- Bruges , Belgique -

May 2016

24 heures à Bruges : 2ème partie

Allez, hop... Il fait beau dehors, ne traînons pas! 😉 #martinshotels #visitbruges #foodporn

Une photo publiée par Melissa M. (@mellovestravels) le

Les cloches de la cathédrale carillonnent joyeusement et moi, je grogne. On ne peut pas dire que je sois du matin le week-end. J'aimerai me prélasser encore plus longtemps dans ce lit doux comme une montagne de crème Chantilly mais il y a tant à voir et à faire encore à Bruges. Je vais vite retrouver mon sourire en ouvrant le velux : la drache de la veille a lavé le ciel, laissant la place à un immense ciel bleu... c'est donc ragaillardie que je rejoins la salle des petits-déjeuner. Ca finit de me mettre en joie : toute baignée de lumière, la salle des petits-déjeuner du Martin's Brugge est immense. Et le buffet, à vue de nez considérable. Je vois même quelques tables où on sirote du champagne (en supplément). On m'indique une table, m'installe des couverts et je vais me servir une assiette gargantuesque : pain, viennoiserie, charcuterie, confiture, fruits et yaourt. Je ne lésine pas sur le petit-déjeuner ! Surtout que je ne ferai pas de pause avant d'arriver à mon but ultime de la journée : le musée de la frite.

C'est donc sur des pavés luisants au soleil que je vais commencer ma promenade. Mes pas me ramènent le long du Dijver. Le petit marché est de retour évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ? Le dimanche, c'est le jour des visiteurs et Bruges vit par le tourisme. Je me rappelle les mots de Miguel, le « capitaine » de la barque dans laquelle nous naviguions. « Bruges était la ville la plus riche du monde, puis la plus pauvre, plus maintenant, on est de nouveau riche ». Et c'est ce rapide déclin de Bruges, avec l'ensablement du Zwin et la chute du cours de la laine de mouton, qui va créer en sorte les conditions de sa renaissance. Alors que des villes comme Gand et Anvers prospéraient et élevaient de nouvelles habitations, Bruges était trop démunie pour le faire et a gardé ses maisons comme figées depuis cette brusque chute. Et quand le tourisme s'est développé, cela a plût, charmé... Bruges est devenue célèbre pour sa beauté et il n'y a pas un touriste de passage en Belgique qui ne souhaite visiter cette ville. Et ce dimanche, des touristes, il y en a.

Premier petit arrêt, le musée Frank Brangdwyn Arenthuis, à deux pas du Gruuthusemuseum. La petite cours du musée est vraiment charmante et offre un point de vue sur de jolie maison à façade en bois. Le Gruuthusemuseum quand à lui, est en réfection. On passe ensuite sur un coin de l'église Notre-Dame, que j'irai saluer plus tard avant d'atteindre le complexe du Oud Sint-Janshospitaal, un des plus vieux hôpitaux d'Europe qui a encore rempli ses fonctions depuis le Xième siècle jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Miguel-le-capitaine y est né, et sur Facebook, Mike, un ami, me signale qu'il y aussi poussé ses premiers cris. Bref, des générations et des générations de Brugeois y ont trouvé la vie, le repos, la guérison, et quelque fois la mort. Mais finalement,en 1977, les installations sont jugées trop vétustes et l'hôpital est fermé, puis rénové pour devenir un centre de conférence mais aussi d'expositions. Dans la chapelle, ont trouvera le Musée Memling, dédié au peintre primitif flamand. Dans une autre partie du site, c'est l'XPo Center qui y est installé avec plus de 300 oeuvres de Picasso et des expos temporaires. Le temps m'étant compté, je laisse çà de côté pour me diriger du côté du béguinage, non sans jeter un coup d’œil a ce qui doit être une des plus agréables terrasse de la ville, B-In, malheureusement fermée. Revasser en regardant passer les cygnes, ce sera pour une autre fois!

A partir de là, on entre dans un des plus charmants coins de la ville... la petite Walplein avec ses terrasses et ses petits resto sont une tentation à s'asseoir au soleil, entourés de maisons plusieurs fois centenaires. C'est comme si on dînait dans un décor de conte de fées ! Un peu plus loin, la placette qui donne sur le pont qui mène au Béguinage n'est pas moins jolie, et posée en bords de canal... mais c'est en franchissant le petit pont que je vais être mille fois éblouie !

J'ai déjà parlé des béguines, ces pieuses femmes qui vivaient en communautés et qui par la force du nombre avait réussi à créer une vraie force économique et politique dans un monde où les femmes n'avait pas tellement de place. Entrer dans le Béguinage, c'est un peu comme entrer dans un monde parallèle. L'endroit est clos. On y entre par une petite porte, seule ouverture dans le haut mur qui entoure le béguinage de ce côté là et BAM : c'est l'éblouissement. Au milieu des arbres du Béguinage Ten Wijngaerde, des centaines de narcisses et de jonquilles sont en fleurs ! Un spectacle féérique sous le soleil de la fin de la matinée ! Sur un tapis vert tendre de début de printemps, plein de taches jaunes, oranges et crèmes y sont dispersées pour l'illuminer. C'est presque trop joli pour être vrai et tout le monde crie silencieusement de joie... car si les Béguines n'existent plus, ce sont des Soeurs bénédictines qui habitent à présent les lieux, calme et silence sont donc de rigueurs. Lectrice, Lecteur, ceci sera mon conseil ultime : si tu viens à Bruges, vient au début avril, saison où les narcisses fleurissent.

Ce sont d'autres cieux qui m'attendent, à deux minutes de marche du béguinage. Des cieux nocturnes où trône une demi-lune depuis des décennies : ceux de la brasserie Halve Maan.

Lune de bière

Jusque l'année dernière et l'arrivée de la brasserie Bourgogne des Flandres, Halve Maan (Demi-lune) était la seule et unique brasserie autorisée dans le centre de Bruges et bonheur, on peut la visiter ! Il ne faudra pas pousser votre blogueuse, TRES amatrice de bière, pour qu'elle aille acheter son ticket. Pour faire bonne mesure, je prends le tour en néerlandais, histoire de me faire un peu d'exercice. Il y a un contraste étonnant entre le bâtiment historique et l'équipement ultra-moderne de la brasserie... bien plus moderne que la brasserie Het Anker que j'avais visité à Malines. C'est donc ici qu'est brassée LA bière de Bruges, la « Brugse Zot » (le fou de Bruges).

La légendes des Fous de Bruges
Nous sommes en 1482, Marie de Bourgogne, duchesse et souveraine des Pays-Bas méridionaux, meurt a 25 ans à peine à Bruges. C'est son mari, Maximilien d'Autriche, qui sera régent à sa place, un régent ombrageux et moins regardant sur les libertés accordées à la ville de Bruges (et pas que). En 1488, lors d'une visite à la ville, Maximilien se voit même pris en otage pendant 4 mois ! Une fois libéré, Maximilien réservera aux Brugeois un chien de leur chienne : plus de foires ni de marché ne seront autorisés. Pour essayer de contourner l'interdiction, la ville décide d'organiser une fête pour Maximilien, en signe de réconciliation. Ils en profitent pour lui demander l'autorisation de construire un asile d’aliénés à l'intérieur de la ville. Maximilien répondra railleusement : « Fermez les portes de la ville et vous l'aurez, votre maison de fous ! ». Cette moquerie, les Brugeois en feront leur surnom collectifs de « Brugse zotten », fous de Bruges.

Entre les différentes variation et de la Brugse Zot et de la Straffe Hendrik (il y a même une quadruple), mon cœur balance mais le plus joli secret de cette visite, c'est l'accès sur le toit de la brasserie pour une vue à 360 degrés sur les toits de Bruges ! Rien que cela vaut les 8,5 Euros de la visite. Et pour terminer le tout, je sirote une dégustation de Brugse Zot, incluse dans le prix de la visite, dans le café-restaurant de la brasserie. Ici, vous avez le choix : soit y manger, soit poursuivre votre chemin vers de nouveaux horizons : l'église Notre-Dame.

Michel-Angelo in Da Place

Plus encore que la Basilique du Saint-Sang, c'est l'église Notre -Dame / Onze-Lieve-Vrouw, qui attire le touriste et pour cause : c'est dans cette splendide église gothique que l'on trouvera une rareté : une sculpture de Michel-Ange sortie d'Italie du vivant de son auteur. Pour pouvoir la voir, il faudra s'acquitter d'un prix d'entrée pour accéder à la patrie « patrimoniale » de l'église (il faut bien entretenir tout çà). Quand je me trouve enfin devant, elle me fait l'effet « Manneken Pis » : c'est-à-dire qu'elle est beaucoup plus petite en réalité... La Madone à l'enfant est une oeuvre de jeunesse et représente une jeune et gracieuse Vierge qui regarde pensivement son fils, un bambin-Jésus bien joufflu à peine soutenu par sa mère, et qui semble déjà vouloir s'aventurer dans le monde et accomplir son destin. Acheté par les frères Mouscron, Jean et Alexandre, deux riches marchands de tissus, la statue a été volée deux fois : une fois pendant la révolution française et une autre fois par les Nazis, avant de retrouver son siège à Bruges.

Ce n'est pas la seule oeuvre à admirer à Notre-Dame : on y trouve outre des peintures, les gisants du Duc de Bourgogne : Charles le Téméraire et de sa fille Marie, dernière des Bourgogne à régner sur les Pays-Bas avant qu'ils ne passe aux Habsbourg d'Espagne. Deux magnifiques gisants de bronze représentants les deux décédés dans une attitude sereine et pieuse, tous les deux avec des lévriers, chiens royaux, à leurs pieds.

Nous continuons vers le cœur de la ville : le Markt. Littéralement, le marché, la place de centrale (et sans doute la plus grande), de Bruges. Dominée par le beffroi, symbole des libertés de la ville. Un drôle de beffroi sans « clocher », qui fut reconstruit plusieurs fois mais qu'on laissât finalement tomber après le énième désastre, elle est bordée de magnifiques demeures colorées, célébrant la gloire er la richesse des corporations de Bruges. En lieu de marché ce dimanche, c'est plutôt la kermesse qui s'y passe. Je slalome entre les stands de pêche aux canard, palais des glaces et auto-scooters pour découvrir les maisons plus en détails, trouver le point de vue idéal pour une photo... Ce sera mon estomac qui finira par me tirer de ma transe photographique : j'ai faim. Très faim. Il est près de 15 heures et il est temps que j'arrive à la conclusion de ma promenade brugeoise : le Musée de la frite.

Un musée qui a la patate

Finalement, je me demande si ce musée ne fait pas tout l'intérêt de ce billet lectrice, lecteur. Je ne m'attendais pas à trouver un musée aussi insolite dans une ville si propre sur elle. Il fallait bien que cette grande bourgeoise qui rêve de sa splendeur perdue aie une petite faille, un petit côté « sot-sot ». Nous sommes en Belgique, après tout et tout le monde a un petit grain ! Et c'est donc sur le Musée de le Frite que je suis tombée. Tout d'abords, on déambule dans un parcours historique ; des tubercules andins consommés par des générations de civilisation pré-colombienne, à son adoption par les Européens puis son ascension comme aliment-phare dans le monde et même d'objet de pop-culture, le tout guidé par une frite nommé Mimi. Ouais.

La deuxième partie s'attache à ce qui fait que la frite soit tout un art en Belgique ! Les « pommes-frites- seraient nés sur les bords de la Meuse du côté de Namur. Les habitants ayant pour habitude de manger des petits frits, lors d'un hiver particulièrement rigoureux, impossible de percer la glace pour pêcher ! Pour faire mauvaise fortune bon coeur, on décidât alors de couper les patates en forme de poissons, puis de les cuire : c'est ainsi que serait né le culte de la frite en Belgique, même si rien n'est moins sûr. Ce qui est certains, c'est que vous découvrirez les secrets de la cuisson de frites parfaites (la recette traditionnelle des frites belges de la graisse de bœuf ET de la graisse de cheval, laissez passer un peu de temps avant une prise de sang pour un contrôle du cholestérol) mais aussi, la recette de la reine des sauces de baraque à frites : la sauce andalouse (dont on ne sait pourquoi on l'appelle comme çà). Le musée est particulièrement bien foutu pour les enfants qui pourront s'amuser, répondre à des questions posées par Mimi-la-frite et s'amuser dans un vrai fritkot avec tous les accessoires... avant de descendre au sous-sol pour retrouver le snack du musée qui évidemment, préparent des frites de compétitions ! Je n'ai plus qu'à savourer, longuement...et savourer et profiter, c'est une leçon que l'on apprend vite de cette Bourguignonne de Bruges !

Cet article a été réalisé grâce à la collaboration de Martin's Hotels et Martin's Brugge mais les opinions de l'auteure lui restent propres, malgré le nounours fourni pour dormir. 
Ma musique du départ #34 : Tive Razão
#MelDoesSvalbard : le jour où j'ai fait du chiens de traîneau près du Pôle Nord




  1. serenity
    le 23.07.2017

    je ne connaissais pas le musée de la frite!, c’est vrai que c’est insolite mais intéressant, j’espère avoir l’occasion de le visiter un jour 🙂
    jolies photos aupassage 😉

  2. Melissa
    le 23.07.2017

    Merci Serenity! C’est plutôt comique de tomber sur un musée plutôt rigolo dans une ville qui a une image un peu “sérieuse” de ville d’art. Mais c’est super intéressant, franchement. On sort un peu plus instruits sur la patate. 😉

  3. Janine
    le 23.07.2017

    Cela m’a fait plaisir de voyager à travers vos yeux. Bruges est la ville natale de mon grand-père et c’est une ville que je ne me lasse pas de visiter chaque fois que c’est possible.

  4. Melissa
    le 23.07.2017

    Merci Janine, votre grand-père a eu de la chance de vivre dabs ces belles pierres! Il est aussi né au Sint-Janshospitaal ?

  5. Janine
    le 23.07.2017

    Non je pense plutôt à la maison comme cela se faisait dans les années 1880.

  6. Beaune : de charité et de vignes - Mel Loves Travels
    le 23.07.2017

    […] de Paris mais aussi des Flandres (les hospices de Beaune sont d’ailleurs jumelés avec le Oud Sint-Jan de Bruges). En plus d’une rente, Nicolas Rolin y adjoignit des vignes pour que les Sœurs […]