- Îles de Brissago , Suisse -

August 2016

Tessin : des Îles et des montagnes

Le petit ferry a largué les amarres. Ce matin, le Lac Majeur a des reflets de nacre, un miroir de nacre, sacrément calme reflétant un ciel qui hésite entre le blanc et le gris. Au petit bar du bateau, une famille commande un café… Parti de Locarno, le ferry fera une halte à Ascona mais ce n’est pas notre destination : je me rends sur une île. Oui, oui, une île, en Suisse ! En fait, il y en a même plusieurs et avec ma guide Marina, nous allons en explorer deux : les Îles de Brissago. Mais en attendant, je m’imagine prendre ce bateau tous les jours, pour aller travailler. Celà donnerait tout un autre sens au terme de navette ! Je pourrais très vite m’habituer à çà ! Et pas tellement de risque de mal de mer,  puisque les eaux du lac sont assez tranquilles !

Les Îles de Brissago

Une bonne demi-heure plus tard, nous posons le pied sur Saint-Pancrace, la plus grande des deux îles et la seule qui soit “aménagée”. Saint-Apollinaire, sa petite voisine, est restée en l’état. Toutes les deux constituent le parc botanique du Tessin. En 1885, le couple Fleming de St. Lèger achète les deux îles où subsistent les ruines d’un couvent. Bien vite, la fantasque Antoinette, une probable fille illégitime du Tsar de Russie et à 25 ans, mariée déjà 3 fois, veut transformer le terrain de leur superbe demeure en jardin exotique. Le climat est doux, idéal pour des plantes subtropicales ! Et bientôt, voilà que l’île sera plantée de différents palmiers, eucalyptus et autres plantes exotiques. La Baronne rêgnera sur ses îles, s’entourant d’artistes, de musiciens et de penseurs. La Signora Antoinette connaîtra une drôle de destinée : abandonnée par son mari et ruinée par son train de vie et de mauvais investissement, elle vivra grâce au moyen de l’assistance publique jusqu’à son décès, accueillant les rares visiteurs avec une carabine me précise Marina. Malgré tout, c’est sur sa chère Saint-Pancrace qu’Antoinette sera enterrée, la seule tombe des îles.

Le propriétaire suivant n’en sera pas moins pittoresque : Max Emden, un riche marchand allemand. C’est lui qui a construit la villa que nous pouvons voir sur la hauteur de Saint-Pancrace, détruisant celle que le couple St. Léger avait fait construire. Bon vivant, amateur de belles choses, de bonne chère et de jolies femmes, il vivra sur son île quasi jusqu’à sa mort.

Mais nous ne perdons pas de temps : il y a tout un parc à visiter. Les plantes sont classées selon les continents, joliment paysagées et au fur et à mesure de la promenade, on se déplace d’Afrique en Asie en passant par l’Australie. Et Marina est intarissable! Elle semble absolument tout connaître sur presque toutes les plantes, particulièrement la partie “jardin aromatique et plantes médicinales”.  L’endroit est enchanteur et offre de multiples point de vue sur le lac, on peut facilement y passer une grosse demi-journée, tant il y a voir. Et vous tomberez certainement sur le bain romain, une construction d’Emden qui, parait-il, y alignait de jolies femmes avant de jeter une pièce d’or dans la piscine. La première à l’attraper recevait les faveurs du maître de maison.

Charmant !

Il reste encore à découvrir la villa. C’est à présent un hôtel-restaurant où il fait bon prendre l’apéritif sur la terrasse. L’intérieur est élégant, cossu… mais n’a pas mariné dans son jus, comme j’avais pensé. Et c’est assez agréable. Il reste quelques souvenirs d’Emden aussi, comme ses tableaux. Pour le reste, c’est plutôt contemporain. Mais avant, je me précipite sur une une spécialité locale : des lentilles accompagnées de saucisson frais : un délice!!!

Rejoindre les îles Brissago
Rejoindre les Îles est on ne peut plus facile ! Le départ se fait à l’embarcadère, située à 5 minutes à pied de la gare de Locarno (le bateau peut aussi se prendre depuis Ascona). C’est la compagnie Navi Laghi qui assure le service. Le trajet dure une trentaine de minutes. 

Ascona, la belle silencieuse

Revenues en ville, c’est le moment d’aller explorer Ascona. Après avoir parcouru le front du lac que j’avais visité la veille, nous empruntons les petites rues de la vieille ville. Ascona m’apparaît comme une ville secrète. Que se passe t’il derrière ces hauts murs blancs ? Que cachent ces avalanches de jasmins qui diffusent leur parfum sous la chaleur de l’après-midi. Certains mystères seront révélés comme  ceux du Collegio Papio.

Derrière les murs, ont trouve une charmante cour de plusieurs étages et son joli jardin. Pas de toute, ce devait être un séminaire à l’origine. Marina me le confirme. Losque Bartolomeo Papio mis son terrain familial à disposition pour y construire une école, elle devait être construite près du port à l’origine. Le cardinal Borromée, l’autorité ecclésiastique locale, s’y opposât tout de suite. Quoi ? Une école à côté de ces marins ? Quelle mauvaise influence pour les élèves et séminaristes ! L’école fut donc construite plus à l’intérieur de la ville et proposait une aile pour les séminaristes et une pour les laïcs. Juste à côté de l’école, se trouve l’église Sainte-Marie de la Miséricorde, une jolie petite église remplie de fresques gothiques et où trône un immense polyptyque qui en jette aux amateurs d’art qui passent par là. Le collège est toujours en fonction, c’est une école réputée d’où sont sortis pas mal de gens important en Suisse et si l’ambiance est plutôt calme, c’est parce que les vacances ont déjà commencé. Enfin, je sais à quoi ressemble un de s ces fameux “collèges suisses” ! L’autre monument religieux à voir est l’église Saints-Pierre-et-Paul, en plein vieux centre ville. Une jolie église aux murs blancs, plutôt sobre, mais ornée de belles colonnades qui lui confère de l’élégance. En sortant de l’église, on découvre un entrelacs de petites rues et de placettes, bordées de maisons multicolores. Une ville coquette, fleurie, pleine de boutiques et de restaurants mais tout est si tranquille et paisible. Peut-être un peu trop ?

Cette tranquillité va être un peu bousculée lorsque Marina m’emmènera vers un des plus vieux coins d’Ascona qui se trouve collée à la colline sur laquelle la ville est adossée. Nous passons une vieille maison sous une arche. Prenant le frais, un vieux monsieur à l’oeil farouche nous surveille avec attention. Lorsque nous revenons sur nos pas pour que je tente de prendre une photo, nous nous faisons interpeller par le maître des lieux. En patois tessinois, je comprends à moitié qu’il est en train de nous engueuler. Marina ne se démonte pas et explique patiemment qui nous sommes. “Il pense qu’on voulait lui voler son bois” me glisse t’elle en pointant un tas de bûches bien rangées. Nous le saluons, avons de continuer notre chemin.

Si Ascona est le point le plus bas de Suisse, nous allons maintenant atteindre les sommets, et avec un peu de chance, pouvoir observer son point le plus haut : le Mont Rose. Tout d’abords, nous sautons dans un bus pour Locarno avant de prendre le petit funiculaire bleu, le même qui m’avait emmenée vers le sanctuaire de la Madonna del Sasso. Au terminus, au petit village d’Orselina, il suffit de traverser la placette où se situe le terminus du funiculaire pour rejoindre le téléphérique et monter jusqu’à Cardada. Nous ne nous arrêterons pas tout de suite, mais prenons directement le télésiège pour atteindre “Cimetta” et son observatoire géologique, tout en haut et de là, le panorama se déroule devant nous à 360°. Et c’est assez incroyable de pouvoir embrasser de presque un seul regard le lac et les plus hauts sommets des Alpes, là au loin. Il y a un peu de nuages mais on arrive à bien distinguer les pics couverts de neige, et le Mont Rose, un peu caché. C’est le point de départ de plusieurs randonnées dans la montagne, à une demi-heure du centre de Locarno ! C’est aussi un point de lancement pour le parapente. L’hiver, on vient aussi y faire du ski, c’est un lieu parfait pour les débutants, les pistes ne sont pas très difficile et il y a même une école de ski!

Pour couronner le tout, Cimetta et Cardada bénéficient toutes deux d’auberge-restaurant. C’est en redescendant à Cardada pour profiter du point d’observation suspendu que nous allons terminer cette journée, avec une bonne part de gâteau à la crème et aux pignons de pin.

C’est un peu comme si j’avais ne nez et la langue dans la forêt, mais les yeux dans le lac, plus loin en bas.

Cet article est écrit en collaboration avec l’Office du tourisme de Suisse mais l’auteure ne se garde pas d’exprimer ses opinions, même (ou surtout?) après le traditionnel merlot blanc tessinois.
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  1. LadyMilonguera
    le 22.10.2017

    Quel beau coin de nature et de verdure !!!

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