- Tallinn , Estonie -

April 2013

Tere, Tallinn : entre pierres et mer (2e partie)

Le soleil nous chatouille et nous réchauffe… Raekoja Plats, la Place de l’hôtel de ville, a sorti les terrasses et les places y sont chères sauf que… il fait royalement – 4 degrés! Bien assez pour profiter d’un bon café chaud agrémenté d’une rasade de Vana Tallinn, alcool doux et sucré, dont le goût d’orange et de vanille masque subtilement la force.

Tallin

Il est temps de se remettre en route, nous allons marcher en direction de la “proche banlieue” pour un musée presque tout neuf: le Lenussadam (le Port à hydravions).

Une fois quitté le centre ville, le paysage change… Fini les élégantes maisons renaissances… On passe à une architecture plus “scandinave” de maisons en bois sombres ou de couleurs et de toits en métal. Une promenade qui nous permettra de découvrir un petit trésor gourmand. Si un besoin impérieux dû à une petite vessie ne m’avait pas obligée à être attentive à quoi que ce soit qui semble abriter une toilette, sans doute serions-nous passés à côté d’une boulangerie qu’il ne faut pas rater: Kalamaja Pagarikoda. Située à un entre sol, vous pouvez commander votre pain, viennoiserie, tarte, tourtes ou chaussons salés -, les déguster sur place dans un petit espace fait de bric et de broc, comme on aime à Tallinn, tout en regardant par une petite fenêtre derrière le comptoir, les employées mettant littéralement la main à la pâte. MIAM!

 

Nous arrivons enfin au Seaplane Harbour, celui-ci fait partie d’un ensemble plus large du Musée maritime. L’Estonie a beau être petite (et peut-être est-ce à cause de çà?), elle est résolument tournée vers le grand large et porte une fière tradition de marins. La légende veut que dans chaque port du monde, on y trouve deux Estoniens! Pendant que je suis en train de me rappeler le fait… avion, mer, Estonie… une petite lumière s’allume dans mon esprit!

Mais oui, le premier Estonien que j’ai connu, c’est ce grand blond borgne de pilote d’avion, Piotr Szut! Rappelez-vous, un bougre d’anacoluthe qui avait essayé de descendre le seddouk de Tintin et du Capitaine Haddock! Malheureusement, cette gloire qui aurait du être nationale reste ignorée… même pas la moindre petite vignette dans ce grand musée. Un grand aquarium avec une faune locale sépare l’accueil du reste et quand on y rentre, l’intérieur est sombre, et bleu comme les profondeurs de la mer. Pour que l’illusion soit parfaite, on a rajouté des caissons remplis d’eau juste en dessous des lampes. Celle-ci bougeant perpétuellement sous l’effet de la gravité, la lumière projetée donne l’impression d’un sol sous-marin avec la lumière changeante du soleil filtrant à travers les vagues. C’est la première fois que je vois çà et je reste fascinée! A l’intérieur, on y trouve de vieux avions, toutes sortes de bateaux de fabrication estonienne ou nordique mais la pièce maîtresse, est un sous-marin! Un vrai sous-marin poseur de mine, le Lembit, datant des années 30.  Il ne faut pas longtemps avant de se rendre compte de l’étroitesse et de la promiscuité des lieux! Le commandant est à peine mieux logé que les autres matelots avec un petit (mais vrai) lit étroit et une banquette qui lui sert de salon. Les autres dorment dans les couloirs, sur des couchettes ou carrément à côté des lance-missiles. Le nombre d’équipement et de machines est impressionnant… et j’imagine le bruit incessant qui devait régner là dedans! J’aimerai en savoir plus mais j’ai beau tendre l’oreille et écouter ce guide qui s’adresse à une bande d’ado, je n’ai pas appris l’estonien dans mon sommeil!

Le Lembit n’est pas le seul vaisseau que l’on peut visiter! En payant un petit supplément et en faisant un petit tour dehors, on peut visiter le brise-glace Suur Tõll, un navire de fabrication allemande, à l’origine construit pour l’empire russe. Ce bateau à vapeur a survécu à plusieurs propriétaires et deux guerres! Sad, Zoltan et moi sommes les seuls à le visiter pour le moment. Et c’est extra! les étroits couloirs, la lumière blafarde, les mannequins de matelots en train de se bourrer la gueule dans leur cabine, le salon art-déco… comment n’a t-on pas songé à y tourner un film d’horreur dans ce bateau! La partie la plus imposante est sans doute celle des machines! Trois ponts complètement dédiés à un amas de fer et de pistons! Je me demande combien de machinistes étaient affectés à la bonne marche et aux réparations de ce monstre! Lorsque nous sortons pour profiter du pont extérieur, le soleil jette ses derniers rayons sur la ville. Un coucher en Technicolor… le ciel prend feu à l’ouest et la mer Baltique devient bleu pastel à l’est, du côté du port. Deux bateaux se croisent et pendant un moment, un ferry arrivant à Tallinn semble littéralement la proie des flammes. C’est le soleil rasant qui se reflète sur les grandes fenêtres du navire. Tout est calme, froid et pur. Même les morceaux de glace ne bougent pas! Les visages rouges de froid, nous décidons de prendre un taxi pour rentrer.

Depuis la piscine au dernier étage de l’hôtel, je regarde Tallinn plonger dans la nuit… les dernières couleurs s’éteignent, les lumières de la ville s’allume, le clocher de Saint-Olav en premier. Un moment pour souffler, prendre de la vie de haut avant de plonger dans les caves du Karja Kelder pour dîner.

Je crois que j’aime cette ville…

Envie de plus d’image, l’album Flickr se trouve ici!





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