- Albi , France -

September 2015

Balade photo à Albi, la belle cathare

A l’époque où Jean Sans Terre,
D’Angleterre était le roi
Dominique notre père,
Combattit les Albigeois.Dominique, Soeur Sourire

Eh oui… tout le monde connaît un peu Albi ! Petite (j’allais à l’école catholique, Sœur Sourire n’avait pas manqué de faire une brève apparition dans le cursus); je me demandais ce que ces “Albigeois” avaient bien ou faire pour qu’un saint aille les combattre.  Finalement, comme souvent au Moyen-Âge, c’est une histoire de religion… Ce mouvement chrétien implanté dans le Sud-Ouest de la France et considéré comme hérétique par l’Église catholique, aura été farouchement persécutée mais son système de pensée plutôt mystique et le légende du Trésor perdu des cathares font toujours planer sur la région un parfum de mystère. Albi reste le témoignage de ce passé tumultueux.

Ce que l’on remarque tout de suite en entrant dans la vieille ville d’Albi, ce sont ces briques, oranges, rouges, ocres, qui donne une chaleur au paysage. Le contraste en encore plus violent aujourd’hui : le soleil brille sans partage dans un ciel si pur qu’il est presque bleu marine et le vent d’Autant souffle, chassant la moindre goutte humidité.

Isabelle, la guide, nous promènera à un rythme langoureux, à travers les rues et ruelles de la vieille ville. Au détour d’une rue, quasi l’une à côté de l’autre, on trouve les maisons de deux grands personnages de la ville : La Pérouse, officier de marine et grand explorateur qui disparu lors d’une expédition dans le Pacifique Sud mais surtout, il y a l’Hôtel  du Bosc, la maison  natale d’un personnage qui allait marquer l’histoire de l’art… et de la publicité : Henri de Toulouse-Lautrec. Même s’il partit s’étourdir à Partir, Albi respire son souvenir. Partout en ville, on trouve quelques unes de ses citations les plus spirituelles. Car si Toulouse-Lautrec n’était pas beau, il avait un humour mordant.

Mais revenons au Moyen-Âge… après une ère de tolérance, l’Église catholique lance une croisade contre les cathares. Ils seront exterminés ou convertis et pour bien asseoir la puissance de l’Église, on érige une cathédrale, mais pas n’importe quelle cathédrale : une cathédrale fortifiée. Un monstre rouge et massif  qui domine tout l’horizon d’Albi. Dédiée à Sainte-Cécile, elle impressionne au premier regard mais la vraie surprise est à l’intérieur : alors que je m’attendais à trouver un décor aussi austère que l’extérieur, c’est plutôt une explosion de couleurs que l’on découvre ! Colonnes et pilastres, mur, statues polychromes, tout est peint ! Il n’y a quasi pas d’espace  qui soit laissé vide. Un immense  orgue bleu et doré trône au dessus d’une immense fresque représentant le jugement dernier. A l’intérieur de la nef, le chœur est en cours de rénovation, mais ça n’empêche pas d’en admirer l’extérieur.

L’autre énorme structure de la ville, c’est le Palais de la Berbie. L’ancienne résidence des évêques est tout à côté de la cathédrale (l’évêque pouvait s’y réfugier très rapidement en cas d’attaque) mais les temps se sont adoucis et de résidence militaire, le palais devient plus ‘pacifique”. Depuis une plateforme, on peut apercevoir les superbes jardins du Palais et le Tarn, le fleuve qui traverse Albi… Ses eaux bleus-vertes ont l’air de rire sous le soleil et ça me donne une folle envie d’aller m’y baigner! Mais pour le moment, c’est plutôt un bain de culture qui m’attend !

Le Palais de la Berbie a connu un drôle de tournant… de palais épiscopal, celui-ci est devenu musée…. et pas n’importe lequel : le Musée Toulouse-Lautrec ! Eh oui… l’ancienne demeure ecclésiastique est maintenant gardienne des œuvres d’un viveur qui aimait à fréquenter les danseuses et les prostituées. A l’entrée du Musée, on trouve deux photos. La première est celle d’un mignon bambin. Le petit Henri de Toulouse-Lautrec est bien né, issu d’une famille d’aristocrates et une éducation bourgeoise l’attend. C’est la promesse qui pointe sur la photo de ce petit garçon. Malheureusement, on détecte très vite chez lui une maladie génétique (ses parents étaient cousins germains) qui l’empêche de se développer normalement. Son tronc est de taille normale mais ses jambes sont toutes petites. Ce handicap marquera sa vie. ” Je ne suis ni grand, ni beau”, il remplacera ce qui lui manque par pas mal d’esprit et une créativité débordante.  Mort à 37 ans des suites d’un alcoolisme chronique combiné à la syphilis, il a traversé plusieurs styles, et laisse une foule de peintures, lithographie et d’affiche. Mais si on connait Toulouse-Lautrec, c’est surtout comme un chroniqueur de la vie interlope parisienne.  Il peint les bordels, les cabarets et les guinguettes, dessine des affiches pour des danseuses ou des chanteurs de music-hall, peint des chevaux (en monter lui est interdit)… Au fur et à mesure de la progression dans le musée, on dirait que l’artiste essayait de noyer sa mélancolie et son mal-être dans un bain d’alcool et de fêtes. Mais rien à faire, c’est un gros spleen qui transperce à travers tout çà. Difficile de ne pas être touchée.

Il ne faudra pas moins que le soleil éclatant du Sud-ouest pour chasser tout çà… et histoire de faire court, je te laisse te promener en image Lectrice, Lecteur…. la belle Albi vaut le détour… et vaut mieux te laisser découvrir ses charmes tout(e) seul(e), le nez en l’air au vent d’Autant.

Rejoindre Albi

Le grand aéroport le plus proche est celui de Toulouse-Blagnac.

Pour rejoindre Albi depuis Toulouse, vous pouvez prendre le train (une heure de trajet, un peu plus de 28 Euros aller/retour).

Plus d’information sur le site de l’Office du tourisme d’Albi.

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  1. LadyMilonguera
    le 27.06.2017

    J’ai eu l’occasion d’y passer un week-end dans le cadre d’un festival de tango argentin et j’ai vraiment beaucoup aimé cette ville.

  2. Melissa
    le 27.06.2017

    Ah ah… quel cadre en effet pour une compétition de tango. Une ville bien agréable, ça, c’est sûr!