- Paso de Jama , Argentine - Chili -

September 2015

#MelDoestheWorld : d’Argentine au Chili, à travers la fenêtre d’un bus de Salta à San Pedro de Atacama

Il y a des occasions où il faut oublier toute considération de budget dans un voyage sur le long terme. Nombreux voyageurs prendront des bus ou des trains de nuit pour se rendre dans une destination qui demande pas mal d’heure de route. Pratique, on économise une nuit d’hôtel ou d’auberge, même si votre blogueuse cherche encore à trouver le sommeil dans les moyens de transports, malgré les essais en « super cama » qui est plus que confortable. Mais si jamais tu entreprends la route en bus entre Salta et San Pedro de Atacama, fais-toi plaisir : prend un billet de jour ! Et moi, je t’invite à regarder par la fenêtre. Et à prendre des photos. Ce qui n’est pas facile-facile. 😉

La journée commence tôt, très tôt. Le soleil n’est pas encore complètement levé que je tire mon fidèle « sac-à-roulette » derrière moi. L’air est chaud et humide ce matin sur Salta… La veille, j’avais pris soin d’acheter quelques provisions… je serai en « semi-cama » dans le bus, je ne pourrais donc pas compter sur un en-cas et la route sera longue ! Toujours plus au nord, à travers les Andes et de l’autre côté, le Chili et le désert de l’Atacama. On embarque dans le petit matin, un soleil timide se lève… il fait un peu gris mais je n’en ai que faire : un sacré périple et un nouveau pays m’attendent !

C’est parti ! Dans les premiers kilomètres, les paysages restent verts et riants : on traverse des villages où paissent des vaches et là, à l’arrière, furtivement, un sommet enneigé  ou deux : les voilà ces fameuses Andes ! Tout cela donne une espèce de panorama de Suisse subtropicale !

Lentement mais surement, le bus commence son ascension et la végétation devient de plus en plus rabougrie. Sur ce monde de couleur chaude, contraste un ciel bleu… le temps s’est asséché sur la montagne. Il y a aussi des touches de blanc : arrivés sur un grand plateau, nous passons à coté de Salinas Grandes, une immense plaine salée qui fait un peu penser au Salar d’Uyuni, pas si lointain que çà ! Des touristes y sont déjà, bien emmitouflés, lunettes de soleil sur le nez pour éviter l’aveuglement… certains sont un peu plus loin, en train de prendre la pause, de sauter en l’air… Mais nous nous éloignons déjà…. ce sera l’unique marque d’être humain jusqu’à la frontière chilienne. Nous voilà dans un paysage où n’existe plus que des dégradés de jaune et d’orange… ça restera comme çà jusqu’à San Pedro, avec des variantes fantastiques dans les formes et les couleurs.

Nous continuons l’ascension et le décor devient de plus aride, si il est encore possible… et de plus en plus sauvage et tourmenté. Pas un cactus, pas une touffe d’herbe sèche et maigrichonne. Tout n’est que pierre, sable et ciel. Impossible de détacher le regard. Je n’aurai jamais si peu lu pendant mes périples, fascinée par le spectacle de la montagne. Quand est-ce que cette montée va finir ? Que va t’il rester si on continuait à monter comme çà ? Mais le but est finalement atteint, un but temporaire, mais nécessaire : au sommet du Paso de Jama, nous voilà au poste frontière entre l’Argentine et le Chili. A plus de 4000 mètres. Jamais je n’ai été aussi haut!

Passer la frontière argento-chilienne au Paso de Jama

Nous sommes évidemment tous priés de quitter le bus pour les formalités d’immigration et de douane. Le soleil est éclatant, mais l’air frais ! Chacun devra récupérer son bagage pour passer à la douane. Je ne suis pas sortie de 5 minutes que je me sens prise de légers vertiges. Le mal de l’altitude ! Quand on sait que Bruxelles culmine à 100 mètres, on comprend que j’y sois un peu sensible. Pendant que je fais la file, mon estomac commence à se tordre en convulsion… Lectrice, Lecteur, voilà le genre de conseil que l’on retient grâce au vécu (j’aurai appris cela juste après être arrivée San Pedro : si tu dois te rendre en altitude,.pour visiter les geysers par exemple, abstiens-toi du gras dans les 24 heures. Et de l’alcool). Et oui, les chips, ces meilleurs amis du voyageur affamé en bus, ce sont eux qui ont déclenchés ces vilains maux d’estomac.  Entre les vertiges et les maux de ventre, je bouge au ralenti, comme un robot. Ou une petite vieille percluse de rhumatisme. Je dois avoir l’air verte au moment où je tends mon passeport à l’agent d’immigration argentin. Une fois qu’on accepte ma sortie d’Argentine, je passe dans la file d’à côté : l’immigration chilienne.  Seigneur, ce que je déteste les frontières… l’homme est fait pour se déplacer librement !  Malgré le vertige, j’esquisse un petit sourire à l’agent de l’immigration. 9 fois sur 10, je ne eçois rien en retour mais j’aime bien l’idée d’entrer dans un pays avec le sourire au lèvre. Finalement, le son qui signale le soulagement du voyageur : celui du tampon qu’on applique sur le passeport, se fait entendre. On me rend mes papiers et je suis priée de faire la file pour la douane. Ai-je quelque chose à déclarer ? Naaaaan… J’ai juste envie de mettre fin à mon calvaire et de m’écrouler dans mon fauteuil de bus.

Le total de l’opération prendra une petite heure. Nous retournons vers notre bus avec nos bagages, on recharge le tout, et c’est parti pour le dernier morceau de route, tout en descente… Le paysage s’adoucit, graduellement, jusqu’à arriver à une vaste plaine semée de cailloux, le bus ralenti et entre dans une ville qui à l’air d’être sortie d’un western. C’est ça San Pedro de Atacame ? Je l’imaginais plus grande, avec tout ce monde qui vient la visiter. Les portes s’ouvrent : c’est le signal d’une nouvelle aventure ! Chili, on va voir ce que tu vas voir!

 

Pour aller plus loin
Rejoindre San Pedro de Atacama

Pour les amoureux des beaux paysages, il n’y a pas photo, il faudra rejoindre San Pedro par le bus.  Plusieurs lignes s’y rendent depuis Salta (8 heures): Pullman et Andesmar, Geminis et Turbus font la route depuis Santiago . Attention, le voyage est TRES long : 20 heures.

Pour les pressés (ou ceux qui ne peuvent vraiment pas supporter autant d’heures de bus), il existe une liaison régulière entre Santiago de Chile et l’aéroport de Calama (ajouter uen heure et demie/deux heures de bus pour rejoindre San Pedro), LAN offre plusieurs vols par jour pour Calama.

 

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  1. Chrissand
    le 30.05.2017

    Superbe tes photos! T’utilises en filtre polarisant pour avoir un ciel aussi bleu?

    @++

  2. Melissa
    le 30.05.2017

    Merci, Chris (ou Sandy?)… C’est marrant, je suis un peu déçue de moi. J’en ai fait plein mais entre les reflets sur les vitres du bus, les mauvais quadrages et les flous dûs au mouvement du buqs, j’ai vraiment du battailler pour trouver des photos potables. 😉
    Et pour répondre à ta question : un filtre UV + un léger post-traitement ou je pousse un tout petit peu le bleu (mais très légèrement, pour retrouver la réalité).

  3. LadyMilonguera
    le 30.05.2017

    Les paysages traversés étaient vraiment magnifiques… Ca devait démanger de stopper le bus pour descendre…