- San Giovanni Liponi , Italie -

July 2015

Les vacances d’une blogueuse voyage

« Tu es encore partie ? »

« Oui, mais cette fois, c’est en vacances. »

« Comment ça en vacances ? Mais tu es toujours partie ! »

Ce petit échange entre une amie et moi m’a fait réfléchir… et m’a donné envie de te parler, Lectrice, Lecteur, de l’envers du décor du bloguing voyage. Du moins pour ceux qui le font au moins semi-professionellement.

Et s’il fallait dissiper un malentendu et établir une vérité, faisons-le tout de suite : le/la blogueur/euse voyage certes… voyage mais n’est JAMAIS en vacances. Ou rarement.

Cruelle ironie, n’est-ce pas ? Je t’explique.

Première chose : définir le mot « vacances ».

Les vacances (au pluriel, du latin « vacare », « être sans ») sont une période pendant laquelle une personne cesse ses activités habituelles.Wikipedia

Voilà… « cesse ses activités habituelles ». Arrêtez de travailler, et donc aussi de blogueur. Car oui, bloguer est un travail.

Bloguer, un métier

En tant que semi-professionelle, il m’arrive, comme tu le sais, d’être invitée à des voyages de presse. Quelques fois proches, quelques fois (très, très rarement) plus lointains. Si les voyages de presse sont très agréables (beaux hôtels, bons restaurants, on a pas trop à réfléchir sur ce qu’on va faire puisque l’horaire est déjà établi) ce ne sont pas des vacances, mais bien du boulot, puisque la contrepartie de ce privilège, c’est que la destination qui nous invite se retrouve sur le blog. On prend note (notes mentales pour moi, avec l’aide du dossier de presse), on photographie, on twitte, on envoie des statuts Facebook et des clichés sur Instagram… tout en restant attentifs à tout, le sens critique ouvert. Et évidemment on rédige. Les journées sont en général longues et très serrées. Rien à voir avec des vacances ! Il s’agit d’un vrai travail. Sauf que je ne suis pas rémunérée, je turbinne à la passion.

Lorsque je pars « pour moi », a fortiori pour une destination que je visite pour la première fois, c’est la même chose ! Je me mets en mode « exploratrice ». Cela fait plusieurs années que je vous raconte mes escapades et c’est devenu une seconde nature : la découverte pour moi-même et la perspective du partage sur le blog sont devenues intimement liées. Elles sont une seconde nature, indissociables l’une de l’autre. Je dirai même que l’une nourrit l’autre. C’est ma soif de découverte (et l’amour de l’écriture) qui m’a poussée à ouvrir ce blog… et le fait de savoir que toi, Lectrice, Lecteur, attend que je raconte, m’incite à faire encore plus que si je partais sans la perspective d’un article. Je retrouve les même réflexes que dans un voyage de presse, mais décuplés : mon cerveau emmagasine les informations, je prends le temps de faire des photos, je partage sur les réseaux sociaux ! Ce qui est important pour moi, car je rédige rarement en direct et je trouve çà excitant de partager tous ces moments instantanément (très peu de « latergram » pour moi, merci!) en essayant de faire passer le sentiment vécu à ce moment précis où je le vis. Je ne suis plus face à une obligation contractuelle avec un office du tourisme ou d’une marque, mais bien face à obligation morale vis-à-vis de toi, lectrice, Lecteur. Parce que j’ai l’audace de croire que tu liras. Et je ne pense pas trop m’avancer en disant que c’est la même chose pour la majorité des blogueurs voyage. Et crois-moi, l’obligation morale est bien plus puissante que les autres !

Les deux vies de la blogueuse

Le résultat reste le même que ce soit un voyage de presse de presse ou un voyage pour moi-même : j’en reviens heureuse mais fatiguée (souvent un bon signe, ça voudra dire que j’ai profité). Je passerai autant (si pas plus (car quand on a pas de fil directeur précis comme dans un voyage de presse, ça peut être plus long) à trier les photos, les traiter, recouper des infos, en chercher d’autres et enfin, à écrire. Des heures de travail, après mon propre travail. Comme beaucoup de blogueurs qui font ça sérieusement mais ne vivent pas de leur blog (l’énorme majorité), j’ai deux vies : le jour, au bureau, le soir, derrière mon laptop. Et qui dit « travail de jour » dit « nombre de jours de congé limité ». En retirant les congés pris pour voyages de presse, il en reste pour un voyage de 2 semaines… et plus rien pour le reste. Si je te disais que je rêve de prendre une semaine de « staycation » pour faire du grand nettoyage et du rangement dans mon appart’, tu me croirais ? Eh ben voilà ! Attention, je ne suis pas là pour me plaindre (franchement, ce serait de la mauvaise foi crasse), je te livre juste un état de faits.

Vive les vacances

Cette année, coup de chance. Un alignement d’étoile. L’été est généralement le moment de l’année où nous sommes le plus occupés au boulot mais cette fois, il y avait un gros mois et demi entre deux évènements : j’avais la voie libre pour rejoindre ma grand-mère, dans notre petit village des Abruzzes. Dix jours à dormir, manger, à se lever à 6 heures du matin pour prendre le bus pour la mer, à boire un cappuccino en lisant son journal, à essayer de faire sourire le préposé à la location de parasol (jusqu’ici peine perdue), à faire son premier du matin, quand l’eau est encore un peu fraîche et qu’on a l’impression de flotter sur des draps de satin bleu, à se mettre à l’ombre tartinée d’écran solaire au parfum de lait de coco, à se brûler les lèvres sur des morceaux de pizzas à la romaine sorties du four, puis à se brûler les pieds en retournant à son parasol, et à se brûler les yeux pendant une petite promenade digestive le long de la plage, à essayer de garder les yeux ouverts pour finir le chapitre du bouquin que je suis en train de lire, chercher les courants froids dans les profondeurs de l’eau, le plus loin possible de la rive, et ne plus entendre que les bruits des vagues et des cigales, manger une gellatto avant de rentrer en regardant l’Adriatique prendre des couleurs de Mer des caraïbes, pester parce que le dernier bus est à 17 heures et qu’on serait bien restée pour assister au coucher du soleil, boire un spritz sur la place du village, à l’ombre avec sa grand-mère et ses copines, les cheveux encore plein de sable et de sel puis rentrer, prendre sa douche, terminer de mettre la table et se servir une bonne assiette de légumes ou de salade, s’enduire d’anti-moustique au crépuscule et fourbue, s’endormir… et recommencer le lendemain.

Mais tout çà, je le garde pour moi, ce sont des vacances, après tout ! 😉

Bonne journée à tous! <3

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Je ne dis pas que c’est le plus beau village du monde, mais presque! 😉 #abruzzo

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Rosario, la rebelle avec Elisa, blogueuse argentine
Ma musique du départ #31 : Awash




  1. Laura
    le 18.08.2017

    Depuis que bloguer est devenu important pour nous, il est vrai que l’on se détend moi en voyage et qu’on sait qu’on ramènera du boulot. Cela reste un plaisir mais aussi parfois une contrainte que l’on s’impose pour faire vivre continuellement le blog et ne pas perdre le rythme (qui est souvent bien dur à tenir quand on a un boulot, un bébé et tout le toutim). Et marrant que tu parles du Staycation, on a écris un truc là dessus il n’y a pas si longtemps ! Bonnes vacances

  2. Melissa
    le 18.08.2017

    Merci pour ton commentaire, Laura!
    En effet, heureusement que la passion est derrière (sinon, je pense que nous ne nous imposerions pas toute cette masse de travail) mais le fait que tout déplacement devient immédiatement du “matériel” potentiel pour le blog m’inquiète quelque fois. Heureusement, dans ce cas-ci, j’avais déjà parlé il y a 4 ans mon village, de la ville de Vasto… pas besoin de faire un bis… et là, j’ai enfin pu me détendre. D’autant que j’ai encore pas mal à écrire sur plein de choses… restais à gérer “l’angoisse” du “il faut que j’écrive quelque chose!” Là, c’était vite rêglé : j’avais oublié mon disque dur externe à la maison. Donc voilà. Pqs d’autre choix que RELAX!

  3. Bouchine
    le 18.08.2017

    Eh oui je comprends tout à fait car chez moi, même une sortie -restau/expo/théatre vire à la soirée “prise de vues” du coup mon homme déteste les blogs …
    Bisous et bonnes vacances !

  4. Melissa
    le 18.08.2017

    Aaah oui, là… sa moitié ne partage pas cette passion, ça peut-être problématique… surtout parce que c’est chronophage. “T’as pas encore fini d’écrire ? Encore une soirée blog ?” 😉

  5. Emilyz
    le 18.08.2017

    Oh la la mais c’est tellement vrai. Merci pour cet article, je me sens moins seule à penser ça.
    D’ailleurs, cette année, les seules vraies vacances que j’ai eu ont été mon séjour à Cuba, et oui pas d’internet donc vacances forcées. Même si j’ai beaucoup emmagasiné les informations, je dois dire que cela m’a fait du bien. En tout cas, là pas de vacances possibles en ce moment, c’est la grosse saison! Profite bien des vacances.

  6. Melissa
    le 18.08.2017

    Coucou Emilie,

    J’en ai profité, en effet (d’autant plus que : pas de cart SIM locale + pas trop de wi-fi) donc en sevrage forcé et je n’en suis pas morte. 😉 J’avais même pensé écrire pour le blog pendant mes moments perdus mais j’ai préféré lire, ce que je fais beaucoup moins, tant mes activités sont chronophage. on devrait tous s’accorder çà, ça fait du bien au cerveau.

  7. mes Souvenirs de Voyage
    le 18.08.2017

    Hello,

    merci pour l’article qui va fait grand bien à pas mal de personnes autour de moi 😉
    Oui Blogger est un métier et dans ton cas, comme le mien, c’est le 2ème métier ;p
    Alors oui, parfois on part en vacances et on ne raconte rien, on garde tout pour nous et en profiteras en rentrant pour le raconter qu’à la famille proche, parce que les vacances, c’est aussi une bonne dose de choses personnelles, rien qu’à soi !

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