- Riga , Lettonie -

December 2015

Riga : rigoureusement belle, entre vieilles pierres et Art Nouveau

Vendredi matin, les badauds vont et viennent sur le grand boulevard qui passe à travers le quartier de la gare. Riga s’active. Et nous aussi ! L’excitation de découvrir une nouvelle ville flotte dans l’air pour Sad et moi. Pendant le petit-déjeuner, nous avons bien essayé de se faire un programme mais finalement, il sera assez vite abandonné, sauf pour quelques étapes à ne pas louper en ville.

La vieille ville

Déambuler dans les rues et ruelles de la vieille ville de Riga est un plaisir des yeux.
Les Germano-baltes, venus convertir ces païens de Lettons et les marchands de la Ligue hanséatique ont fait la vieille ville de Riga et l’ont construite à l’image des villes d’Allemagne. Pendant longtemps, Riga restera une ville germanophone (les Lettons vivant en dehors de murs de la ville, dans des maisons en bois), comme ce fut le cas pour Tallinn. On y retrouve de solides maisons de pierre de 3-4 étages avec des portes ouvragées et aux murs colorés, comme les “3 frères” un petit bloc de trois bâtiments parmi les plus anciens de la ville.

Une présence allemande qui se sent encore quand on arrive au cœur de la vielle ville : c’est là que trône le Dôme, la cathédrale protestante de Riga. La Place du Dôme est sans doute la plus typique et la plus charmante de Riga. De belles maisons médiévales entourent la place et le Dom, couleur cuivre, domine le paysage. C’est là aussi que se tient le principal marché de Noël. Et quel plaisir de s’y attarder ! C’est là que nous allons découvrir l’amour des Lettons pour la viande fumée : poissons, porc, poulet… tout passe au fumoir ! Le plus comique étant de voir un poulet « tout nu » (sans peau) passé au fumoir et devenir complètement noir. On ne résistera pas à manger un toast avant de passer au stand à vin chaud. Pour visiter la Cathédrale du Dôme, il faudra débourser quelques Euros car la cathédrale a un statut de musée. L’intérieur est sobre, comme il sied à un lieu de culte protestant. La cathédrale  a été souvent modifiée depuis sa fondation au 13è siècle mais il reste de magnifiques vitraux retraçant l’histoire de la ville mais surtout, un orgue immense, l’orgue Walcker. Lorsque ce monstre musical fut installé, il était le plus grand orgue au monde !

La promenade se poursuit vers la Place de l’hôtel de ville. C’est ici que l’on trouve deux bâtiments symboliques de Riga : les Maisons des têtes noires, deux maisons à pignons de briques rouges, joliment ornées, qui était un peu le “club” des marchands allemands célibataires. Ces maisons ont été reconstruites à l’identique il y a 20 ans à peine ! Ces joyaux de l’architecture germano-balte avaient été fortement endommagés par des bombardements allemands pendant la 2ème guerre, avant que les Soviétiques ne les rasent complètement lors de l’annexion de la Lettonie. A présent, on y trouve l’office du tourisme de la ville, et c’est aussi la résidence du Président de la république.

Un peu plus loin (et on ne peut pas la louper), on trouve l’église luthérienne de Saint-Pierre et son drôle de clocher. Il domine le panorama de la vieille ville, et est même plus haut que le clocher de la cathédrale. C’est clocher ajouré, avec une espèce de bulbe au milieu, et une icône du panorama urbain de Riga. A l’époque soviétique, quand l’église avait été transformée en salle de concert, on y avait installé un ascenseur pour avoir une vue imprenable sur Riga. Tout comme la cathédrale, l’entrée de l’église est payante, mais comme une célébration s’y tenait, nous ne sommes pas rentrées.

Du côté des casernes de Jacob, Riga prend des petits airs de Copenhague. Est-ce à cause de la couleur jaune de ces 3 casernes disposées en rang d’oignon ? Ou leur côté plutôt “carré” ?  J’ai un peu l’impression d’être de retour dans la capitale danoise! Ces anciennes casernes du XVIIIè siècle ont laissé derrière elles leur fonction martiale pour faire place à de jolis cafés, des boutiques de souvenirs, des spas… c’est charmant, et propret… Et comme elles se situent à proximité de l’ancien mur, on peut aussi jeter un œil à la poudrière (la seule tour médiévale qui subsiste) et aux vestiges de la porte de Suède.

L’Art Nouveau à Riga

Si la vieille ville est plutôt un joli musée à ciel ouvert, ce que l’on considère comme “le centre” est de l’autre côté du Pilsētas Kanāls (le canal de la ville). Les anciennes douves de la ville médiévale se sont transformée en canal bordé par d’élégants parcs. C’est là que la “nouvelle ville” s’est développée au XIXème siècle et au début du XXème siècle. On y trouve entre autre le théâtre national.

Le monument de la liberté est aussi à ne pas louper dans le coin. “Milda” est un symbole de la nation lettone. Construite en 1935, durant la première indépendance lettone, cette représentation de la liberté tient à bout de bras trois étoiles qui symbolise 3 régions culturelles de la Lettonie. Étonnement, elle a survécu indemne à la période soviétique, même si s’en approcher signifiait qu’on allait au devant de très gros problèmes.

Mais la pièce de résistance du centre de Riga, c’est l’Art Nouveau. Pour celà, il suffit de commencer la promenade sur Elisabetes Iela, une large avenue parallèle au canal. Avant de vraiment se plonger dans un monde de fantaisie et d’élégance, Sad et moi feront un passage chez la plus importante église orthodoxe de Lettonie : la cathédrale de la Nativité. Avec ses dômes fraîchement dorés, l’église attrape le moindre rayon que le soleil arrive à faire échapper des nuages. Impossible de résister à une visite (pas de photographie à l’intérieur, malheureusement). Lectrice, Lecteur, il faudra que tu emportes dans ta mémoire les images des splendides icônes qui ornent la cathédrale, çà, et l’odeur d’encens qui flotte dans l’air.

Autre arrêt : le Splendid Palace. Ce cinéma est inscrit au registre des monuments nationaux et rien que l’entrée, flanquée par deux statues, donne envie de se faire une toile (pas de chance, il était un peu trop tôt quand nous sommes passées par là).

L'Art Nouveau à Riga
A la fin du XIXème siècle, la Lettonie est sous domination russe. Avec la modernisation des armes de guerre, les autorités russes décident de démanteler le mur d’enceinte, devenu inutile et révoquent la loi qui interdisait de construire des demeures en pierre en dehors des enceintes. Riga est alors un port important pour l’empire russe et afin de refléter ce statut, de nombreux bâtiments seront construits dans un style qui faisait alors fureur dans toute l’Europe : l’Art Nouveau. Riga ne compte pas moins de 800 immeubles de ce style flamboyant.

Plus d’info sur: http://latvia.eu/fr/culture/art-nouveau

C’est sur Elisabetes Iela que commence une promenade dans le monde de la fantaisie et de l’élégance… l’Art Nouveau avec ses volutes, ses motifs floraux, ses bustes et ses sgraffites est un mouvement qui touche toujours à l’âme tant il est théâtral. Pas étonnant que de nombreuses maisons arborent des masques grimaçants qui semblent quelques fois rire, mais le plus souvent hurler. Dans Alberta Iela, vous voilà plongé au cœur de ce que l’ont a fait de mieux en matière d’Art Nouveau dans cette ville. La plupart des maisons sont l’oeuvre de Mikhail Eisenstein (le père de Sergueï, le réalisateur du “Cuirassé Potemkine“) mais le bâtiment qui abrite le Musée de l’Art Nouveau a lui été réalisé par un architecte letton. Cette petite rue est un vrai petit joyeux, à parcourir dans les deux sens pour ne rien louper! Coup de bol, le soleil a décidé de bien se montrer au moment où nous arrivons, ce qui met en évidence les couleurs dont son peintes les façades : souvent bleues pâles, quelques fois rouge brique, rose ou jaune, à différent stade de rénovation ou malheureusement d’abandon. Et je suis assez étonnée. Bruxelles est une des capitales de l’Art Nouveau (malgré la destruction de beaucoup de bâtiments) et je suis habituée à côtoyer ce style mais ici, il est un peu différent… C’est la variante allemande “Jugendstil“, qui s’exprime à Riga (à l’époque, l’élite de Riga est encore germano-balte). Il est un peu plus géométrique, plus chargé aussi. Un peu moins de motifs floraux que l’Art Nouveau bruxellois par contre, on y retrouve les formes géométriques typiquement lettones, symbole du chêne (un des arbres nationaux) ou du soleil…

N’hésite pas à t’y perdre avec délice, Lectrice, Lecteur!

Bonus : la bibliothèque nationale

L’occasion d’une dernière balade le dimanche matin : la découverte d’un petit bijou contemporain et symbole de la culture lettone ; la bibliothèque nationale de Lettonie (ouvert donc le dimanche). ce grand palais de verre en forme de triangle se trouve sur la rive gauche de la Daugava, le grand fleuve qui traverse Riga et se jette dans la Mer Baltique. Ce dimanche là, le soleil ne sait pas ce qu’il veut. Se cacher? Se montrer? Ca ne dissuade pas les pêcheurs de tenter leur chance !

Depuis le pont qui enjambe le fleuve, on commence à avoir une jolie vue sur les clochers de la vieille ville et je croise les doigts pour que les étages de la bibliothèque soient accessibles aux visiteurs. Et bingo! Il existe bel et bien des pass “visiteurs” pour se promener jusqu’aux derniers étages de la bibliothèque (sans accès aux salles de lectures). L’endroit est immense et dès l’entrée, on est scotchées par le trompe-l’œil au centre de la bibliothèque : d’immense étagères qui donnent l’impression que les livres vont nous tomber dessus. Dans ce temple de verre et de papier, tout est calme et ordonné mais il faudra attendre d’arriver à l’étage de la littérature jeunesse pour avoir la meilleure vue. N’hésitez pas à pousser la porte pour en profiter. Sous un ciel tourmenté, le clocher cuivré du Dôme a l’air de vouloir réchauffer l’atmosphère tandis que celui de l’église de Saint-Pierre semble avoir la ferme intention de transpercer les nuages.  Et je me sens déjà envahie d’un peu de nostalgie, et de cet étrange petit sentiment qui saisit le voyageur quand il est dans un endroit qui lui plaît, et dont il a l’impression de ne pas avoir assez vu, pas assez appris. Il vous titille en arrière-pensée et ne vous lâche pas.

Nous, nous n’avons pas vu l’exposition qui se tenait à la Bourse, ni la maison du Chat, ni mangé au restaurant Biblioteka, ni découvert le quartier bohème de Spikeri ou les maisons de bois du quartier de Kalnciema.

Et ces manquements, il va falloir les réparer. Au plus vite.

A suivre: mon carnet d’adresse à Riga

Riga : Les bonnes adresses
#MelDoesThailand, Saison 5, épisode 3 : Koh Mak




  1. Lucie
    le 23.05.2017

    Vraiment sympa cette Riga ! je ne connaissais pas tellement cette destination mais ton article donne envie d’y aller

  2. Melissa
    le 23.05.2017

    Merci, Lucie! Les pays baltes gagnent vraiment à être connus, franchement! Riga est vraiment très belle. Il y a tant à y voir, j’ai hâte d’y retourner. Tu as déjà visité un pays balte?

  3. LaRoux
    le 23.05.2017

    2016 l’année Riga, en tout cas pour moi ! je me la suis mise en tête & je pense que cette année je sauterais le pas 🙂

  4. Melissa
    le 23.05.2017

    Vas-y, vas-y! Qu’est-ce qui t’en empêche ? 😉