- Buenos Aires , Argentine -

May 2015

#MelDoestheWorld : Un Noël à Buenos Aires

Je dois avoir les yeux qui me sortent de la tête ! A des centaines de mètres en dessous de moi, à 360 degrés, Buenos Aires est un feu.

C’est le nuit de Noël, il est minuit, l’avion en provenance est en phase d’atterrissage et nous survolions les centaines de feux d’artifice qui l’horizon de Buenos Aires. Ca me réchauffe un peu le coeur. Moi qui pensais qu’un vol une nuit de Noël serait un peu spéciale, je suis restée plus que sur ma fin. J’avais imaginé quelques petites touches de Noël dans l’avion, et même osé espéré un petit verre de mousseux pour les pauvres passagers de la classe éco. J’avais passé mon vol à me remémorer mes dernières heures au Brésil : les adieux à Ilha Grande, la longue route jusqu’à Rio, ma petite photo avec un Père Noël, et le Skype rapide à la famille, alors que j’étais dans la file pour embarquer. Moment de nostalgie vite dissipé par l’énorme spectacle en dessous de nous. Je m’imposerai un vol de réveillon rien que pour revoir cela.

Atterrissage à Buenos Aires à minuit…. le premier de milliers de feux d’artifice!

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

A l’arrivée, je me sens toute bizarre. Après quelques heures à peine de vol, je suis comme jetée dans un autre monde. En comparaison à l’aéroport vieillissant de Rio, celui de Buenos Aires est rutilant! Après trois semaines au Brésil, je suis déphasée! A commencer par la musique, une salsa rythmée, loin des rythmes indolents qui ont marqués mon parcours brésiliens. Les visages ne sont plus les mêmes, après les communautés métissées du Brésil, me voilà dans une Amérique latine aux visages plutôt blancs. Pour couronner le tout, mon cerveau fatigué a du mal à switcher du “Feliz Natal” portugais, au “Feliz Navidad” espagnol. A près d’une heure du matin, j’embarque dans une navette de… et découvre les premières images de l’Argentine. Peut-être est-ce parce que j’étais déjà venue au Brésil avant, mais j’ai l’impression que l’aventure commence vraiment aujourd’hui. Malgré tous les feux d’artifice, les rues sont plutôt désertes. J’y vois de larges avenues bordées de bâtiments de la fin du XIXème siècle, mais je lutte contre le sommeil.

Quand j’arrive à l’auberge, j’ai l’impression d’arriver à une fête de Saint-Sylvestre… c’est la fiesta et mon cerveau fatigué commence à bugger. ” Ouaaaiiis… viens avec nous!” me lance un fêtard déjà bien entamé. Je reste coîte àle regardé la bouche béante, la musique me remplissant les oreilles. Je lui montre mes bagages, mais le joyeux drille est déjà reparti à l’assaut de la piste de danse improvisée dans l’espace commun de l’auberge. Heureusement, l’auberge est grande, et même immense, divisée en deux ailes avec des plafonds d’une hauteur kilométrique, et ma petite chambre est au calme. Je n’ai pas le courage de redescendre et je m’écroule comme une masse sur mon petit lit.

Le lendemain, c’est un moment un peu surréaliste pour moi. C’est le jour de Noël, un grand ciel bleu règne en maître sur Buenos Aires, et il doit faire 25 degrés…une des premières choses que je croise en sortant de l’auberge, c’est le visage du Pape sur un panneau publicitaire. L’ancien évêque de Buenos Aires sourit, bonhomme… Après tout, c’est Noël et les rues de Buenos Aires sont calmes, même l’Avenida 9 de Julio, la rue la plus large du monde, est plutôt déserte.

Avant d’entamer le marathon qu’est une visite de Buenos Aires, je décide de me plier une tradition porteña : boire un café dans un de ces cafés si élégants. Et ça tombe bien, le Cafe de la Ciudad est ouvert! Je vais donc m’asseoir à côté d’une fenêtre et commande un cappucino. Et là, j’ai une impression bizarre… celle d’être revenue en Europe. Je pourrais me trouver dans un de ces cafés historiques de Paris ou de Rome. Le serveur stylé qui a pris ma commande vient me déposer mon café avec un petit biscuit à côté. “Bonjour Señorita ? Puis-je prendre votre commande, Señorita ? Vous manque t’il quelque chose, Señorita ? Tout va bien, Señorita ? Prendrez-vous quelque chose d’autre, Señorita ?” Il faudra s’habituer au service particulièrement attentif des cafés et restaurants de Buenos Aires.

Visiter Buenos Aires
Buenos Aires est une ville énorme : le grand Buenos Aires, c’est plus de 14 millions d’habitants et une énorme surface à découvrir. Pour faciliter la vie du visiteur, on peut baser ses visites sur les “barrios” (pas moins de 48), les quartiers de la ville. Chacun a sa propre personnalité, sa propre ambiance et architecture. A mon avis, pour visiter à l’aise les barrios centraux, il faut au moins 4-5 jours (et encore, je me suis un peu dépêchée sur Palermo). Le plus facile, c’est de commencer par les barrios du centre (San Nicolás, Retiro, Montserrat, Constitución…) puis de passer à la “2eme couronne” (San Telmo, Boca, Recoleta, Palermo, Puerto Madero, etc.).

Enfin, mon café terminé, c’est le moment de prendre d’assaut le monstre urbain qu’est Buenos Aires! Et pour ce premier jour, j’ai décidé de faire le tour des barrios centraux. Première chose : traverser l’Avenida 9 de Julio, pas une chose simple. Cette véritable autoroute urbaine ne compte pas moins de 20 bandes de circulation. Oui, en pleine ville.   Au centre de l’Avenue, c’esr l’Obelisco, Construit pour le 400ème anniversaire de Buenos Aires, il trône fièrement sur la Plaza de la República, C’est LE lieu de rassemblement des Porteños lors de victoires sportives par exemple (et franchement -, j’aimerai bien voir ce que ça donne en vrai… 20 bandes de circulation remplies de gens). Au bout de la perspective, sur un immeuble tout blanc, on trouve une fresque qu’on ne peut pas louper : c’est le visage d’Evita Peron, en train d’arranger les foules derrière un micro. Evita, c’est un peu le fantôme de toute l’Argentine. Son image et son souvenir continue de hanter ce pays, jusqu’à sa présidente, Cristina Fernández de Kirchner, qui se voit un peu en héritière de la grande figure argentine.

Entamons la ballade en étapes:

Premier arrêt : Tribunales

Sur cette place, trône le Palais de Justice, siège de la Cour suprême de justice. Une jolie place plantée de figuier étrangleurs géants mais aussi, de centaines de libellules!  Ces jolis insectes sont présent partout dans la ville, c’est étonnant! En face du tribunal, on trouve une pelouse où sont plantées des dizaines de pupitres à musique car si la place fait face à la justice, elle tourne le dos à la musique puisqu’elle donne sur le côté arrière du Teatro Colùon. Justement, on va repasser devant le théâtre pour l’admirer un peu… Le Teatro Colón est le temple de l’art en Argentine : Opéra, danse, concerts… il parait qu’une visite vaut vraiment la peine d’être faite. Pas de chance, c’est évidemment fermé… au cas où j’avais oublié, la crèche installée juste à côté me rappelle que nous sommes Noël.

Deuxième arrêt : Retiro et Plaza San Martin

Retiro est un quartier plutôt cossu, entre immeubles historiques, bâtiment officiels  et parcs, il y a de quoi se tordre le coup d’admiration. Retiro est connu de tous les voyageurs puisque c’est là que se trouve la gare centrale de Buenos Aires mais c’est bien plus que ça. Sur le centre de la Plaza General San Martin, le Général montre le chemin a une armée invisible, le droit bras tendu, tandis que la main gauche tient les rennes d’un cheval.  C’est un aménagement à la française que l’on trouve par ici avec ses plates bandes de fleurs et ses bâtiment néo-classiques.  : comme par exemple le Palacio Paz, le siège de l’association des officiers, ou le Palacio San Martin, lieu d’apparat du ministère des affaires étrangères. Pourtant, c’est plutôt un immeuble d’une autre époque qui attire tout de suite le regard : l’immeuble Kavanagh. Un rutilant gratte-ciel Art Déco, superbe! Et cet immeuble a une petite particularité : c’est une femme qui l’a commandé dans les années 30.  Corina Kavanagh, jeune millionnaire, qui vendit deux ranches qui servirent à financer le projet. Pendant bien longtemps, elle-même occupa lun appartement au 14ème, le seul qui prenait tout un étage.

Lectrice, Lecteur, si tu voyages en Argentine, tu vas vite devenir familière avec le nom de José de San Martin, un des “libertadores” de l’Amérique du sud, mais plus spécialement de l’Argentine.  Bien qu’adulé aujourd’hui, San Martin a terminé sa vie en exil (et il a brièvement vécu à Bruxelles avec sa fille unique).

L’immeuble Kavanagh se trouve tout au bout de la Calle Florida, qui est notre troisième arrêt!

Troisième arrêt : Florida

Florida est l’artère commerçante principale du Centro. Pas de chance pour moi, ce n’est évidemment pas le bon jour pour s’y balader (heureusement, j’y repasserai plusieurs fois pendant mon séjour). C’est le royaume du shopping avec une foule du magasin, dont le fameux Galleria Pacifico, centre commercial historique géant,  mais aussi, du “marché bleu”.

Le marché bleu en Argentine
Le pays ne s’est jamais vraiment remis de la crise financière de 2001. Après une période de reprise, la crise mondiale a mis du plomb dans l’aîle de l’Argentine convalescente. Résultat : une inflation galopante. Celà couplé au fait qu’on ne puisse pas retirer plus de  l’équivalent de 250 Euros par jour d’un distributeur (même s’il y a moyen de contourner) et que les Argentins ne puissent acheter des dollars américains qu’avec une autorisation préalable, crée une véritable ruée vers les billets verts, et vers d’autres monnaies (comme l’Euro ou le Real brésilien). Aussi, à côté des bureaux de change officiels et des banques, on trouve le “marché bleu”. Illegal, mais toléré, on vous proposera d’échanger votre monnaie étrangère à un taux plus qu’intéressant. Les “arbolitos”, des rabatteurs, se tiennent à intervalles réguliers de la Calle Florida et vous entendrez des “Cambio, cambio!” sur votre passage. Le change se fera soit dans la rue même, soit on vous emmènera alors dans une “maison de change” illégale (souvent une boutique) où on vous donnera le montant convenu avec le rabatteur. Mon premier conseil : vérifier le change officiel dans les banques, pour ne pas vous faire avoir. Vérifiez bien aussi les billets qu’on vous donnera, la fausse monnaie est une plaie en Argentine et faîtes gaffe en sortant de la maison de change. Les voleurs à la tire connaissent les bonnes adresses où dénicher l’innocent touriste qui vient tout juste de remplir son portefeuille. De mon côté, aucun problème à reporter!

La Calle Florida est une suite de beaux immeubles, de magasins… dont l’intérêt est surtout de voir animée, mais c’est aussi le chemin pour se rendre à la fameuse Plaza de Mayo.

Quatrième arrêt : Plaza de Mayo

La Plaza de Mayo constitue la 4e étape, et non la moindre. Cœur historique de Buenos Aires, on y trouve l’ancien “cabildo” (l’hôtel de ville” du temps colonial), la cathédrale métropolitaine (étrangement fermée ce jour de Noël) mais aussi et surtout, la “Casa Rosada“, le palais présidentiel. Un bâtiment… rose et un des symboles argentins, qui doit sa couleur au sang de boeuf qui recouvrait certaines maisons à l’époque coloniale. Impossible de ne pas avoir une vision d’Evita au balcon et d’avoir envie de pousser la chansonnette… “Don’t cry for me, Argentinaaaaaaaaa”.

Lieu de rassemblement et de manifestation, la Plaza de Maio est connue pour ses Mères. Ces “Mères de la Place de mai” viennent manifester chaque semaine pour depuis presque 40 ans, pour réclamer la vérité sur les enfants enlevés et disparus pendant la “guerre salle” menée par la dictature argentine et justice pour ceux qui ont été assassinés. Un petit groupe fini d’ailleurs de quitter la place, mais il reste quelques pancartes. J’imagine que ce jour doit être particulièrement cruel pour elles et leurs familles. Encore un Noël sans son enfant, sans même savoir où se trouve son corps, pour pouvoir en faire le deuil. Au centre de la place, on trouve sur le sol des petits foulards blancs, peints en cercles. Le symboles des Mères. Partout où vous irez en Argentine, si vous trouvez ce symbole, celà signifie que c’est un lieu de rassemblement pour ces femmes qui n’ont jamais jamais cessé de chercher.

Cinquième arrêt : Avenida de Mayo

Après ces sombres considérations,  je m’engage sur l’Avenida de Mayo. C’est ici que Buenos Aires expose tout ce que ses architectes ont fait de mieux pendant la fin du XIXème siècle, ce qui fait qu’on l’appelle le “Paris d’Amérique du sud”.  Avec ses immeubles néo-classiques, art nouveau ou éclectique et ses trottoirs bordés d’arbres, ont pourrait vraiment se croire dans la capitale parisienne. Sauf que les bâtiments sont un peu plus haut, et le style un peu plus exubérant qu’en Europe (certains architectes argentins diront même ‘vulgaire”). Ces deux kilomètres se parcourent avec plaisir, le nez en l’air, avant d’arriver à la Plaza del Congreso. Arrêt facultatif (mais recommandé) au Café Toroni!

Sixième étape : Plaza del Congreso

Il faut bien l’avouer, il me semble que les Argentins aient le goût du monumental : Plaza del Congreso est encore une fois immense. Le Congrès, c’est le Parlement argentin et il fait directement face à la Casa Rosada, à travers les kilomètres qui les séparent par l’Avenida de Mayo. En fait deplace, il s’agit de 3 places contiguës, avec de grands parcs, ce qui augmente encore l’impression d’espace. Le Palais du Congrès, lui, est tout aussi énorme et imposant. Il aura fallu presque 9 ans de construction et son drôle de dôme allongé aura donné bien du travail aux architectes et ingénieurs.

Fourbue, les images pleins la tête et les kilomètres plein les pieds, je décide de rentrer à l’auberge en métro, en me demandant si un morceau de bûche nous attendraient pour Noël… Pas de chance.

En 2014, Noël n’aura pas existé.

Ma musique du départ #30 : สุขาอยู่หนใด
Champagne pour les nuls




  1. laura
    le 23.04.2017

    Merci pour cette immersion à Buenos aires, par manque de temps on avait fait le choix de zapper cette ville (on ne voulait pas le faire à la va vite). Mais mon petit doigt me dit qu’on devrait bien un jour ou l’autre revenir dans ce coin du monde. De ce que j’ai pu en lire, l’atmosphère y est bien singulière. ça donne envie

  2. Melissa
    le 23.04.2017

    C’est une ville où on se sent plutôt bien… en fait, mais vous aviez raison, il faut du temps. 4 jours, voire une semaine. Idéalement, un jour par Barrio (sauf le Centro qui assez compact que pour être parcouru en un seul jour). Il faut que vous y retourniez!