À chaque nouvelle année, c’est la grande valse des nouveautés, des tendances… Et le voyage n’est pas en reste ! Dès le mois de novembre, les grands noms du voyage (comme Lonely Planet, Frommer’s, etc.)  sortent leur top des voyages. Les spécialistes en tourisme livrent leurs analyses du « marché ». Alors, de quoi sera fait 2018 ? Tentative de réponses en 8 minutes. 

Véronique Thyberghien : Notre séquence inspiration, c’est avec notre blogueuse du jour, Mélissa Monaco, notre blogueuse voyageuse. Editrice et animatrice du blog mellovestravels.com. On va parler avec vous Mélissa de ces destinations et de ces tendances voyage. C’est vrai que ça évolue l’idée du voyage aujourd’hui. En 2018, vous voyez bien des voyages en famille, vous ?  

Moi-même : Tout à fait ! La famille, elle a bien changé depuis quelques années, on a de plus en plus de familles monoparentales, de familles recomposées, de grands-parents qui sont plus actifs et aussi plus impliqués dans la vie de leurs petits-enfants et l’industrie du voyage, comme n’importe quelle autre industrie, elle s’adapte à ce segment particulier de sa clientèle et on commence à voir des choses qui se passent. 

V.T. : Hmmm… C’est vrai que on part parfois à des périodes ou on a les enfants, les beaux-enfants, avec des locations pour 4, mais aussi pour 6, pour 8…  

M.M : Oui, on voit dans les hôtels une augmentation de chambres attenantes ou de suites qui sont beaucoup plus abordable, de suites familiales qui sont beaucoup plus grandes. Mais il y a un segment qui est particulièrement intéressant, c’est le segment des familles monoparentales. Il y a de plus en plus d’hôtel, de clubs, de compagnies qui sont spécialisées en voyages de groupes qui s’arrangent pour faire des tarifs spéciaux pour les familles monoparentales en faisant une réduction, voire même en éliminant, le supplément pour le 2e adulte.  

V.T. : Ça, c’est… Il était temps, je vais dire. C’est vrai qu’il y avait une vraie demande de ces familles monoparentales de pouvoir quand même avoir quelques avantages et non pas que des désavantages de devoir voyager seuls avec des enfants.  

M.M : Voilà, et pour les familles recomposées et pour ce qu’on appelle les voyages « multigénérationnels » donc avec les grands-parents, parents, petits-enfants , là on assiste à une grande diversification dans les activités qu’on propose pour qu’elles puissent correspondre à la fois à toute la famille, tout le groupe qui voyage, mais aussi pour chaque âge pour que les parents et les grands-parents puissent se retrouver un petit peu seuls et pour que les enfants puissent faire quelque chose entre eux. Entre enfants du même âge et ça va du petit bébé jusqu’aux grands-parents.  

V.T. : Et alors on peut même voir se développer le voyage en « hyper-famille » et ça se fait de plus en plus de voyager avec papa, maman, les enfants, les grands-parents mais aussi les cousins, les cousines, les oncles et tantes… parfois à l’occasion de certains moments de la vie, il y a aujourd’hui une tendance et un créneau qui se développent.de voyages avec de grands groupes, mais des groupes familiaux.  

M.M : Oui, peut-être plus dans le créneau des voyages plus « nature ». par exemple, quand on va louer un chalet, certains campings, certains clubs ont créé des espèces de hameaux où on peut résider en famille mais en famille élargie où l’on peut garder une certaine intimité pour chacun, ce qui est important. 

V.T. : Oui, mélangeant-nous mais pas toute la journée ! 

Une chose qui ne changera pas beaucoup par rapport aux autres années, mais qui ne va encore augmenter ce sont les croisières. Alors, ce n’est pas neuf, mais c’est sans fin. La courbe continue d’augmenter. 

M.M : C’est sans fin ! Les croisières, c’est toujours plus. On construit toujours plus gros, on va toujours plus loin, on construit aussi toujours plus de luxe.  

Les bateaux commencent à devenir vraiment gigantesques. Je pense que le premier sur lequel j’ai navigué comptait 3000 passagers, maintenant, on est à 6000. C’est énorme, mais ce qui est très intéressant avec les croisières pour le moment, ce sont les itinéraires qui deviennent de plus en plus, entre guillemets, exotique avec des croisières qui vont aller dans des régions ignorées avec de plus petits bateaux. Je pense à l’Afrique australe, on peut faire une croisière de la Namibie au Mozambique, faire le tour de l’Afrique australe en croisière. Il y a des endroits qui sont plus accessible aussi parce qu’on construit aussi de plus petits bateaux qui vont faire des croisières d’expédition qui coûtent très cher. C’est assez intéressant. Et puis il y a les croisières vers les Pôles qui deviennent de plus en plus intéressantes. On assiste donc à une évolution de ce côté de là mais aussi une évolution dans la construction des bateaux pour qu’ils soient moins polluants.  

Ah oui, j’allais dire qu’avec la taille de ces bateaux, ils ont une réputation d’être extrêmement polluants par rapport à d’autres moyens de transport. Je ne compare pas l’avion évidemment. Et donc, c’est une industrie qui commence aussi à avoir de l’intérêt à un côté plus éco-durable…  

M.M : Mais oui, mais aussi ils répondent aux attentes de la clientèle des lignes de croisières qui demandent qu’ils soient un peu plus respectueux de la nature et puis la mer, c’est leur business aussi, donc c’est important qu’ils fassent attention à ces choses-là. Il y a des bateaux qui sont en construction qui vont être hybrides ou fonctionner au gaz naturel plutôt qu’au fuel. Ça commence à arriver.  

V.T. : On étudiera peut-être un peu plus en profondeur ce phénomène. Rapidement, évoquons aussi le phénomène de ces voyages qui font du bien. 

M.M : Alors, c’est une coupole que je vais utiliser. On s’aperçoit que de plus en plus, j’en avais parlé dans ma toute première chronique ; les voyageurs, ils veulent donner du sens à leur voyage. Que ce soit pour l’esprit en ayant plus de contact avec la population locale, en faisant du volontourisme et aussi pour le corps par exemple en faisant un circuit qui soit basé sur une activité sportive ou sur du yoga, sur de la bicyclette, c’est très, très important pour tout le monde maintenant qu’il y ait cet aspect-là. On voit qu’il y a de plus en plus de personnes qui ont envie de s’impliquer. En faisant de la cuisine avec les locaux, en participant à des chantiers ou en réalisant des activités par exemple, un circuit vélo en Toscane mais avec de la peinture, à chaque étape. Ça existe.  

V.T. : Se faire du bien, parfois faire du bien aux autres aussi et participer de manière plus concrète à son voyage ?  

M.M : Voilà, être plus qu’un simple consommateur. 

V.T. : Etre un acteur de son expérience voyage.  

V. T. : Parmi les destinations qu’il ne faudra pas rater, vous me disiez, mais on aura peut-être l’occasion bien sûr de le développer, dans une prochaine chronique, vous nous emmènerez donc dans des pays un peu en dehors des sentiers battus en Europe. C’est plutôt des pays à l’est.  

M.M. : Oui, c’est la tendance pour cette année. Ce sont plutôt les pays « ignorés » de l’est de l’Europe comme par exemple la Moldavie et la Pologne qui sont mis en avant. C’est un terrain encore à découvrir pour moi, la Pologne… la Moldavie, j’y suis déjà allée une fois.

VT : Ah aaah, vous irez donc cette année en Pologne pour nous ? (rires) 

M.M : Bieeen, j’y compte bien, j’y compte bien. J’ai envie d’y aller. Mais le pays-phare cette année en Europe, c’est Malte puisque La Valette est capitale européenne de la culture en 2018. Malte, je vous la recommande, c’est très, très beau. Il faut aimer l’architecture et que le soleil tape.  

V.T. : Oui, parce qu’il fait très chaud mais on y reviendra et on aura l’occasion de découvrir tout çà avec vous dans les prochaines chroniques que nous ferons en votre compagnie avec beaucoup de plaisir.   

Pour le podcast, rendez-vous sur Auvio (à la minute ’46)!