- Riga , Lettonie -

December 2015

Riga, impressions baltiques

Quelquefois, ça fait du bien de partir en dilettante, sans attentes spécifiques et si préparations, il y a eues, elles furent bien vite jetées aux orties, laissant part aux intuitions et aux décisions issues du hasard de nos pas, de la météo et de l’heure.

C’est ainsi que j’ai débarqué avec une amie à Riga, la capitale lettone, une nuit de jeudi. Ça faisait longtemps que nous n’avions plus fait une escapade ensemble, et encore toutes excitées de nous retrouver en goguette dans un pays inconnu, nous avions décidé de juste poser nos petites valises et de sortir, là, maintenant, malgré l’heure tardive.

L’air de la nuit était un peu piquant, pas autant que ce à quoi je pouvais m’attendre, mais on pouvait le sentir dans l’air : doucement l’hiver s’annonce. Surtout, les rues du quartier Art Nouveau étaient désertes. “Jeudredi n’a pas l’air d’être jeudredi, ici” pensais-je. Ça eut le don de faire sourire Sad. Sous la lumière des éclairages publics, les rues sans vies et les immeubles muets de Riga semblaient comme recouverts d’une fine couche de cendres. Seules quelques enseignes lumineuses nous signalaient que la ville n’était pas fantôme. Finalement, nous arrivons au lieu recommandé par Foursquare (que j’aime bien laisser faire quand j’ai besoin de chercher quelque chose à proximité). Un bar. Des gens. Enfin.

img_20151211_002927.jpgEt quel bar : du gazon pousse au plafond et on peut boire sa bière assis sur une balançoire au comptoir. Ce sera notre première prise de contact avec les Lettons. Première constatation : ce que vous avez lu ou entendu sur les Lettones est vrai : grandes, leurs interminables jambes encore alongéees par des talons de plus de 10 centimètres, souvent blondes, le cheveu porté long, filiformes comme seules peuvent l’être des mannequins de défilés, et tout aussi bien habillées et apprêtées. Et elles sont nombreuses, beaucoup plus nombreuses que les hommes. C’est parfaitement étrange. Il doit y avoir 3 femmes pour un seul homme. Pourquoi ? J’avais déjà entendu parler de ce genre de problèmes en Estonie mais c’est encore plus flagrant ici : taux de mortalité bien supérieur des hommes, alcoolisme rampant, décrochage scolaire, émigration vers des pays économiquement plus cléments…  La Lettonie a été durement frappée par la crise de 2008 et les séquelles sont encore visibles. Mais au chaud dans ce bar, on oublie… une groupe de filles, toutes plus jolies les unes que les autres, font défiler les cocktails. Sur les sofas d’à côté, une jeune homme bien mis qui semble présider l’assemblée, distribue généreusement la Veuve Cliquot entre son pote, qui semble être son ailier et un autre groupe de filles, plus occupées à vouloir danser que de boire… et à chanter aussi. Nous voilà en prise directe avec la pop-culture lettone : c’est karaoké ce soir, et toutes les filles ont envie de chanter… Sur fond de paroles incompréhensibles, de rythmes guillerets ou sirupeux, nous dégustons des bières. Jusqu’à ce que stimulées par la concurrence, nous nous y mettions aussi. Ce sera “Dancing Queen”. Une chanson de quarantenaires, quoi! Et voilà les deux petites méditerranéennes qui poussent la chansonnette. J’oublie mon pull islandais qui sent encore l’avion, mes grosses bottes et mon air fatigué. Abba a ce pouvoir de vous faire sentir comme une superstar! Le chois était bon, l’assistance danse. Mission accomplie! Nous serons les dernières à passer, et le karaoke ferme pour laisser place au DJ, plutôt bon… on laisse là nos verres, et c’est parti pour la danse !  A 3 heures du matin, nous nous décidons à rentrer, et on ne sait pourquoi, les rues nous apparaissent soudain moins solitaires.

 

Le lendemain, le soleil a du mal à sortir, pas seulement parce qu’il fait gris… mais aussi parce qu’il se lève à 9h30 en cette saison pour se coucher 6 heures plus tard. A l’heure du goûter, il fait quasi nuit et entre les deux, c’est une espèce de demi jour qui coule. Et l’impression est étrange, aussi déroutante qu’un décalage horaire de plusieurs heures (une heure seulement avec notre fuseau horaire pourtant). A 17 heures, vous avez l’impression qu’il est 20 heures et à 20 heures, on jurerait qu’il est près de minuit. Sous les nuages gris, la population de Riga se dépèche. Il fait frais et humide, pas spécialement envie de traîner… mais malgré tout, on ne se bouscule pas sur les avenues. Les gens doivent être planqués dans leurs bureaux… Nous croisons quelques touristes, surtout près de la place de la Cathédrale, là ou Riga se fait belle. Une belle cité hanséatique qui rappelle ma Tallinn chérie, mais aussi Gdansk et d’autres… partout où les Allemands ont établis la Ligue hanséatique en fait. C’est charmant, et familier. Quant au marché de Noël, il semble tiré d’un conte de fées.

L’exploration peut enfin commencer!





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