- Ayuttayah , Thaïlande -

December 2015

#MelDoesThailand, saison 5, épisode 2 : Ayutthaya

Les Thaïlandais n’arrêteront pas de m’étonner, surtout dans leur amour immodéré pour la customisation de leurs taxis, tuk-tuks, bus et mini-bus. C’est dingue ! Me voilà dans un mini-bus, à destination d’Ayutthaya, sous un plafond fait de miroirs, de perles et de petits angelots à l’italienne. Pour couronner le tout, les côtés sont capitonnés de simili-cuir crème. Rien n’est jamais trop beau, trop flashy, trop étincelant, trop coloré pour le véhicule chéri des chauffeurs thaïlandais. Ici, le kitsch n’existe tout simplement pas ! Et c’est beau.

Bien que collée serrée à mes affaires (pas beaucoup de place dans les mini-bus), le trajet d’une heure et demie se passe agréablement et nous voilà déposés sur une place qui sert de gare routière, dans la nouvelle ville d’Ayutthaya.

Ayutthaya

De 1350 à 1767, Ayutthaya fut la capitale du royaume du Siam et même la plus grande ville du monde. Un million de personnes résidaient dans cette île-ville, encerclée par le Chao Prayah et ses affluents et le monde entier venait faire du commerce : marchand chinois, arabes, indiens et européens venaient y vendre et acheter.  La capitale fut florissante jusqu’à ce que l’armée birmane ne l’envahisse et ne la mette à sac. Ayutthaya (ou plutôt ses ruines), détruite, fut abandonnée et une nouvelle capitale, Bangkok, fut fondée. Il ne reste plus des splendeurs de la cité, que des récits, des gravures de marchands européens, représentant une ville blanche et dorée, et l’imagination des voyageurs en se baladant dans ce site du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Première chose à faire lorsque vous arrivez en ville : louer un vélo. C’est le plus facile pour pouvoir visiter les différents sites d’Ayutthaya, éparpillés sur plusieurs kilomètres. Evidemment, je ne dois pas aller très loin pour trouver un loueur de bicyclette, ou plutôt une loueuse. Equipée de casque, cadenas,  et de précieux conseils ainsi que d’une carte, je me lance à l’assaut du bitume. Quel contraste avec Bangkok où je n’oserai pas poser un pneu pour tout l’or du monde.

Premier arrêt : Wat Phra Mahathat

Cet énorme temple sera surement le point de départ de ton exploration, lectrice, lecteur. Ici, l’armée birmane s’est bien déchaîné et ce sont surtout les statues qui ont pris cher. Il ne reste quasi pas un bouddha avec la tête encore sur les épaules. Dans les récits qui sont restés des voyageurs européens, ont parle d’Ayuttayah comme d’une ville toute blanche et or, ce qui frappe d’emblée, c’est que toute les ruines sont couleur brique. C’est que les bâtiment étaient couvert de plâtre blanc. Une fois dévastée, le matériau de construction s’est retrouvé à nu et de ville blanche, Ayutthaya est devenue la ville rouge.

C’est ici que l’on trouve aussi un des symboles de la ville : la tête d’un Bouddha entourée par un arbre. J’ai un peu de peine pour lui… La Thaïlandais le considère comme sacré mais évidemment, il est entouré de touristes à selfie-stick (le pire instrument jamais inventé). J’attends patiemment que ça se dégage pour prendre des photos. Si près de Bangkok, Ayutthaya est un arrêt obligatoire pour le visiteur en Thaïlande et il faudra te partager l’espace avec de nombreux backpackeurs ainsi que des groupes. Heureusement, les sites sont assez nombreux que pour ventiler un peu tout çà.

Je reprends le vélo pour aller me promener du côté du lac qui est juste à côté des ruines (et en voir d’autres tout à côté) quand mon oreille est attiré par de drôle de son… Dans un buisson, à côté de ruines, un type tout seul regarde une vidéo sur son smartphone, en mode haut-parleur… Clash de deux mondes. Mais en m’approchant,  je me rends compte que les sons qui sortent de là semble plutôt suggestifs. En roulant de plus près, pas de doute, mon bonhomme est en train de se mater une video porno, traquillou. Pas gêné pour un sou, il se lève et s’approche de moi et me montrant fièrement son smartphone. J’ai compris l’invitation. A la fois bluffée par l’aplomb du mec et morte de rire, je décline en donnant un grand coup de pédale. Finalement, ne trouvant pas le chemin pour accèder aux autres ruines, je fais demi-tour, sort du complexe de Mahathat, et poursuis mon exploration vers le temple voisin.

Wat Ratchaburana

Juste à côté d’un grand carrefour, c’est l’énorme prang (ces espèces de longues tours ornées qui ressemble à des obélisques) du temple qui a attiré mon œil. Et c’est assez impressionnant ! Ici, les ruines sont assez bien conservées… Du temple, il ne manque quasi que le toit et le prang qui s’élève dans le prolongement semble encore plus haut. Il a une sacrée histoire en tout cas, à commencer par sa construction. Il fut élevé par Borommarachathirat II pour détenir les cendres de ses deux frères aînés, morts lors d’un combat singulier à dos d’éléphant. Celui qui avait bien peu de chance d’être roi le devint donc.

En 1957, le temple fut dévalisé de nombreuses images du Bouddha et d’objets en or et bien que les voleurs furent attrapés, on n’a jamais remis la main sur une partie du butin. Ce qui a pu être rettrouvé est maintenant exposé au Chao Sam Phraya Museum, que je n’ai pas eu l’occasion de visiter.

La pièce de résistance, le prang, est assez fabuleux. Il a gardé sa couleur blanche et est couvert de créatures fantastiques comme le nâga (le serpent à 7 têtes) et Garuda, l’homme-aigle. On peut accèder à la crypte en montant les marches mais à cause des travaux, elle était inaccessible au moment où je l’ai visité.

Wat Phra Si Sanphet : Des chedis partout !

Ayuttahaya était donc une ville royale, et les rois du Siam méritaient un temple à eux. C’est Wat Phra Si Sanphet. Avant d’y entrer, je passe faire une visite au Wihan Phramongkhon Bophit temple à l’entrée du site. Une immense allée sous un soleil battant conduit le visiteur vers le seul temple qui a été restauré à son ancienne grandeur. Ca peut donner une pâle idée de ce à quoi pouvait ressembler Ayutthaya. A l’intérieur, la ferveur est intense. C’est que le Bouddha en bronze qui y siège est un des plus grands de Thaïlande (17 mètres). Non seulement, il y a le Bouddha, mais en plus, le temple était le lieu où se tenait le rituel de crémation des rois, avant que la capitale ne soit transférée à Bangkok. Une fois de plus, je suis impressionnées par la dévotion des Thaïlandais. Comment rester concentrés lorsque des dizaines de touristes vont et viennent, qui vous prennent en photo ? C’est vrai que moi aussi, j’aimerai immortaliser toutes ces belles images autrement que dans ma mémoire…  J’hésite toujours entre voler un moment et simplement ne pas prendre la photo, trop timide pour demander si je peux. Et comment le demander dans un lieu de culte, ou même ailleurs? Le naturel disparaît, mon sujet pose et la photo ne représente pas ce que j’ai vu. Alors je reste dans un état de semi-frustration. En tout cas, les photographe et le passage ne semble pas ennuyer un chien couleur ficelle qui dort paisiblement à l’entrée du temple, insensible aux vicissitudes du monde. A l’extérieur, à l’ombre, un petit marché se tient pour nourrir et rafraichir touristes et fidèles. Un arrêt bienvenue. Il fait si chaud, je craque pour un Magnum avant d’aller me promener dans les ruines.

A Wat Phra Si Samphet, il semble que les Birmans se soient particulièrement acharnés. Sans doûte pour le symbole ? Quel message plus fort que de quasi raser un temple royal ? Heureusement pour nous, il reste des chedis, des édifices religieux en forme de cloche renversée. L’équivalent des stupas indiennes. Les 3 chedis blanches de Wat Phra Si Samphet sont devenues un symbole d’Ayutthaya et se trouvent sur nombre de photos. Elle sont impressionnantes, avec leurs escaliers tous raides qui mène vers une chapelle, elle même surmontée par un autre chedi!. C’est à peut près tout ce qui reste, avec d’immenses colonnes et un pan de mur qui peut attester avec des corps de bouddha sans têtes, ainsi que des petites chedis à l’entrée du complexe et qui penchent tellement qu’elles ne semblent tenir que par miracle!

C’est l’image que je garderai d’Ayutthaya : celle gloire passée, blanche et rouge, sur le fond d’un ciel de fin d’après-midi devenu bleu.  Bangkok m’appelle, demain, je la quitte très tôt pour d’autres aventures. Je reprends mon destrier de fer et pédale à toute vitesse pour le rendre à sa propriétaire. Pour le retour, j’ai décidé d’expérimenter le train, de regarder le soleil se coucher depuis une vitre ouverte. Ca prend un peu de temps pour rejoindre la gare, il faut même prendre un bateau pour franchir le fleuve! Ce quiajoute encore un peu plus de sel à ce voyage en train!

J’ai tout juste le temps d’acheter mon billet et de courir vers le train qui attend déjà. Il fut un temps où le vendeurs de billet des chemins de fer thaïlandais refusaient de vendre des billets de 3ème classe au étrangers. Ce n’est plus le cas, me voilà donc installée dans un wagon, sans air conditionné mais la fenêtre grande ouverte. En bonne occidentale, j’imaginais des bancs en bois un peu inconfortable et en fait non. Ce train m’est extrêmement familier. On jugerait les vieux trains qui circulaient (et donc certains circulent encore) en Belgique dans les années 80! Les cheveux au vent, je regarde le paysage vert qui passe devant mes yeux comme un film. Doucement, le soleil se couche et de vert, le panorama devient un peu plus terne : gris et blanc, comme la grande ville qui approche. J’ai beau commencé à être habituée, la taille de Bangkok m’étonnera toujours. Il faudra plus d’une heure depuis l’extrémité de la banlieue, jusqu’à la gare de Hualampong. Et sur le quai d’arrivée, je n’ai pas le temps d’arrêter de rêver. Juste  en face, un train aux airs vintage attend patiemment qu’on finisse de le nettoyer pour ouvrir ses portes aux passagers : L’Eastern Oriental Express. Tous les étrangers du train ont un énorme sourire et essaient de prendredesphotos depuis les fenêtres. J’y vois beaucoup de bois, du velours et une autre époque. Celle où le train était romantique et luxueux. Sur les plaques de ses wagons, les destinations sont arborées fièrement : Bangkok – Kuala Lumpur – Singapour.

Dans ma tête, je suis déjà partie.

Pour aller plus loin
Se rendre à Ayutthaya

En train 

C’est le plus économique (et le plus “romantique”) avec la Thailand State Railways. Compter au moins 2 heures (les trains thaïlandais sont lents) pour y arriver. C’est pourquoi je recommande, si vous devez rentrer sur Bangkok, de le prendre en fin de journée. La gare n’est pas sur l’île et il faudra emprunter le petit bac qui traverse le fleuve (il circule toutes les dix minutes).  Nombreuses liaisons depuis la gare de Hualamphong à Bangkok.

En bus

La gare routière du nord (Northern Bus Terminal) se trouve à la station de BTS Mo Chit. Traverser le pont à votre droite à la sortie de la station. Il faudra peut-être un peu chercher à travers le marché qui est au pied du Skytrain. Pas d’horaire vraiment définis, le bus part quand il est rempli.

Un dernier conseil

Vu la taille des sites, je recommande grandement de passer au moins une nuit, encore plus si vous êtes photographe ! Les couleurs sont définitivement plus belles l’après-midi (et je n’ose imaginer avec un magnifique coucher de soleil), sans compter que les ruines sont illuminées la nuit. Ayutthaya est très prisée par les touristes, les hôtels et aubeges ne manquent pas.





  1. Nelfe
    le 15.12.2017

    Le kitch des bus thaï c’est quelque chose c’est sûr.
    J’avais passé 3 jours à Ayutthaya et j’en garde un délicieux souvenir ! La tête de bouddha dans les racines m’avait quelque peu déçue car avant d’y aller, on ne la voit dans les livres et sur le net qu’en gros plan, on ne s’imagine pas les chaines autour, le gardien, et sa taille finalement très petite… Magnifique ville sinon et un de mes plus beau souvenir de cérémonie dans un temple en périphérie 🙂

  2. Melissa
    le 15.12.2017

    Heureusement qu’il est derrière des chaînes, sinon, je pense que le pauvre serait en bien mauvais état… mais elle est quand-même belle.
    C’était quoi cette cérémonie ?

  3. bonsvoyagesetc
    le 15.12.2017

    Que de souvenirs grâce à tes jolies photos!

  4. Melissa
    le 15.12.2017

    Merci! Tu nous les racontes? 😉

  5. Nelfe
    le 15.12.2017

    Pour répondre à ta question, je te redirige vers mon billet de l’époque où tu trouveras une vidéo de la cérémonie en question :
    http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2011/09/07/21970520.html

  6. #MelDoesThailand - Saison 5, épisode 3 : Koh Mak - Mel Loves Travels
    le 15.12.2017

    […] minibus partent de la Gare routière de Mo Chit (comme les bus pour Ayuttayah) et vous déposeront à Trat. De là, vous devrez à nouveau prendre un song theo.  Si vous […]

  7. #MelDoesThailand, Saison 5, épisode 3 : Koh Mak - Mel Loves Travels
    le 15.12.2017

    […] minibus partent de la Gare routière de Mo Chit (comme les bus pour Ayuttayah) et vous déposeront à Trat. De là, vous devrez à nouveau prendre un song theo.  Si vous […]

  8. Mike
    le 15.12.2017

    Remplace mini-bus par chambre et relis cette phrase 😉

  9. Melissa
    le 15.12.2017

    Euuuuuuuuuh… 😉

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