil descendre sous l’horizon. Petit moment de grâce auquel je dois m’arracher pour descendre dîner.

Balade à Vichy

Le lendemain matin, le soleil à l’air de vouloir rester. Toute guillerette, je me mets en route pour l’office du tourisme où m’attends Philippe, qui me guidera à travers les rues de Vichy. C’est rare pour une petite ville d’évoquer autant de chose : les thermes bien sûr, le fameux motif à carreau popularisé par Brigitte Bardot… et le tristement célèbre Régime de Vichy.  Vichy est ancienne, très ancienne. Déjà, les Romains connaissaient les sources mais elle passe l’Antiquité et le Moyen-âge dans l’ombre. La première célébrité de son époque à en parler, c’est la Marquise de Sévigné, sous le règne de Louis XIV, qui viendra en cure faire soigner une arthrose (ou des rhumatismes ?) des mains. Un comble pour une femme de lettres! Il ne reste pas grand chose de cette époque, sauf peut-être dans le vieux Vichy que je n’aurai pas l’occasion de découvrir. L’époque d’or de Vichy, c’était le deuxième empire. Napoléon III adorait les villes thermales. Il y a Biarritz, évidemment, mais à Vichy, il y a laissé de grandes traces. Nous commençons la visite par ce qui est un peu l’élément central de Vichy, le Parc des Sources. Un très joli espace vert ou l’on trouve un Hall des Sources, une immense verrière d’où débouchent plusieurs sources. Chaque eau a ses propriétés, la plus curative étant celle de la Grande Grille. Ne vous étonnez pas de voir des curistes passer avec leur verre d’eau gradué. Ce n’est pas de l’eau ordinaire, et les dosages sont précis. J’ai l’impression de retourner en enfance, le lieu n’a pas changé et je l’étonne à quel point finalement, mes souvenirs étaient fidèles : le sentiment de grande luminosité, le fer forgé, la peintures verte, les mosaïques…

Pas très loin, on trouve les Thermes les Dômes. Les Dômes. c’est un peu l’établissement “historique” du thermalisme à Vichy. On ne peut pas le louper avec son style arabisant et ses deux tours de style “minarets” (qui servaient de château d’eau” à l’époque). A présent, le lieu semble abandonné, pourtant, la Compagnie de Vichy y a toujours ses bureaux et l’hôtel des Thermes est tout à côté. A l’intérieur, on trouve une stèle romaine qui renseigne sur la route  à suivre pour rejoindre Clermont-Ferrand (la “Cité des Arvernes”) mais surtout, d’immenses fresques bleues sur le thermalisme qui devaient bien impressionner les fortunés curistes lorsqu’ils faisaient leur entrée dans l’établissement.

Nous retournons vers le Parc et le Hall des Sources. C’est vraiment le cœur de Vichy, là où tout convergeait. Tout autour du parc, on y trouve d’anciens hôtels, qui accueillaient royautés et célébrités et pour éviter que tout se petit monde ne se mouille pour rejoindre le Hall des sources, de longues galeries ont été construites des deux côtés du parc. Je me plais à imaginer des élégantes à crinolines et des messieurs en haut de forme  se promenant, bras-dessus, bras-dessus, à l’abri sous les galeries. En me promenant dans les rues, j’ai une étrange impression : celle d’être dans une ville de bords de mer avec ses hôtels néo-classiques et ses villas toutes pareilles à la côte normande.

Mais si certains logeaient dans des hôtels, d’autres visiteurs plus fréquents n’hésitaient pas à faire construire des chalets et ce fut le cas de Napoléon III. Le long du boulevard des États-Unis, on trouve une foule de chalets de style suisse : les chalets impériaux, tous plus jolis les uns que les autres. Le plus intéressant, c’est le chalet Marie-Louise où se déroulait une terrible scène de ménage entre l’empereur et son épouse Eugénie.

L'histoire du petit chien
Comme tous les hommes du monde au XIX!me siècle,  Napoléon III se devait d’avoir une maîtresse, et même plusieurs. L’une d’entre elle était Marguerite Belanger. Évidemment, l’Impératrice Eugénie devait bien avoir une idée des infidélité multiples de son mari mais tant que cela restait un secret de Polichinelle, les apparences étaient sauves. Un jour, elle vient pour son seul et unique séjour à Vichy. Lors d’une promenade, ils croisent Marguerite Bellanger qui promène son chien. Le toutou se lance directement sur l’Empereur et lui fait une fête de tous les diables. Il n’en faut pas plus à Eugénie pour déduire les incartades de son mari. De retour au chalet, Eugénie et Napoléon ont une terrible dispute et le jour même, l’impératrice sera amenée à la gare pour retourner à Saint-Cloud. Plus jamais elle ne remettra les pieds à Vichy.

Tous ces jolis chalets tournent le dos au Parc Napoléon, un grand espace vert en bords d’Allier mais qui a une drôle de particularité : celle de ne pas pouvoir voir le fleuve. Pour apercevoir l’Allier, il faut monter le long d’une digue, construite pour éviter les inondations. C’est donc une jolie cuvette verte où d’immense arbres grandissent à l’abri. Sur la digue, on trouve une agréable promenade… encore une fois, j’ai l’impression de me retrouver en bords de mer, mais cette fois, à la Mer du Nord, où l’on aime à flâner sur les digues qui couvrent tout le côte.

En continuant la promenade, Philippe tient à me faire une surprise… Il parait que je verrai une personne que je connais. Et en effet, sur une petite place une l silhouetté de bronze se tient bien droite dans son imper, un casque rond de militaire sur la tête. Je n’ai même pas besoin de m’approcher pour distinguer ses moustaches. Cet homme, c’est Albert Ier, roi des Belges. Sa statue est un cadeau des Belges à Vichy où étaient envoyé les soldats  pour se remettre. Décidément, la légende du Roi-Chevalier est  vivace en France! Un peu plus loin, nous voilà devant la plus célèbre source de la ville : la source des Célestins, sans doute la plus connue puisqu’elle est mise en bouteille et commercialisée. Son pétillant et son petit goût salé accompagnent pas mal de repas (et à Vichy, elle sert même d’eau de cuisson). Si le couvent des Frères Célestins a disparu avec la révolution, la source est restée et le pavillon qu’on a construit pour la mettre en évidence est plutôt impressionnant : ce pavillon ovale est rempli de guirlandes et d’amours. Mais ce qui en fait un arrêt obligatoire, c’est que la source est en accès libre et que l’on peut venir remplir sa petite bouteille directement et on peut en boire à satiété (ce qui n’est pas le cas des autres sources). Heureusement, Philippe a pensé aux gobelets! On vide nos gobelets culs secs à la santé de la ville!

 

Abreuvons-nous droit à la source de #Vichy Célestins! Sanreÿ! #myauvergne #rendezvousenfrance Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Mais le joyau de la couronne de la ville, c’est son opéra. Et l’Opéra de Vichy est unique en France : c’est le seul de style Art Nouveau. On ne peut pas le louper, situé au bout du Parc des Sources, son entrée est marquée par une superbe marquise qui s’étend sur au moins 4 mètres. A l’intérieur, c’est une débauche de motifs floraux, de médaillons, de peintures dorées. Une profusion comme j’en ai rarement vue. Coup de bol, ce samedi, c’est le week-end du patrimoine et nous avons quartier libre pour le visiter. Ma curiosité m’aurait poussé à vouloir voir les coulisses mais malheureusement, me voilà au bout de ma visite à Vichy. Je prends congé de Philippe et de son enthousiasme, avec un goût de trop peu mais le train pour Clermont ne m’attendra pas.

Une étape en forme de pause, un peu hors du temps, où il fait bon se laisse aller.

Plus d’information sur le Site de l’Office du Tourisme de Vichy

Cette escapade auvergnate était organisée avec la complicité d’Atout France et de l’Office de Tourisme de la Région Auvergne. Néanmoins, l’auteure se garde toute son indépendance, malgré les saucissons.
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