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August 2014

Addo Elephant National Park en hiver et Port Elizabeth, ville morte ?

Un vent d’hiver, froid et léger, souffle sur les hauteurs de Port Elizabeth. En regardant un ciel dégagé de nuages, j’ai l’impression que la météo s’est amusée à nous jouer un vilain tour.

Pendant toute la semaine où nous étions enfermés dans notre « Disneyland » sudafricain, le soleil n’a pas cessé de briller et ce matin, alors que mes collègues et moi pouvons enfin jouir d’une liberté retrouvée, les températures ont plongé et une petite pluie rappelant la Belgique tombe doucement sur la petite troupe qui attend le bus. « Pas de chance », nous annonce le guide qui nous accompagner jusqu’à Addo Elephant National Park. « Il ne fait pas trop beau aujourd’hui et les éléphants sont comme les humains. Quand il fait froid et qu’il pleut, ils se cachent. »

Addo Elephant National Park

Cela sonne comme un avertissement sur nos chances d’apercevoir les pachydermes. Et moi qui avais vanté le parc en disant qu’à coup sûr, on les verrait, ces éléphants, d’autant plus que ce Parc national a été crée spécialement pour eux : la race d’éléphants, indigène à la région, est parmi les plus grandes de l’espèce ! Lors de ma visite il y a 4 ans, mon petit groupe avait pu en voir plein : des mâles solitaires, des groupes de mères, de bébés et de juvéniles avec leurs matriarches… même une bataille entre deux mâles. Mais c’était il y a quatre ans, et c’était au printemps. Dans le bus, je croise les doigts pour que le soleil ait le temps de se montrer pendant la petite heure que prend le trajet entre PE et le Parc.

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Avant d’arriver au Parc, le bus passe à côté de nombreuses plantations d’agrumes. C’est l’époque de la récolte et des arbres au feuillage vert sombre croulent sous de grosses boules oranges, jaunes, saumons… Orange, clémentine, citrons, pamplemousse, on y trouvera tout. J’ai une folle envie de sortir du bus et d’aller marauder quelques fruits.

Après le petit arrêt réglementaire à l’entrée du parc, nos deux bus s’avancent pour commencer un tour de deux heures… La pluie s’est arrêtée pour le moment, mais il est déjà un peu tard dans la matinée (les animaux sont mieux visibles peu après le lever et un peu avant le coucher du soleil). Les premiers à se montrer sont les phacochères, jamais spécialement farouches, cette espèce de croisement entre le cochon et le sanglier est probablement l’animal le plus courant dans le parc. Suivent quelques inévitables kudus (l’antilope qui est l’emblème des parc nationaux sudafricains), quelques bubales roux, une colonie de suricates faisant copain-copain avec une mangouste dorée, un buffle du Cap solitaire (alors qu’ils sont plutôt en troupeau, bizarre) et, à ma grande joie, plusieurs troupeaux de zèbres, que je n’avais pas vu lors de ma première visite. Mais d’éléphants, point ! Ou si. Un mâle, de loin.

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Je me suis placée dans le fond du bus, avec les étudiants de l’Université locale qui nous accompagnent. Eux aussi sont aux aguets, et aussi excités que nous à la perspective d’apercevoir un chacal ou une grue. Je souris de mes propres préjugés. Ce sont des enfants de la ville, après tout, et ils ont autant de chance que moi de voir un lion dans la vie de tous les jours.

C’est un peu dépités que nous rentrons en ville, avec un vent qui finalement chassé les nuages.

Port Elizabeth, ville d’art, mais ville morte ?

Nous avons donc une partie de l’après-midi pour se balader à Port-Elizabeth. Nous nous engouffrons donc dans un taxi et demandons à être déposés au Donkin Preserve, en haut de la ville. La pyramide et le phare y servent de point de repère et d’orientation. Ce n’est pas une surprise si l’Office du Tourisme s’y trouve (avec un petit café)! Regardez bien sur le pyramide et vous trouverez une plaque érigée par Rufane Donkin,gouverneur du Cap,  en mémoire de sa femme Elisabeth, la même qui donna son nom à la ville. A partir de là, vous pouvez soit suivre le Donkin Trail qui vous mènera à travers les lieux les plus historiques de la ville ou prendre la Route 67, une véritable galerie d’art contemporain à ciel ouvert. 67 œuvres marquant les 67 années d’effort de Nelson Mandela pour une Afrique du sud démocratique. A travers la ville, c’est toute une série d’œuvres colorées qui descendent en cascade jusqu’au Campanile, l’autre “pont de repère” de Port Elizabeth, vers le front de mer.

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Et pourtant, malgré ces efforts, le centre semble désert. Il n’est pas encore 16 heures, nous sommes samedi, et à part un groupe croisé à l’office du tourisme, nous sommes seuls. Sur les collines vides de Port Elizabeth, nous entendons nos pas et nos voix résonner. Il ne manquerait plus qu’un air d’harmonica et des “tumbleweeds”, des virevolants qui traverseraient la route, poussés par le vent. Pourtant, Port Elizabeth ne manque pas tout à fait d’atouts. Certes, tout semble avoir été un peu mélangé: à côté de demeure de style “Dutch Cape”, on trouve des église qui ne feraient pas tâches dans la campagne anglaise. A côté de bâtiments art déco, d’autres sont de style victorien, comme la Bibliothèque principale de la ville, devant laquelle trône… la Reine Victoria. Et malgré çà, on ne peut pas se défaire d’un sentiment d’abandon. Telle une ville américaine après les heures de bureau, Port Elizabeth se vide de son sang, chacun rentre dans son quartier… mais beaucoup plus tôt. Arrivés sur Govan Mbeki, l’artère commerciale du centre, tous les snacks sont en train de fermer. Il nous faudra être très insistants pour pouvoir acheter un simple sandwich.

Et comme le vent qui fraîchit avec le soleil qui décline, toute cette ambiance un peu tristounette nous chasse de la ville. Depuis ma terrasse de l’hôtel, je regarde le vent écrêter les vagues qui viennent s’abattre sur la côte. A Summerstand, on est loin des townships, de celui de New Brighton par exemple. New Brighton dont les habitants, excédés par le manque d’amélioration de leurs conditions de vie, se sont révoltés peu après la construction au sein du township, d’un musée commémorant la lutte contre l’apartheid. “Un boîte qui célèbre les morts alors que nous sommes vivants et dans des conditions misérables”. Tel était le message délivré par cette révolte. Le musée de Red Location est maintenant à l’abandon, vidé de ses câbles électriques et de ses canalisations…

Décidément, l’apartheid et son noir héritage, même 20 ans après, ne sont pas près de s’effacer.

Demain, il sera l’heure de prendre la route, direction le Cap pour un roadtrip de 3 jours qui promet de bien jolies choses!

Pour en savoir plus sur Port Elizabeth et sa région :

Office du tourisme de Nelson Mandela Bay Metropolitan Area : http://www.nmbt.co.za

Wikitravel : http://wikitravel.org/en/Port_Elizabeth





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