- Pape'ete , Tahiti -

February 2016

Pape’ete, premières impressions de Polynésie

Tahiti... s'il y a un nom porteur de fantasme, c'est bien celui-là ! Et enfin, ce mot qui a titillé  mon imagination. Nous sortons de l'avion un peu avant minuit et une rangée de musiciens nous invite à l'intérieur de l'aéroport. Mais où sont les colliers de fleurs ? Je suis limité déçue mais l'air de la nuit est doux. La première bouffée respirée de la terre polynésienne! Mais ce qui me fait le plus bizarre, c'est qu'après deux mois de vadrouille, je peux parler en français! Le français de Polynésie est traînant, musical, langoureux et parsemé d'expressions polynésienne que je vais vite apprendre. L'entendre, c'est déjà être là-bas. "Ia orana" (bonjour), "Nana" (ou plutôt "nanaaa" avec le "a" qui traîne pour dire a revoir) et "maruruu" (merci) vont devenir partie de mon vocabulaire pour quelques temps. 

Bon matin, #Tahiti! #Polynésie #MeldoestheWorld

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Mais pour le moment, direction l'hôtel ! J'ai décidé m'accorder ce petit plaisir après les nuits passés en tente, surtout à passé minuit. Un taxi me dépose donc à l'Hôtel Tiki, une des adresses "bons plans" quand on veut séjourner à Tahiti. L'hôtel est en fait tenue par l'école hôtelière de Polynésie, quasi tout le personnel sont des étudiants en formation .

Le lendemain matin, quand je me réveille et que j'ouvre les rideaux , je découvre une marina et au loin, un lagon bleu clair. Le soleil est étincelant, levé depuis longtemps on dirait alors qu'il n'est que 9 heures. Quand je descends au petit-déjeuner, je suis la seule cliente du petit-déjeuner et on me place à une table à côté du jardin. Le service se fait à table, et commence le défilé de pain, viennoiseries et boissons. J'ai presqu'envie de pleurer tellement c'est bon de retrouver baguette, croissant et marmelade au citron.

Tahiti sera l'occasion d'une première car pour trois nuits, j'ai réservé mon logement à Pape'ete avec AirBnB et c'est chez Mélina et Soko que je vais séjourner. Et quand on séjourne chez ce couple metro-polynésien, c'est comme si vous étiez immédiatement adopté au sein de leur famille. Dans leur grande maison aérée et leur joli jardin, je vais trouver un havre de paix et des âmes bienveillantes qui vont me conseiller et m'introduire à la Polynésie. C'est eux qui me feront découvrir les délices du fruit de l'arbre à pain, du lait de coco fermenté, du poisson cru au coco et au corned beef aux oignons. C'est aussi eux qui m'emmèneront au Festival du documentaire océanien.  Ils auront été bien plus que de simples hôtes, mais bien des amis. Une amitié qui se prolongera quelques mois plus tard, lorsque j'accueillerai Mélina et sa fille chez moi, à Bruxelles. Cette rencontre avec Mélina et sa famille sera sans doute LE point d'orgue de ces 3 jours à Tahiti. Moi qui pensais avoir un peu plus de temps pour explorer l'île, finalement, Pape'ete s'est retrouvée reléguée au stade d' "arrêt technique", pour recharger mes batteries et préparer la suite de mes aventures.

Ce ne sera pas ma seule rencontre d'ailleurs, mais j'y reviendrais.

Que dire de Papeete ? Une drôle de petite ville. La capitale de la Polynésie a des airs plutôt utilitaristes : les buildings en béton et sans âmes se font suite. OK, on va même dire que c'est moche. Ce qui la sauve, c'est sans doute sa mairie, ses arbres qui poussent partout, son marché et son front de mer. La promenade depuis la place Vaiete est agréable. On se plaît à rêver en regardant les yachts et les navires de croisière, à se demander quelle sera leur prochaine escale...

Ce qui frappe, c'est la mixité des habitants de Pape'ete. Le mariage des traits polynésiens, européens et chinois se reflète sur les visages. C'est aussi la chaleur et la gentillesse. On se salue amicalement, en vieilles connaissances et surtout, on se hâte lentement. Pourquoi se presser ?

 

On fait un petit détour au marché couvert, le cœur battant de Pape'ete. Ca explose de couleurs (celle des paréo, des fruits et légumes et des couronnes et colliers de fleurs) et d'odeurs : celle du monoï. J'y passerai de longues minutes à arpenter les allées du marché, à renifler, à humer pour trouver LE monoï qui me fera voyager.

Le monoï
Le monoï est la fierté de la Polynésie. Cette huile de noix de coprah dans laquelle ont macéré des tiaré Tahiti (une sorte de jasmin) est le secret de beauté de Polynésien : il hydrate la peau et les cheveux, est utilisé en massage. C'est ici que la différence entre monoï va se manifester. On peut trouver des monoïs avec différents parfums : à la vanille (pour les gourmand(e)s), au santal (pour calmer les bébés), au jasmin-pitate (pour la volupté), au frangipanier-tipanie (le plus envoûtant)... et d'autres plus fruités comme le pamplemousse ou l'ananas. On trouve partout les fameuses bouteilles de la Parfumerie Tiki mais vous trouverez aussi plein de monoïs "faits maisons", que l'on vent dans des bouteilles de soda en plastique, souvent ornée de déco personnelles par les vendeuses. 

Lorsque vous reviendrez à la maison, ne vous étonnez pas si votre huile se transforme en espèce de graisse blanche. Le monoï se solidifie en dessous de 24 degrés (suffit juste de plonger la bouteille dans de l'eau tiède quelques minutes). En tout cas, ça aura bien fait rire Mélina et sa fille lors de leur visite. Elles n'avaient jamais vu le monoï dans cet état là.

 

La cathédrale Notre-Dame de Pape'ete vaut bien aussi le détour. Peinte d'un jaune pimpant, ce sont ses vitraux qui m'auront charmé dans cette petite cathédrale. Des vitraux qui rappellent où on est : au cœur de la Polynésie. Des pirogues flottent sur des vitraux bleus lagons, qui se reflètent sur des murs blanchis. C'est simple, calme... 

Sur le Boulevard de la Reine Pomare IV (le grand boulevard en front de mer), je décide de faire un petit arrêt au "Rétro", un café-brasserie qui n'aurait pas l'être plus spécial que ça si ce n'était sa position... et sa clientèle passée : Joe Dassin et Carlos, qui adoraient tous les deux la Polynésie. C'est même ici, alors que les resto s'appelait "Chez Michel et Eliane", qu'il fit une crise cardiaque dont il ne se relèvera pas. La petite fille que j'étais à l'époque (en 1980) avait pleuré à chaudes larmes celui qui avait chanté les Champs-Elysées. Impossible de ne pas allez y prendre un verre, et déguster une mousse au chocolat.

Lorsque vient 17 heures, il se passe un drôle de phénomène : les rues de Pape'ete se vident peu à peu, les magasins ferment les uns après les autres... drôle d'ambiance. C'est ma première approche de l'envers du décor du paradis. Le chômage et la pauvreté est un vrai problème en Polynésie et la nuit, la rue appartient au sans-abris et même les Polynésiens vous demanderons de rester sur vos gardes,

Mais pour le moment, j'ai rendez-vous avec la jeune femme qui se cache derrière le blog Maeva Tahiti. Parisienne, elle a suivi son homme qui est muté pour trois ans en Polynésie française. Immagine le choc! C'est ce qu'elle va m'expliquer pendant deux bonnes heures à taper le carton aux 3 brasseurs, la premières brasserie de Polynésie (ça change la néanmoins délicieuse Hinano). A parler de la beauté de la Polynésie, des atolls des Tuamotus, que je ne verrai pas, de ce rythme à la cool propre aux îles et du sentiment d'être loin, bien loin des tracas du monde. Mais on a  aussi parlé de la difficulté de s'adapter au rythme polynésien pour une popaa (une expat'), à la vie bien plus chère qu'en France, la difficulté de trouver du travail... J'ai envie de la serrer dans mes bras, de lui dire que c'est vrai que je comprends que ce n'est pas facile, que je suis aussi passée par là. Que je connais ces frustrations, loin de ce qu'on connait,  de cette frustration qu'on ressent parce que les choses ne fonctionnent pas comme on attend qu'elles devraient fonctionner.

Le bon plan food-on-a -budget, les roulottes de Papeete! #Tahiti #Polynésie #Polynesia

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

A l'heure du dîner, je me retrouve seule mais à deux pas de la Place Vaiete et cette place, il faut y aller au moins une fois quand on séjourne à Tahiti. Dès la nuit tombée (et à 18 heures, il fait noir ou quasi), les roulottes débarquent et s'installent sur la place. C'est une vraie assemblée de food-trucks qui se réunit là et on trouve de tout : du steak-frite au porc aigre-doux, en passant par les poissons. On peut prendre à emporter où s'installer sur les quelques tables autour des roulottes, à la bonne franquette. Le seul problème, c'est de choisir ! Finalement, ce sera un peu chinois : on me sert trois morceaux de poulet, un peu de légumes, un bol de riz et comme on est un peu en France, du pain en rab! C'est probablement l'option dîner la plus économique à Tahiti, si on excepte le fast-food (oui, il y a un Mac Donald's). Un petit goût de gingembre vient de me piquer la langue et me tire de mes pensées.  Je réalise que je suis depuis deux jours dans une espèce de limbe. Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Deux jours seulement et il me languit de repartir.  Je n'ai qu'une envie : découvrir Tahiti avant que je ne parte après-demain !





  1. Marie
    le 13.12.2017

    Super article, c’est vrai que Tahiti au delà de ses paysages magnifiques a aussi une histoire

  2. Huahine, perle du Pacifique - Mel Loves Travels
    le 13.12.2017

    […] Maeva où se trouve un des plus beaux maraes de Polynésie: le marae Raururu. Rappelons qu’un marae est un lieu sacré qui servait aux activités sociales, religieuses et politiques avant que la […]

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