Il est venu le temps des rétrospectives et de la réflexion. Comme pas mal de mes congénères blogueurs, je me plie à l’exercice du bilan de l’année 2018. Une année que je qualifierais d’exceptionnelle dans le sens premier du terme : celui de sortir de la norme. Une année avec des hauts stratosphériques et des bas abyssaux. Parlons en…

Les voyages de 2018

En 2018, j’aurai voyagé jusqu’à plus soif (est-ce vraiment possible?). Ayant officiellement quitté mon boulot (on en reparlera) en avril, j’ai pu dire « Oui » à plein d’opportunités, que ce soient des invitations de la part d’offices du tourisme ou de mes propres envies.

En janvier, il ne s’est rien passé, rien de rien. Un des deux mois de l’année qui m’a vu profiter de mon intérieur. On en a tous besoin.

En février, sous un soleil déjà printanier, je me mets au tourisme de proximité en visitant Charleroi, une ville a la réputation pas facile mais qui grouille d’énergie. Signe des temps qui changent : l’ouverture de leur premier hôtel 4 étoiles.

En mars, c’est ce qu’on appelle le voyage d’une vie : l’Ouganda. La « Perle de l’Afrique » n’a pas volé son surnom. Combinant les attraits safari de ses voisins comme le Kenya ou la Tanzanie avec des hautes montagnes dont les sentiers appellent les randonneurs, des lieux mythiques comme les sources du Nil mais aussi, et surtout, la possibilité de voir les grands singes : chimpanzés et gorilles des montagnes. Notre randonnée dans la forêt de Bwindi, à la rencontre des gorilles restera gravée à jamais dans ma mémoire. Tout comme la douceur des Ougandais. J’ai à peine le temps de me remettre de mes émotions que me voilà embarquée à bord du Symphony of the Seas, le plus grand paquebot du monde, pour une mini-croisière inaugurale. Ce qui n’a pas été sans controverse.

En avril, le contact avec la mer (je vais BEAUCOUP la voir, la grande bleue en 2018) reste établi puisque j’étais à Murcie pour la Fête de la Sardine. Une immense célébration à la fois carnaval et rite de printemps, impressionnante par sa durée, la ferveur avec laquelle les habitants participent et le nombre de chars et de groupes qui y figurent.

En mai, direction le Portugal pour l’Eurovision. Une escapade entre amis dont je n’ai pas parlé sur le blog mais qui m’a permis de découvrir ce beau pays à travers les yeux d’un ami de là-bas. Pas de programme vraiment établi, juste des balades à Lisbonne, à Sintra et dans la campagne environnante à passer une après-midi chez les parents. Notre seule obligation : trouver un endroit pour pouvoir regarder le spectacle. Une belle mise-en-bouche pour cette première au Portugal.

Ce sera aussi une première pour la Pologne quelques semaines plus tard avec Gdansk, la belle baltique. Une ville au passé riche et tourmenté et une région entre forêts et bord de mer qui charme et surprend.

En juin, je me balade tout le mois à Bruxelles, dédiant mes fins d’après-midi à la promenade, toujours plus loin, je me dis que je pourrais y tirer matière à projets.

En juillet, après 4 ans, je reviens enfin dans mes Abruzzes chérie ! Avec ma Nonna, 91 ans au compteur, nous prendrons le bus pour retrouver notre maison familiale, nichée dans l’arrière-pays vastese. Ce sera le début d’un mois entier passé en Italie. Après 2 semaines de farniente entre village et mer, je vais sillonner les routes d’Italie en train et en OUIbus pour d’abords retrouver Rome, une de mes villes d’adoption. Une ville que j’adore mais qui provoque en même temps un immense sentiment de mélancolie. Les amitiés créées pendant mon année d’Erasmus ont laissé des fantômes partout et me retrouver seule avec ces souvenirs ont assombri la fin de mon séjour.

Par contre, ce qui était tout nouveau, c’était Matera, LE coup de coeur citytrip de cette année. Lojn, loin sur la plante de pied de la botte italienne. Une ville vieille comme le monde, troglodyte, qui s’est relevée telle un phénix. Elle était pauvre et la honte de l’Italie, elle fait maintenant sa fierté et le fait qu’elle ne soit pas immédiatement accessible devrait la préserver un peu du tourisme de masse. Tout y est beau, on y mange simplement et divinement (c’est de la « cuccina povera ») et tout simplement, on s’y sent bien ! C’est à contre-coeur que je vais quitter le Basilicate pour une courte escale à Milan (le temps de confirmer que non, je n’aime décidément pas cette ville) mais surtout, quelques jours passés à Nice avec Kaouthare de Touristissimo. Une rencontre qui a mis du temps à se réaliser avec la meilleure des guides de la Côte d’Azur.

A cheval entre juillet et août, je rejoins le Vercors pour le plus sportif des séjours. Randonnées, refuge et mon tout premier bivouac, dans des paysages sauvages et grandioses avec une équipe de blogueurs aguerris à la vie au grand air.

Entre août et septembre, c’est l’aboutissement d’un grand projet mené avec Sophie d’Ooh My World et Emma d’Au Gout d’Emma : les Îles Shetland. Un vieux rêve enfin réalisé car ces cousines des Îles Féroé me fascinent depuis l’enfance. C’est quand même le pays des poneys ! Pendant 10 jours, les filles et moi avons traîné Titinne-la-bagnole sur toutes les routes qu’on a pu, d’îles en îles dans des paysages tout simplement grandioses.

En septembre, j’embarque à nouveau sur un paquebot : le MSC Orchestra. Ça faisait longtemps que j’avais eu envie de tester une croisière « à l’européenne ». Beaucoup plus petit, plus traditionnel, avec moins de tralala, j’avais apprécié ce mode de croisière où on n’essaie pas de solliciter votre attention à tout prix.

En octobre, comme le soleil d’automne allait bien à Lódz et aux briques rouges de ses anciennes usines textiles ! C’est ma deuxième visite en Pologne et Lódz est au complet opposé d’une cité historique comme Gdansk, c’est une ville nouvelle, issue de la Révolution Industrielle, qui va me surprendre à tous les instants. Avec un patrimoine post-industriel gigantesque, Lódz est un terrain de jeu pour de nombreuses initiatives et une ville que j’aimerai revoir pour mieux en profiter.

Octobre, c’est aussi le moment où les vignes d’Alsace se parent d’or et de rouille. A la rencontre des viticulteurs des Vins d’Alsace, nous avons vu à quel point à nouveau, nous avons affaire à des passionnés. Constaté aussi la vitalité et la jeunesse de nouvelle génération de vignerons qui veulent cultiver (l’Alsace est championne de la biodynamie) et vinifier plus sainement, essayant de bousculer les codes. Une histoire que je dois encore vous raconter. Malgré tout, c’est un mois que je vais passer dans l’angoisse puisque Caïpi, mon compagnon félin de dix ans, est au plus mal. Une issue qui lui sera fatale et qui me hantera sans doute jusqu’à la fin.

En novembre, c’est complètement dévastée que je vais concrétiser un défi vieux de 9 ans : rejoindre Rapa Iti. J’étais prête à tout suspendre, n’avais en poche que mon billet d’avion pour Tahiti. Le reste a été organisé en 5 jours entre deux crises de larmes. Si le Rapa Iti Project ne s’est pas réalisé tout à fait comme je le voulais (je n’ai pas eu l’autorisation de séjourner sur l’île), j’ai tout de même pu passer plusieurs heures sur la plus isolée des Îles Australes, voire de la Polynésie française puisque même certains petits atolls des Tuamotu ont un aérodrome. Ce n’est pas le cas à Rapa où le Tuha’a Pae IV est le seul lien avec le reste du monde. A défaut, après 9 jours de navigation, je me suis attardée à Raivavae, une des plus belles îles de Polynésie, et Tubuai où je fus plongée dans la vie locale de l’île grâce à mes hôtes. Et bien sûr, comment oublier Mélina, rencontrée il y a quatre ans à Tahiti ? Une belle histoire d’amitié que j’ai pu entretenir. Ici aussi, le conte doit être écrit.

En enfin, en décembre, me voilà de nouveau à Charleroi. La preuve que la ville monte : une auberge de jeunesse vient d’ouvrir et j’ai pu ENFIN participer au fameux « Safari urbain » de Nicolas et rencontré une scène artistique à l’ADN très urbain. On en reparlera également !

Et le blog et les réseaux sociaux ?

Vu que j’avais beaucoup plus de temps à ma disposition, j’ai un peu retravaillé au fur et à mesure différents facteurs SEO, ce qui est, et reste, un point faible du blog. Tu le sais, Lectrice, Lecteur, je n’ai jamais écrit en pensant à notre ami Google mais force est pour moi de constater avec la chute de reach naturel des réseaux sociaux, qu’un meilleur positionnement sera LE grand défi pour les mois (voire les années) qui viennent. Et finalement, ça me rassure puisqu’on semble revenir tout doucement à ce qui est la pierre d’angle du blog : le contenu ! Et cela commence à montrer ses fruits puisque les derniers mois de l’année ont vu une progression de 10% des visites, une progression qui semble exponentielle pour le moment (je croise les doigts).

Avec la montée en flèche d’Instagram comme réseau-phare des « influenceurs » (ce que je déteste ce nom!) depuis deux ans, j’ai vu la course au chiffre s’accélérer, quitte à tricher. J’ai même pris en flagrant délit de bots de gros comptes qui, a priori, n’ont pas besoin de ça. On en est même au point où certains apprentis-influenceurs s’achètent des articles ou des vacances en le postent en les faisant passer pour des collaborations rémunérées. J’ai toujours vu Instagram comme une espèce d’accompagnement du blog, pas une finalité en soi. Les débuts d’Insta me manquent, quand au départ, c’était un peu ce qu’était Snapchat. Un endroit pour partager des photos prises dans l’instant avec des filtres douteux, le tout sans prise de tête. A présent, j’ai l’impression que c’est une compétition pour montrer qui mène la vie la plus cool du monde. Quitte à travestir la réalité. Même les Stories, censées être plus spontanées, sont de plus en plus travaillées. Consciente de mes forces et de mes faiblesses (j’écris pas trop mal mais je suis une médiocre photographe) et combinée avec la déception de voir certaines pratiques généralisées, je n’ai pas cherché à vraiment faire grandir mon compte et il en restera ainsi. Je continuerai à essayer de m’améliorer en photo parce que ça tient de la satisfaction personnelle mais à partir du moment où les dés sont pipés, pourquoi se lancer à fond dans le jeu ?

Et la vie professionnelle ?

Voilà le point qui m’aura apporté le plus de frustration en 2018.

Parlons d’abords du bon :

  • mes Chroniques sur la RTBF continuent ! Je ferai mon retour sur antenne au mois de janvier, après la trêve hivernale. Chaque « Séquence Inspiration » sur « Tendances Première » m’apporte une satisfaction que je n’ai peut-être pas sur le blog. Celle d’avoir l’impression d’être plus proche de vous.
  • La grande fierté de l’année ; j’ai co-écrit, avec ma chère Emmanuelle, mon premier guide avec les Editions Mardaga : Aimer Bruxelles ; 200 adresse à partager. Un beau bébé (que vous pouvez commander par ici) dont nous sommes particulièrement fières et une expérience inoubliable pour moi puisque j’ai parcouru ma ville et ses limites dans tous les sens, ait eu l’occasion de parler avec des patron.ne.s de toutes sortes d’établissements (bars, boutiques, hôtels, musées…) aussi passionnés que passionnants, découvert des endroits que je ne soupçonnais même pas (quelques fois tuyautée, quelques fois complètement au hasard de mes déambulations). Une expérience que je souhaite grandement renouveler.

Parlons maintenant du moins bon, malheureusement, ce sera plus long .

Tu le sais Lectrice, Lecteur, j’ai quitté mon boulot au mois d’avril (en fait, négocié un licenciement) dans l’espoir de changer de voie. J’avais l’impression d’étouffer et je voulais une vie plus libre de mes mouvements. Force est de constater que 8 mois plus tard, je ne suis pas plus avancée. Si je me suis bien inscrite à la Smart pour réaliser des missions sous le couvert du portage salarial (je ne suis ni assez organisée, ni assez au taquet pour me lancer en tant que vraie indépendante), je n’ai encore trouvé aucune mission. En fait, je n’en n’ai pas vraiment cherché. Je regarde de ci, de là… j’ai des idées (et même pas mal selon ma coach d’Outplacement, un luxe proposé par mon ancien employeur) mais on dirait qu’un mur invisible m’empêche d’agir. Il y a toujours cette idée de guide sur Tallinn qui me trotte dans la tête depuis plusieurs années et que je sors régulièrement de sa boîte à presque chaque bilan de l’année. Les refus successifs, surtout avec guide publié me servant de carte de visite, me laissent perplexe.

Sans compter qu’il me semble toujours être à la recherche de temps. Je pensais que mes vacances en Italie et mon voyage en Polynésie m’aiderait à y voir plus clair mais il semble que non, trop absorbée que j’étais par ce que je vivais au moment même. Je ne me sens pas plus avancée qu’au moment où je quittais mes fonctions. Ou à peine plus. Je songe à prendre un travail à mi-temps qui puisse assurer l’alimentaire (j’ai un loyer à payer et un chat à nourrir) et essayer de développer mes activités sur le temps qui me reste. Cela me permettrait également une certaine flexibilité tout en ayant le minimum des arrières assurés mais ce n’est sans doute pas encore l’idéal. Et mon profil de couteau suisse digital qui sert à faire du bricolage dans pas mal de fonctions mais sans être spécialisée dans rien fait que je ne me sens qualifiée pour aucun poste. La fin janvier marque le terme de mon préavis et après, ce sera le chômage. Une source d’angoisse malgré tout.

Si 2018 a été une année riche, 2019 s’annonce beaucoup plus maigre point de vue escapades, puisque je ne peux pas faire de plans sur la comète sans savoir de quoi l’avenir sera fait. Peut-être n’est-ce pas si mal, mon bilan carbone de l’année dernière n’a pas été terrible-terrible.

Bref, le brouillard est presque total et l’incertitude commence doucement à me stresser. 2019 se présente comme une grande inconnue qui peut être pleine d’opportunités, comme elle peut être potentiellement désastreuse.

Les paris sont ouverts, ça ne dépend que de moi, finalement.

En attendant, Lectrice, Lecteur, je te remercie une fois de plus de m’avoir suivie en cette année bien remplie. J’espère que tu sais que tu es LA personne centrale qui inspire ce blog (sans rire) et je te souhaite la plus merveilleuse des années. Que l’esprit du voyage soit avec toi !