- Santiago de Chile , Chili -

January 2016

La surprise Santiago du Chili – 1e partie

Quel bonheur d'arriver dans un endroit avec l'esprit à peu près vierge de toutes idées préconçues, prête à être étonnée, surprise, ou peut-être déçue. Car de Santiago du Chili, la capitale de ce pays long comme un cigarillo, je ne savais rien, ou presque. Autant j'avais une image plutôt précise de Rio avant d'y arriver la première fois (plages? Check! Christ Rédempteur? Check! Pain de sucre? Check!) ou de Buenos Aires (architecture Belle Epoque ? Check ! Tango dans la rue ? Check !) autant rien ou quasi rien ne me venait à l'esprit en songeant à Santiago. A part peut-être le Palais de la Moneda, le palais présidentiel où Salvador Allende se suicidât aux derniers instants du coup d'état du Général Pinochet.

Pendant les deux heures de bus qui séparaient Valparaiso de Santiago, je me creusais les méninges... mais non! Seul me venait ces images de l'effondrement de la démocratie au Chili. Peut-être  parce que mes années d'étudiante à l'ULB m'ont vu passer mille en mille fois devant l'espace Allende ? Peut-être parce que le professeur qui a fait de moi une geek d'une n00b était un exilé chilien ?

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Entrée de "The Happy Hous"

Ma deuxième référence datait de Cordoba. Une expat' anglais nous avait glissé à l'oreille : "Si vous allez à Santiago, vous devez absolument dormir à "The Happy House Hostel", cet endroit est extraordinaire". Ni une, ni deux, de retour dans ma chambre, j'avais réservé ma chambre, la dernière disponible !

C'est donc tout excitée que je descends du bus et commence à faire connaissance avec Santiago, via son métro. Un métro bien différent de celui de Buenos Aires, plus moderne. Là où il perd en charme, il gagne en efficacité! 5 minutes plus tard, me voilà surgissant de la station Los Eroes", sous un soleil cuisant, prête à rejoindre mon auberge et que dire ? Que mon anglais ne m'avait pas menti ! L'auberge se situe dans un bâtiment de 1910, une espèce de petit palais aux plafonds interminables. Quand j'entre, la réception est baignée par une lumière filtrée par une immense verrière et une foule de canapés et de fauteuils attendent les voyageurs qui arrivent et qui repartent. S'il y avait à donner des étoiles aux auberges, celle là en mériterait 5 ! Ou aller, 4 et demi (pas d'ascenseur)...  Un drôle de hasard me verra attribuer la chambre Rapa Nui. J'y vois comme un merveilleux signe du destin : Rapa est ma prochaine destination. Ici aussi, je me retrouve avec une chambre au plafond à au moins 4 mètres et ornée de moulures. Elle est aussi la plus grande que j'aurai eue de tout le voyage.  Bien entendu, c'est une auberge et vous ne vous retrouverez pas avec une literie ultra confort mais franchement, c'est Byzance! Mais l'après-midi avance et les rues de Santiago m'appellent.

Les Barrios ouest: Barrio Yungay, Barrio Brasil et Barrio Concha y Toro

A l'ouest du centre, on trouve ces trois quartiers qui ont en commun le fait d'avoir été le lieu de prédilection d'une riche bourgeoisie au début du XXème siècle puis d'avoir été abandonné dès les années 40-50 pour les quartiers plus modernes de l'est de la ville. Ces "barrios" tomberont donc dans l'oubli avant de retrouver une seconde jeunesse depuis une quinzaine d'année.

A une demi-heure de marche de l'auberge, à l'extrémité du Bario Yungay, se trouve le Musée de la mémoire et des droits de l'homme. C'est en pensant à mon professeur que j'ai décidé que ma première visite devait être là. Le musée a ouvert il y avait trois à peine quand je le vsitais en 2015 pour que les Chiliens et visiteurs se souviennent de la chape de plomb qui a couvert le Chili de 1973 au début des années 90 : coup d'état militaire mené par Pinochet, violations innombrables des droits de l'homme, kidnappings, assassinats politiques... Le Musée de la mémoire est une grande boîte de verre (symbole de transparence, je suppose) où sont exposés les événements dans un ordre chronologique et thématique. Photos, vidéos, ambiances sonores... le visiteurs est plongé dans les événements au fur et à mesure de la visite. Sans doute le plus émouvant était d'entendre la dernière émission radio du Président Salvador Allende, un interminable discours qui ne s'interrompit que quelques instants avant qu'il ne se réfugie dans son bureau pour se suicider. C'est à cette époque de nombreux Chiliens partiront en exil. Certains contraints et forcés, d'autres préférant prendre les devants. Un exil douloureux qui emmènera des milliers d'entre eux souvent en Europe. Et c'est ainsi que mon prof est arrivé à Bruxelles. Sur l'esplanade devant le musée, des dizaines d'affiches témoignent de la solidarité du monde avec le Chili. J'en ressors complètement chamboulée. C'était pourtant il n'y a pas si longtemps. J'étais une grande ado lorsque la démocratie revint en 1990... et c'est la tête pleine d'interrogation que je me plonge dans les quartiers contigus de Yungay et Brasil.

Par ce la Quinta Normal
Le Musée se trouve à l'entrée du Parc de la Quinta Normal et si vous avez plus de temps que moi, n'hésitez pas à aller vous y promener. En plus, on y trouve de nombreux musées comme le Musée d'histoire naturelle, le Musée d'art contemporain Quinta Normal (le MAC a deux implantations) ou le Musée ferroviaire de Santiago.

La cité Adriana Cousiño, une des trois dans l'historique Barrio Yungay. #SantiagodeChile #Chile #latergram

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Ici, Lectrice, Lecteur, tu vas devoir me pardonner... les photos de cette après-midi dans les Barrios Yungay et Brasil ont disparu... Ca n'a pas été faute de passer toutes mes cartes SD à travers des logiciels de récupération de fichiers effacés... rien à faire! Elles n'étaient pas sauvegardées sur mon disque dur qui m'avait accompagné pendant tout le tour du monde. Sans doute étaient-elles sur une carte SD qui est toujours introuvable.

Il ne me reste plus que mes souvenirs et une ou deux photos... alors laisse-moi te le décrire... S'il fallait faire un parallèle, je dirai que Yungay ressemble un peu au San Telmo de Buenos Aires, en plus calme. Contrairement au reste du centre de Santiago, qui est très moderne, les barrios Yungay et Brasil ont gardé le charme de la Belle-époque, mais contrairement à Buenos Aires, c'est moins flamboyant, moins expressif. Et plus calme. Quartier devenu un peu mal famé, il aura fallu tout l'amour que lui porte ses résidents pour le sauver, même lors du tremblement de terre de 2010 où la solidarité pour sauvegarder le patrimoine qui pouvait l'être a été exemplaire. On y trouve de jolies demeures colorées, pas mal de street art et de petits trésors de bar comme la "Peluqueria Francesa". Comme son nom l'indique, c'est un coiffeur (qui est toujours en actvité, sa boutique au charme d'antan donne sur la rue mais bien plus que çà, c'est un bar ET un restaurant. Séparé en plusieurs espaces à la déco diverses, c'est un endroit qui m'a l'air plutôt branché... comme la faim s'était faite sentir, je m'y suis arrêtée pour un simple sandwich pendant que mes voisines de table finissaient un tea-time au champagne. ^^ Pour prolonger ce sentiment hors du temps,  allez vite voir la Cité (ou Pasaje) Adriana Cousiño. Construite sur un modèle "européen", cette cité pour une classe plus modeste a été construite par les mêmes architectes que les maisons bourgeoises des alentours. Peintes de couleurs vives et ornée de palmiers, ces alignements de coquetes maisons sont un petit enchantement ! 

 

Le Barrio Brasil est un peu plus animé et au centre, la Plaza Brasil en est le poumon vert. Le parc étire ses allées comme une toile d'araignée sur une grande pelouse. A toute heure, il y aura toujours des gens à la Plaza Brasil. La journée, on y trouve des personnes âgées ou des enfants qui jouent. Le soir, c'est le point de rendez-vous pour toute une faune qui s'apprête à sortir. Et dans le coin, petit restos et bars ne manquent pas. Celui qui m'a conquis était le Café Paris (ben oui), ses couleurs et sa  terrasse un peu retrait (petite restauration possible).

Coincé entre le Barrio Yungay et le Barrio Brasil, on trouve le tout petit Barrio Concha y Toro (coup de bol, j'ai des photos).  Construit dans les années 20 sur les terres de la famille Concha y Toro, c'est un quartier lilliputien (même ses rues sont petites) qui rayonne depuis une petite place avec une fontaine qui lui donne une allure de joli village. Tout autour, on y trouve de bien beaux bâtiments, surtout Art-déco et néo-classiques, qui apporte un charme fou à ce petit bijou.

Le Centro

Sans transition, nous voilà dans le Centro, à deux pas de la Moneda. On retrouve d'immense avenues et place mais juste derrière, un petit havre de paix se cache... le  Barrio Paris-Londres, l'oeuvre des mêmes architectes qui ont façonné le Barrio Concha y Toro. Nommé ainsi à cause des Calles Paris et Londres, l'illusion d'être en Europe est presque parfaite : ruelles pavées, maisons de briques, placettes et terrasses sous les arbres... C'est charmant et surprenant!

L'autre surprise, c'est ce qui se passe en dessous du Palacio de La Moneda. Certes, le Palais présidentiel impressionne par sa taille, sa couleur blanche éclatante et ses plans d'eau (vous pouvez d'ailleurs le visiter) mais juste en dessous, se cache un énorme espace culturel : le Centro Culltural La Moneda (qui fête ses 10 ans cette année). Non seulement on peut y trouver des espaces d'exposition mais on y trouve aussi la Cinémathèque nationale, quelques restos et cafés mais surtout, une boutiques de créateurs 100% chiliens : tricots, design, petit objets, peintures, bijoux... on est sûr d'y trouver de l'authentique ici ainsi qu'une librairie. Je rêve qu'on face de même en dessous du Parlement ou du Palais Royal!

A quelques centaines de mètres de la Moneda, on atterrit sur la Plaza de Armas, la vieille place principale de la ville, à sa naissance, était une ville de garnison, pas étonnant que son cœur soit nommé la "Place d'armes"! Depuis le milieu du XVIème siècle, elle en a vu des gens passer et même si elle n'est plus vraiment le centre de Santiago tellement la ville est étendue, c'est quand même une ruche bruissante et frémissante. Avec des tonnes de bureaux et de ministères autour,  celà crée un vrai théâtre humain : des gens en costumes viennent casser la croûte sur des bancs à l'ombre des nombreux palmiers, des touristes photographient l'ancien cabildo, la bourse et la cathédrale métropolitaine sous tous les angles, des mères dégustant une glace surveillent des petits garçons qui s'ébattent en sous-vêtement dans la fontaine. Le ciel est implacablement bleu, et la chaleur, ardente. J'ai bien envie de faire comme eux. Pour me rafraîchir, la solution la plus raisonnable reste d'aller visiter la cathédrale. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les architectes n'ont pas fait dans la dentelle, ce lieu de culte est un des plus vastes que j'aie vu depuis le début du voyage. Vaste, chargée, fait pour impressionner les fidèles, la cathédrale a été plusieurs fois reconstruite, la faute aux tremblements de terre qui viennent régulièrement pourrir la vie du Chili. A la voir comme celà, on peut se dire qu'elle devrait en surmonter quelques uns...

A suivre... 

Pour en savoir plus sur Santiago du Chili ; http://chile.travel/fr/ou-aller/santiago-et-ses-environs/  et http://www.santiagocapital.cl/

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