Rappelle-toi cette photo de la semaine, lectrice, lecteur… J’avais promis de revenir sur le sujet des croisières… Nous y sommes. Cet article fut écrit à l’occasion d’une croisière prise en 2008.

Stress! Le monstre qui vous retourne l’estomac vient  toujours vous astiquoter le jour de l’embarquement. J’ai de bonnes raisons pour avoir  manqué une croisière il y  a quelques années et je ne tiens par à renouveler l’expérience. Et une fois encore, qui sera la dernière à monter à bords? Pas que cela aie été ma faute en quoi que soit. Mais enfin, j’y suis… La hâte dans laquelle j’étais m’a fait manquer ce « Aaaaaah! » d’admiration que l’on pousse habituellement lorsque l’on découvre l’atrium d’un paquebot pour la première fois.

At seaLe Carnival Miracle n’était pas mon premier choix! Il y a des lunes, semble t’il, j’ai pris la mer sur un navire de la ligne de la « Croisière s’amuse ». Oui, oui, vraiment! C’était excitant et nouveau. Pendant une semaine, tout se déroulait comme si Saint-Nicolas passait tous les jours! La grandeur du paquebot, la découverte des choses à faire, et des îles à visiter. Si il y avait une possibilité d’être une passagère clandestine, je l’aurais prise sans hésiter! Qu’importe la horde de retraités (donc certains étaient VRAIMENT au bout du bout), les jours en mer, cocktail à la main, la chambre bien rangée, cet étrange sentiment de joie quand on apercevait la terre et surtout, le fait d’être complètement « hors du temps »… j’aurais donné tout pour revivre tout cela. Je le fis six mois plus tard, sur le même bateau… mais pour paraphraser une certaine chanson « The thrill is gone ». Il restait le sentiment de retrouver un bien-aimé village de vacances. Malgré tout, la croisière reste une expérience que je compte renouveler le plus souvent possible.

Donc, je n’ai pas vraiment fait attention à l’Atrium. Il y avait des flashs de couleurs, beaucoup plus que sur le Grand Princess. Seulement au moment de rentrer la cabine, la peur d’un éventuel retard s’évapore.  Mes épaules se relâchent et je souris. Certes la fenêtre était obstruée par un bateau de secours mais elle prenait toute la hauteur de la cabine. Un lit confortable et un divan meublaient l’ensemble, ainsi qu’une coiffeuse et un bureau. Dans les armoires, des peignoirs attendaient d’être enfilés et les draps de plage patientaient avant d’être dépliés en bords de piscine.  Soudain, une légère poussée suivie d’un profond coup de cor …  nous avons levé l’ancre! Lentement, le paquebot s’extirpe du chenal sous les saluts des habitants de Fort-Lauderdale. Je commande un cocktail… le soleil est aussi rouge que la cerise au marasquin qui le décore. Je la suce lentement, me délectant de la douceur du fruit et de l’amertume d’une pointe  d’alcool. Je pousse un soupir de soulagement tandis que la tension s’envole, emportée par la brise du large.

Ca y est! Je suis hors de l’Histoire et prête pour deux jours de mer à perte de vue!

Les jours en mer font peur à ceux qui n’ont jamais fait de croisière. « Vais-je m’ennuyer? Que pourrais-je bien faire? » Si, comme pour moi, le farniente est un art de vivre, la matinée est bien vite passée! Un petit déjeuner sur le pont arrière à contempler le soleil et l’océan, un bon bouquin (« A Long Way Down » de Nick Hornby), un transat au soleil en bordure de piscine, un cocktail (un « Funship Special ») et un groupe qui vous joue des standards caribéens suffisent à me contenter. Il est vrai que le bingo n’est pas trop ma tasse de thé et que l’apprentissage de la « Country Line Dancing » ne me goûte pas plus que cela. Mais crois-moi, lectrice, lecteur, il y a dans cet état de savante paresse, une espèce de béatitude proche du Nirvana,.. le travail de la méditation en moins! Ma petite baroudeuse intérieure m’engueule, me demande depuis quand je me suis transformée en veau mais sa voix est noyée par les notes de « Yellow Bird ». Le temps de t’en rendre compte et tu t’aperçois qu’il est déjà l’heure de dîner. Le buffet est prêt depuis longtemps d’ailleurs! L’après-midi file sans y penser (tu es trop absorbé par ton livre, ta partie d’échec, l’écriture de ton journal de bords ou l’observation de tes compagnons de voyage) et au moment où le soleil se couche, tu vas te commander une boisson au bar arrière qui est déjà devenu ton favori. C’est bien simple, le barman connait déjà ton nom et tu n’es arrivée que la veille! Le soir, tu as le choix! Le spectacle au théâtre, du jazz au piano bar, suivre le dernier match au sport bar, se ridiculiser au karaoké, essayer d’apprivoiser Lady Luck au casino… Personnellement, j’opte pour la conversation avec des autres piliers de bar et le jacuzzi sous les étoiles!

Pffff… Et dire qu’il va falloir remettre cela demain!

At sea