- Bruxelles , Belgique -

December 2016

Dans les pas de Saint-Nicolas, à Bruxelles et ailleurs

Mini-moi, à presque quatre ans, avec mon cadeau de Saint-Nicolas

Mini-moi, à presque quatre ans, avec mon cadeau de Saint-Nicolas

S‘il y a une journée qui n’est pas comme les autres, c’est bien le 6 décembre. Malgré mes… erm… 43 printemps presque sonnés, le jour de la Saint-Nicolas reste pour moi une source de joie, qui fait remonter en moi une enfance modeste, mais heureuse, où le Grand Saint arrivait toujours à nous gâter, mon frère et moi. Mais ce n’était pas seulement que les cadeaux que nous découvrions le 6 décembre, c’était le signal pour monter le sapin de Noël, c’était la visite du Saint lors de la grande fête annuel de l’entreprise, où on disait qu’il venait en hélicoptère (hélicoptère que nous n’avons d’ailleurs jamais vu, car nous ne pouvions pas sortir avant que n’entre Saint-Nicolas).

C’était la fête avec les copains, le gavage aux nics-nacs, les visites au Carrefour rutilant de décorations et de jouets… Alors ne t’étonnes pas Lectrice, Lecteur, si je te dis que j’ai failli courir après lui quand je l’ai aperçu la semaine dernière, pensant pouvoir faire un selfie qui aurait sans aucun doute fait péter mon record de “J’aime” sur Instagram (tant qu’à faire, hein?). Mais il devait avoir bien trop à faire et s’est très vite éloigné. Néanmoins, ça a fait ma journée, surtout lorsque j’ai exprimé mon plaisir de l’avoir croisé.

Mais ce Saint, qui est-il ? D’où vient-il ? Non, ce n’est pas un terrible robot des temps nouveaux, au contraire… Saint-Nicolas, fête en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Alsace, en Lorraine, dans le Nord, en Belgique, au Luxembourg et au Pays-Bas est… Turc ! Oui, ce bon Saint-Nicolas est un immigré.

Né au 3ème siécle, au début de la chrétienté, il faudra que je me rende à Patara, en Lycie (dans l’actuelle province d’Antalya) pour rendre mes hommages à son lieu de naissance.  C’est à Patara que l’on trouve la plus longue plage de Turquie (18 kilomètres) miraculeusement quasi intacte (un acte de son plus célèbre citoyen ?) et ses ruines (théâtre, temples et thermes). C’est tout ce qui reste d’une ville qui fut un port florissant. Mais si c’est Patara que Saint-Nicolas serait né et mort, c’est à Myre, pas très loin de là, qu’il devient évêque en 300. Myre est à présent  devenue Demre mais l’église de Saint-Nicolas est toujours là (en plus d’autre ruines encore plus anciennes dont une nécropole du Vème siècle). Mais pour trouver des traces plus concrète de Saint-Nicolas, il faut se rendre en Italie.

Nicolas, qui en plus d’être le saint-patron des enfants est le patron des marins et connaît un culte vivace en Italie. Au début du XIème siècle, l’empire byzantin chancelle et la région de Lycie est peu à peu conquise par les Ottomans. Les villes de Venise et de Bari se disputent alors le droit de se rendre à Myre et de rapporter les reliques du saint. Ce seront finalement des marins de Bari qui emporteront les reliques, malgré la protestation des moines grecs qui les gardaient. Ils laisseront derrière eux les plus petits fragments, qui seront eux emportés par les Vénitiens durant la première croisade.

p1140552

Sculpture de Saint-Nicolas dans l’Eglise de Santa-Maria del Carmine, à Vasto (Italie)

C’est donc dans la basilique San Nicola de Bari que l’on trouvera l’essentiel de relique, ainsi qu’à San Nicolò al Lido. Néanmoins, dans pas mal de ville côtière de l’Italie, on trouvera l’image de Saint-Nicolas, comme c’est le cas à Vasto, la ville la plus proche de mon village dans les Abruzzes.

Mais bien des aventuriers ne sont pas privés pour piquer des fragments de l’évêque de Myre. On trouve une phalange en Lorraine, Fribourg en Suisse possède carrément un fémur (cédé par bulle papale).

A Bruxelles, il est aussi facile de trouver des traces de Saint-Nicolas ! Premièrement, il y a l’église, à côté de la Grand-Place. Quatrième église de la ville et construite au XIIème siècle, elle fut maintes fois remaniée. Quand on voit sa façade, reconstruite dans les années 50, elle ne donne pas spécialement envie d’y entrer mais quand on passe le pas de la porte, l’intérieur, surtout le chœur, valent le coup d’œil.

C’est encore le buste de Saint-Nicolas qui trône par dessus la porte du Roy d’Espagne, le plus célèbre café de la Grand-Place et une cinquantaine de mètres plus loin, rue du Marché aux herbes, à l’entrée de l’Impasse Saint-Nicolas, c’est sa légende qui est illustrée en pierre : Saint-Nicolas vient de ressusciter 3 petits garçons qu’un boucher avait découpé en morceaux et placé en salaison dans les jarres (charmant).

Alors, voilà… en espérant que vos lettres soient arrivées à bon port (Grand Saint-Nicolas, 1 rue Paradis, 0612 Ciel) et que vous ayez été bien sages ! Avec un peu de chance Saint-Nicolas sera passé et vous aura laissé au pied de la cheminée, ou sur le rebord de la fenêtre, le plus beau des voyages.

Venez, venez, Saint-Nicolas !

Cet article est l’épisode 6 du challenge #31blogginsdays.

 





En continuant sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies Plus d'informations

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier ou cliquez sur "Accepter", nous considérerons que vous acceptez l'utilisation de ces cookies.

Fermer