- Bruxelles , Belgique -

December 2015

Tour du monde : un an après

Soyons honnête d’emblée, Lectrice, Lecteur, j’ai le blues, la nostalgie, le bourdon.

Je ressasse ce coup de mou depuis plusieurs jours. Depuis que j’ai réalisé que ça fait déjà un an qu’un beau matin de mercredi 3 décembre, j’embarquais dans un vol Iberia pour Madrid, vol escale pour Rio, la première étape de mon Tour du monde. Le cœur battant, à la fois d’anxiété et de joie, j’avais eu envie de crier à tout l’avion ce que j’étais en train d’accomplir. Autant pour partager ma joie que pour entendre des mots rassurants. Je me suis contentée de le clammer sur les réseaux sociaux, où mes amis, qu’ils sont “IRL” ou pas, m’avaient inondés de messages bienveillants qui m’avaient réchauffé le cœur.

Une parenthèse de 4 mois s’ouvrait. Je pouvais en voir la fermeture mais elle était si loin, si loin qu’on ne l’apercevait presque plus, noyée par l’espace vierge à remplir.

Pendant tout ce temps, sauf une déprime très passagère lors de mon retour au boulot, j’ai continué d’avancer, occupée sur tous les plans et noyée dans mon travail et le blog. Mes journées se terminent souvent à une heure du matin, ça laisse peu de temps à la réflexion.

Était-ce l’approche de cette date symbole ? Était-ce une baisse d’activité dans mon boulot de jour ? J’ai commencé à ruminer, à gamberger, à regarder de plus en plus souvent mon flux Instagram, avec de plus en plus de gros soupirs à chaque fois. Et une douce nostalgie a commencé à s’installer. Ce tour du monde, ça n’a pas été rose tous les jours. Il y a eu de grands moments de solitude, de doutes et de questionnements, de bobos physiques, de tourments de l’âme… mais voilà, le voile de nostalgie fait que l’on se souvient plus des bons moments que des mauvais. L’expérience prend une aura de paradis perdu. Et on se rappelle…

En tout premier, de ce sentiment immense de liberté et de ne jamais savoir de quoi sera fait demain. Les journées ne sont rythmées que par trois choses: la faim, la fatigue et le bon plaisir et chaque jour amène une découverte nouvelle. Mais dès que la routine commence à poindre le bout de son nez, voilà que vous devez partir, plongé dans un nouvel univers, où tout est à apprendre, à nouveau.

Et le temps ? T’ais-je déjà parlé du temps ? Il se comporte de manière extrêmement bizarre. Tout semble durer très longtemps, sur le moment. être au même endroit trois jours semble l’équivalent d’une semaine. Et une semaine plus tard, lorsque vous vous rappelez les étapes passées, ces trois jours semblent s’être déroulés il y a des semaines. Comme si le cerveau faisait en sorte de suspendre le sablier au moment où il faut en profiter le plus, puis l’accélère pour vous rappeler qu’il passe et que la vie est courte.

C’est ce qui me pousse à présent à réfléchir à mon avenir… Déjà, l’envie est là de repartir, mais pas seule, du moins pas tout le temps. Comme une junkie, je me fais de fixs pour tenir. Des petites escapades… une semaine, un week-end. Mais comme toutes les addictions, celui qui en est victime sait bien qu’à un moment, il lui faudra une dose complète, peut-être même supérieure à celle habituelle. Je rêve déjà d’itinéraire idéal… d’y inclure l’Afrique australe, un peu de moyen-Orient, plus d’Asie que je connais à peine. Et Rapa Iti est là, qui continue de m’appeler… cette petite ile du bout du monde si difficile à atteindre.  Bref, je me retrouve, un an après le grand départ, à l’approche d’un carrefour. Continuer ma vie, pas si mauvaise que çà, avec la sécurité et des escapades, plus ou moins longues, mais toujours bridée. Ou prendre la route, devenir nomade digitale, avec toutes les incertitudes que celà comporte. Mais devenir nomade digitale pour faire quoi ? Me voilà donc en train d’essayer de me jauger, de m’évaluer avec tous les a priori négatifs de la “underachiever” que je suis.

Et dans ma “vie de jour” (j’en suis venue à estimer que comme j’ai deux “boulots”, celui qui me nourrit, et le blog, j’ai deux vies), le temps, lui file beaucoup plus vite qu’en voyage. Sans presque de souvenirs pour le retenir.

Voilà où j’en suis, au stade de cet article très #jeudiconfession. Le débat (intérieur) a le mérite d’être lancé.

En attendant, Lectrice, Lecteur, je te laisse ave le flux Instagram complet de ce tour du monde, vécu à (presque) chaud, excepté les #latergrams. 😉

Bonne route à toi et à vite!





  1. Laurent
    le 13.12.2017

    la boucle enfin bouclée, tu sembles déjà prête à repartir !

  2. Melissa
    le 13.12.2017

    En effet, Laurent… mais sans doute pas totu de suite. 😉 Je me laisse le temps de la réflexion encore. 😉

  3. Leslie
    le 13.12.2017

    “le temps, lui file beaucoup plus vite qu’en voyage. Sans presque de souvenirs pour le retenir.” tu décris exactement ce qui me fait un peu paniquer en pensant à la vie de tous les jours. En étant dans une routine, avec moins d’éléments de surprise, fascination, les jours se ressemblent parfois et finissent par se confondre. C’est peur etre pour ça que je suis totalement anti routine, j’essaie d’aller dans des cafes ou endroits differents pour travailler au maximum, parce qu’au moins ça, ça différencie une journée d’une autre. En meme temps, j’avoue que ça m’aide enormement de vivre à Lima, tout me semble encore à moitié dans le voyage avec le chaos que c’est 😀

  4. Melissa
    le 13.12.2017

    Ah ah… Je vois tout à fait, ma belle. Mais je plus j’y pense, plus je réalise que l’installation de la routine est en fait un mécanisme de défense, qui nous fait nous sentir stable et en sécurité. Même en voyage, ça s’installe, c’est rapide et subtil. Comme par exemple, aller trouver le supermarché presque dès qu’on est arrivé à destination, aller boire un verre tous les soirs en début de soirée, commander un cappucino avant midi et un coca l’après-midi… C’est juste que cette “routine”, comme tu la vis pour le moment, et comme je l’ai vécue pendant le voyage, elle est “dématérialisée” de l’endroit où on se trouve. 😉

  5. NowMadNow
    le 13.12.2017

    “L’expérience prend une aura de paradis perdu.”

    Plein de douces ondes positives pour toi Mélissa.

  6. Melissa
    le 13.12.2017

    Merci, choukke! Et toi aussi… je suis contente de te savoir sur la route, tiens! J’ai hâte de lire tes impressions de La Réunion!

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