Rejoindre Matera pour pouvoir la visiter n’est pas spécialement une sinécure, du moins si l’on est pressé. La belle du Basilicate se fait désirer car nichée au creux de la plante de pied de la botte italienne, à l’écart des grands aéroports, il vous faudra pas moins de 6 heures pour y arriver depuis Rome mais une fois que vous y êtes, quelle merveille !

C’est en bus que j’ai débarqué en début de soirée dans la ville des « sassi ». Sans doute la solution la plus facile pour arriver jusque-là. Après avoir traversé le sud des Apennins et son relief escarpé, nous arrivons dans un paysage qui est totalement inédit pour moi : des plaines à peine vallonnées, du moins dans ce secteur de la « frontière » entre les Pouilles et le Basilicate. Une région tellement peut mentionner qu’elle est même ignorée de certains Italiens. Quand j’ai mentionné que je partais à Matera, certains étaient persuadés que c’était dans les Pouilles et pourtant, cette ville est sur le point d’exploser touristiquement parlant, alors c’est le moment d’y aller, et vite.

A la station de bus, c’est Lucia, la propriétaire de la maison de vacances que j’ai loué, qui vient me chercher avec son mari Giovanni. Une charmante attention qui va marquer le reste du séjour. Après m’avoir fait faire un petit tour rapide en voiture pour me donner une idée, le couple me conduit à leur logement : la Seta nei Sassi, une maisonnette en pierre dont le fond est collé à la paroi rocheuse, comme on en trouve beaucoup à Matera. C’était la maison du père du Giovanni et le couple y a lui-même habité quelques années avant de la quitter une fois les enfants venus. La maison était bien trop petite. Et je comprends pourquoi une fois passé le seuil : c’est une véritable maison de poupée et sur la table de la pièce principale, trône un magnifique cake, cadeau de mes propriétaires.

Je n’ai plus qu’à m’installer dans mon chez moi pour les trois nuits qui viennent.

Alors que le soleil se couche doucement sur une journée un peu grise, je me précipite dehors pour profiter de la vue depuis une promenade qui longe la paroi rocheuse sur laquelle Matera s’est construite. Je me trouve à l’entrée du Sasso Caveoso et de l’autre côté, la Civita, la ville haute domine le panorama, entouré comme une collerette par le Sasso Bareoso.

I Sassi di Matera
Les sassi (« cailloux » en italien) font tout le charme et l’intérêt de Matera. C’est une des villes les plus anciennes au monde. Située au bord d’un canyon creusé par la rivière Gravina, et c’est dans ses parois rocheuses que les hommes ont construits leurs habitations. Habitations troglodytes qui furent utilisées jusqu’en 1952. Problèmes d’alimentation en eau, promiscuité avec les animaux (qui vivaient dans les habitations) et maladies ont contribué à rendre les sassi « la honte de l’Italie ». Pour le gouvernement De Gasperi qui voulait une Italie moderne, cet état des choses n’était plus possible. On forçat donc l’évacuation de sassi pour reloger les habitants dans de nouvelles constructions. Pas moins de 15.000 personnes y habitaient encore. Certains firent de la résistance mais pendant longtemps, les sassi restèrent inoccupés. Ce n’est que dans les années 80 que les sassi retrouvèrent leurs lettres de noblesses et prirent leur revanche en faisant de Matera la première ville du Mezzogiorno à être inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Eglise troglodytes et anciennes demeures sont maintenant protégées, même si endommagées par le temps et les tremblements de terre. A présent, pas mal de sassi sont aussi transformés en maison de vacances.

Comme pour tous les coups de foudre, il aura suffi de quelques secondes pour tomber amoureuse de Matera. D’abords, c’est une ville à chats (ce que votre blogueuse à chats prend comme un signe extrêmement positif). Et il y a quelque chose de magique dans la lumière de Matera, de la façon dont les maisons et la roche couleur champagne reflètent la lumière du soleil. Il y a aussi l’ambiance… quelque chose qui tient entre la communauté d’un village et tout ce qu’une ville peut apporter de bon. Se promener à l’heure de la passegiata, où quand la nuit est tombée est une expérience en soi. Regarder les habitants et les touristes se presser à pas lents, les parents surveiller les enfants qui courent ou jouent, les groupes d’ados se marrer… Il y a comme un sentiment de réconfort, celui de ne pas être une anonyme, même quand on est étranger.

Sasso Caveoso, le plus sauvage des Sassi di Matera

Le lendemain matin, il fait tout gris. Ce qui est plutôt comique à cette période de l’année dans l’extrême-sud du pays et alors que la Belgique est en train de cuire sous la canicule. Le côté positif des choses : il fera moins chaud pour visiter et comme je vais visiter pas mal d’endroits qui sont à l’intérieur, cela n’a pas trop d’importance. Et je vais commencer par le Sasso qui est à ma porte : le Sasso Caveoso. Caveoso est considéré comme le plus « sauvage », le plus brut des deux sassi. Proche de la matera des origines. On y trouve une grande quantité d’églises troglodytes, certaines mieux conservées que d’autres. J’aurai aimé visité le Convincino di Sant’Antonio, un complexe de 4 églises rupestres, mais c’était malheureusement fermé. Mais pas de soucis, d’autres églises rupestres ne manquent pas dans l’environnement immédiat comme la Chiesa di Santa Barbara et surtout, la Chiesa di Santa Lucia alle Malve. Mais la plus belle que j’ai visité, c’est la Madonna dell’Idriss. Creusée dans un éperon rocheux, elle impressionne par la rugosité de son extérieur et par le superbe panorama qu’elle offre depuis son parvis. Un des plus beaux de Matera.

Ce que toutes ces églises ont en commun, ce sont des fresques très colorées représentant une multitude de Saints, la plupart du temps de style byzantin, signe de l’ancienneté de ces églises.

Attention, les visites des églises rupestres sont payantes ! Vous pouvez acheter un ticket par église ou un « pack » combiné. Notez aussi que les photos sont interdites dans la plupart des églises rupestres.

L’autre composante du sasso, ce sont ses nombreuses habitations troglodytes et pour vous donner une idée de ce que la vie pouvait ressembler dans une de ces « maisons grottes » (casa grotta) jusqu’à récemment, le Museo Casa Grotta est là pour vous le montrer.

A l’intérieur, tout a été reconstitué comme dans les dernières années des Sassi. On entre directement sur l’espace de vie qui combine à la fois la cuisine, la pièce de vie et la chambre. Quand on sait que la taille de la famille italienne d’antan était plutôt grande, ça laisse plus que songeur. Au milieu de la pièce, trône un immense lit en bois dont le matelas est fait de paille rembourrée. Rustique ! Mais la surprise vient de l’étage en dessous puisqu’il s’agissait de l’étable ! Eh oui, les animaux vivaient en proximité directe avec les humains ! Entre la chambre et la cantine tout en bas où étaient stockés les vivres et le vin. On comprend pourquoi dans l’ère du modernisme des années 50, les autorités ont voulu mettre fin à des conditions de vie aussi difficiles.

Un des problèmes qui a touché les sassi pendant longtemps, c’est l’approvisionnement en eau. Les maisons individuelles avaient presque toutes des citernes mais la centralisation de la collecte d’eau est arrivée très tard. Vous pourrez voir un exemple d’une telle citerne à « La Raccolta delle acque ». Le lieu en lui-même est historique puisque c’est la maison natale d’un saint : Saint-Jean-Matera qui y né au XIème siècle. En 1846, on décide de créer un système de récolte et d’approvisionnement en eau. Cette maison représente la fin d’un système de canalisation souterrain de plus d’un kilomètre. Tous les moyens étaient bons pour récolter de l’eau, même la neige qui tombait sur les toits et dans la rue et qui étaient récoltée à l’aide de grandes pelles puis stockée dans une glacière pour alimenter le réservoir. Et ce grand réservoir, on peut le voir à la fin de la visite.

A ma sortie du réservoir, il pleut tout doucement. Signe en général en Italie que le beau temps n’est pas loin derrière, c’est juste que le ciel a besoin de se rincer. Mais même sous la pluie, la Sasso Caveoso est rempli de charme. Un moment me reste particulièrement en mémoire. Je suis devant un groupe de jolies petites maisons. Les oléandres jettent leurs couleurs vives contre le clair des pierres. Quelques petites chaises et une table en fer bleu sont disposées devant l’entrée et de l’autre côté de la rue, un petit banc en pierre attend qu’on vienne s’y poser. Ignorant complètement la pluie, bien à l’abri sous le banc, un chat fait une petite sieste, sans se soucier de l’humaine qui l’observe dormir. Je me dis que Matera, c’est une certaine idée de la quiétude.

Sasso Barisano, le sasso chic

Le lendemain, à l’autre sasso que je me suis attaquée : le Sasso Barisano, tout à l’opposé de la vieille ville de Matera. Et cette fois, c’est sous un soleil de plomb que ça va se passer ! Ici, fini les humbles maisons mais on trouve de belles petites demeures où on a rajouté des façades en pierre, souvent travaillées. C’est le sasso qui est sans doute le plus charmant et qui a attiré nombre de restaurants, de maisons de vacances et de B&B’s. C’est mignon, très fleuri. Tout semble avoir été disposé par un.e décorateur/trice d’intérieur. Ou par un dingue d’Instagram, on ne sait pas trop. S’y perdre est un véritable plaisir car si il y a un trait commun entre les deux sassi, c’est qu’on pet déambuler à loisir dans ses rues et vicoli. C’est sans fin, surtout au Sasso Barisano. C’est bien simple, même Google Map s’y perd ! Et comme tout est joli et qu’on se demande si à chaque tournant, ou après chaque volée d’escalier, ce ne serait pas encore plus beau, la promenade peut durer. Voire TRES longtemps.

A part la promenade, il y a quand même deux immanquables dans ce sasso : le Convento Sant ’Agostino et la Chiesa di San Pietro Barisano.

Ce jour-là au Convento Sant ‘Agostino, c’est un mariage qui se prépare et j’ai juste eu le temps de faire rapidement le tour de l’église baroque du couvent. Déjà, le lieu que les moines ont choisi pour leur couvent est assez impressionnant : sur un éperon rocheux qui se jette vers les gorges de la rivière et domine le « Piano », le quartier plat qui fait la jonction entre les deux sassi. La vue est tout simplement imprenable. Petit aparté, la vieille ville de Matera étant en forme de cirque, vous découvrirez des perspectives inédites où que vous alliez.

San Pietro Barisano (entrée payante), elle, est une église troglodyte. Dédiée à Saints-Pierre-et-Paul, seule la façade (et le campanile, séparé du reste de l’église) offre la partie visible de l’église. Le reste est taillé dans la roche. Une façade qui intrigue par sa forme plus longue que haute. A l’intérieur, on trouve parmi les plus belles fresques de toutes les églises rupestres de Matera, même si beaucoup ont été fortement endommagées suite à l’abandon des sassi. Au détour de ma balade, j’ai trouvé un chemin qui m’a menée à la hauteur du haut du campanile et là aussi, la vue est plutôt pas dégueulasse… Mais la visite des sassi, c’est une expérience qui se vit, plutôt qu’elle ne se raconte.

Le Piano : Baroque à gogo !

Le piano, c’est le quartier plat qui uni les deux sassi et c’est aussi ici que se trouve le cœur actif du vieux Matera, l’endroit où on trouve la plupart des bars, des restaurants et des magasins. Il s’articule entre la Piazza Pascoli, la Via del Corso, la Piazza Vittorio Veneto, la Piazza del Sedile et la Piazza San Francesco. Le Piano est né de la période dorée de Matera, au XVIIe et XVIIIe siècle où la ville fut prospère. On y trouve de nombreux palazzi et surtout, une abondance d’églises baroques. L’endroit le plus couru du Piano est sans doute la Piazza Pascoli. De jour comme de nuit, c’est une boule d’activité avec tous ses bars-restaurants et surtout, son belvédère sur les sassi dans un renfoncement de la place. C’est un endroit particulièrement agréable et fréquenté à la fois par les Materains et les touristes. La place est dominée par le Palazzo Lanfranchi, un palazzo à l’étrange façade asymétrique qui est maintenant devenu le Musée national d’art médiéval et moderne du Basilicate. Je n’ai malheureusement pas et l’occasion d’aller y voir des expos.

L’extrémité de la Piazza compte pas moins de deux églises. La petite Chiesa Santa-Chiara mais surtout, l’étrange Chiesa del Purgatorio Nuovo (le Purgatorio Vecchio étant dans la Sasso Caveoso). Tu t’arrêteras certainement, Lectrice, Lecteur, attiré.e par la belle façade avant de mieux la regarder et d’apercevoir… des crânes et pour cause : l’église est dédiée aux défunts. Tout comme l’extérieur, l’intérieur baroque est de toute beauté et c’est sans doute une des plus belles églises de Matera. L’intérieur non plus ne manque pas de référence à la mort : un crâne sculpté par ici, un fémur en bas-relief en bois par là. Tout est fait pour que les vivants prient pour le salut des âmes de leurs êtres chers (en espérant un passage au purgatoire le plus bref possible) et pour faire songer à sa propre mortalité et à la vanité des choses.

A partir de là, on peut prendre la Via del Corso où les boutiques se disputent l’espace (mais pourquoi les rues qui portent ce nom en Italie sont toutes dédiées au commerce ?) avant d’arriver à la Piazza Vittorio Veneto. Plus jeune et plus élégante, elle aussi marquée par la présence d’un grand Palazzo : le Palazzo dell’Annunziata, un ancien couvent qui est maintenant la bibliothèque centrale de Matera. C’est ici que l’on peut trouver l’accès à Matera Sotterranea, une plongée vers la Matera souterraine que j’ai mis au programme pour une prochaine visite.

De là, on passe à la Plazza del Sedile, une harmonieuse place où les petits bars vont vous donner une forte envie de venir y prendre l’aperitivo avant de rejoindre la Piazza San Francesco où trône l’énorme église, tu l’auras deviné Lectrice, Lecteur, baroque dédié à Saint-François d’Assises. Son parvis est l’endroit où les gamins viennent jouer au foot… et quand il n’y a pas de ballon, on joue avec une canette. Comme quoi le calcio est vraiment dans le sang des Italiens dès le plus jeune âge. Si la façade est imposante, l’intérieur ne l’est pas moins et mérite une visite (visite écourtée puisqu’il y avait aussi un mariage ce jour-là).

C’est le moment à présent de monter vers la Civita.

La Civita et le Duomo di Matera

On reprend la grimpette pour entrer dans la Civita. Dominant le reste de Matera, elle constituait un point de défense naturel et était entourée de murs d’enceinte. Ici étaient rassemblés les fonctions de l’administration et le siège de religieux de Matera puisque c’est ici que l’on a construit la cathédrale de Matera (il Duomo di Matera) qui contrairement à beaucoup d’édifice religieux, est de style roman. Le Duomo est une énorme masse qui surplombe la ville et pour le photographier en entier, il faut un sacré grand angle ! Formellement Cattedrale di Santa Maria della Bruna e Sant’Eustacchio, elle abrite la statue de la patronne de la ville : la Madonna della Bruna et les reliques de Saint-Jean-de-Matera. L’intérieur est un mélange de style roman mais aussi de style byzantin, rappelant les églises rupestres que j’ai pu voir dans les Sassi. Ça change de l’abondance de baroque que j’ai pu voir depuis le piano.

Une des caractéristiques de la Civita, ce sont ses nombreuses tours qui suggèrent la fonction défensive du lieu. De là, il est facile d’accéder au Sasso Barisano.

C’est à regret que je quitte Matera après 3 splendides journées à me gorger les yeux et le ventre de belles et bonnes choses. On sent que c’est une ville en pleine expansion, en fait une des plus dynamiques du sud de l’Italie avec une fibre créative très marquée. Ce n’est pas étonnant que Matera soit l’une des Capitale culturelle européenne. On voit que toute la ville se prépare : les églises sont toutes pimpantes, des travaux sont encore en cours… Bref, Matera s’apprête à recevoir pas mal de monde. Pour le moment, les groupes de touristes ne sont pas encore gênant mais cela pourrait vite changer. Alors dépêchez-vous avant que tout le monde ne soit au courant du trésor qu’est Matera.

Où dormir à Matera ?

La Seta nei Sassi

Situé juste à la fin du Sasso Caveoso, se trouve la maisonnette de Lucia et Giovanni. Maison familiale qui peut accueillir jusqu’à quatre personnes. J’ai déjà parlé du formidable accueil de ce couple aux petits soins (ils sont venus me chercher à la gare des bus et m’y ont amenée tôt le matin quand il m’a fallu repartir). Leur petite maison est rénovée avec goût et tout l’espace est optimisé. A l’intérieur, rien, absolument rien ne manque. Vous pourrez y faire la cuisine si vous voulez et pour le petit déjeuner, le garde-manger et le frigo est rempli avec café, thé, biscottes, jus de fruit, thé froid, etc. Sans oublier le gâteau de bienvenue de Lucia. Le petit plus, l’accès au toit de la maison depuis la chambre où on peut admirer une vue plongeante sur la Civita et le Sasso Bareoso. Chaudement recommandé, comme tu t’en doutes, Lectrice, Lecteur !

La Seta nei Sassi

Tarif : 60 Euros la nuit

Où manger à Matera ?

La Latteria di Emmanuelle Rizzi

Sur les conseils de Lucia, je me suis rendue à la Latteria qui est à la fois une épicerie fine de produits locaux et bio et un restaurant. Première bonne impression : la carte est réduite. Avant d’accéder au restaurant, vous traverser l’espace épicerie qui déjà, vous met en appétit avec sa viande, ses charcuteries, ses fromages et ses légumes marinés. C’est ici que je vais découvrir la gastronomie lucane (le nom ancien que l’on donnait à la région) et je dois vous dire que Matera est l’un des endroits où j’ai le mieux mangé en Italie et ça commence ici. J’ai d’abord démarré avec une spécialité très locale : la Zuppa Crapiata : une soupe à base de blé et de haricot servie avec une tranche de pain grillée. Une soupe du pauvre mais comme la région est connue pour être le lieu de production du meilleur blé d’Italie, le goût y est ! Et je peux vous confirmer que je n’ai jamais mangé meilleur pain italien qu’à Matera (et ça vient d’une snob du pain). Ont suivi un filet de bœuf en tranche à l’orange qui était tout simplement délicieux. J’aurai aimé tester le dessert, mais la soupe tient déjà bien au corps et mon estomac n’a pu encaisser une miette de plus.

Seul bémol : les moustiques (Matera était connue pour être un foyer de malaria) alors n’oubliez pas de vous asperger de spray anti-moustiques.

LA LATTERIA DI EMANUELE RIZZI

Via Duni Emanuele, 2

Matera

L’Abbondanza Lucana

Au départ, je voulais aller dîner dans un autre restaurant conseillé par Lucia mais il était fermé. Dans la même rue au sein du Sasso Caveoso, il y a plusieurs établissements. Sans trop réfléchir, je suis entrée dans ce restaurant avant de m’apercevoir que c’était un semi-gastro. Bon, ben puisque je suis là et que je suis en vacances ! J’ai donc découvert ce restaurant plutôt classe installé dans une grotte. En me voyant débarquer toute seule, le patron a tout de suite eu envie de me prendre sous son aile. Une flûte de prosecco m’est promptement offerte, ainsi qu’un amuse-bouche (hmmm, la ricotta cuite au four). Mon plat de médaillons de porc noir servi avec ses légumes fut un régal et quand j’ai expliqué que je n’avais plus de place pour un dessert, on m’a quand même offert une version miniature de deux de leurs desserts. Une attention particulière est apportée aux vins, dont la plupart sont locaux. J’ai adoré mon Teseo, un aglianico del Vulture (une DOC du Basilicate) de chez Eleano. C’est d’ailleurs la première fois que je sors d’un restaurant avec la référence d’un vigneron.

L’Abbondanza lucana

Via Bruno Buozzi, 11,

75100 Matera MT, Italie

Soul Kitchen

Ce restaurant a compris qu’attirer le client, c’est aussi l’attirer par une devanture avenante. Et je suis souvent passée devant Soul Kitchen (il a une bonne situation aussi), attirée par ses couleurs et sa mezzanine éclairée. Le dernier soir, je m’y suis donc arrêtée, attirée par la perspective d’enfin manger un plat emblématique du sud de l’Italie : le orrecchiette alle cime di rapa. Ces petites pâtes cuites parfaitement al dente contrastent avec le goût légèrement amer du brocoli-rave. Je m’y suis régalée !

Soul Kitchen

Via Casalnuovo, 27,

75100 Matera MT, Italie

Panifficio Paoluccio

En plein sur la Via del Corso, la boulangerie de Paoluccio est immanquable avec sa devanture jaune et est une étape obligatoire à Matera puisque c’est ici que l’on trouve la meilleure focaccia de la ville. Si je vous disais que j’en ai eu les larmes aux yeux quand j’ai goûté ma première et ma dernière bouchée ? C’est vous dire ! C’est à chaque fois la classique à la tomate que j’ai commandé. La pâte à pain est tout simplement divine (moelleuse à l’intérieure, croustillante à l’extérieure) et le coulis de tomate est savoureux à souhait. Le prix de l’extase ? 1 euro 50 ! Attention, à l’heure du midi, il y a du monde !

Panifficio Paoluccio

Via del Corso, 22,

75100 Matera MT, Italie

I Vizi Degli Angeli

Impossible de ne pas aller en Italie sans manger un gelato et la meilleure, c’est « Aux vices des anges ». Ce n’est pas un glacier, mais un véritable laboratoire du goût ici et tout le monde s’y presse à toute heure de l’après-midi ou de la nuit. A côté de saveurs traditionnelles, on trouve des saveurs inédites aux noms poétiques tel que le « Retentissant » ou le « Nuit d’été ». Quand aux glaces, elles sont crémeuses à souhait et les saveurs font vous faire frémir les papilles. Franchement, parmi les meilleurs gelati jamais mangées.
I Vizi Degli Angeli

Via Domenico Ridola 36
Matera

Où aller boire un verre à Matera

Avec ses champs de céréales diverses et le mouvement des micro-brasseries hyperactif en Italie (Matera compte 3 micro-brasseries), le Basilicate offre pas mal de bonnes bières à déguster ! Voici quelques adresses.

Charlie’s Speakeasy

Plutôt qu’un speakeasy, je dirai que c’est un « hole-in-the-wall ». Ce petit bar à cocktail au look vintage est super chaleureux. La musique y est bonne et en plus, si vous avez faim, il y a des antipasti pour vous sustenter. Une belle petite trouvaille.

Charlie’s Speakeasy

via Casalnuovo, 14

Matera

Area 8

C’est attiré par les loupiottes de la terrasse d’Area 8 que je me suis laissée séduire. Lorsque j’ai vu les flamand roses plantés dans les pots de fleurs, j’aurai du deviner. Les fauteuils rétros placés en dessous de sèche-cheveux des années soixante me l’ont confirmé : j’avais atterri dans le bar le plus hipster de tout Matera ! A la fois bureau créatif, café et restaurant, Area 8 offre en plus une bibliothèque et même un nano-cinéma de 40 places. Fruit d’une sud-africaine d’origine italienne, mais revenue s’installer au pays, ainsi que de son équipe, il fait partie de ces lieux qui font renaître Matera. La coolitude absolue !

Area 8

Via Casalnuovo, 15,

75100 Matera MT, Italie

Birrifico 79

Vous voilà dans le bar d’une des trois micro-brasseries de Matera. Située via delle Beccherie, une jolie rue du Piano qui ne manque pas de restaurants, c’est l’occasion d’essayer une production directement à la source. Si le bar est petit, la terrasse, elle, est plutôt sympa. Prenez place et essayez parmi la petite dizaine de bières de la maison (j’ai personnellement testé la aMariam, une IPA florale comme j’aime). Ici, pas de chichis, juste le plaisir du houblon.

Birrifico 79

Via delle Beccherie 54

Ai Maestri

A la fois boutique hôtel de charme et café, je suis tombée dessus par hasard alors que je me rendais au Sasso Barisano, le café a un petit air gothico-nordique. Look étudié, café de compétition et servie charmant, c’est l’endroit idéal pour une petite pause cappuccino. Et par curiosité, je suis allée voir les chambres sur le web : elles sont sublimes. Et pas trop chère (85 Euros la nuit).

Ai Maestri

Via Fiorentini, discesa, Via Sette Dolori,

75100 Matera MT, Italie

Terrazza dell’Annunziata Caffé

Pour vous dire à quel point Matera a un potentiel de hype assez élevé, elle a rooftop bar qui n’est autre que la terrasse du Palazzo dell’Annunziata où se trouve la bibliothèque. Entrez dans la bibliothèque, prenez l’ascenseur et vous voilà arrivé.e.s sur la terrasse semi-couverte, lieu parfait pour déguster un aperitivo au coucher du soleil en admirant toute l’activité de la Piazza Vittorio Veneto tout en bas. Complètement inattendu !

Terrazza dell’Annunziata Caffé

Piazza Vittorio Veneto, 1,

75100 Matera MT, Italie

Que ramener de Matera ?

Il Buongustaio

Envie de revenir avec le goût de Matera et de la Lucanie ? Un arrêt shopping au Buongustaio est obligatoire. Dans cette boutique qui semble sortir d’un livre d’images vous trouverez charcuteries locales, saucisses fraîches, fromages (comme le caciocavale) ou encore, les fameux piments croquants typiquement lucaniens mais aussi des pâtes, des coulis, de l’huile, des confitures, du vin etc. Faîtes le plein et demandez à emballer sous vide. Vos gourmandises arriveront nickel lorsque vous serez rentré.e.s à la maison.

Il Buongustaio

Piazza Vittorio Veneto, 1,

75100 Matera MT

Pour aller plus loin

Comment arriver à Matera

Le gros désavantage de Matera est qu’elle n’est pas tout près d’un des aéroports principaux italiens. Ça demande donc un peu de temps..

En avion

Le plus proche est l’aéroport de Bari. Une fois arrivé à Bari, vous pourrez soit prendre le train en rejoignant la Gare de Bari Centrale, soir prendre un bus des Aeroporti di Puglia directement depuis l’aéroport.

Vous pouvez faire de même depuis l’aéroport de Brindisi.

En bus

La solution la moins chère.

Naples, Rome et Milan sont directement reliées à Matera notamment avec Flixbus et Marino. J’ai personnellement testé la connexion Matera-Milan (12 heures) qui est partenaire de OUIbus (on peut donc acheter les billets via leurs services) et vous aurez droit à un bus tout confort (maxi siège inclinable, prises, Wi-Fi). Franchement, Flixbus (6 heures quand même depuis Rome et confort un peu sommaire) peut aller se rhabiller.

Le train

Si Matera est bien reliée aux grandes villes des Pouilles, c’est plus compliqué pour le reste de l’Italie (pas moins de deux changements à prévoir depuis Rome).