Dans la péninsule du Yucatán, il est un petit pays niché entre la jungle et la mer… Un peu inconnu, un peu ignoré, et différent de ses voisins, c’est le seul pays anglophone d’Amérique centrale. Comment ce petit pays paisible, si vert et ouvert sur la Mer des Caraïbes est encore préservé reste un mystère. D’autant plus qu’il pourrait attirer nombre de touristes américains en mal d’exotisme, vu la proximité géographique et linguistique. On espère seulement qu’il le restera! Mosaïque humaine avec ses différentes ethnies, un peu latino, un peu amérindienne, un peu africaine, un peu british, le Belize est unique en son genre et est un rêve pour les plongeurs et les amoureux de la nature car dans sa jungle, vivent encore les perroquets aras, les singes et les jaguars.

Du Belize, je n’en aurai vu qu’un petit morceau, en escale lors d’une croisière. J’attendais beaucoup et je n’ai pas été déçue. Pour la fameuse barrière de corail, il faudra revenir! Je n’en apercevrais que la couleur bleue sombre depuis les bateaux affrétés par le port. En effet, pour protéger la barrière, les paquebots ne sont pas autorisés à quai et tous les passagers sont transbordés!

Une fois sortis de la marina qui semble toute récente, on entre dans Belize City, la plus grande ville du pays, qui a juste un petit air de port de pirates où les habitants ont poussé l’art de se hâter lentement jusqu’à la perfection! Mais pas le temps de s’attarder: la jungle m’appelle!

Une étrange lueur un peu blafarde filtre à travers les cocotiers et les acajous. Dans la jungle du Belize, tout est vert, même la lumière du jour. Notre petit groupe suit George, le guide qui nous conduit à travers la forêt vers la Cave Branch River. Il pleut. Fort. De cette pluie tropicale, chaude et à grosse goutte qui vous stimule les sens, tout comme les taches de couleurs des flamboyants et des hibiscus. Ici, la nature a libre court et elle s’en donne à cœur joie! Je me sens comme Indiana Jones, soulève une grosse feuille de plante inconnue, l’œil aux aguets pour ne pas manquer un animal, l’oreille tendue vers des bruits inconnus (celui de la pluie mêlé aux cris des oiseaux). Nous traversons à guet une rivière avant d’en rencontrer une autre. C’est ici que l’aventure démarre vraiment: nous allons descendre la rivière sur les chambres à air que nous transportons! George nous commande d’ajuster notre casque, d’enfiler nos gilets de sauvetage et de nous mettre à l’eau. La rivière est tiède et peu profonde, un vrai plaisir. Nous nous installons dans nos pneumatiques et sans plus attendre, nous nous engouffrons dans une grotte, le début d’une heure d”émerveillement travers un système de caves utilisé par les prêtres mayas qui venaient y accomplir un voyage mystique. Ici, un crocodile, là un champignon, plus loin, le serpent à deux têtes et le jaguar. Le tout mis-en-scène dans des cathédrales de pierre, les plafonds ornés de stalactites, les parois coquettement décorées de cristaux et en guise de vitraux, des ouvertures vers le monde émeraude du dehors. Je cligne des yeux à la sortie. Le soleil sort de temps en temps de derrière son voile. Nous avons tout le loisir d’admirer la forêt pendant que nous flottons paresseusement. A la fin du trajet, là où la rivière est la plus profonde, un inconnu a suspendu une corde à un arbre. Il suffit de monter un petit promontoire rocheux, de s’agripper à la corde, de se balancer et de se jeter à l’eau au moment le plus opportun. Je dois absolument le faire! La seule fille à jouer à l’audacieuse! George me regarde un peu inquiet… J’attrape la corde qui swingue encore du candidat précédent. “Tiens-toi et lâche quand je le dis, sweetie”. J’empoigne la corde et je me lance. Je suis à peine dans le vide que mes mains glissent sur la corde humide. Mes bras, qui ne s’attendaient pas à cela, n’ont pas le temps de se mobiliser…. et je tombe lourdement dans l’eau en entendant un “No, no, no!”. A cinq centimètres d’un autre aventurier et à moins d’un mètre de rochers pointus. George, tout black qu’il est, a légèrement pâli. Il s’inquiète de moi. Ça va… sauf un doigt qui a l’air d’être démis. Rien de grave. George retrouve son sourire puis me dit: « Mets-toi un peu de profil ». Je m’exécute. Il m’observe quelques secondes. « C’est bien ce que je pensais! Tu sais que tu as un profil maya? Tu serais pas d’ici par hasard? » me dit-il en rigolant?

Comment ne pas vouloir revenir? Surtout pour regoûter au « rice’n beans », le plat national. Miam!