Certes, un paquebot comme le Symphony of the Seas, c’est une masse de métal, de verre, de design et plein de passagers mais pour faire tourner toute cette machine, il y a un équipage et on n’imagine pas la diversité des fonctions qui existe sur un tel navire. Evidemment, il y a le commandant et son équipage, les mécaniciens, ingénieurs, le personnel d’entretien, le personnel de chambre, le personnel de cuisine, depuis le boulanger jusqu’au maître d’hôtel, les serveurs, les vendeurs, les photographes, les croupiers… et une catégories un peu spéciales ; les artistes du bord. Ils sont comédiens, danseurs, chanteurs, ou font partie de l’équipe d’animation. C’est sur Twitter que je suis tombée sur Sydney Brown, une jeune acrobate, avant mon départ. Je n’ai pas hésité à la contacter et elle a eu la gentillesse de me consacrer un peu de temps entre deux répétitions, pour lui poser des questions sur son parcours et sa vie à bords. 

Moi-même : Bonjour Sydney, tu peux m’en dire un peu plus à ton sujet, d’où tu viens, quel est ton parcours et comment tu es devenue acrobate ?

Sydney Brown : Je viens d’une petite ville à côté de Toronto, au Canada et qui s’appelle Greensville. Quand j’avais un an et demi, je m’amusais à faire aller ma balançoire le plus haut que je pouvais et mes parents ont pensé : « On devrait lui faire suivre des cours de gymnastique ». J’ai donc commencé quand j’avais un an et demi et j’ai fait des compétitions jusqu’à l’âge de 19 ans avant de décrocher mon premier contrat sur l’Oasis of the Seas (un autre navire de Royal Caribbean, NDLR).

M.M. : Donc tu as commencé ta carrière directement sur un navire ?

S.B. : Oui, j’avais terminé l’école secondaire et je participais encore à des compétitions à ce moment là. Je ne savais pas vraiment ce que j’allais faire après. J’avais déposé des candidatures auprès d’écoles mais je songeais aussi à prendre le chemin du spectacle et j’ai envoyé par hasard mes vidéos à Royal Caribbean. Je ne m’y attendais pas mais ils m’ont répondu tout de suite et m’ont proposé un contrat. C’était un contrat de 6 mois à bords du Oasis. Normalement, je devais terminer mes 6 mois puis retourner à la compétition mais dès que j’ai mis de pied à bord et que j’ai fait l’expérience de ce style de vie et d’être payée pour faire ce que j’aime, j’ai su que j’allais continuer à enchaîner les contrats.

M.M. : C’était justement ma question suivante, j’allais te demander s’il s’agissait de ton premier contrat.

S.B. : En fait non, c’est mon 6ème contrat avec Royal Caribbean.

M.M.: Et ce sont toujours des contrats de 6 mois ?

S.B. : Non, seulement mon premier contrat a duré 6 mois, les autres durent de 10 à 11 mois ;

M.M. : Et qu’est-ce qui te plaît dans ce métier ?

S.B. : J’aime le style de vie qui vient avec le boulot, de voyager à travers le monde, je côtoie les plongeurs, acrobates, danseurs, patineurs… C’est chouette de voyager et d’être payée pour çà et puis j’adore être sur scène.

M.M. : Est-ce que tu as un peu de temps pour, par exemple, sortir du bateau de temps en temps ?

S.B. : Oui, dès que nous avons fait les premières des deux spectacles à bords, ce qui est la période la plus difficile, nos horaires hebdomadaires sont planifiés et on a de la chance car nos spectacles se déroulent le soir. On essaie de programmer nos répétitions lorsque nous sommes en mer pour maximiser le temps de nos escales. Et là, on peut sortir du bateau, profiter de notre temps libre et puis revenir et donner notre spectacle.

M.M. : Faire un spectacle sur un bateau, ce n’est pas la même chose que sur la terre ferme, bien que ce bateau soit extrêmement stable, comment font les acrobates pour s’ajuster à tout çà ?

S.B. : Dans le cas de l’Aqua Theater, nous sommes en plein air et donc, on doit compter avec la météo, le vent… Pour le moment, c’est très calme mais il y a des jours en mer où c’est très agité et c’est là où ça peut être dangereux. Si ça bouge un petit peu, tu apprends à ajuster. Pour la gymnastique, le tumbling, le trampoline et la plongée, c’est une question d’angle. Tu dois anticiper quand le bateau va bouger et tu peux te contrôler quand tu es dans les airs et quand tu atterris mais si c’est trop agité, tu peux t’imaginer comment est une piscine où l’eau se balade d’un côté à l’autre et s’échappe. Donc, quand tu es dans l’eau, tu veux aller d’un côté mais tu es tirée de l’autre côté, ça c’est un challenge mais si c’est vraiment trop agité et trop dangereux, on annule. Les plongeurs doivent avoir un minimum de 14 pieds (environ 4,30 mètres)  d’eau pour sauter et si l’eau bouge d’un côté à l’autre, la quantité d’eau peut descendre à 12-10 pieds (environ de 3 mètres et demi à 3 mètres) , ça dépend des mouvements.

M.M. : Donc c’est vraiment une question de savoir comment se comporte le bateau et d’anticiper.Alors, à quoi ressemble une journée typique pour toi ?

S.B. : Une fois qu’on a fait les premières des deux spectacles, les semaines sont assez similaires. Les jours en mer sont plus remplis pour nous que les jours d’escale. Nous faisons nos répétitions, nos entraînements et puis nous avons nos spectacles en soirée. D’habitude, je fais 9 spectacles en une semaine. Quelque fois on aide aussi à la technique des autres spectacles mais tout reste dans le domaine du divertissement.

M.M. : Merci Sydney, bonne chance pour le nouveau spectacle !

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