- Tbilissi , Géorgie -

May 2012

Epopée en Géorgie : forteresse et dépendances à Tbilissi

Le soleil filtre doucement à travers l volet et le trafic matinal se fait symphonie de mon lever. Ce n’est pourtant pas celà qui m’a réveillé mais bien les chants de mes “co-locataires”. Hier soir en rentrant, j’ai eu la bonne surprise de voir que je partagerai l’appartement avec deux jeunes Azéris apparemment de fort belle humeur! Je me suis déjà réveillée au son du canon (histoire vraie!) mais jamais par quelqu’un qui chante… et ces deux là ne se débrouillent pas mal! Je me dépêche de m’habiller pour les rejoindre et prendre mon petit déjeuner. Tous les deux sont vidéastes et sont à Tbilissi pour filmer une partie d’un documentaire sur l’indépendance de l’Azerbaïdjan. Je les regarde d’un air interrogateur:

“Et vous avez dû venir en Géorgie pour çà?

– Oui, la première indépendance de l’Azerbaïdjan a été proclamée à Tbilissi!

C’est là que j’apprends le projet avorté d’une fédération trans-caucasienne entre la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Mais aussi que j’ai une idée de la haine (là, j’utilise le mot à bon escient tant les mots étaient durs) qui existe entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie qui se disputent le Haut-Kharabag , de l’esprit conquérant et fier de ce pays. “On a plus une seule base russe chez nous, me disent-ils, et avec le gaz et le pétrole, Baku est en train d’exploser!” “-Et les relations avec la Géorgie?” -“Bonnes, on leur donne tout! Le pétrole, le gaz, des denrées (là, sachant que la Géorgie est un grand pays agricole et fertile, j’ai du mal à croire que cela ait beaucoup d’importance mais passons). “- Et qu’est-ce que vous recevez en échange ?”
Là, le plus jeune des deux, un garçon au visage angélique prend soudain un sourire carnassier et me répond : “De l’argent… et l’amitié, pour ce que ça vaut.” Le cynisme sorti de la bouche de ce jeune homme aux airs d’enfant de chœur me coupe le souffle.
Je pense que je n’ai pas fini de visiter cette partie du monde !

Tbilisi: Narikala Fortress

Mais l’heure tourne et il est temps de me mettre en route. J’ai prévu deux jours à Tbilissi et il faut que je visite le plus possible. Il est déjà 11 heures quand je prends la direction de la Forteresse de Narikala. Perchée sur une colline escarpée qui surveille une boucle de la rivière, c’est une des icônes de la ville de Tbilissi. Cette forteresse est très ancienne. Les première traces datent du IVe siècle et a été agrandie et reconstruite tout le long de son histoire, jusqu’à sa forme actuelle datant du XVI-XVIIe siècle. Endommagée par un tremblement de terre, et probablement rendue obsolète par l’arrivée des techniques de guerre modernes, elle n’a plus été reconstruite. Pour y arriver: deux moyens: soit prendre un téléférique dont le point de départ se trouve au Parc Rike (mais qui ne semble pas être en service en permanence) soit monter par soi même… mais pour trouver le chemin exact, bonne chance! Tout le quartier à flanc de colline est en cours de construction/rénovation. Il semble que cela deviendra vite un endroit prisé! Il parait aussi que toute une promenade est en cours de construction depuis le vieux quartier de la Place Bethléem (par où on peut également accéder à la colline)… Qui sait quand il sera prêt!

Je me perds dans les petites rues, arrive à un cul de sac, redescend, reprend une autre rue, monte en soufflant (il faut un peu de poumons et de bonnes jambes pour atteindre le but) et finalement, j’arrive aux portes de la forteresse! Une église dédiée à Saint-Nicolas en marque l’entrée mais ce ne sera pas mon centre d’intérêt premier. Avant d’explorer le terrain, je trouve le sentier qui mène vers la sculpture monumentale de Kartlis Deda, la Mère de la Kartlie, la région où se trouve Tbilissi. Figure emblématique de femme en costume traditionnel, elle tient un bol de vin dans la main gauche pour accueillir les amis et une épée dans la main droite pour se défendre des ennemis, mais baissée, devant elle, sans agressivité. Juste parée au cas où. On voit ‘Deda” de loin, où que l’on soit dans le centre de Tbilissi! Maintenant que je suis à ses pieds, elle est encore plus impressionnante! Avant d’arriver au pied du monument, je tombe sur cette maison délabrée… “propriété du gouvernement hellénique”… Ô cruelle ironie!

Tbilisi: Narikala Fortress

De retour à la forteresse, c’est comme être sur un maxi terrain de jeu, d’ailleurs, une classe d’enfants en excursion a bien envie de s’y défouler! C’est sans compter l’autorité de la maîtresse qui cornaque tout son petit monde vers la sortie!  On dirait que l’autorité à l’ancienne est le mode de fonctionnement à l’école. Bientôt, je me retrouve seule avec une paire de touristes et un grand-père et sa petite-fille. Les ruines de la forteresse appellent à l’escalade pour avoir les meilleurs points de vue, de tourelles en belvédères, en chemins de ronde. Je découvre un panorama différend de la veille, un autre angle… et derrière la forteresse, le jardin botanique que j’irai visiter tout à l’heure.

Tbilisi: Narikala Fortress

C’est aussi ici que j’observe la sollicitude des Géorgiens. Pas rassuré à mon sujet, je vois le grand-père qui me jette des regards de temps-en-temps pour vérifier que je n’ai pas difficulté à descendre de mes perchoirs et se précipite même pour me tendre une main secourable quand il pense que je vais choir dans une descente. La visite achevée, je redescends pour une petite pause déjeuner… et découvrir mon premier vin géorgien: le saperavi! Un vin rouge sombre et le plus répandu dans le pays, tannique comme j’aime et assez capiteux. Je sais déjà ce que je vais ramener dans mes valises!

Tbilisi Bathhouses

Reposée et repue, je me remets en route pour passer donner un coup d’œil au quartier des bains. Je me renseigne: les bains sont ouverts jusqu’à minuit, chouette! De quoi me détendre après une longue journée de visite mais pour le moment, je me dirige vers le jardin botanique. Après m’être acquittée du prix d’entrée (1 lari et apparemment, les gardiens ne sont pas très regardants), je prends l’un des sentiers. Et comme partout ailleurs, le jardin botanique est en travaux! Du moins son entrée. C’est qu’il a été laissé plus ou moins à l’abandon pendant toutes ces années et à plus l’air d’une forêt sauvage que d’un conservatoire de plantes et d’arbres! Il faut s’enfoncer bien loin dans le jardin pour enfin ne plus entendre le bruit des marteaux piqueurs et trouver la sérénité, profiter du bruit du vent dans les feuilles et faire siffler les oiseaux… Seul point noir, et ce sera une constatation récurrente pendant tout le voyage: la conscience écologiste n’a pas encore atteint la Géorgie. Les sentiers sont jonchés de déchets: sacs, cigarettes, bouteilles en verre et en plastique. Les moyens étant maigres pour le nettoyage, ils restent là et le cœur se serre.

On pourrait facilement se perdre dans ce royaume vert, des petits chemins passant un peu partout et invitant le curieux à les emprunter. Je me laisse guider par mon envie,  longeant un affluant de la Koura qui passe au travers du jardin.

Tbilisi Botanical Garden

Le sentier descend doucement vers la berge et là, surprise! Au bout d’une piscine naturelle: une jolie cascade. Pour l’atteindre, il faut traverser la rivière, très peu profonde et sauter d’une pierre à l’autre pour atteindre l’autre rive. Une bande d’ados en goguette est déjà là et je suis mise à contribution pour immortaliser leur balade. Les voilà qui se décident de s’approcher de la cascade! Je regarde la manœuvre avec intérêt, surtout l’une des jeunes filles en robe moulante qui semble bien instable sur ses chaussures à semelles compensées! Tombera? Tombera pas? Finalement, pas! Je suis presque déçue. Je prends quelques clichés pour eux et les laisse partir afin de profiter de la cascade seule. Le bruit et le mouvement de l’eau m’hypnotisent littéralement. De temps en temps, je jette un regard vers le haut et le pont qui surplombe le haut de la cascade. Je fais quelques petits signes aux gens qui passent… puis décide à me lever et reprends ma promenade.

Tbilisi Botanical Garden

De l’autre côté de la rivière, il semble que le jardin soit plus ordonné. Une longue promenade bordées de cyprès mène vers de petits plate-bandes de fleurs, de plantes aromatiques et des serres envahies par les aubépines et les rosiers grimpants. Je quitte à regret le Jardin botanique, retrouvant le bruit des pelleteuses et des voitures du grand boulevard qui borde la Koura. Il est déjà 17 heures et j’ai juste le temps de passer à l’auberge pour me changer, chercher quelques affaires et retourner aux bains pour tester ce qui promet d’être une expérience unique. Tellement unique que ça mérite son propre billet…

A suivre!!! ;D

Ressources:

Narikala sur le site de la ville de Tbilissi

– Jardin botanique sur le site de la ville de Tbilissi

– Ballades à travers Tbilissi sur le site Georgia.Travel

Set Flickr du Jour 2 à Tbilissi





  1. Lucie
    le 15.12.2017

    On sent que tu as vraiment bien aimé, tu comptes y retourner bientôt?

  2. Melissa
    le 15.12.2017

    Oui, Lucie… J’ai vraiment aimé. Un bon coup de coeur pour ce pays. J’espère que ça passera encore plus au fur-et-à-mesure que je vous raconte mon petit périple. Ce n’est que le début.

  3. Blog Bouts Du Monde
    le 15.12.2017

    Je dois aller en Géorgie cet été ! Je suis avec intérêt toutes tes escapades et descriptions, ça me servira pour organiser mon propre voyage ! Merci pour toutes ces bonnes idées et ces bonnes adresses !

  4. Melissa
    le 15.12.2017

    WHOUHOUUUU!!! J’espère que tu y trouveras plein d’infos… Je prévois un article avec toutes les bonnes adresses mais si tu ne veux pas attendre, n’hésite pas à me contacter, tu auras l’exclusivité. 😉

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