- Rotorua , Nouvelle-Zélande -

March 2017

Autour de Rotorua : Village maori, Wai-O-Tapu et… Hobbiton

"Sniff-sniff"... les portes du bus viennent à peine de s'ouvrir alors que nous venons de nous arrêter devant l'office du tourisme de Rotorua.  Mon nez détecte l'odeur caractéristique d’œuf pourri qui trahit la présence de sources sulfureuses. Je viens de débarquer dans une ville qui, littéralement, sent le souffre !

"RotoVegas", c'est le nom que lui ont donné les Kiwis et ce n'est pas étonnant au vu du nombres de motels qu'on y trouve. Arrêt obligé de tous visiteur/backpacker qui se rend en Nouvelle-Zélande, Rotorua deux aspects : le premier charmant avec son musée, ses jardins et son lac et l'autre... beaucoup moins avec ce tout au tourisme qui est plutôt impressionnant. Mais celà, je vais le découvrir après avoir posé mon fidèle "Rolly-polly" (le petit nom de mon sac à roulettes) dans ma chambre du Rotorua Downtown Backpackers.

Pourquoi tant de popularité ? Sans doute parce que Rotorua se trouve au croisement de plusieurs lieux à ne pas louper quand on visite l'île du nord !

Malgré son fumet particuliers, le centre "historique" de Rotorua est plutôt plaisant surtout Government Gardens & Thermal, un grand parc situé en bords de lac. Rempli de fleur, le parc sert d'écrin au Rotorua Museum of Art, un superbe bâtiment qui semble tout droit sortir d'Angleterre. L'illusion est presque parfaite avec le ciel partiellement gris qui couvrait le paysage lors de ma visite, la pelouse d'un beau vert, les jardins soignés et le petit terrain de cricket !  Je serai malheureusement arrivée trop tard pour visiter le musée mais pas assez pour aller me détendre au Blue Baths !

Les Blue Baths sont chers au cœur des habitants de la ville, c'est ici que les plus âgés ont appris à nager, dans une piscine chauffée par la géothermie. Construit dans les années 30 comme une villa de style méditerranéen, c'est un lieu super-classieux qui, lors de ma visite, semblait un peu à l'abandon. Mais voilà, depuis, ce petit bijou a été rénové. on peut y manger, prendre le thé ou le verre sur son rooftop. Et bien entendu, nager (si le lieu n'est pas privatisé) ! Bonheur, j'ai eu la grande piscine à moi toute seule ! Et pour compléter ce moment de bien-être,  il y a deux bassins chauds, idéal pour détendre les muscles (surtout si vous avez marché avant).

Pour compléter cet instant de détente, les Blue Baths et le parc se trouvent en bordure du Lac Rotorua, le deuxième plus grand lac de l'Île du Nord. Ce sera finalement sur ses berges que je passerai le plus de temps à me balader et regarder tranquillement le paysage, les oiseaux...

Le soir, Rotorua redevient Rotovegas, les néons des motels s'allument et les lumières de "Eat Street" s'allument. Eat Street est une rue piétonne couverte remplie de restaurants et de bar. Fait amusant : le trottoir est chauffé lui aussi par la géothermie ! Éclairé par des LED's multicolore, on a vraiment l'impression... d'être dans le Nevada plutôt qu'en Nouvelle-Zélande. Attention, les prix sont plutôt élevés par ici. Je me suis donc repliée vers le moins onéreux: The Star of India. Comme son nom l'indique, c'est un restaurant... indien au service charmant et aux saveurs qui explosent !

 

Rotorua est un des cœurs de la culture māori et on y trouve de nombreux villages (Te Puia, Mitai, etc.) mais le plus proche est sans doute le The Living Māori Thermal Village de Whakarewarewa. La grande particularité du village, c'est qu'il est construit directement sur des sources d'eau thermales et ça fume de partout ! Depuis leur établissement dans la région, les Māori ont appris à vivre avec les avantages, mais aussi les dangers, d'avoir à côté de soi cette source inépuisable de chaleur. Car si l'eau bouillante est utile pour cuire (en quelque minutes, votre épis de maïs est prêt à être dégusté), se baigner (suffit de voir les enfants sortis de l'école qui ne manqueront pas de filer dans les baignoires naturelles) et se chauffer, elle peut aussi tuer !

Whakarewarewa reste quand même un drôle d'endroit. C'est un village, un vrai village, avec des gens qui vivent dedans à temps plein, mais un village qui se visite comme un musée, avec un guide, comme si on était un peu à Disneyland : on y découvre des chants et danses māories dans le petit espace de représentation à l'intérieur du village, et bien entendu, le fameux "haka", le Marae du village (espace de vie en commun qui comprend une wharenui, littéralement "grande maison" qui sert de maison commune). Bizarrement, je me sens mal à l'aise, un oeu comme si je visitais un zoo et pourtant, le village accueille des touristes depuis le début du siècle dernier et les guides actuels sont fiers de descendre d'une fameuse lignée (à l'origine, toutes des femmes) de personnage qui perpétuent et font découvrir la culture māori.

Sachez qu'on peut également y dormir et passer une soirée avec les habitants du village.

Accès et tarif : Pour rejoindre le village, prendre le bus 11 et sortir à Fenton Street.  Entrée pour un adulte: 35 NZD (23 Euros)

 

Marcher à travers le parc géothermique de Wai-O-Tapu est une expérience qui est à a fois un choc de la réalisation de la force de la nature, mais aussi un choc esthétique. Je m'explique : sur cette aire d'activité volcanique, on trouve le système géothermique le plus grand et le plus divers de toute la Nouvelle-Zélande. La visite, que l'on fait tranquillement à pied, commence bien gentiment par une mare de boue bouillonnante. Personnellement, j'y verrai bien Shreck y prendre son bain : sauf que l'ogre serait sans doute cuit sur place !

Par contre, le Geyser Lady Knox, c'est un peu spécial... tous les jours à 10h15, on provoque son entrée en irruption pour les touristes, rassemblé dans un amphithéâtre naturel. Attention, il faut se battre avec les perches à selfies pour avoir une belle photo ! Si la présentation par un guide est plutôt amusante,le bizarre de la situation (le guide verse dans le trou du geyser une mixture qui va provoquer une montée en pression de l'eau, et finalement une irruption, me semble fort discutable. Si vous n'avez jamais vu de geyser avant, c'est impressionnant... mais c'est sans doite dispensable (d'autant que le geyser est dans un autre endroit du parc où il faut prendre sa voiture).

Le parc des sources chaudes est bien différent : le sentier bien balisé (veille à ne pas mettre un pas sur le côté, Lectrice, Lecteur, si tu ne veux pas finir bouilli(e)... voire dissous/te) vous emmène à travers différents paysages et différents bassins aux noms plus poétique les uns que les autres : "Champagne Pool" avec ses eaux vertes à bulles et son dépôt orange qui clashe violemment avec le gris perle de la roche, "The Artist's palette", qui ressemble à une énorme palette de peinture avec ses flaques de couleurs multiples : roses, bleues, oranges  ou jaunes. toutes ces couleurs sont dues aux dépôts d'éléments, métaux ou non métaux, mais aussi des bactéries et algues thermophiles qui donnent leurs couleurs aux eaux et dépôts de Wai-o-tapu. L'orange pour l'orpiment, le jaune vif pour le soufre, les algues rouges pour le rose... Mais le plus impressionnant reste "Devil's Bath" , un petit lac couleur jaune fluo (ou vert, ca dépend si le soleil se montre) dont rien que la vue suffit à s'en tenir à l'écart, cette couleur n'apparaissant pas comme "naturelle" à nos yeux (et si un animal mort flottant à la surface ne suffit pas à vous convaincre). C'est le souffre, en grande concentration dans ce bassin qui remonte à la surface et lui donne cette couleur jaune-vert.

Accès et tarif pour Wai-O-Tapu : 32 NZD (21 Euros)  l'entrée. Consacrez-y au moins 3 heures pour parcourir tout le parc à l'aise.Attention, il n'existe pas de transport en commun pour rejoindre Wai-O-Tapu. Il faudra donc soit se joindre à une excursion organisée (79 NZD le matin, 69 NZD l'après-midi, entrée comprise), soit faire du stop.

J'ai à peine le temps de sortir du bus qui me ramène de Wai-O-Tapu que j'ai juste le temps d'acheter un sandwiche et de monter dans un autre bus à destination d'un lieu qui n'existe pas : Hobbiton, le village des Hobbits du "Seigneur des anneaux".

Mettons une chose au clair, j'ai du mal avec la version française du "Lord of the Rings"... Hobbitebourg sera donc ici mentionné par son nom original de "Hobbiton".

S'il y a bien une phrase qui a dû en inspirer plus d'un, c'est celle de Bilbo Baggins ;

“It's a dangerous business, Frodo, going out your door. You step onto the road, and if you don't keep your feet, there's no knowing where you might be swept off to.”

Bilbo, un Hobbit bien sous tous rapports et donc forcément casanier dans "Le Hobbit" est transformé en "cambrioleur" et aventurier grâce à sa rencontre provoquée avec Gandalf le magicien. C'est à mon tour, moi qui ai passé le pas de ma porte depuis maintenant plus de deux mois pour découvrir le monde, de visiter le lieu de naissance du Hobbit. Du mois celui que Peter Jackson a révé.

Revenons à la fi des années '90 : un réalisateur néo-zélandais talentueux est en passe d'incarner un vieux rêve : réaliser la trilogie d'un monstre de la littérature anglaise: The Lord of the Rings de J. R. R. Tolkien. Ses premières scènes se déroulent dans un petit village bucolique peuplé de créatures de petite taille et aux grands pieds. Dans le livre, Hobbiton est décrit comme un bourg paisible, construits sur (et surtout dans) un paysage de vertes collines, les Hobbits ayant construits leurs demeures à l'intérieur de ces collines, à la façon de terriers. Sans doute à cause de leur caractère timide et leur amour de la nature les poussaient à se fondre dans le décor ?

Voilà donc le défi qui attendait Peter Jackson et ses "locations scouts"... et au cours de leurs recherches, ils tombent sur Alexander Farm, une ferme de mouton qui semble correspondre en tout point à l'idée du Shire : herbe verte, collines et surtout, un pin qui domine un petit lac au creux d'un paysage idyllique ! Pas de route, pas de fils électriques ou de téléphone ? Ca y est :  notre réalisateur avait trouvé Hobbiton. Neuf mois furent nécessaire pour construire le village, et même l'armée fut mobilisée , pour trois de tournage. La première trilogie terminée, les décors furent enlevés mais lorsque Jackson décide de filmer sa nouvelle trilogie, "The Hobbit", "Hobbiton" reprend vie et cette fois, pour de bon ! Ce que le visiteurs va découvrir est un village qui semble atteindre que ses résidents reviennent d'un moment à l'autre : Hobbiton Movie Set !

Il faut bien l'avouer, il y a du monde, tant la popularité des films et grande. On ne peut pas se déplacer tout seul, la visite est obligatoirement guidée, histoire de "ventiler" les groupes mais aussi, parce que cette ferme ... reste  une ferme. Il y a toujours une activité d’élevage et nous sommes priées de rester sur le site du tournage mais malgré çà, la magi opère si on est fan ! Moi qui ait vu "The Fellowship of the Ring" au moins une dizaine de fois, j'ai l'impression d'avoir atterrit dans le film ! Les terriers de Hobbits avec leurs petites portes rondes, les petites barrières devant des jardinets fleuris, le minuscule linge qui sèche au soleil... là, on a disposé des courges sur une table, ici, un hobbit a laissé une échelle en bois posé sur un poirier rempli de fruits mur, ici, des pots de confitures ont été oublié et partout, les abeilles font "Bzzzz". L'attention aux détails est stupéfiante, et le décor change selon la saison ! Le point fort de la visite, c'est bien entendu "Bag Ends", le quartier "chic" de Hobbiton où résident Bilbo et Frodo. C'est dans la petite butte en dessous du pin que se trouve la fameuse maison à porte verte ! On accède par des petites marches de pierre et la première chose que l'on peut voir sur la petite clôture, c'est le message un peu grognon de Bilbo le jour de son anniversaire: "No admittance except on party business". Voilà qui est clair ! 😉 Malheureusement, et là je sens que je vais en décevoir beaucoup chez vous, Lectrice, Lecteur, on ne peut visiter les intérieurs... vu qu'il n'y en a pas. La douillette maison de Bilbo et Frodo a été reconstituée en studio.... il y a juste un début de couloir pour y faire les raccords. Autre fait amusant, l'arbre qui pousse sur la butte... est un faux! Dans la vision de Peter Jackson, Bag End devait avoir un grand chêne : on en coupât donc un dans les environs avant de le rassembler et d'y accrocher de fausses feuilles peintes à la main par une compagnie de Taiwan ! L'arbre que nous voyons est un peu plus petit que celui de "Fellowship of the Ring" puisque dans "The Hobbit", l'arbre a plus ou moins 70 ans de moins, il devait donc être plus petit ! Bref, c'est le genre de détails complètement dingue que l'on apprend pendant la visite ! 

On découvre également le pré où se tient la fête d'anniversaire de Bilbo, le fameux petit pont du moulin qu'empruntent Gandalf et sa carriole en arrivant dans le village (probablement le moment où j'avais vraiment, vraiment l'impression d'être transportée dans le film, sans doute parce que je n'étais plus entourée d'autre visiteurs.

L'excursion se termine par un verre (compris dans le prix d'entrée) à l'auberge du village "The Green Dragon Inn" et là... on entre enfin dans l'intimité des Hobbits. L'endroit est juste... magique ! On jurerait que Merry et Pippin' vont apparaître pour danser sur les tables ! Situé au bords du lac, on peut soit prendre sa pinte de bière (brassée sur place), de cidre ou de ginger ale au soleil mais même avec l'air tiède de la fin d'été, on préférera sans doute l'intérieur douillet du pub avec ses petites fenêtres rondes, ses chaises en bois, ses fauteuils douillet au coin du feux (enfin, si le chat de la ferme vous laisse faire). Malheureusement, vous n'aurez que 20 minutes pour en profiter (et vite avaler votre boisson).

Tu l'auras compris, je suis une fan des livres et des films (enfin, surtout la première trilogie) et ce ne fut pas compliqué de me séduire mais... (oui, il y a des mais), mon groupe était composé de Français plus âgés qui étaient là en voyage organisé... et en arrêt obligé avec aucune idée de l'endroit où ils étaient, ni pourquoi on les avait emmené là. Ce qui faisait une drôle d'ambiance dans le groupe (j'essayais de rester à l'arrière ou à l'avant du groupe pour écouter les commentaires) et le côté un peu "militaire" et minuté de la visite est un peu désagréable. On a juste envie de s'attarder et de prendre des photos mais vu le nombre de visiteurs, difficile de faire autrement ! 

Accès et tarifs au Hobbiton Movie Set : Pas de transport en commun jusque Matamata où se trouve la ferme.  Vous devrez soit conduire jusque là (ou faire du stop), soit vous joindre à une excursion depuis Auckland, Hamilton ou Rotorua (environ 120 NZD-80 EUR depuis Rotorua qui est le plus près, si on ne compte pas le village de Matamata). Le prix d'entrée est plutôt cher: 79 NZD (52 EUR) mais quand on est fan... à vous de voir si ca vaut la peine ! 

La fois où j'ai travaillé dans une ferme à la Dominique : D-SmartFarm
La Dominique, côté ville à Roseau




  1. Itinera Magica
    le 26.04.2017

    Oh quel régal ! j’ai ADORE Rotorua et Wai-o-Tapu et je retrouve tout dans tes photos magnifiques, c’est un bonheur !
    A l’époue de mon voyage, je crois que Hobbiton n’existait pas, j’ai raté quelque chose 😉

  2. Melissa
    le 26.04.2017

    Merci, M’dame ! Oui… Hobbiton tel qu’on le visite maintenant est assez récent (il a été reconstruit en dur pour “Le Hobbit”) et si on est fan, c’est un vrai “freak-out”. 😉 J’avoue que j’aurai adoré avoir un(e) pote fan avec moi pour qu’on puisse s’extasier ensemble ! Tu es allée tester le spa à Rotorua ?