- Fort-de-France , Martinique -

February 2017

24 heures à Fort-de-France, parenthèse à la Martinique

L’effet des Caraïbes est une véritable magie ! Fini le stress pour arriver jusqu’à Roissy-Charles-de-Gaulle (grâce à une panne d’électricité sur la ligne du TGV), fini de courir à travers ce qui doit être un des pires grands aéroports d’Europe… après plus de 9 heures de vol, nous y voilà : la Martinique, escale avant de prendre le bateau le lendemain matin pour la Dominique. Pour une fois, j’ai dérogé à mes habitudes de voyageuse solo : à mes côtés, j’ai Saduman. Plus de deux ans qu’on essaie de synchroniser nos projets pour partir ensemble et enfin, nous y voilà, sur le Malécon de Fort-de-France, les alizés dans les cheveux, la lumière du soleil déclinant dans les yeux. L’air est tiède, l’eau des Caraïbes miroite et change de couleur de minute en minute… On est juste bien ! La Belgique, l’hiver, le fil de la vie laissé de l’autre côté de l’océan… Nous découvrons un monde nouveau. Car si je retrouve les sensations générales des Caraïbes, c’est bien la première fois que je viens à la Martinique… et nous n’aurons que 24 heures pour découvrir Fort-de-France.

Pour nous faciliter les choses, nous avons choisi de loger à l’Hôtel l’Impératrice, un petit établissement situé juste devant la Savane, en plein cœur de la ville, un des hauts lieux de la vie sociale de Fort-de-France (rien que le “chocolat de pays” épicé au petit -déjeuner vaut le coup, à partir de 80 Euros, ce qui est raisonnable pour un 3* à la Martinique). Le bar au rez-de-chaussée est d’ailleurs hautement recommandable !

Le”Malécon“, c’est cette promenade de bords de bords de mer le long de la baie de Fort-de-France. Il commence au Fort-Saint-Louis, se prolonge vers le débarcadère des bateaux de croisières avant de rejoindre le quartier des affaires. Je suis assez étonnée d’ailleurs : je n’ai jamais vu une ville de Caraïbes aussi occidentalisée ! J’ai l’impression d’être juste passée en France, mais avec un climat tropical. Il y a même des “gratte-ciel” (tout de même de taille modeste). Vers 18h, le soleil comme pris d’un gros moment de fatigue, se dépêche d’aller se coucher. Le spectacle est bref et pastel. Petit à petit, les étoiles s’allument et La Savane s’anime.

Il y a toujours quelque chose qui se passe entre la Savane et le Malécon mais c’est en soirée que les petits kiosques s’ouvrent. On y sert à boire et à manger, à la bonne franquette : accras de morue, poulet grillé, poissons, colombo… et pour se rafraîchir, une petite “Lorraine” (la bière locale martiniquaise) et évidemment : le célèbre ti-punch, à consommer avec la plus extrême des modération (même moi qui suis une… euh… habituée… j’ai eu du mal). C’est que nous sommes samedi soir, qui plus est en période préparatoire de carnaval et justement, le Kaval Bwennzeng Festival est celui qui ouvre cette folle saison. Le Festival, c’est une dizaine de groupes de musiques de rue qui entrent en compétition pour remporter le prix du meilleur orchestre.

Et ça balance, même pas mal mais étrangement, alors que je m’attendais à ce qu’une partie de la foule danse… personne ! J’ai l’impression d’être la seule à me balancer, la tête mise à l’envers par la fatigue, le décalage horaire et le ti-punch.

La recette du ti-punch
Le ti-punch est LA boisson emblématique des Antilles et très facile à réaliser!

Pour un faire un TRÈS bon:

  • écrasez un quart de citron vert, garder les quartiers
  • mélangez au jus et au citron vert une cuillère à soupe de sucre de canne avec un peu de cannelle et ou un peu de vanille (facultatif)
  • laissez macérer avec un peu de rhum pendant 15-30 minutes.
  • Servez avec deux doigts de rhum, mélangez et santé !

Et attention, ça arrache !

De retour dans notre chambre, nous entendons à peine la soirée qui se poursuit et terrassées par la journée, nous nous écroulons dans un sommeil lourd, avec un rythme lointain de zouk qui nous parvient comme dans un rêve.

Fort-de-France, belle créole

Quel calme dans les rues de la ville le dimanche ! Enfin… relativement, car nous n’avons pas de mal à identifier les touristes débarqués du méga-paquebot, en sandalettes et shorts, nez au vent et l’air un peu perdu.

Pour Sad et moi, c’est aussi un peu la découverte et on ne va pas tarder à se plonger dans un des joyaux martiniquais : la bibliothèque Victor Schœlcher. Le député abolitionniste de Martinique et de Guadeloupe avait décidé de léguer son imposante collections de livres et de partitions. C’est à l’architecte Pierre-Henri Picq qu’est confié la mission d’édifier ce futur temple de la connaissance. Et sa construction ne sera pas de tout repos : d’abords présentée à Paris, la bibliothèque sera entièrement démontée puis acheminée à Fort-de-France. Malheureusement, la construction sera freinée par des poursuites judiciaires contre l’entreprise de construction, un incendie et un cyclone ! C’est finalement 6 ans après sa présentation à Paris que la bibliothèque ouvre enfin en 1893…. sans la plupart des précieux livres de Schœlcher, qui ont disparu dans l’incendie.

La première chose qui frappe, c’est que Picq apparemment avait du mal à choisir son style (ce qu’on appelle l’éclectisme, très en vogue à l’époque). Il y a un peu de tout : des influences égyptiennes, byzantines, Art Nouveau… Avec sa structure métallique, la bibliothèque a un côté aérien, léger et ses hautes fenêtres laissent entrer des flots de lumières. Sous le dôme central, des tas d’étagère en bois renferment de vieux ouvrages et archives. En semaine, nous trouverions certainement des lecteurs, mais c’est dimanche. Et nous sommes déjà bien heureuses que la bibliothèque soit ouverte ce matin (probablement pour le bénéfice des croisiéristes). Au quatre coins du bâtiment, en hauteur sur les murs, les noms de grand sauteurs nous surveillent : Dumas, Lamartine, Lafontaine… Probablement un des plus jolis lieux de Fort-de-France !

Une ville dédiée à Saint-Louis

Et l’architecte responsable de la bibliothèque, on va le retrouver un peu plus loin : à la Cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France. Et nous arrivons pile en fin de messe ! L’église est pleine à craquer et commence à se vider. C’est un festival de couleurs : c’est que les Martiniquais se font beaux pour assister à l’office : robes colorées, chapeaux et costumes sont de sortie pour petits et grands. Plus encore qu’une profession de foi, la messe est surtout un grand événement social. A la sortie de l’église, on prend son temps pour papoter avec le curé qui salue ses fidèles, on se retrouve par petits groupes pour causer et échanger les nouvelles… Nous profitons de ce moment de flottement pour visiter la cathédrale avant qu’elle ne ferme pour l’heure du déjeuner : tout comme pour la bibliothèque, c’est le côté aérien et lumineux qui saisit le visiteur. L’intérieur est gai plutôt que solennel, avec une lumière légèrement verte qui rappelle la végétation luxuriante de l’île, renforcé encore par les nombreux motifs floraux qui décorent la cathédrale.

A la sortie, sur la Place Msgr Romero, nous y avons trouvé un mini-marché, dont un stand de pâtisserie. Je me suis jetée sur une généreuse part de “robinson” un gâteau à la pâte brisée au citron vert et cannelle et fourré aux confitures de coco et de banane. une TUE-RIE ! Le robinson, pour moi désormais, c’est le goût des Antilles !

Notre promenade va nous ramener du côté du débarcadère et du petit marché qui s’y tient à chaque fois qu’un paquebot entre au port. Si vous n’avez pas trop de temps en ville, c’est sans doute une bonne idée de s’y arrêter. De l’autre côté de la baie, se dresse Fort-Saint-Louis. Depuis le XVIIème siècle, le Fort surveille la baie et la protège et après tous ces siècles, il garde encore une fonction militaire puisque c’est ici que se trouve la base navale antillaise de la Marine Nationale française. Malheureusement pour nous, le fort est fermé le dimanche ! Il ne nous restera donc qu’à profiter de la jolie petite plage urbaine qui se trouve à ses pieds. Plutôt sympa quand on n’a pas le temps ou les moyens de rejoindre les superbes plages de la Martinique comme les Salines.

Et comme çà, la journée file, doucement, sans se presser, au rythme antillais… nous regardons l’heure… Il va falloir aller chercher nos bagages et nous rendre au terminal des ferries pour notre destination finale… avec un goût de trop peu dans la bouche.





  1. LadyMilonguera
    le 15.12.2017

    Voilà qui donne envie de sauter dans le premier avion à destination !

  2. Melissa
    le 15.12.2017

    Ce qui est chose facile depuis la France… a condition des’y prendre assez tôt. 😉

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