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May 2012

(Republic of) Georgia on my Mind : 1er jour à Tbilissi(Republic of) Georgia on my Mind : 1er jour à Tbilissi

Tbilisi

Ah, ce moment où vous vous lancez à l’assaut d’une ville dont vous ne savez rien! Pour moi, ce n’est pas un moment à proprement parlé difficile, mais je prends mon temps pour appréhender la chose… d’autant plus que je suis partie avec le minimum d’information et que je suis encore dans les vapeurs du sommeil… Finalement, je me fie aux spécialistes: ceux de Georgia.travel (le site officiel de l’Office du Tourisme géorgien) pour me guider. Comme l’après-midi est déjà avancé, je commence par l’axe central de Tbilissi: L’avenue Shota Rustaveli. Dehors, un énorme soleil brille et le printemps est déjà bien là. Le soleil, les balcons et l’odeur de pains qui cuisent provenant d’une petite boulangerie au coin de la rue…Voilà : Tbilissi a une lumière, un symbole et une odeur. A jamais, ce seront les 3 associations que je ferai lorsque j’y penserai…

Je me rends compte que je suis dans une des parties les plus anciennes de la ville, sur une petite colline qui descend graduellement vers le fleuve Koura qui découpe la ville en deux. Les vieilles demeures se succèdent, souvent très belles, souvent dans un état pitoyable. Les tremblements de terre mais aussi les années de négligence du communisme, puis celles de misère et de conflits intérieurs qui ont miné l’indépendance ne sont pas étrangères à ce délabrement. C’est à la fois triste mais en même temps contribue à l’atmosphère si particulière de la vieille ville.

Prise contact avec Tbilissi

Pas une maison qui n’ait son balcon: les habitants ont choisi soit la fantaisie du fer forgé, la prestance de la pierre ou la noblesse tout en simplicité du bois. Ils donnent tout son cachet à la ville… Néanmoins, je regarde quand même d’un œil suspect certains balcons mal en point, me demandant s’ils ne vont pas me tomber sur la tête. Première étape: La Place de la Liberté! Un point de référence qui deviendra crucial dans mon orientation et qui est un peu le centre non-officiel de la ville. Sur une colonne, un Saint-Georges doré chevauche fièrement un fougueux destrier et donne l’estocade au dragon… Saint-Georges est non seulement le patron du pays (même si apparemment, il n’aurait rien à voir dans le nom “Géorgie”, d’autant plus qu’en géorgien, le pays s’appelle Sakartvelo, “celui où parle la langue du pays”) mais en plus, il donne le patronyme le plus utilisé: Giorgi (je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu ce prénom). C’est là aussi que je vais me rendre compte que Tbilissi n’est qu’une suite ininterrompue de travaux! La poussière: voilà un autre élément qui restera indélébile quand je penserai à Tbilissi!

Tbilisi

Pour le moment, je laisse la Place de la liberté et m’engage sur Rustaveli, l’avenue la plus classe de la ville, celle où se trouvent les bâtiments publics les plus import importants: le Parlement, différentes division du Musée National Géorgien, le Théâtre Rustaveli, l’Eglise Kashveli… Des bars et des restaurants la bordent, peut-être un peu trop bruyants à cause du trafic? En soi, rien de bien particuliers pourtant. Cette avenue aux bâtiments classiques s’étire jusqu’à une belle place où se trouvent une station de métro et la Place de la Révolution des Roses, celle qui a mis l’actuel président Saakatchvili au pouvoir et qui marqua, du moins symboliquement, la coupure avec l’héritage communiste. Une fontaine, de jolis cafés où il doit faire bon prendre le soleil… et je réalise d’ailleurs que j’ai faim et m’arrête à un petit restaurant. Une jeune fille au large sourire et aux ongles “rose shocking” me tend le menu… Pas envie de katchapuri, cet en-cas typiquement géorgien qui ressemble un peu à une pizza au fromage. Je commande un ragoût d’agneau… De quoi me caler l’estomac pour l’ascension du Mont Mtatsminda, du moins la moitié jusqu’à l’église Mamadaviti. Tout en haut, c’est la tour de la télé géorgienne qui surplombe toute la ville et le premier monument aperçu la nuit de mon arrivée. Impossible de la manquer alors qu’elle scintille dans la nuit comme un arbre de Noël!

Tbilissi, vue d’en haut

Je commence à monter… Heureusement, des nuages d’orage de chaleur sont venus voiler le soleil et me donner un peu de répit. Je vais vite découvrir qu’à Tbilissi, il faut de bonnes jambes et du souffle! Construite sur les collines qui entourent la rivière, les rues montent et descendent selon l’orographie. J’arrive enfin à l’église. Elle n’est pas particulièrement vieille mais de là-haut, la vue est imprenable! J’essaie un peu de me repérer… La en bas, Rustaveli, en face, la cathédrale de Sameba, à ma droite, la Forteresse de Narikala que j’ai prévu de voir demain. A côté de l’église, c’est le Panthéon des écrivains géorgiens… De grands noms de la littérature, inconnus pour moi malheureusement, sont enterrés ici sous des tombes monumentales et belles. Il y a pire endroit pour le repos éternel que d’être abrité sous les cyprès et avoir la capitale à ses pieds!

Tbilisi

Des bruits de voix me font me retourner… Un petit groupe suivi de plusieurs popes sortent de l’église. Une jeune femme tient un bébé tout habillé de blanc. C”est donc est baptême. On se sert les mains, on prend des photos pour immortaliser ce qui doit être un grand jour… Le plus âgé des popes, et celui qui a l’air le moins sévère, s’éloigne vers la grille de l’église. Il faut dire qu’avec leurs habits noirs, leurs longues barbes toutes aussi noires et leurs regards sérieux, les popes sont impressionnants et imposent un certain respect. Le gris de cheveux du vieux pope vient un peu adoucir cette prestance un peu farouche. Aux portes de chaque églises, il y a des mendiants, souvent de vieilles femmes, souvent veuves, qui demandent une aumône que bien peu leur refuse. Le pope se dirige vers la plus âgée et lui donne son bras pour qu’elle se lève. Il veut lui parler. Et tout doucement, comme on fait aux enfants, je le vois caresser doucement la joue ridée de la vieille femme et comme par ma magie, un sourire de presque béatitude apparaît sur ses lèvres. Le mystère de cette conversation restera entre ces deux vieillards! Émue, je prends quelques minutes pour contempler le paysage puis amorce la descente.

Tbilisi

Ville du futur ?

Le soir commence à tomber… En y allant au pif, je rejoins le pont Metekhi pour passer de l’autre côté de la rivière. Les nuages sont presque tous partis et l’eau prend la couleur du ciel. Parallèle au vieux pont, il y a l’un des symboles du nouveau Tbilissi, le Bridge of Peace, un grand monument de verre qui ressemble à une anguille et dont les milliers de LEDs forment des vagues lumineuses sur ses flancs… Avant de l’emprunter, je parcours le parc de Rike. Non encore achevé, ce parc est là pour montrer la vitalité de la capitale de Géorgie, son envie de neuf. Je m’assieds sur un galet géant et observe les badauds. Il y a du monde pour un lundi! Demain, c’est le premier mai. Les Géorgiens seraient-ils aussi en congé demain ? (réponse: non! Les Géorgiens travaillent et beaucoup, même s’ils ont toujours l’air d’être en vacances). Une musique retentit: ce sont les fontaines musicales qui démarrent… Un peu plus loin, un piano géant, stylisé, dont la scénographie n’est pas encore complète et des morceaux de parc encore en construction. Cela renforce mon impression d’être arrivée au beau milieu d’une période de transition… Je repense à la vieille ville où je loge, rongée par l’abandon et oubliée. Quand je traverse ce pont de rêve, auréolée par les mouvements lumineux de ses loupiottes, je me demande ce qu’il en sera d’ici quelques temps.

Les photos de cette première journée sont disponibles sur Flickr!

Tbilisi

Tbilisi

Ah, ce moment où vous vous lancez à l’assaut d’une ville dont vous ne savez rien! Pour moi, ce n’est pas un moment à proprement parlé difficile, mais je prends mon temps pour appréhender la chose… d’autant plus que je suis partie avec le minimum d’information et que je suis encore dans les vapeurs du sommeil… Finalement, je me fie aux spécialistes: ceux de Georgia.travel (le site officiel de l’Office du Tourisme géorgien) pour me guider. Comme l’après-midi est déjà avancé, je commence par l’axe central de Tbilissi: L’avenue Shota Rustaveli. Dehors, un énorme soleil brille et le printemps est déjà bien là. Le soleil, les balcons et l’odeur de pains qui cuisent provenant d’une petite boulangerie au coin de la rue…Voilà : Tbilissi a une lumière, un symbole et une odeur. A jamais, ce seront les 3 associations que je ferai lorsque j’y penserai…

Je me rends compte que je suis dans une des parties les plus anciennes de la ville, sur une petite colline qui descend graduellement vers le fleuve Koura qui découpe la ville en deux. Les vieilles demeures se succèdent, souvent très belles, souvent dans un état pitoyable. Les tremblements de terre mais aussi les années de négligence du communisme, puis celles de misère et de conflits intérieurs qui ont miné l’indépendance ne sont pas étrangères à ce délabrement. C’est à la fois triste mais en même temps contribue à l’atmosphère si particulière de la vieille ville.

Pas une maison qui n’ait son balcon: les habitants ont choisi soit la fantaisie du fer forgé, la prestance de la pierre ou la noblesse tout en simplicité du bois. Ils donnent tout son cachet à la ville… Néanmoins, je regarde quand même d’un œil suspect certains balcons mal en point, me demandant s’ils ne vont pas me tomber sur la tête. Première étape: La Place de la Liberté! Un point de référence qui deviendra crucial dans mon orientation et qui est un peu le centre non-officiel de la ville. Sur une colonne, un Saint-Georges doré chevauche fièrement un fougueux destrier et donne l’estocade au dragon… Saint-Georges est non seulement le patron du pays (même si apparemment, il n’aurait rien à voir dans le nom “Géorgie”, d’autant plus qu’en géorgien, le pays s’appelle Sakartvelo, celui où parle la langue du pays) mais en plus, il donne le patronyme le plus utilisé: Giorgi (je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu ce prénom). C’est là aussi que je vais me rendre compte que Tbilissi n’est qu’une suite ininterrompue de travaux! La poussière: voilà un autre élément qui restera indélébile quand je penserai à Tbilissi!

Tbilisi

Pour le moment, je laisse la Place de la liberté et m’engage sur Rustaveli, l’avenue la plus classe de la ville, celle où se trouvent les bâtiments publics les plus import importants: le Parlement, différentes division du Musée National Géorgien, le Théâtre Rustaveli, l’Eglise Kashveli… Des bars et des restaurants la bordent, peut-être un peu trop bruyants à cause du trafic? En soi, rien de bien particuliers pourtant. Cette avenue aux bâtiments classiques s’étire jusqu’à une belle place où se trouvent une station de métro et la Place de la Révolution des Roses, celle qui a mis l’actuel président Saakatchvili au pouvoir et qui marqua, du moins symboliquement, la coupure avec l’héritage communiste. Une fontaine, de jolis cafés où il doit faire bon prendre le soleil… et je réalise d’ailleurs que j’ai faim et m’arrête à un petit restaurant. Une jeune fille au large sourire et aux ongles “rose shocking” me tend le menu… Pas envie de katchapuri, cet en-cas typiquement géorgien qui ressemble un peu à une pizza au fromage. Je commande un ragoût d’agneau… De quoi me caler l’estomac pour l’ascension du Mont Mtatsminda, du moins la moitié jusqu’à l’église Mamadaviti. Tout en haut, c’est la tour de la télé géorgienne qui surplombe toute la ville et le premier monument aperçu la nuit de mon arrivée. Impossible de la manquer alors qu’elle scintille dans la nuit comme un arbre de Noël! Je commence à monter… Heureusement, des nuages d’orage de chaleur sont venus voiler le soleil et me donner un peu de répit. Je vais vite découvrir qu’à Tbilissi, il faut de bonnes jambes et du souffle! Construite sur les collines qui entourent la rivière, les rues montent et descendent selon l’orographie. J’arrive enfin à l’église. Elle n’est pas particulièrement vieille mais de là-haut, la vue est imprenable! J’essaie un peu de me repérer… La en bas, Rustaveli, en face, la cathédrale de Sameba, à ma droite, la Forteresse de Narikala que j’ai prévu de voir demain. A côté de l’église, c’est le Panthéon des écrivains géorgiens… De grands noms de la littérature, inconnus pour moi malheureusement, sont enterrés ici sous des tombes monumentales et belles. Il y a pire endroit pour le repos éternel que d’être abrité sous les cyprès et avoir la capitale à ses pieds!

Tbilisi

Des bruits de voix me font me retourner… Un petit groupe suivi de plusieurs popes sortent de l’église. Une jeune femme tient un bébé tout habillé de blanc. C”est donc est baptême. On se sert les mains, on prend des photos pour immortaliser ce qui doit être un grand jour… Le plus âgé des popes, et celui qui a l’air le moins sévère, s’éloigne vers la grille de l’église. Il faut dire qu’avec leurs habits noirs, leurs longues barbes toutes aussi noires et leurs regards sérieux, les popes sont impressionnants et imposent un certain respect. Le gris de cheveux du vieux pope vient un peu adoucir cette prestance un peu farouche. Aux portes de chaque églises, il y a des mendiants, souvent de vieilles femmes, souvent veuves, qui demandent une aumône que bien peu leur refuse. Le pope se dirige vers la plus âgée et lui donne son bras pour qu’elle se lève. Il veut lui parler. Et tout doucement, comme on fait aux enfants, je le vois caresser doucement la joue ridée de la vieille femme et comme par ma magie, un sourire de presque béatitude apparait sur ses lèvres. Le mystère de cette conversation restera entre ces deux vieillards!
Émue, je prends quelques minutes pour contempler le paysage puis amorce la descente.

Tbilisi

Le soir commence à tomber… En y allant au pif, je rejoins le pont Metekhi pour passer de l’autre côté de la rivière. Les nuages sont presque tous partis et l’eau prend la couleur du ciel. Parallèle au vieux pont, il y a l’un des symboles du nouveau Tbilissi, le Bridge of Peace, un grand monument de verre qui ressemble à une anguille et dont les milliers de LEDs forment des vagues lumineuses sur ses flancs… Avant de l’emprunter, je parcours le parc de Rike. Non encore achevé, ce parc est là pour montrer la vitalité de la capitale de Géorgie, son envie de neuf. Je m’assieds sur un galet géant et observe les badauds. Il y a du monde pour un lundi! Demain, c’est le premier mai. Les Géorgiens seraient-ils aussi en congé demain ? (réponse: non! Les Géorgiens travaillent et beaucoup, même s’ils ont toujours l’air d’être en vacances). Une musique retentit: ce sont les fontaines musicales qui démarrent… Un peu plus loin, un piano géant, stylisé, dont la scénographie n’est pas encore complète et des morceaux de parc encore en construction. Cela renforce mon impression d’être arrivée au beau milieu d’une période de transition… Je repense à la vieille ville où je loge, rongée par l’abandon et oubliée. Quand je traverse ce pont de rêve, auréolée par les mouvements lumineux de ses loupiottes, je me demande ce qu’il en sera d’ici quelques temps.

Les photos de cette première journée sont disponibles sur Flickr!

Tbilisi

Le Méridien s'offre une nouvelle première impression!
Weekend Blog Awards : Mel Loves Travels récompensé!




  1. Voyage Perou
    le 25.11.2014

    Intéressant! Justement la Géorgie, c’est un pays qui m’évoque peu d’images. Pas que ça ne m’intéresse pas, mais on n’en entend simplement pas (peu) parler. Touchant moment entre le pope et la vieille dame :)

  2. Catherine
    le 25.11.2014

    Une destination qui me tente bien !

  3. Melissa
    le 25.11.2014

    Oui… en effet… La dernière fois qu’on a entendu parlé de la Géorgie, c’est en 2008 pendant la guerre éclair avec la Russie. C’est un âys qui mérite plus que l’attention sur ses malheurs. J’espère que je réussirai à vous le montrer au fur et à mesure des articles.

  4. Melissa
    le 25.11.2014

    Ah oui… et elle le vaut bien, tu verras!

  5. LaurentDeBangkok
    le 25.11.2014

    En même temps que je lisais ton article, je me disais que j’avais entendu parlé de la Géorgie, mais sans pouvoir me rappeler où?
    Mais effectivement c’était lors de cette guerre éclair.
    Tu fais bien d’écrire sur ce pays, il mérite comme d’autres d’être connu autrement que pour des faits d’armes…!

  6. Istanbul
    le 25.11.2014

    Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller en Géorgie, peut-être parce qu’on n’entend pas assez parler d’elle d’un point de vue touristique.

    Au regard de ce récit, ce pays commence réellement à devenir une destination intéressante.
    Merci pour cet article.

  7. Melissa
    le 25.11.2014

    Tu l’as dit, Laurent… Et je pense aussi que les Géorgiens ont soif de s’affranchir de tout çà!

  8. Melissa
    le 25.11.2014

    En plus, pas très loin de la Turquie! La porte à côté, littéralement. Ca vaut le coup de faire ce petit bout de route!

  9. Destination ailleurs : quand le blog passe sur les ondes de la RTBF - Mel Loves Travels
    le 25.11.2014

    […] faut savoir sur le pays. On démarre en douceur, avec les premières impressions de Tbilissi, la découverte de la ville, suivi par ma rencontre avec Alexander, les escapades de toute beauté dans le Caucase, […]

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