- Uluwatu , Bali -

July 2016

Bali : don des dieux à Uluwatu

J’ai le cerveau un peu retourné… mêlé à une grosse dose d’euphorie au moment où j’embarque pour me rendre en Indonésie. Ce matin encore, j’explorais un coin de Suisse et cet après-midi, me voilà en route pour Bali. C’est dingue, ce n’est pas ma vie ! Et pourtant, 6 heures plus tard, me voilà à l’aéroport de Doha, avec 7 heures d’escales à tuer. Heureusement, je trouve la « quiet zone », une grande pièce fermée où les voyageurs peuvent s’étendre sur des chaises longues et tenter de se reposer. Je m’enroule dans mon paréo et essaie de sommeiller, bercée par le son de quelques ronflements et le ronron de l’air conditionné. Après plusieurs micro-siestes accompagnées de changements de positions, j’ouvre l’œil. Il est 5 heure du matin et un énorme soleil luit déjà dans le ciel. Ce grand soleil du Golfe qui cuit tout et semble manger le ciel de ses rayons. Il doit déjà faire pétant de chaud dehors.

Je n’aurais pas l’occasion de le savoir, même la rampe d’accès à l’avion est climatisée. J’ai donc une bonne dizaine d’heure pour compléter ma transition mentale entre les Alpes que je viens de quitter, et les tropiques que je vais rejoindre. Une chose est sûre, ce sera tout aussi vert.

Kuta Beach, première incursion

Minuit, me voilà installée dans mon hôtel, en front de mer. J’ai déjà pu me faire une première idée de la circulation infernale qui règne à Kuta et de la gentillesse des Indonésiens. Demain, le reste d’un groupe qui a déjà commencé son périple 3 jours auparavant me rejoindra ici mais en attendant, me voilà seule. Je ne prends même pas le temps de défaire mes bagages, j’ai envie de sortir, là maintenant. Je chausse mes tongues et me met en route dans la nuit balinaise. Derrière les murs qui encerclent la plage, j’entends le bruit des vagues qui se fracassent rageusement sur la rive et je ne résiste pas à aller jeter un œil : personne. Seuls les palmiers montent la garde et jettent leurs ombres issues des réverbères sur un sable mouillé et dur. Il faut dire que j’étais arrivée sous des trombes d’eau et le ciel est seulement en train de se rincer. L’idée d’un bain de minuit me passe par la tête, mais l’envie d’aller boire un verre et de prendre le pouls de Kuta sont les plus forts. Finalement, mes oreilles sont attirées par des bruits de voix : un grand bar ouvert sur la rue a fait le plein et une foule d’expats et d’Indonésiens ont les yeux rivés sur le match Italie-Espagne. Je m’assieds et commande un drôle de cidre local au jasmin, qui s’avérera finalement dispensable.

Assise au milieu d’anonymes, je retrouve des sensations bien connues : la chaleur qui m’enveloppe, la fraîcheur de la bouteille sous mes doigts, le bruit des voix en dizaine de langues et tout un monde à découvrir, dès que le soleil se lèvera.

C’est à 13h40 que je me réveille en sursaut ! Pendant quelques secondes, je n’arrive pas à interpréter l’heure que me signale mon smartphone. J’ai pourtant mis mon alarme à mon retour du bar ! Mais non, je ne rêve pas, nous sommes bien l’après-midi, j’ai dormi comme une masse et un message inquiet m’attend sur mon smartphone : le groupe est arrivé et m’attend à 16 heures pour l’activité.

Quelques heures plus tard, me voilà prête, sac au dos, appareil photo autour du coup, mais aussi un peu impressionnée… arriver dans un groupe qui se connaît depuis jours n’est pas spécialement facile, mais je retrouve Au goût d’Emma, la deuxième blogueuse de cette petite troupe composée aussi de journalistes et d’agent de voyage. Pour nous encadrer, une guide et le personnel de l’ambassade qui sera aux petits soins pour nous.

Mais il est temps de lever le voile sur l’Île des dieux et bien entendu, c’est par un temple que nous allons commencer la découverte de Bali.

Uluwatu, temple de vent et d’eau

Pour arriver à la pointe sud de Bali, où se trouve le Temple d’Uluwatu, c’est toute une expédition. Non pas que ce soit loin, mais voir le trafic balinais est une attraction en soi. C’est presque inimaginable : voitures, pick-ups, petits camions et une foule de scooters, mobylettes et motos se partagent des routes étroites, dans un étrange ballet car personne ne se touche jamais mais la simple masse de véhicules arrive à créer des embouteillages monstres, ce qui fait qu’un parcours qui durerait une demi-heure prend en fait le double du temps.

Nous sommes loin être les seuls à vouloir visiter Uluwatu, surtout à cette heure-ci ! C’est qu’avant le coucher du soleil, vers 17 heures, se tient un spectacle de danse traditionnelle mais nous allons commencer à nous balader à travers les ruines du complexe, non sans avoir enfilé un sarong (les genoux des visiteurs doivent être couverts en signe de respect, et cela pour les deux sexes), ni oublié se s’acquitter du droit d’entrée.

Pour aller plus loin
Uluwatu (qui signifie « falaise ») est un « pura », temple hindouiste balinais et un des 9 temples directionnés de l’île et considéré comme un pilier spirituel. La falaise où il est construit serait la proue pétrifié du bateau de Dewi Danu, le déesse de la mer. Le temple lui-même est consacré au dieu suprême de l’hindouisme indonésien : Sang Hyang Widhi Washa (le Dieu-tout-en-un) et sa manifestation en tant que Rudra, dieu du vent. Si vous trouvez l’hindouisme compliqué, bienvenue dans le monde de l’hindouisme indonésien ! Disons que tous les dieux honorés par les balinais sont des émanations de l’Etre suprême.

En tout cas, on ne peut pas nier que les dieux « parrains » du temple n’aient pas été bien choisis : perché sur falaise, battu par le vent avec une mer déchaînée à ses pieds, impossible de ne pas y voir la marque des deux éléments.

La première chose qui frappe votre visiteuse, c’est le nombre d’offrandes faîtes aux dieux. Il y en a partout : des petits paniers sont façonnés avec des feuilles de cocotier puis remplis de fleurs, de riz ou de sucreries. Les fleurs, toutes de couleurs différentes, sont disposées selon les 4 points cardinaux qu’elles symbolisent (chaque point étant gouverné par un dieu). Ne vous étonnez pas de trouver aussi des paniers avec des mégots de cigarettes par exemple, disposés sur le sol, ceux-ci sont destinés aux démons, histoire de le tenir au large. On les trouve non seulement dans les temples, mais partout à Bali : sur les trottoirs, devant les magasins… Les offrandes font partie de la vie quotidienne des balinais.

Parlant de démons, impossible de ne pas parler d’Uluwatu sans parler de ses singes : ces macaques (oui, ce sont des macaques) sont de sacrés coquins. Attention aux lunettes, bouteilles d’eau, appareils-photos compacts ou smartphones. Ne les laissez pas traîner dans vos poches car il est a peu prês sûr qu’un petit malin viendra vous les voler. Je n’avais pas vu mon premier singe depuis 5 minutes que j’en ai vu un deuxième à l’oeuvre. Une dame avait négligemment posé ses lunettes sur le sommet de son crâne sans voir que derrière elle, un singe s’avançait pour les lui voler. PAF ! Vous pourrez essayer de négocier le retour de votre bien avec un fruit ou des noix ou un autre objet sans valeur mais n’essayer surtout pas de le reprendre des mains du voleur. Il suffira que le macaque vous montre les dents (très pointues) pour être dissuadé.

Autre chose qui m’aura étonnée, ce sont les tissus qui entourent les statues. Je m’attendaient à des couleurs et motifs extravagants, comme on peut les voir sur du batik mais non ! Si le jaune et le blanc, couleurs du soleil et de la lune sont très utilisés, c’est un motif en damier noir et blanc qui m’aura intriguée. On trouve des tas de statues enveloppées dans un sarong avec ce motif, même des pierres considérées comme sacrées. Comme nous sommes à Bali, il y a bien entendu une signification. Le « salut toleng » est en fait une leçon de vie. Les carrés complètement noirs et blancs symbolisent les valeurs qu’il est facile à reconnaître : le bien et le mal, la joie et la tristesse… les carrés intermédiaires où les deux nuances sont côtes à côtes signifient que des moments de la vie ne sont ni complètement bons, ni complètement mauvais, qu’il peut y avoir une part de tristesse dans la joie, que le chemin vers le mieux est l’apprentissage des erreurs passées. C’est en fait une représentation d’un certain équilibre. Tout çà dans un bout de tissu et quelques carrés.

Après avoir admiré le temple sous différentes coutures, il est l’heure d’aller se trouver une place dans la petite arène face à l’Océan pour assister au spectacle : la danse du Kecak, une expérience qui va se révéler… vraiment unique.

Kecak et tonnerre

Pendant le long de la visite, le ciel s’est assombri sur Uluwatu, apportant un aspect dramatique aux lieux mais les trombes de pluie qui se tenaient au large se rapprochent dangereusement… néanmoins, le spectacle commence.

Le Kecak, c’est quoi ? C’est avant un chant… ou plutôt des percussions vocales où un choeur d’une centaines d’hommes scandent « tchak-a-tchack-a-tchak » a des rythmes différents, avoir un chorégraphie ce qui donne un côté hautement hypnotique à la chose. Je sais, dis comme çà, Lectrice, Lecteur, ça n’a pas l’air comme étant le kiff du siècle mais quand on le voit en vrai, on se laisse bercer et emporter par cette litanie lancinante. C’est comme si tout le monde existait et pulsait avec cette étrange vibration. Pas étonnant que traditionnellement, le Kecak faisait partie des transes rituelles mais à partir des années 30, des Occidentaux ont commencé à s’y intéresser, notamment l’artiste allemand Walter Spies qui eut l’idée de mettre en scène une partie du « Ramayana » avec un choeur de Kecak. Depuis, l’idée a pris et les spectacles de Kecak font maintenant partie intégrante de la culture balinaise. Sur un coup de tonnerre, s’ouvre la scène de l’enlèvement de Sita par le terrible Ravana et en moins de deux, c’est la débandade dans les gradins ! C’est un véritable rideau d’eau qui se déverse sur public et artistes. Imperturbables, les danseurs continuent leurs gestes lents et précis, tandis que les « tchack-a-tchack » continuent  de battre rythme comme si de rien n’était. Emma et moi essayons tant bien que mal de nous protéger avec mon coupe-vent, devenu bâche pour deux mais rien à faire, l’eau dégouline de partout et en quelques minutes, je suis aussi mouillée que si je sortais de la douche. Une bénédiction des dieux qui s’interrompra un peu pendant la scène où Hanumân, général de l’armée des singes, se joue d’un cercle de feu où on tentait de l’emprisonner.

Mais une bénédiction qui m’empêchera de prendre de belles photos de ce moment particulier… à l’exception de cette petite vidéo…

Cette première histoire vous donne déjà envie de partir ? Si vous voulez vous envoler pas cher pour Bali allez faire un tour sur le site Skyscanner, qui était partenaire de ce voyage 

Cette découverte de l’Indonésie a été réalisée dans le cadre d’une opération avec Skyscanner et Wonderfull Indonesia. Les opinions de l’auteure lui restent propres, malgré les quelques Bintang descendues.

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  1. Jef
    le 19.11.2017

    J’ai exactement le même angle que toi pour ma vidéo du Kecak ! Le rythme de cette musique hypnotique résonne encore en moi 🙂

  2. Melissa
    le 19.11.2017

    Coucou, Jef!
    C’est fou, hein ? Franchement, je ne m’attendais pas à apprécier autant. Ca te prends aux tripes en fait. Et le fait que le chœur emplisse tout l’air qui nous entoure. Ca te rentre par tous les pores.

  3. Leslie
    le 19.11.2017

    Wow vraiment impressionnante cette danse, c’est puissant !
    ps: “l’idée d’un bain de minuit me passe par la tête, mais l’envie d’aller boire un verre …” tiens ça me rappelle tes snaps 😛

  4. Jef
    le 19.11.2017

    @Melissa : tout comme toi, je m’attendais vraiment pas à être pris par le truc, c’est très très puissant. Le meilleur moment de mon périple indonésien.

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