- Bucarest , Roumanie -

January 2012

Bucarest à pied (2e partie) et le mot de la fin…

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Le Centre historique de Bucarest est un endroit fascinant ! Forcément chargé par l’histoire tumultueuse de la ville, il en porte les nombreuses cicatrices et la mentalité du boxeur qui a trouvé son second souffle après avoir manqué de tomber KO debout. Même si la plupart des bâtiments datent du XIXe-début du XXe siècle, les guerres, les tremblements de terre et le communisme ont façonné le paysage urbain de Bucarest lui donnant l’air d’une ancienne aristocrate déchue. Les belles demeures du « Petit Paris de l’Est » s’alignent, dans un style moins austère que la capitale française.  C’est que ce sont architectes venus du sud, notamment d’Espagne, qui ont façonné la Bucarest de l’époque. On y trouve un peu de fantaisie et d’exubérance. Parmi les chefs d’œuvre, le bâtiment de la Banque d’épargne CEC et sa superbe coupole de verre et de fer forgé qui lui donne l’air d’un petit palais. Certaines de ces maisons sont laissées à l’abandon, d’autres rénovées ou en cours de rénovation. Dans une des rues, à la queue leu-leu, des magasins de robes de mariées se suivent, entre deux bars. On sent que ça bouge… même si on peut se poser pas mal de question par rapport à la crise et aux mesures de restrictions budgétaire qui frappent la Roumanie. De temps en temps, entre deux vieilles bâtisses, un bâtiment de la deuxième partie du XXe siècle est lâché comme un obus.

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Mais Bucarest est plus vieille que cette période faste de la Belle Epoque ! Vlad « l’empailleur » Tepes, celui même qui donna naissance au mythe de Dracula, y avait une résidence, la Curtea Veche dont il reste des ruines. A l’intérieur des ruines, s’y tient une exposition d’art contemporain, signe de la vitalité de la vie culturelle de la capitale roumaine !

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Le centre historique grouille de bars et de restaurants et au milieu de tout çà, le Monastère de Stavropoleos et son église Une étrange île de spiritualité au milieu d’un océan d’hédonisme. Un service est en cours dans l’église et ne voulant pas déranger les fidèles, je jette un petit coup d’œil sans rentrer. J’y aperçois mosaïques et icônes. Je reste dans la petite cour, si tranquille avec son architecture orientalisante. L’extérieur des murs est peint en bleu, couleur du spirituel et dans des médaillons, une foule de saints et d’apôtres se succèdent. C’est comme si un dôme invisible isolait le monastère du reste du monde. A la place des rythmes technoïdes, les chants religieux. A la place des jeunes filles court-vêtues rythmant leur marche par leurs talons impressionnants, des moniales habillées de noir glissent dans la cour comme des fantômes.

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J’aurai l’occasion de me reperdre dans les rues du vieux-centre demain matin mais pour le moment, je vais saluer une dernière fois le Palais du Parlement avant de refaire le périple déjà effectué il y a 16 ans : la marche depuis l’entrée du Parlement vers la Piata Unirii. Je traverse le pont qui enjambe la Dâmboviţa pour rejoindre le « Boulevard Unirii » l’énorme boulevard « triomphal » qui fais la jonction entre le Palais et la Piata Unirii.  Ici, le paysage change radicalement ! Fini les petites rues aux maisons de 3 étages !  C’est ici que la mégalomanie du Conducator Nicolae Ceausescu a commencé à s’exprimer. J’avais déjà mentionné le Palais mais c’est tout un quartier, en plus de celui détruit pour construire le mastodonte, qui fut rasé et transformé pour mettre en valeur « son » Palais. Des bâtiments d’un style rigide et pompeux bordent les deux côtés du Boulevard jusqu’à la place où d’énormes fontaines crachent leurs jets scintillants au soleil. Unirii est une espèce de cœur urbain et commercial qui palpite au rythme des néons.  Le soleil commence doucement à baisser et la fatigue se fait sentir… Je prends le métro pour « Universitate » et avant de me reposer un peu dans ma chambre, en profite pour manger un morceau sur la terrasse du Café Gio, juste en face de l’église russe Saint-Nicolas et des jolis bulbes en cuivre. Tout le temps de déguster un petit plat en observant les détails de l’église. Dans ce coin un peu retiré, il y a peu de passage !

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Quand je suis prête à ressortir, la nuit est tombée… C’est samedi soir et les Bucarestois sont en nombre dans la rue. Alors que je me rends vers Lipscani, je tombe sur un passage couvert : le Passajul Macca-Vilacrosse! Je suis immédiatement séduite. Ce passage, dans la plus pure tradition des premières galeries commerçantes européennes, est bordé de café et de bar à chichah… Avec ses petites lampes de style arabe, je me sens transportée dans un autre monde. Je crois avoir trouvé mon coin préféré de Bucarest ! Dans les rues ; c’est l’effervescence ! Je ne sais si cela a à voir avec le Festival Enescu, mais un concert se tient sur une place, dans une autre, c’est un théâtre de rue aux personnages et installations fantasmagoriques qui luisent dans la nuit et une foule de gens se presse aux étals d’un marché de nuit.

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Oui, Bucarest bouge ! Mais une Bucarest aux deux visages ! Celle d’une certaine bohème et des nuits bien remplies du centre historique et celle que j’ai également vue depuis l’hôtel de la conférence, situé juste derrière le Palais du Parlement… Un quartier vidé de commerces et d’habitants, sauf de dizaines de banques, de bureaux de transfert de fonds et d’agences de voyages. Des signes qui en disent long sur une Roumanie qui est déjà en exil ou qui songe à l’être… C’est presque difficile à croire quand le lendemain matin, je me ballade paresseusement sous le soleil et observe les terrasses pleines de gens profitant de la chaleur et du farniente de ce dimanche de début d’automne…

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En début d’après-midi, je quitte Bucarest avec un sentiment d’avoir revu une vieille connaissance qui a embelli mais se cherche encore, trainant encore le poids du passé et devant faire face aux challenges du futur alors qu’elle n’est pas encore complètement debout !

Je vous laisse avec le mot de la fin… et un lien pour explorer plus à fond ce vieux Bucarest!

 





  1. NowMadNow
    le 12.12.2017

    J’aime beaucoup ta conclusion: “je quitte Bucarest avec un sentiment d’avoir revu une vieille connaissance qui a embelli mais se cherche encore”.

    Merci de m’y avoir emmenée avec toi.

    NowMadNow

  2. Melissa
    le 12.12.2017

    Merci Madame! Contente que la ballade vous ait pluç Je crois que tu aimerais cette ville, entre grandeur et déglingue.

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