Malgré le calme du Pré Peyret et le tapis d’étoiles qui recouvrait le ciel des Hauts Plateaux du Vercors, rien à faire : je n’ai pas tenu le coup du bivouac.! Ce n’était pas le petit bruit des insectes, ce n’était pas le petit vent qui venait me rafraîchir le visage… Je me tourne et me retourne. Bien que fatiguée, je me sens remplie d’adrénaline.

Les émotions de la journée, l’excitation d’observer le ciel étoilé… mais dans mon sac de couchage, avec la peur de rouler sur le sol humide à force de gigoter, je me sens emprisonnée. Je décide donc après deux bonnes heures de rentrer sous la tente. Je déclare forfait ! Alors qu’enfin je commençais à m’endormir, une lueur me tire de ma torpeur. Comment est-ce possible ? Nous sommes au beau milieu de la nuit ! J’ouvre la tirette de ma tente et découvre… la lune presque pleine qui s’est levée ! Eh oui, on l’oublie un peu quand on vit en milieu urbain mais une lune, ça brille et même très fort ! Rigolant de moi-même, je rentre sous ma tente et finit par m’endormir.

C’est tout naturellement, au lever du soleil, que nous nous réveillons. Il pointe le bout de son nez par dessus les montagnes et commence à inonder le plateau de lumière. Certains s’extirpent des tentes, d’autres comme Pauline et Sophie émergent de dessous les bâches qui les ont protégées pendant la nuit. C’est plutôt comique ! Pendant que nos guides préparent le petit-déjeuner, je vais me débarbouiller et remplir ma bouteille d’eau à la source. C’est justement à ce moment-là qu’un bouquetin a décidé de faire son apparition ! Et on dirait bien qu’il est habitué à voir des humains, il n’a pas l’air effrayé par notre attention. Il broute tranquillement quelques brins d’herbe et se laisse admirer avant de retourner vaquer à sa promenade.

Notre royal petit-déjeuner (pain, confitures, pâte à tartiner chocolat-caramel-noisettes maison et plein de fruits) avalé, nous rangeons les tentes et le matériel. Rien, sauf l’herbe un peu aplatie, ne doit signaler que nous sommes venus y passer la nuit. C’est parti pour rejoindre la Station de ski du Col de Rousset, une randonnée plutôt facile sur terrain assez plat, mais très caillouteux. Pendant la première partie de la rando, le paysage est assez aride. Beaucoup plus sec que lors du parcours de la veille. Sans vraiment le savoir, nous sommes passés de l’Isère à la Drôme ! Depuis les hauteurs des Hauts Plateaux, le paysage est époustouflant et le regard plonge dans les gorges et vallées, tandis qu’à l’horizon, des couches de montagnes bleues se superposent. C’est beau, grandiose, même. Le ciel m’apparaît immense et l’espace, carrément infini. Une vraie incitation à aller parcourir ces sentiers. C’est aussi assez venteux et je presse le pas pour rejoindre le groupe qui est bien à l’avant et vers onze heures, nous voilà arrivé aux télésièges de la station de ski du Col de Rousset.

Sensations fortes au Col de Rousset

JE L’AI FAIT !!! Une vraie randonnée de montagne. Pendant que je m’auto-congratule, je ne peux m’empêcher de remarquer les drôles d’engins qui sont parqués devant les télésièges : ce sont des trottinettes. Ben oui, pourquoi ne pas jouer les badasses jusqu’au bout : au lieu de redescendre pépère, on va faire de la trottinette tout terrain : la Trottin’herbe. Et quand je dis « tout terrain », je ne rigole pas : je parle de cailloux, de racines, de dos d’âne et de petits ponts de bois à négocier. Sous mon casque, j’ai un peu chaud, mais qu’importe, j’y vais ! Et une trottinette en descente, ça va vite, très vite. Le plus compliqué est d’apprendre à la manier mais une fois bien habituée, c’est génial et j’aurai même réussi l’exploit de ne chuter qu’une fois. Pardonner du peu pour la maladroite que je suis !

Nous avons à peine le temps de regarder la station de ski mais au premier coup d’œil, on repère tout de suite le côté familial de l’endroit. On n’est pas à l’usine et pour faire vivre la station l’été, il y a pas mal d’activités proposées. Eh oui, l’ère de la station qui ne vit que l’hiver semble définitivement révolue.

Après ces quelques heures de marche et les grands frissons de la trottinette, il est l’heure d’aller se restaurer… mais pas à n’importe quelle table !

La cuisine inventive de l’Auberge du Collet Vercors

L’Auberge du Collet Vercors restera mon coup de cœur culinaire de ce séjour (et peut-être bien même parmi ceux de l’année. L’auberge ne paie pas de mine au premier abord, ce qui fait que la surprise qui nous attend dans nos assiettes est encore plus grande. Bon, nous ne devions pas avoir l’air très frais après deux jours de rando et un bivouac, peut-être même qu’on sentait le bouquetin. Ça tombe bien, nous sommes installés en terrasse sous une pergola avec un verre de clairette de Die bien fraîche pour nous souhaiter la bienvenue. A la barre du restaurant, on retrouve Christian qui définit son style comme de la cuisine créative et on va vite s’en rendre compte avec le repas. Comme entrée, de la truite et un smoothie de betterave-framboise, comme plat principal un agneau en crépinette de fèves avec des haricots blancs, des légumes du soleil et une échalote brûlée, évidemment, un petit plateau de fromages et en guise de dessert, une glace à la menthe maison posée sur des morceaux de pêches blanches et son crumble. Chaque étape du menu était un délice et chaque plat présenté avec élégance et finesse. Franchement, une adresse chaudement recommandée ! 

(NDLR : L’auberge offre également des logements)

Hôtel Restaurant Auberge Le Collet Vercors

Le Collet, 26420 Saint-Agnan-en-Vercors

La Ferme Bouclette, une ferme pas comme les autres

C’est repus et heureux que nous allons rejoindre notre unique étape de l’après-midi : une ferme de brebis laitière tenue par Igor et son épouse : Bouclette et Compagnie.

Le paysan (c’est Igor qui revendique l’appellation), c’est lui. La fromagère, c’est Laure et dans leur exploitation à taille humaine, tout est calculé pour que rien ne se perde et de garder un circuit le plus court possible. Le fromage est fabriqué sur place est vendu à la ferme ou dans les marchés du coin. Et ça marche très bien comme çà pour le couple. Evidemment, nous ne verrons pas le brebis qui sont dans la montagne, au grand air.  Qui dit brebis laitière, dit agneaux de lait. Igor aborde donc le sujet qui fâche avec franchise, l’abattage des agneaux, qui est un corollaire d’une telle exploitation. Les animaux sont élevés naturellement avec leurs mères puis sont emmenés dans un petit abattoir détenu par une coopérative. Ça dure donc le moins de temps possible. En une demi-journée, l’abattage est fait. Ce qui me surprendra chez Igor, c’est le fait qu’il parle de cela comme s’il s’agissait d’une malédiction. Un terrible prix à payer pour exercer un métier qu’il aime. C’est étrange et touchant à la fois. A coté de çà, tous les animaux de la ferme sont là pour être utiles : des chiens bergers, bien sûr, quelques cochons qui boivent le petit lait et d’autres produits non consommés. Même les chats sont là pour faire du boulot : chasser les souris de l’étable. Bref, on parle d’un système holistique ici.

Ce sont donc des produits (fromages à pâte dure, fromages frais et yaourts) qui sont préparés avec passion et amour que l’on trouve ici. N’hésitez pas à y faire un saut.

Bouclette et Compagnie

Le Bard

26420 Saint-Martin-En-Vercors

Cet article est écrit dans le cadre d’une coopération avec Inspiration Vercors et ses partenaires.