- Ilha Grande , Brésil -

April 2015

#MelDoestheWorld : le jour où j’ai testé les services médicaux brésiliens

J’ai encore un peu le goût citronné de la caïpîrinha dans la bouche en me levant ce matin là. La veille, j’ai fêté mon anniversaire, les pieds dans le sable, avec Lilianne, la baroudeuse retraitée rencontrée à mon auberge. Cette fois, c’est fait, je suis bien installée dans la quarantaine et il va falloir s’y faire. En tout cas, ça n’a pas l’air de tourmenter Lilianne qui à 72 ans, parait aussi libre qu’une jeune fille de 20. J’avais terminé ma dernière caïpî seule, à réfléchir à quoi tout celà tenait et pour rentrer, j’avais fait un petit détour par la plage, pour le simple plaisir de prendre un petit chemin où on peut voir les étoiles briller au dessus de silhouettes des cocotiers.

Mais aujourd’hui, pas de farniente ou de gentilles promenades au bord de l’eau. Aujourd’hui, j’allais marcher le long du sentier de randonnée le plus couru de tout Ilha Grande : le sentier de Lopes Mendes. Praia Lopes Mendes est régulièrement nommée comme l’une des 10 plus belles plages du Brésil et il y a deux façons de s’y rendre : en bateau ou en rando. Il y a 5 ans, je m’étais levée trop tard pour entamer la randonnée (et disons que je n’en avais pas non plus foncièrement envie) mais là, je tiens à me prouver que je peux la faire : en route donc!

Les sentiers d'Ilha Grande
Ilha grande compte 16 sentiers. Outre le circuit d’Abraao (le T1), on peut recommander la randonnée vers le sommet de l’île, le Pico do Papagaio, à plus de 900 mètres. Une randonnée classé difficile. L’autre grande randonnée est celle qui mène aux ruines de l’ancienne prison de Dois Rios. Un musée et une jolie plage om deux rivières se jettent dans la mer vous attendent. Attention, le T14 est classé difficile et iln’y a pas de bateau pour retourner vers le village. Partez donc préparés!

carte Ilha Grande

Le sentier de la plage de Lopes Mendes

La randonnée s’effectue en 3 étapes : la première est la plus difficile, il s’agit de grimper de manière ininterrompue en haut d’une colline avec un sacré dénivelé. Si le sentier est bien balisé, certaines parties sont un peu en mauvais état (à cause des pluies et du “trafic”). Je vous recommande donc chaudement des chaussures de rando ou des baskets plutôt que des tongues!   Cette partie se marche à travers la forêt atlantique, c’est donc l’occasion d’observer les oiseaux et les singes sur le chemin mais voilà… il fait une chaleur infernale, même à l’ombre des arbres. La vague de chaleur commencée après mon arrivée au Brésil se prolonge et la dernière partie de l’ascension est assez pénible. J’ai carrément l’impression de chauffer de l’intérieur, ma bouteille d’eau est déjà vide et je peux tordre mon t-shirt tellement il est trempé de sueur.  La récompense ? Une superbe vue depuis le point le plus haut de la randonnée sur le port et la baie. La descente se fait relativement rapidement, et on arrive sur la première plage : Praia das Palmas.

Praia das Palmas est une bien jolie plage avec un petit resort. L’occasion de faire une pause pipi et de me ravitailler en eau avant de poursuivre la route. On grimpe à nouveau, mais c’est moins pénible et on arrive assez rapidement au 2e arrêt : Praia dos Manges, une petite plage avec un sable de couleur orange, comme la chair des mangues! Dès votre sortie de la forêt, vous trouverez quelqu’un qui vous vendra un ticket pour le bateau de retour. A toi de voir, Lectrice, Lecteur, si tu veux  déjà acheter ou pas (ou rentrer à pied). La marche continue vers la prolongement de la Praia dos Manges : Pouso. Dernière pause avant Lopes Mendes et dernière chance de ravitaillement pour les moins prévoyants au petit bar. Mais alors que j’étais presqu’à la fin de la descente vers la plage, je rencontre un arbre couché sur le sentier. Je l’enjambe, me laisse glisser mais soit la fatigue, soit l’inattention dû au fait de savoir que j’allais bientôt arriver (un classique des accidents de randonnée), je me réceptionne mal, tombe lourdement sur le sol, et c’est ma cheville gauche qui prend tout! Je me relève, j’essaie de marcher mais tout de suite, je sens que je ne me suis pas simplement tordu la cheville. J’ai l’habitude, mes chevilles sont plus flexibles que les autres et je me les suis tordues une centaine de fois sans conséquences mais là, ce n’est pas la petite douleur habituelle. En boitant, je rejoins la plage de Pouso.  Peut-être la douleur s’atténuera avec le temps? Ca n’a pas l’air cassé, la douleur n’est pas insupportable en tout cas et ma cheville est mobile, sauf sur un côté. Et la fierté m’empêche d’envisager de rentrer immédiatement au village. Je ne me suis pas tapée cette marche sous une chaleur et une humidité presque inhumaine que pour revenir sans avoir revu Lopes Mendes! Dans mes souvenirs, la dernière partie est une petite marche de 15 minutes, assez facile. Une fois sur la plage, je pourrais me reposer et voir comment va ma cheville.

En grinçant des dents,  j’entame donc la dernière marche. Si la montée n’est pas trop pénible, la descente est par contre un torture, mon pied devant s’appuyer là où ça fait mal. Quand j’entends le grondement des vagues qui nous parvient au moins 5 minutes avant que nous n’atteignions la plage, je pousse un soupir de soulagement! Je m’installe à l’ombre d’un palmier, me déchausse et observe les dégâts, en jetant à peine un regards au superbe panorama qui m’entoure. A priori, rien de gonflé! Je boite vers l’eau pour aller me rafraîchir et donner un peu de répit à cette cheville. La plage est toujours aussi belle : sable blanc, manguiers, cocotiers, et une espèce de brume d’écume qui couvre ses bords… cette large plage est une merveille!  Dans l’eau, la douleur de la cheville s’atténue un peu mais une fois revenue sur le plage, une douleur sourde revient. Je reste donc allongée sur la sable. A l’horizon, des nuages noirs se sont amassés. Je n’ai décidément pas de chance! Il y a cinq ans, ces mêmes nuages m’avaient obligée à fuir la plage et on dirait que c’est ce qui va se passer ici aussi. Une bonne heure plus tard, et le ciel est complètement gris. Je ramasse mes affaires, remets péniblement mes chaussures et revient vers Pouso d’où partent les bateaux. Je serre les dents sur le chemin le chemin vers le bateau. Il faut se rendre à l’évidence : je dois voir un médecin!   Coup de bol, je sais exactement où se trouve la petite clinique de l’île : dans la rue principale du village.

Quand je pousse les portes de la cliniques, j’ai presque envie de pleurer. On me tend un petit formulaire à remplir et on m’indique un siège pour m’asseoir. Les autres patients, eux, me regardent avec compassion ou curiosité… je n’attends pas bien longtemps : moins de 10 minutes plus tard, la réceptionniste m’invite à me rendre dans au cabinet du médecin. En mélangeant l’anglais et le peu de portugais que je connais, j’arrive à expliquer ce qui m’est arrivé. Le médecin m’écoute en remuant ma cheville. “Et vous allez où après ? En Argentine ? Passez par Tigre, à côté de Buenos Aires, c’est superbe”. Il n’a pas l’air inquiet. Je prends ça pour un bon signe mais malgré tout, je suis envoyée au service radiologie.

L’optimisme du médecin a fini par déteindre sur moi et quand un charmant radiologiste vient me chercher, j’esquisse un petit sourire en boitant. 20 minutes plus tard, je suis de retour dans le cabinet du médecin qui me sourit. “Rien de cassé mais votre cheville est foulée”. Repos pendant au moins trois jours et glaçons sur la foulure quatre fois par jour!” Ca, par contre, ne me fait pas rire. J’avais prévu de passer tout la journée à faire du snorkeling… mais je m’estime heureuse que ce ne soit pas plus grave. Ma prescription d’anti-inflammatoires en main, je repasse par le petit comptoir pour savoir combien je dois pour la visite. “Rien du tout !” Ma surprise est grande. Pour une visite chez le médecin et une radio, je n’ai pas déboursé un centime, ni même dû montrer une quelconque assurance.

Pendant le temps que j’étais à la clinique, une fine pluie a commencé à tomber. Une pluie qui n’arrêtera pas toute la journée du lendemain, piètre consolation pour moi qui dois passer la journée à l’auberge… en espérant que ce soit la dernière mésaventure du voyage.

Pour aller plus loin

Que faire quand on tombe malade où que l’on se blesse à l’étranger?

La prévention d’abords! En Europe, et dans certains pays, la carte européenne d’assurance maladie (délivrée gratuitement par les services d’assurances maladie) couvrera les cas les plus usuels et les moins mais elle ne remplace pas une assurance voyage (par exemple en cas de soins dans une clinique privée ou un rapatriement).

Une assurance voyage peut être contractée pour un an, ou pour un voyage ponctuel. C’est à mon avis une dépense indispensable.

Lorsque vous partez, n’oubliez pas de prendre votre numéro de contrat et le numéro de téléphone de la hotline de votre assurance (en général, les assurances offrent des autocollants à disposer sur des valises, dans des portefeuilles. Si jamais il devait arriver quelque chose, retrouver rapidement les coordonnées de votre assureur facilitera les choses, et permettra d’agir plus rapidement. 

Ma musique du départ #29 : Tamure
#MelDoestheWorld : Sur les sentiers d'Ilha Grande




  1. bonsvoyagesetc
    le 23.04.2017

    Heureusement que ça n’était qu’une foulure ! Parce que se casser quelque chose en plein voyage, quelle horreur! J’espère que le reste du voyage se passe bien!! J’ai jamais été tenté par le Brésil mais tes photos sont magnifiques. Faudrait peut-être que je change d’avis 😉

  2. Melissa
    le 23.04.2017

    Eh oui… un moment d’inattention est suffisant pour que quelque chose arrive… qu’on se le dise. 😉 Mais sinon, je ne peux que recommander de visiter le Brésil. Je n’aurai parcouru qu’un petit bout et je suis bien loin d’avoir vu ne fut-ce que l’essentiel de ce pays mais ce sont surtout les Brésiliens qui sont extra!