A bord du Symphony of the Seas, le plus grand paquebot du monde !

J’ai le cœur battant, mon niveau d’excitation est au maximum. J’ai beau essayer de me raisonner en me disant que je dois garder une certaine objectivité par rapport au moment que je vais vivre mais rien à faire ! Comment rester de marbre quand on aime les croisières et que l’on va embarquer sur le Symphony of the Seas, le plus grand paquebot du monde ?

Si tu me suis depuis un moment, Lectrice, Lecteur, tu sais que je ne suis pas étrangère aux croisières, aussi, lorsque j’ai été invitée par Cruise Connection pour découvrir ce navire, j’ai sauté de joie.

Le Symphony of the Seas, c’est le paquebot des superlatifs : 6680 passagers, plus de 2200 membres d’équipage, 18 ponts, une longueur de 362 mètres, et 239.000 tonnes à la balance. Et je ne vous parle pas de ses moteurs ou de son tirant d’eau !

Un véritable monstre des mers qui va partager son temps entre la Méditerranée et les Caraïbes et que et que nous allons explorer avec un bon gros millier de journalistes et d’autres chanceux de la compagnie Royal Caribbean. Nous en serons les premiers passagers. Le genre de navire qui pourrait très bien faire une croisière pour nulle part tellement l’attraction n’est plus l’escale du jour, mais le bateau en lui-même ! Déjà dès l’embarquement, on en prend plein les yeux. Je scanne ma « cruise card », la petite carte magnétique qui sert à tout (clé de chambre, porte-monnaie, et carte d’embarcation) et me voilà directement sur la « Royal promenade », une véritable « rue » qui traverse la moitié du bateau, haute sur trois ponts et bordée de magasins, de cafés… Ça brille de partout, la tête se tourne de tous les côtés. Ça, c’est pour l’introduction. Je me dirige promptement vers ma cabine, celle du type le plus répandu : une cabine avec balcon. La bonne surprise, c’est qu’elle est plutôt grande ! Pourvue d’un large canapé, d’un bureau coiffeuse, de deux armoires et d’un lit queen-size qui semble m’appeler irrésistiblement, le tout dans des tons neutres aux touches bleu marine, c’est sobre, élégant… La salle de bain, sans surprise, est plutôt petite (toujours le cas dans les cabines de base) mais la douche est adaptée à la taille de la clientèle essentiellement américaine de Royal Caribbean. Vous n’aurez pas de problèmes pour vous retourner !

Les quartiers du Symphony of the Seas

Pour vous aider à vous y retrouver dans cette « île flottante » à 18 ponts, il faut penser à ce bateau en termes de « quartiers », c’est un peu comme çà qu’il a été conçu. Les ponts 4 à 6 sont le foyer du bateau. C’est ici que l’on trouve la réception, le théâtre, le casino, la patinoire (oui, vous avez bien lu), le restaurant principal ainsi que plein de bars, cafés, clubs et magasins. C’est le « quartier des loisirs ». Ces mêmes ponts, mais sur l’avant du bateau, sont dédiés à un autre « quartier », celui du Vitality Spa, qui est gigantesque et combine salle de sport/musculation et espace bien être, détente et soin. Seul bémol, c’est dommage qu’il soit un peu « enterré » dans les entrailles du bateau… parce que le sauna avec vue sur mer, ça le fait quand même plus !

A l’arrière du Pont 6, nous voilà dans un nouveau quartier, « The Boardwalk », directement inspiré par Coney Island, et ça se voit ! On se retrouve en fait dans un espace qui évoque les stands et attractions de bords de mer avec des jeux d’arcades, un vendeur de hot-dogs, un snack typiquement US où les serveurs sont habillés comme dans les années 60 (Johnny Rocket) ET un carrousel de chevaux de bois, un vrai. Le genre d’élément un peu incongru dont on se dit qu’on l’a mis là juste « parce qu’on peut » et qui frappe les esprits. Un peu plus loin, on arrive sur la partie arrière du bateau, caractéristique des méga-paquebots de Royal Caribbean : la poupe du navire est découpée et ouverte en forme de cirque pour y accommoder l’Aqua Theater, une aire de spectacle qui combine des performances de natation synchronisée, d’acrobatie mais aussi, des séances de cinéma en plein air sur écrans géants.

Sur le pont 8, se trouve un des endroits les plus étonnant, et calme, du bateau : « Central Park ». Planté avec de vrai arbres, Central Park est un petit océan de verdure… complètement coupé de la mer (on est entouré de deux murs de cabines qui ont vue sur le parc), ce qui renforce encore un peu l’impression d’être entouré de gratte-ciel new-yorkais. On y trouve des bans comme dans un vrai parc mais aussi, des restaurants « hauts de gamme » comme Chops Grille, restaurant à viande ; le sophistiqué 150 Central Park, quelques bars à vin ou encore, surpriiise, Jamie’s Italian (la célèbre chaîne du chef star britannique Jamie Oliver). Bref, c’est le coin « chic » du bateau.

On saute quelques ponts pour arriver au pont 15, d’un pont calme à un pont… qui l’est beaucoup moins puisque c’est ici que l’on trouve les piscines. Et le nombre de chaises longues ne trompent pas : les jours de mer, les places sont chères, même s’il y a quand même 4 (oui, 4) piscines, dont une spécialement dédiée aux enfants. Vers la proue, se cache El Loco Fresh, le snack mexicain. Idéal pour les petites faims ! Si cela vous fait peur, dirigez-vous vers la proue du bateau et le Solarium. C’est probablement mon endroit préféré du bateau : une véritable oasis (les enfants n’y sont pas admis) avec chaises longues, fauteuils, jacuzzis et un très joli bistro. Probablement le mieux décoré d’entre tous, dans un style « jardin d’hiver ». C’est aussi ici que l’on trouve les terrains de sport… et le Flowrider, un simulateur de surf.

Un pont plus haut, c’est le royaume des gourmands avec le Windjammer café, LE grand buffet ouvert non-stop jusque très tard dans la nuit (celui ou celle qui revient de croisière en ayant perdu du poids aura réussi un exploit de taille).

Le Pont 17 est quant à lui le point de départ d’une des nouvelles attractions du bateau : l’Ultimate Abyss, un double toboggan géant qui vous fait glisser à toute vitesse sur pas moins de 10 ponts ! Pour les amateurs de frisson et testé et approuvé.;)

Côté nouvelles attractions, il y a aussi pas moins de 3 toboggans aquatiques (« The Perfect Storm »).

Toute une partie du bateau est également réservée aux enfants et jeunes ados mais j’avoue que j’ai fait l’impasse sur cet aspect des choses, le temps étant tout de même compté à bords.

Bref, vous l’aurez compris, la cible de Royal Caribbean, ce sont les familles et si vous aviez besoin d’une démonstration, il suffisait de voir ce qui fait la fierté des concepteurs : l’ « Ultimate Family Suite », une suite sur deux étages pensées de A à Z pour les familles les plus exigeantes, très colorée, très ludique, avec toboggan depuis la chambre des enfants vers le salon (et salle de bain dédiée), des jeux, un jacuzzi privé et qui peut accommoder 6 personnes. Le prix de l’extravagance est tout de même salé (10.000 USD pour une semaine). A ce prix-là, vous avez aussi accès à une partie du bateau qui est uniquement réservée aux passagers logeant dans des suites.

Ces deux jours à bords n’étant pas une croisière ordinaire, nous n’avons pas vraiment pu voir ce que propose le programme pendant la journée mais les soirées se sont déroulées presque comme elles le devraient (certains spectacles étant encore en cours de finalisation). A côté des nombreux bars et du casino, on y trouve un Comedy Club, un bar à karaoké (où votre blogueuse s’est produite, la faute aux martinis), un spectacle « Broadway-Style » dans le Royal Theater et même un spectacle sur glace à la « Holiday-on-Ice » à la patinoire. J’en passe, et des meilleures.

Ce qui est compris dans le prix de votre croisière : le gîte et le couvert SAUF dans les restaurants spécialisés. Les boissons ne sont également pas incluses (mais on peut acheter des forfaits boissons de différents types).

Les points qui fâchent : pollution et tourisme de masse

Lectrice, Lecteur, je ne suis pas aveugle, ni sourde et certains d’entre vous n’on pas manqué de me le faire savoir pendant cette mini-croisière (et je suis heureuse du débat) : mais ces méga-paquebots, c’est aussi méga-polluant ! Et quid de tous ces immenses bateaux qui déversent des milliers de touristes ?

Parlons de la pollution… notamment celle causée par le fuel et surtout les particules fines. Ce problème est revenu sur le devant de la scène au moment où le Symphony quittait le chantier de Saint-Nazaire. Ne nous voilons pas la face, même s’il a des améliorations sensibles par rapport aux bateaux précédents, cela reste problématique tant que les navires seront propulsés aux produits pétroliers. Lors d’une conférence de presse matinale, j’ai posé la question à Michael Baylay, le CEO et Rob Hampstead, le commandant du Symphony est aussi intervenu. Certaines améliorations ont été apportées (comme un recouvrement spécial sur le navire qui fait glisser le bateau plus vite sur l’eau et un système « d’attrape-particules » plus performant) mais ce n’est pas encore assez. Par contre, dans un avenir plutôt proche (2022), une nouvelle classe de paquebots en développement utilisera du LPG et des piles à combustibles.

Maintenant, je fais partie des réalistes, de celle qui pensent que l’écologie n’avancera pas tant que le monde économique n’y verra pas un intérêt financier ou un intérêt à sa réputation. Continuer à faire pression, à remettre la question de la pollution sur le tapis et à interroger la direction sur ces questions essentielles me semble primordial, même si ça va beaucoup plus lentement que nous le souhaiterions.

L’autre point qui a été soulevé par pas mal d’entre vous, c’est l’afflux soudain d’une masse de touristes au même endroit, au même moment. Evidemment, comme tous ceux qui aiment voyager, je rêve de dépaysement, de me plonger dans un environnement différent, de faire l’expérience d’un pays (même si dans ce cas-ci, en croisière, le temps en compté) en pour en avoir fait l’expérience, débarquer dans un port et y retrouver les mêmes commerces et noyés dans la foule, c’est loin, loin d’être mon idéal. Le cas le plus emblématique est celui de Venise qui a finalement « déplacé » l’emplacement où accostent les navires (alors que précédemment, des méga-paquebots entraient carrément dans le centre historique). La bataille qui a menu à l’interdiction des méga-paquebots n’a fut rude et longue, tant les enjeux était grand pour une ville qui, pour le meilleur et pour le pire, est dépendante du tourisme.

Dans ma petite expérience de croisiériste, j’ai toujours fait en sorte de sortir un peu des clous, d’aller chercher des petites agences locales, ou des personnes privées pour visiter, de fréquenter des commerces locaux et d’acheter local… mais ce n’est pas le cas de tous.

Bref, cette question, que je maîtrise mal, reste en suspens mais le sujet t’intéresse, je te conseille cet article : https://township-technology.com/features/featurea-cruise-too-far-how-overtourism-impacts-the-worlds-top-destinations-5832202/

En conclusion

Le Symphony of the Seas est tout de même extraordinaire. J’ai été surprise par le fait que le bateau soit si contemporain, pas kitsch du tout. (ça arrive malheureusement trop souvent) Tout a été soigné dans les moindres détails pour distraire les passagers et la gentillesse du personnel de bords est sans faille (une marque de fabrique de toute croisière qui se respecte).

Je pense que si je devais passer des vacances en famille (avec parents, frère, nièces et grand-mère), je n’hésiterai pas. Ce bateau a tout pour contenter tout le monde et faire en sorte qu’on puisse à la fois suivre ses propres activités et se retrouver ensemble au cours de la journée. Je l’envisagerais également si je voulais partir avec un groupe d’amis qui souhaiterait tester les croisières (à nouveau, tant les activités sont nombreuses). Par contre, pour un voyage en amoureux, je choisirai un bateau plus petit. Beaucoup plus petit.

Cette croisière a été réalisée sur l’invitation de Cruise Connection mais les avis de l’auteure lui restent propres.
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Cet article a 10 commentaires

  1. Lucie - L'occhio di Lucie

    Je vais être honnête, je n’ai lu que la partie sur les remises en question de ce type de tourisme, car je ne suis pas vraiment intéressée par les croisières (les photos sont jolies, cela dit, c’est amusant de voir l’intérieur d’un de ces monstres marins).
    Mais vivant à Venise et étant originaire de Sète, ces questions me touchent. Je trouve que tu as raison de dire que les changements écologiques doivent être portés par l’économie. Mais dans le cas des bateaux de croisière, j’ai l’impression qu’on a affaire à une aberration écologique. La mode est au green washing, donc ces industries s’adaptent… mais pour un navire qui s’équipe et fait un effort écologique (insuffisant, comme tu le soulignes), combien continuent à utiliser des navires dépassés sur le plan écologique et ultra polluants ? Encourager ce type de tourisme me semble vraiment problématique. Une ville sans voiture comme Venise subit une pollution atmosphérique énorme due aux bateaux de croisière et à leur micro particules. Et l’industrie touristique confirme (de mon expérience ici) qu’il s’agit du pire type de tourisme : peu curieux, il profite toujours aux mêmes restaurants, boutiques ou musées (les croisiéristes suivent pour la plupart un itinéraire balisé) et reste peu de temps sur place.

    (suite…)

  2. Lucie - L'occhio di Lucie

    (deuxième partie du commentaire qui ne rentrait pas)

    Tu parles également de la décision prise à Venise de déplacer le quai des bateaux de croisière : elle n’est pas encore mise en place puisque cela suppose la construction d’un nouveau bassin et le dragage d’une nouvelle route dans la lagune. De plus, cette décision est un moyen de cacher la poussière sous le tapis : les bateaux n’approcheront plus le centre historique mais continueront à entrer dans la lagune, et iront accoster dans un port plus grand, qui pourra accueillir des navires de taille encore plus importantes (et donc, plus de touristes, dans une Venise qui étouffe).
    A mon avis ces questions suscitent beaucoup d’émotion médiatique et donc sont traitées en façade tandis que le problème central perdure, que ce soit celui de la pollution ou du tourisme de masse.
    Surtout, je trouve le rapport entre pollution générée et temps passé dans les villes vraiment trop inégal, je crois qu’il est nécessaire de sensibiliser à ces questions pour mieux informer les touristes et valoriser des façons de voyager différentes. Bien sûr, il s’agit d’une opinion…

    1. Melissa

      Merci Lucie,

      Et pour les précisions au sujet de Venise.

      Concernant la lenteur des changements, c’est vraiment un problème très complexe mais qui concerne en fait tous les modes transports (voiture, avion…) mais je dois dire que je suis légèrement optimiste depuis deux ans. On dirait que les choses accélèrent.

      Une opinion que je partage à propos du manque de curiosité de nombreux passagers et qui devrait entrer en considération dans le calcul des coûts/bénéfices d’avoir des paquebots qui accostent. J’en ai vu qui ne passait pas le premier bar rencontré à peine sortis du port.

  3. La face visible de ce bateau est juste extraordinaire mais la face cachée est une bien triste réalité… Hormis la notion de pollution et de tourisme de masse, j’avais lu des retours d’expériences de personnes ayant travaillées ou plutôt été exploitées sur ces bateaux. Payées à coups de lance pierre et en liquide, faisant des heures sup à gogo. Des esclaves des temps modernes …

    Bref le luxe a un prix, au détriment de l’environnement, des travailleurs…

    Ce bateau n’est juste que le reflet de notre société actuelle…

    1. Melissa

      Merci pour ton commentaire, Chris,

      J’ai eu aussi des conversations avec le personnel de bords (serveurs, personnel de bar et personnel de chambre) et je sais que les journées sont longues, TRES longues et que surtout, c’est leur famille qui leur manque pendant les mois que dure le contrat. Ce sont des conditions de travail vraiment très, très particulières (et comme tu le mentionnes, quelques fois abusives, j’imagine que ça dépend aussi de la compagnie pour laquelle on travaille).

  4. Je rejoins les précédents commentaires, je ne plus pas non plus une adepte de ce type de vacances. Il y a l’aspect écologique, conditions de travail mais c’est le côté courses aux visites qui me dérange. Sur ce genre de paquebot il y a ceux qui ne sortent même pas du bateau car au final il y a tellement d’attractions que ça occupe une famille pendant une semaine…Et il y a ceux qui fong une ou deux excursions et qui après disent « j’ai visité Rome, ou Barcelone ou Marseille… » Il en faut pour tout le monde mais c’est définitivement pas pour moi et ça ne me fait pas rêver…

    1. Melissa

      Merci Marianne,

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