- Knysna , Afrique du Sud -

August 2014

Roadtrip en Afrique du Sud : la Garden Route – Jour 1, de Port Elizabeth à Knysna

Nous sommes dimanche, et le soleil est revenu sur Port Elizabeth. Autour d’une VW Polo blanche, il y a votre blogueuse et son compagnon de route. Devant la voiture, on s’affaire tous les deux: Tel un jeu de Tetris, le tout est de faire emboîter les valises dans l’espace réduit du coffre… L’opération effectuée, on embarque, mettons notre ceinture de sécurité, et on se regarde en souriant : c’est parti pour un roadtrip de 3 jours, en direction du Cap, le long de la Garden Route.

Pour votre blogueuse, Lectrice, Lecteur, il s’agit d’une première : un roadtrip avec quelqu’un qu’elle connait, mais pas si bien que çà. Nous le surnommerons « Jeune Loup ». Il a l’impétuosité, l’impatience et l’assurance d’une jeunesse conquérante. C’est aussi mon voisin de bureau. Il sait que je chantonne quand je travaille et je sais qu’il aime regarder des vidéos de comiques entre deux tâches, pour se détendre. Quand il a évoqué la possibilité de faire la route ensemble, puisque nous restions une semaine, j’ai hésité. J’avais songé à prendre une autre direction que le Cap : Johannesbourg et le Krueger Park, voire même  carrément le Mozambique… mais l’amour de la « Mother City » m’a fait changer d’avis. Puisque nous allions dans la même direction, pourquoi ne pas le faire à deux ? Et oui, j’ai hésité. Et si ça se passait mal ? N’oublions pas que nous passons 8 heures par jour dans les mêmes bureaux. Mais Jeune Loup, qui n’a pas trop l’habitude des voyages lointains, me fait confiance sur le trajet, comme je fais confiance en ses capacités de chauffeur. Et je compte sur mon caractère conciliant pour que tout se passe pour le mieux.

On the Road Again, to Jeffreys Bay

Lorsque nous quittons Port Elizabeth, on met la radio en route et une grosse bouffée d’euphorie nous envahit : ce sont les vacances… et la route est à nous avec comme seul impératif, arriver à Knysna en début de soirée. Les journées d’hiver sont courtes et le coucher du soleil donnera le « La » de chaque journée de conduite.

Avant le premier arrêt, on ne parle pas trop, on profite de la route… ma langue me démange un peu mais vois que mon complice se concentre : la conduite à gauche n’est pas spécialement évidente ! Je le laisse donc tranquille jusqu’à Jeffreys Bay, capitale du surf sud-africain. Sous un ciel tourmenté, l’Océan indien reste imperturbablement turquoise. La plage est déserte lorsque nous arrivons mais dans l’eau, il y a quand même quelques surfeurs, le vent souffle assez que pour faire quelques jolis rouleaux. Il est aussi assez fort pour faire danser le sable sur la plage comme des serpents fantômes. Une danse hypnotique comme les vagues de l’océan. Nous resterons longuement sur la plage à observer le jeu du soleil et des nuages sur la mer, avant que l’impatience de Jeune Loup et le froid ne nous gagne. Trois jours, ce n’est pas beaucoup pour profiter de chaque arrêt… mais celui-ci avait comme un goût d’aventure.

Knysna by Night

Nous remontons en voiture, c’est comme si le vent nous délié la langue. La route a cet effet, celle d’un confessionnal. Peut-être parce que ni le conducteur, les yeux rivés sur la route, ni le passager, qui se ferait un torticolis, ne se regardent dans les yeux ? On parle a une voix…

Malgré le ciel de plus en plus maussade, nous causons, et le paysage devient de plus en plus spectaculaire. C’est comme ça le long de la Garden Route. Les montagnes que l’on voit au Cap se répètent jusqu’à Port Elizabeth. La pluie commence à tomber, et rythme notre conversation. Une pluie mêlée au soleil qui perce entre les nuages. Pendant une bonne heure, nous assisterons à un festival d’arcs-en-ciel, et même de doubles arcs-en-ciel pendant un interminable coucher de soleil.

En début de soirée, nous voilà à Knysna, une des plus jolies petites villes d’Afrique du Sud. Très touristique, on y vient pour la beauté de sa lagune et son charme. Notre groupe de campeurs s’y était arrêté il y a quatre ans, sans vraiment profiter de la ville.

Pour la nuit, nous avons réservé dans un Bed&Breakfast, AestAs, tenu par Guus et Lidy, cette jolie maison qui se tient sur les hauteurs de la ville offre une superbe vue sur la lagune, pour les chanceux qui ont une chambre à l’étage (comme Jeune Loup). Une déco africanisante, des chambres claires et même un petit chauffage d’appoint, ce qui sera bien nécessaire car une vague de fraîcheur a commencé à envahir le la côte. Le tout, petit-déjeuner compris, pour à peine 30 Euros.

Quand nous nous rendons vers le Waterfront, sur les conseils de Guus, le ciel s’est couvert et ne laisse passez que quelques brides de ciel violet. Le soleil est déjà couché, et il n’est même pas 18 heures. Pour la première fois depuis que je suis ici, je ressens la saison. L’humidité transperce ma veste et un petit vent froid me fait frissonner mais il fait si bon flâner le long des quais, à observer les voiliers et les catamarans.

 

Difficile de croire que nous sommes à deux pas d’un des endroits le plus dangereux de toute la navigation : The Heads. Mais nous irons les voir demain. En attendant, une petite pluie a commencé à tomber et nous allons nous nourrir chez “JJ’s” (le Waterfront compte une bonne dizaine de restaurants, le choix fut difficile), probablement le plus “chic”. Cela n’empêche que tout le personnel semble être fort occupé. On dirait bien qu’à Knysna, on ne soit pas habitué au froid et faire prendre le feu dans le poêle du restaurant semble une gageure. Dès que le feu est parti, nous décidons de nous rapprocher. Depuis que nous sommes entrés, nous n’avions pas quitté nos manteaux. Bien que nous soyons la veille du Festival des huîtres de Knysna, ils nous sera impossible de résister aux plats de viande. L’Afrique du Sud est un pays de carnivores: steaks de toute sortes, côtes à l’os, sans compter le gibier comme l’autruche, le kudu et le springbok… et pour la première fois au menu d’un restaurant: j’y vois du zèbre. J’ai longuement hésité, en pensant aux jolis chevaux en pyjama que j’avais pu admirer la veille. Finalement, je n’ai pas assez faim et me rabats sur le poulet peri-peri (pilipili), une autre spécialité sudafricaine. Un poulet épicé qui brûle un peu la langue, rien que ce qu’une bonne demi de Castle Lager ne puisse venir à bout. Jeune Loup et moi trinquons…

Ceci n’était qu’un amuse-bouche!





  1. Mathieu
    le 15.12.2017

    Belle balade en perspective :-). En espérant que tout se déroule bien avec ton collègue. Quand tu goûteras au zèbre, fait un article sur le sujet, je suis curieux.
    Tes photos sont magnifiques!

  2. Melissa
    le 15.12.2017

    Merci Mathieu, Malheureusement, ce sera ma première et dernière opportunité pour le zèbre. En Belgique, la viande de cheval est assez répendue (et j’adore) donc j’imagine que c’est un peu le même goût… en plus fort!

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