Lectrice, lecteur,

Ta blogueuse n’hésite jamais quand il s’agit de partager des choses qui lui tiennent à cœur ! Foin du ridicule, de la perspective de peut-être perdre son matériel, même le plus précieux! Elle se dénude et se mouille, littéralement, histoire de te faire oublier que pendant la nuit, on a été transporté à notre insu en Sibérie…

Aujourd’hui, je vais te parler d’une construction que l’on trouve le long de la côte sud des Abruzzes : le trabucco (ou trabocco) ! Ca n’a l’air de rien comme çà, mais le trabocco, c’est ce qui a commencé à me donner le goût de l’exploration ! Lors de nos déplacements familiaux en Italie, ma famille et moi squattions à chaque fois le même coin de plage. Interdiction néanmoins de s’aventurer plus loin qu’une ligne de rocher qui signifiait la fin de la plage de sable mais à l’horizon, me narguait le trabocco, cette drôle de construction de pêcheur, toute en bois, que j’avais très envie de voir de plus près. Mais pour y aller, il fallait, d’après mon père, braver l’eau qui vous montait par-dessus la tête, ou escalader des rochers qui ne manqueraient pas de me blesser, ou bien tomber dans de vicieux « trous » qui pourraient nous surprendre même en ayant pied ! Bref, il fut assez persuasif que pour m’en tenir à distance… d’autant plus qu’à l’époque, j’étais une petite fille quasi modèle mais à chaque retour, la curiosité devenait de plus en plus forte ! Le trabocco était devenu une espèce de Moby Dick… Une obsession !  Ce truc était là, immuable années après années malgré son apparente fragilité, et je ne pouvais pas l’atteindre. Enfin, vers l’âge de 14 ans, alors que je n’étais plus retournée en Italie depuis des années et que j’avais mon brevet de natation de 800 mètres en main, je me dis que je pouvais enfin me passer de l’autorisation parentale et enfin voir de quoi il s’agissait. Sur le chemin, je me sentais l’âme d’une expéditionnaire qui risquait sa vie à chaque pas ou chaque brasse. Et sans oublier également les créatures marines qui pouvaient se cacher à chaque recoin de rocher et prendre des proportions énormes : les crabes devaient sans doute se tapir et surgir devant moi au moment le plus opportun pour me pincer les orteils, je me piquerais peut-être sur des oursins que je n’aurais pas vu dans l’ombre et quant aux méduses, vu ma chance, l’une d’entre elles, de la taille d’un ballon de football, allait certainement croiser mon chemin. Après tout, j’en avais déjà vu échouées sur le sable. Autant te dire qu’une fois arrivée jusque-là, je trouvais les dangers grandement exagérés… même si la récompense était belle ! J’avais trouvé un endroit calme, aux eaux claires, les oreilles étourdies par les chants des cigales. Mais c’est là que j’ai réalisé pour la première fois que ce qui est le plus excitant pour moi quand j’ai un but à atteindre, c’est le chemin pour y arriver !

Un trésor qui est en voie de devenir Parc national suite aux menaces écologiques d’exploitation pétrolière et gazière… Ils devraient donc continuer à me narguer longtemps. J’espère. En attendant, je te laisse apprécier cette petite vidéo…