- Le Havre , France -

November 2014

Le Havre, rêve de béton – Une histoire de docks

Elles sont nombreuses ces grandes villes portuaires, qui, devenue trop petites pour la taille des bateaux et l’accroissement de l’activité, on du développer un plus grand port ailleurs, laissant vide un énorme patrimoine datant de la révolution industrielle ou de la fin du XIXe siècle, complètement vide. Londres en a fait les frais, Amsterdam, Anvers… Des grands espaces qui sont restés inoccupés, délaissés jusqu’à récemment. On a enfin découvert l’immense potentiel d’une architecture souvent massive et industrielle : logement, musée, espace de loisirs… les projets ont été multiples dans les différentes villes.  Le Havre n’est pas en reste et c’est autour du bassin Vauban que la réhabilitations a eu lieu. Et c’est justement dans le quartier des docks que je me rend ce matin.

Pour la première fois du séjour, il fait gris et moche…  “Ne t’inquiète pas, me rassure un twitto habitué de la région, c’est la Normandie. Il pleut et puis tout à l’heure dans l’après-midi, le soleil reviendra”. En regardant le ciel, j’ai un peu de mal à le croire. J’ai du descendre à regret ma valise et faire mon check-out de l’Hôtel Oscar, mon petit havre (ah ah) de paix et je me mets en route pour les docks. A pied, il faut une bonne demi-heure, voire 45 minutes pour les rejoindre. Avec cette météo plombée, on peut dire que l’ensemble des docks n’a pas l’air fort engageant…A gauche du bassin Paul Vatine, on trouve “Les Docks”, un superbe ensemble couleur de briques cuites qui abrite un énorme centre commercial, juste à côté, et en face, de l’autre côté du bassin, ce sont les Docks Océane et les Docks Café  Docks café en hommage du temps où Le Havre accueillait en son port 80% de l’importation de café pour le marché français.  A présent, les Dock Océane sont devenus une salle de spectacle et de conférence, et les Docks café, un centre de congrès et d’exhibition. Mais ce n’est pas là non plus que j’ai rendez-vous ce matin, non, non… J’ai rendez-vous au 4e docks… Avant d’y arriver, je marque un petit temps d’arrêt. Un bateau de croisière fluviale est amarré dans les bassins de l’Eure. J’en profite pour jeter un œil, c’est la première fois que j’en vois un de si près!  Il est 11 heures du matin mais étrangement, la plupart des passagers semblent encore à bords, des retraités pour le plupart, qui lisent dans leurs petits fauteuils de cabines à côté de la fenêtre. J’aperçois également un superbe lounge à l’avant du bateau… sans doute est-il venu depuis le canal de Tancarville ? J’aurai bien eu envie de le visiter, par curiosité mais je n’ai plus qu’une demi-journée devant moi et je compte bien essayer d’en profiter.

Piscine d’architecte

Me voilà enfin à destination : Les Bains des docks, un grand complexe regroupant piscine et spa, le tout dessiné par Jean Nouvel.A le voir comme çà, il n’y a rien de spécialement impressionnant, nous sommes face à un gros rectangle gris mais une fois à l’intérieur, tout change !

Les Bains des docks sont divisés en deux parties. La partie « loisirs », avec piscine couverte, découverte, pataugeoire pour les enfants, etc. Et la partie « spa » avec balnéothérapie, sauna, hammam… Attention, avoir accès à une partie ne vous donne pas accès à l’autre, vus devrez donc décider si vous voulez plutôt nager, ou plutôt vous détendre (ou les deux). De mon côté, j’ai quartier libre pour tout tester, je commence donc par la piscine. Je n’aurai jamais imaginé que l’espace était aussi grand, vu de l’extérieur. Je commence par la piscine extérieure. Il fait froid mais l’eau est bien chauffée. Sur le chemin, je peux déjà admirer la patte Jean Nouvel. Toute est plein d’angle droit, d’ouverture souvent horizontales, de découpe façon puzzle… Je repense à ce que m’avait dit Hélène vendredi à propos d’une des visions de Perret au sujet des fenêtres. Qu’il n’aimait pas les fenêtres horizontales parce que ça le faisait penser à un gisant ou à un cercueil… Il en est de l’architecture comme de la religion, finalement !

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Ce qui m’étonnera le plus dans la piscine extérieure, c’est l’utilisation des mosaïques… un superbe dégradé qui va du sable au bleu clair d’un ciel d’été du nord… à certains endroits, les couleurs apparaissent plus sombres, à d’autres endroits plus claires… c’est un effet plutôt saisissant ! Mais je crois que ce qui fait le plus d’effet, c’est de se dire : « Mon Dieu, je nage dans du Jean Nouvel ».;)

Je rentre à l’intérieur… On ne peut pas louper l’espace d’éveil d’éveil pour les plus petits. Ses couleurs vives tranchent avec le blanc de l’ensemble, c’est gai et vitaminé. A l’intérieur, on trouve aussi une piscine d’agrément et bien caché, un toboggan aquatique qui a la particularité d’être enchâssé dans le bâtiment. On ne le voit donc pas, et on glisse dans le noir (oui, oui, Lectrice, Lecteur, l’abnégation au service de ton information me l’a fait essayer).

Côté balnéo, c’est évidemment plus calme ! On est entre adultes, et!a se sent mais ici aussi, c’est un assemblage de coins et de recoins où on peut se cacher. On trouve un grand bassin pour se relaxer et une piscine destinée aux exercices avec plein d’engins de tortures (comme des aquabikes ou des steppers) immergés. Des petits panneaux vous indiquent aussi les circuits à suivre (heureusement, on transpire dans l’eau). Malheureusement de tout ça, vous n’en verrez rien, les photos ne sont pas autorisées (problèmes des droits de l’architecte ?) mais cette vidéo et les images du photographe Clément Guillaume vous donnent une idée de ce lieu extraordinaire.

Des docks réhabilités

J’y aurai bien passé toute l’après-midi, mais j’ai encore les Docks Vauban à visiter. Je repasse donc de l’autre côté du bassin. Ici, nous sommes dans de la rénovation pure… et pas de n’importe quels docks non plus puisque ce furent les premiers à être construits en France au milieu du XIXe siècle. Café, coton, cacao et plein d’autres denrées y ont un passage, venus de l’autre bout du monde, pendant bien des années. Jusqu’à ce que les docks ne deviennent vétustes et oubliés. On s’apercevra enfin que de pareils volumes conviennent tout à fait pour des magasins et voilà nos docks transformés en centre commercial. On y trouve des grandes enseignes connues de tous, un cinéma, des cafés et restaurants… C’est le mariage du minéral à l’intérieur: la brique, le verre l’acier… le tout se marie joliment bien, réchauffé par du bois. Et ici aussi, malheureusement, je devrai partir plus tôt que prévu. Alors que je prenais une photo, je me fais apostropher pr un vigile qui me signale que les photos sont interdites. J’ai beau arguer que c’est un lieu public, mon mètre cinquante et moi n’arrivons pas à impressionner le garde et complètement refroidie par cet épisode, je quitte les lieux, direction le centre, à la recherche d’un restaurant.

Le temps d’arriver, je remarque que non, je n’aurai pas le temps d’aller voir le Musée Malraux, consacré à l’art moderne ou le quartier de Saint-Vincent ni les pain au chocolat d’une boulangerie rue de Paris qui sont, parait-il, une tuerie … Je quitte Le Havre avec un goût de trop mais aussi avec l’impression d’avoir trouvé une perle sous sa coquille d’apparence grossière. Alors, êtes-vous maintenant sous l’emprise du charme du béton?

Merci à Le Havre Tourisme et Rendez-vous en France. Leur participation était essentielle mais mon opinion reste libre.

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  1. Ollie - Some Steps Away
    le 23.06.2017

    Ca fait bizarre de voir Le havre dans un article de blog !! C’est là que je suis née et que j’ai vécu pendant 21 ans et après j’ai fui … !! 🙂

  2. Melissa
    le 23.06.2017

    Merci Ollie,
    Oui… j’ai eu pas mal de réactions de Havrais sur les réseaux sociaux, tous étonnés comme toi qu’on parle de leur ville, en bien. 😉
    Quelles raisons t’on fait le havre? Envie de plus grands espaces? (parfois, il faut s’éloigner pour mieux revenir).