- Rio de Janeiro , Brésil -

December 2014

Les premières impressions d’un tour du monde

Voilà un peu plus d’une semaine que je suis partie. Avant de commencer à raconter ce périple, Lectrice, Lecteur, je voulais partager avec toi un début qui a bien failli remettre tout en question.

Mon départ, c’était un mercredi, jour béni des enfants belges, et synonyme de liberté temporaire. Pour moi aussi, une parenthèse s’ouvre. Une parenthèse de près de 4 mois. Et lorsqu’enfin le jour est arrivé, quand je me suis levée si tôt dans cette chambre d’hôtel bruxelloise, je n’ai pas vraiment réalisé. Pourtant, ce n’étaient pas les signes qui manquaient… J’avais nettoyé l’appartement, mes sous-locataires étaient venus chercher mes clés, mes chats aussi partaient en vacance, chez l’ami qui les garde quand je ne suis pas là. La veille du départ, j’avais dû passer par mon appart’, pour récupérer mon dernier vaccin à faire… et je n’étais plus vraiment chez moi.

Dans l’avion qui m’emmène à Madrid, je ne réalise toujours pas. Pas plus lorsque j’embarque dans l’avion pour Rio. Un avion à moitié vide… un entertainment-system qui ne marche pas, et mon Mac qui ne lit pas les vidéos installées pour l’occasion, j’ai donc le temps de cogiter. Entre deux passages de somnolence, j’essaie de rassembler mes pensées. Ces derniers jours ont été éprouvants : vol de mon sac avec toutes mes cartes et documents dedans (heureusement pas le passeport), devoir gérer une situation « de crise » en deux jours (et tout régler en une après-midi), faire les au revoir à sa famille et ses amis, les nuits presque sans sommeil, partagée par l’excitation du départ et une certaine anxiété… tout cela m’a tellement épuisée que mon cerveau semble ne plus trop répondre. Finalement, c’est peut-être mieux qu’il déconnecte pendant la durée du vol, au moins un peu.

De l’art de mal maîtriser les imprévus

Lorsque je débarque à Rio, je suis toute guillerette. Ca y est, j’y suis. La bouffée d’air perçue en sortant de l’avion m’indique qu’il fait chaud. Très chaud. Je ne peux plus reculer. Déjà prendre le bus vers l’auberge plutôt que le taxi sera une aventure. Je récupère mes bagages, passe au petit bureau de l’Office du Tourisme pour quelques précieux renseignements et je me dirige vers le distributeur de billets. Je cherche ma carte de crédit pré-payée, mon plan back-up en attendant que ma banque me livre ma nouvelle carte. Pas de carte. Bon, elle doit être ailleurs dans mon sac. J’essaie avec ma carte de banque, reçue temporairement (toujours en attendant la définitive). D’après l’employée de la banque, elle devrait être débloquée pour une utilisation hors Europe. Ca ne marche pas. J’essaie le distributeur d’une autre banque. Même chose. Un troisième ? Même chose. Il va falloir que je cherche dans mes affaires. J’ouvre donc mon sac-à-dos et commence à tout sortir sur une table d’un des restaurants (à la guerre comme à la guerre). Rien. Nada. Que dalle. J’ai sans doute mal regardé. Il y a tellement de poches dans ce sac à dos. Systématiquement, je cherche dans chacune d’elle. Rien du tout ! J’ai des bouffées de chaleur. Ce terminal me semble étouffant au possible. J’essaie de ne pas paniquer. J’ai 20 Euros en poche, suffisamment pour acheter un billet de bus. Je passe au bureau de change, pour le reste, on verra une fois à l’auberge.

Je monte dans le bus, direction la plage de Botafogo, quartier résidentiel plutôt bien situé où se trouve mon auberge. Un long trajet à travers un Rio by night qui semble pulser à chaque virage. Après une bonne heure, je remarque que nous sommes à Copacabana. Botafogo est déjà loin derrière. Je n’ai pas entendu le chauffeur de bus qui annonçait l’arrêt et me fait quasi engueuler. Je sors donc avec tout mon bardas. J’ai chaud, je suis fatiguée, énervée… mais les Cariocas sont adorables et deux jeunes filles m’accompagnent jusqu’à la station de bus, s’assurant avec le chauffeur que je serai déposée à bon port.

4 heures après mon atterrissage, j’arrive enfin à l’auberge, exténuée, en sueur… Quand le réceptionniste m’annonce le prix, je bredouille une excuse, essaie d’expliquer le vol de mon sac et ma carte introuvable. Je devais avoir l’air tellement pitoyable qu’il me monte mes bagages en me rassurant, qu’on verrait demain, que j’ai besoin de dormir… je défais quand même toutes mes affaires… rien, pas de carte. Je capitule, je suis sans doute trop fatiguée pour y voir clair et finis par tomber dans un sommeil agité. Au petit matin, je me réveille en sursaut, remets à nouveau sans dessus-dessous mes affaires… et reste bredouille. Je suis quasi sans le sous, à Rio de Janeiro. J’ai heureusement un toit, et un petit déjeuner, dépense quelques réals pour une bouteille d’eau… Et pendant un moment, je ne te le cache pas Lectrice, Lecteur, j’ai eu envie de rentrer. Déçue par moi-même, malgré toutes mes préparations, j’avais réussi à me faire voler, et à probablement égarer mon plan B. Une phrase entendue à mon sujet quand j’ai annoncé que je partais me revient en tête : « Et elle va faire le tour du monde ? ». Le ton était à la fois ironique et sceptique. “Quoi? Cette tête en l’air va pouvoir se débrouiller seule ?” Et si c’était une erreur ? Et si je m’étais trompée de rêve ? Si je n’étais pas faite pour çà, finalement ? Si je réagis comme çà après les premiers imprévus comment ce sera plus tard sur la route ? Si je n’avais pas les épaules pour ?

With a Little Help from my Friends (and Family)

Finalement, grâce aux réseaux sociaux et à la famille, je serai tirée de ce mauvais pas, et pourrais donc utiliser le proverbial adage : « Tu pourras en rire après ! ».

N’empêche, après toutes ces mésaventures et après que les choses se soient temporairement arrangées, devant le déferlement de marques d’amitiés et le soulagement, toute la pression est retombée d’un coup, et je me suis retrouvée à essayer de retenir vainement mes larmes dans la salle commune de l’auberge, faisant l’aller-retour vers les toilettes, sous les regards un peu gênés des autres hôtes, tous Brésiliens.

Dis-toi le bien, Lectrice, Lecteur, quelques fois, les rêves ne se réalisent pas tout à fait comme prévu. Tout n’est jamais parfait.

P.S. : Je suis maintenant à Paraty, où après ce début chaotique, tout va pour le mieux ! La carte de crédit à même fait sa réapparition, une semaine plus tard, là où je l’avais laissée. Je cherche encore une explication sur le fait de ne pas l’avoir trouvé après avoir cherché une dizaine de fois au moins.

Vous pouvez suivre les voyage sur mon compte Instagram





  1. Lucie A.
    le 15.12.2017

    Pfui, un début pas simple, mais tu t’en es sortie, c’est l’essentiel!

  2. Melissa
    le 15.12.2017

    Coucou Lucie,

    Tu l’as dit! Gros coup sur le moral et la confiance d’entrée de jeux… mais évidemment, c’est l’essence même des imprévus, on ne s’y attend jamais. 😉

  3. Joana
    le 15.12.2017

    Et bun, ça c’est un voyage qui commence sur les chapeaux de roue ! Mouvementé ce départ ! Au final c’est peut-être le stress qui t’a fait perdre tes moyens… Surtout que ta carte était en fait exactement à l’endroit où tu l’avais laissé !? Ou alors un message du ciel pour te signifier que tu pourras toujours compter sur tes amis et ta famille 😉 Fin bref, toute façon maintenant c’est derrière toi, il ne te reste plus qu’à PROFITER !

  4. Melissa
    le 15.12.2017

    C’est exactement çà, Joana! Stress, fatigue… tout ça combiné. Je suis encore confondue avec cette carte, je dois dire. C’est vraiment étrange. Mon sac à dos à pas mal de poches, mais un nombre fini de poches quand même et je les ai toutes regardée. C’est le jour de mon arrivée à Petropolis, quand j’ai défait mes affaires et me suis dit: “on va regarder encore une fois”. Et la première poche vérifiée, elle y était. Mais je le disais sur Facebook, j’ai un elfe farceur qui me joue des tours pareils depuis l’enfance. Des choses disparaissent, je les cherche et quand j’ai fini de vraiment chercher, elles réapparaissent. Finalement, le positif de cette histoire compense largement le négatif. Je pensais pas qu’il y aurait autant de personnes qui seraient prêtes à m’aider à me sortir d’un mauvais pas. C’est précieux.

  5. Elise
    le 15.12.2017

    Ohhhh Mel que d’aventures 🙂 Je lis ton blog avec bcp d’attention, j’ai adoré Paraty je suis impatiente de voir tes photos. Enjoy!

  6. Melissa
    le 15.12.2017

    Merci Elise! Très, très mignonne, Paraty. C’est vrai que tu as habité au Brésil, si je ne me trompe pas. 😉

  7. Laurent
    le 15.12.2017

    Et bien ça démarre sur les chapeaux de roue dis moi, une histoire drôle d’entrée de jeu 😉 Oui, maintenant que tout est arrangé, c’est drôle. Avant, moins évidemment …
    Évidemment, moi ça ne m’est jamais arrivé d’oublier un truc. Non non, vraiment, je t’assure ja-mais !!! La dernière fois c’était … inutile d’insister … jamais 😉

  8. Melissa
    le 15.12.2017

    Tu es sûr que tu n’as jamais rien oublié, Laurent? Nous sommes entre nous! Même pas une brosse à dent ? Du dentifrice ? Du déo ? Un peigne ou une savonette ? 😉

  9. Laurent
    le 15.12.2017

    Peigne non, ma pilosité crânienne rend ce genre d’accessoire assez inutile depuis quelques années 😉
    Sinon, des fois, j’oublie ma tête. Je ne sais pas si ça compte !

  10. Melissa
    le 15.12.2017

    Tu vois qu’en cherchant bien! (enfin, je dis çà après ce qui m’est arrivé…)

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