(Republic) of Georgia on my Mind : L’art du bain

Tbilisi Bathhouses

Légère et court vêtue, j’arrive à Abanotubani, le quartier des bains de Tbilissi. Connue depuis l’antiquité pour ses sources d’eaux sulfureuses, les Bains sont un peu un rite de passage pour tout visiteur!

En un clin d’œil, on a l’impression de quitter l’Europe pour l’Asie! Sommes-nous en Iran ou en Ouzbékistan? On pourrait presque le croire en admirant la façade bleue et mosaïquée des bains Orbeliani avec la silhouette du minaret de la mosquée juste derrière! Fréquentés par Dumas et Pouchkine, ils sont malheureusement fermés pour rénovation. Je me dirige alors vers les “Royal Bath”, les bains souterrains dont les coupoles semblent de petites ruches à peine émergées de terre!

Je rentre… Mes yeux essaient de s’habituer à la pénombre… Dans une salle couverte de mosaïques bleues, trois matrones apparemment russes me regardent entrer sans broncher. Toutes les trois ont les yeux rivés sur la télé. S’apercevant que je suis une cliente potentielle, j’ai droit à un petit sourire et puisque je suis là, je prends un massage! Tant qu’à essayer, autant faire les choses à fond!

Pour 70 Lari, j’ai droit à une chambre et une piscine privée pour une heure, un thé ou de l’eau… La dame de l’entrée me fait comprendre que dois faire trempette pendant 15-20 minutes puis, la masseuse sera là!  Elle ouvre la porte sur une immense salle verte avec de confortables divans rien que pour moi! Juste à côté, c’est le bain proprement dit. Là, là salle est carrelée de blanc. Je me déshabille (il faut se mettre complètement nue) et entre dans le bain: l’odeur caractéristique du souffre et la moiteur m’assaillent. Je mets un pied dans l’eau. C’est chaud… Très chaud. Je laisse le temps à mon corps de s’habituer à la température de l’eau et me glisse enfin dans l’eau. Cinq minutes après avoir pataugé, je sens déjà les effets du souffre sur la peau… Plus douce déjà… Je nage, je prends une douche froide, je retourne dans la piscine et alors que je laissais la détente m’envahir , la porte s’ouvre sur une imposante cinquantenaire rousse, matériel sous le bras, qui me fait signe de sortit de là. Elle me demande si je parle Géorgien. “Ara!” Ruski? “Niet!” dis-je en faisant la moue. Je dois avoir eu l’air comique car elle rit en prononçant quelque chose d’incompréhensible puis me fait signe de venir sur la “table de massage” qui n’est autre qu’un simple  banc de marbre. Elle me fait m’asseoir puis prend un de mes bras. gant de crin en main, la voilà qui commence à me décaper la peau. Un bras, puis l’autre. Elle m’allonge sur le ventre et c’est tout mon côté pile qui est à son tour raclée. Je n’ai pas le temps de dire ‘OUF’ qu’un seau d’eau chaude est rapidement versé sur mon dos pour chasser les peaux mortes.Je suis ensuite savonnée, massée grossièrement puis retournée comme une crêpe. La masseuse reprend son gant et c’est reparti pour un tour! Seules les parties les plus intimes sont négligées. Je me laisse faire sans broncher… La sensation de la circulation activée sous ma peau et le contraste avec la chaleur humide et émolliente de la pièce est très agréable. J’ai à peine le temps d’en profiter que me voilà aspergée par un autre seau d’eau chaude. Côté face, c’est plus sensible! Je suis à nouveau savonnée presque complètement, rincée, massée jusqu’aux doigts… La dame me fait signe de me lever et de vite retourner dans la piscine d’eau chaude pour me relaxer… en guise d’au revoir, j’ai droit à petite tape amicale sur les fesses, du même genre que l’on fait quand on veut flatter un animal. Sans doute une marque d’appréciation pour ma docilité?

Après un dernier aller-retour douche froide/eau chaude, je suis dans un état de relaxation optimal! Il ne manque plus qu’un sauna pour que ce soit parfait! Je prends mon temps avant de me rhabiller, je reste emballée dans mon essuie, affalée dans le divan avec un peu de lecture et sirotant ma bouteille d’eau… Quand je me décide à sortir, je demande à emprunter un sèche-cheveu et une foi l’opération terminée, viens m’asseoir un moment à la réception des bains. C’est à peine si on me remarque. Je comprends vite pourquoi en découvrant la passion des ménagères géorgiennes : les Telenovelas mexicaines. Aussi fascinée que les responsables des bains le sont par leur série préférée, je les observe.  Par dessus le dialogue en espagnol, les voix monocordes doublent en géorgien une intrigue qui semble rebondir toutes les cinq minutes. Sans quitter l’écran des yeux, les téléspectatrices font apparemment des commentaires sur les personnages… J’attends la fin de l’épisode avant de m’éclipser.

Pendant cette petite séance de soin de moi, j’ai pris une décision: je reste à Tbilissi deux jours de plus, histoire de faire une excursion à Mtskheta et Gori…

J’avais déjà compris que j’étais envoûtée!

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8 Responses so far.

  1. easylechaton says:

    Un rêve devenu réalité… super voyage
    easylechaton Articles récents..L’homme en bleu…My Profile

  2. Ils ot l'air bien beaux ces bains…

    • Melissa says:

      Les Royal baths sont très chouette mais quand j’y retournerai (j’espère), je compte bien tester les bains Orbaliani! Le bâtimnt est tellement joli!

  3. Avec un article comme ça, tu prêches un convaincu des massages et autres spas…! ;-)
    LaurentDeBangkok Articles récents..L’ouragan Lady Gaga a déferlé sur BangkokMy Profile

  4. NowMadNow says:

    J’aime beaucoup les pays qui ont su développer une culture du bain. Ton article me ramène à mon enfance à Budapest avec les thermes, lieu de détente et de socialisation, de jeux pour les plus jeunes.

    NowMadNow

    • Melissa says:

      Oui… dommage d’ailleurs que le bain public était fermé… J’aurai préféré cela à une séance privée (même si c’était très agréable), même si je n’aurai quasi rien compris à ce qui se racontait. Juste partager un peu du quotidien des gens, c’est déjà çà!

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