- Knysna , Afrique du Sud -

September 2014

Roadtrip en Afrique du Sud : la Garden Route – Jour 2: Knysna, Wilderness, Mossel Bay

Un petite aube embrumée se lève sur Knysna et sa lagune. Je descends prendre mon petit déjeuner.  Jeune Loup, mon compagnon de voyage et chauffeur atittré, n’est pas encore là. Pendant que j’arrache un morceau de toast, je me demande si Monsieur est du matin ou pas. On se côtoie depuis plus d’un an et demi, mais il y a encore des détails dans le genre que j’ignore. Quand à moi, je dois avoir une espèce de sourire béat à la pensée de reprendre la route. Je fais partie de cette espèce qui, même si elle râle un peu sur son alarme, est de bonne humeur au lever. Finalement, le voilà qui arrive, sourire un peu moqueur au coin des lêvres, comme s’il s’attendait à ce que le charrie, mais non! J’ai plutôt envie de discuter des plans pour la journée. Du moins de la première étape.

Knysna, petits matins d’eau

Impossible de quitter Knysna sans voir “The Heads”. Après un bon petit-déjeuner, nous quittons le Bed&Breakfast, et en route pour “The Heads”, des deux falaises qui forment une véritable “porte” entre l’océan et la lagune. Un endroit extrêmement dangereux pour la navigation mais de toute beauté pour le visiteur! Si vous êtes de passage, prenez la route qui mène sur la falaise Est. C’est assez étonnant, mais celle-ci est livrée aux constructions. De nombreuses villas de luxe s’alignent depuis la lagune jusqu’au sommet. Par contre, la falaise Ouest, elle, est préservée. Si vous avez plus de temps à Knysna, n’hésitez pas à réserver votre excursion pour the “Featherbed Preserve“, une réserve privée qui couvre toute cette partie de la lagune, et que j’avais eu l’occasion d’explorer lors de ma dernière visite (on ne sait pourquoi “The Heads”n’ont pas été déclarée Parc National, mais voilà…).

Depuis les quartiers résidentiels de la falaise, la vue est imprenable! L’horizon est bleu, coupé par une ligne de nuages, l’océan couleur marine et la falaise est aussi rouge-orangée que dans mes souvenirs. Tout est calme, à peine quelques bagnoles qui quittent leurs garages pour emmener leurs passagers au boulot. Knysna s’éveille… et nous avons tout le temps! Après avoir profité des sentier aménagés au sommet pour en prendre plein la vue, nous reprenons la voiture pour se rendre au niveau de la mer, et voir The Heads sous un autre angle.

Sur la lagune, les maisons sont toutes aussi cossues, mais un peu plus modeste. Vu d’ici, la passe de lagune semble moins impressionnante, mais plus large. Le contraste avec l’océan, pourtant calme, est saisissant. Protégée des courants du grand large,  l’eau de la lagune est toute calme. Si calme que des échassiers viennent s’y installer. Avant de reprendre la route, nous profitons de la douce activité matinale des quais. Ici, un père s’apprête à mettre les voiles avec sa fille, les clients arrivent dans les cafés pour leur caféine du matin… mais le plus surprenant, c’est un plongeur, presque immobile, qui semble inspecter le fond de l’eau avec attention. Un peu plus loin, sur un petit bateau, une jeune prend des notes tandis qu’un homme d’âge mur surveille les opérations. En fait, il s’agit d’une opération de comptage d’hippocampes! L’hippocampe de Knysna (ou du Cap) est un des plus petits des hippocampes, mais aussi un des plus menacés et est régulièrement sous surveillance. Et donc apparemment, on peut le trouver là, au pied des pilotis des quais de la ville!

Avec cette jolie image dans la tête, Jeune Loup et moi prenons la route et en filant vers l’ouest, nous laissons derrière nous les nuages, au fur-et-mesure. La route monte doucement, nus traversons forêts et collines sous un ciel de plus en plus beau. Avec ça et là, des touches de fleurs rouges sur le côté de la route. Ca a beau être l’hiver, mais la “Route des jardins”  ne s’appelle pas comme çà pour rien. A la sortie d’un virage, nous voilà sur une route qui surplombe l’océan… devant nous, une magnifique plage semble nous appeler. On ne résiste pas et prenons la première sortie pour la petite ville de Wilderness.

Into the Wild(erness)

La petite histoire se souviendra que George Bennett, un jeune homme du Cap, y construisit sa maison pour lui et sa jeune épouse. Pourquoi si loin du Cap ? La jeune fille avait accepté de dire “Oui” à condition qu’il l’emmène vivre, “dans un lieu sauvage” (in the Wilderness”). A l’heure actuelle, c’est une station balnéaire plutôt plaisante, avec une immense plage de sable couleur caramel et un océan qui semble fait pour les sports nautiques. Pas le temps de s’y attarder malheureusement, ni de visiter le Wilderness National Park. Après s’être promenés sur la plage, nous retournons vers la voiture pour rejoindre Mossel Bay.

Mossel Bay, arts et surf

Ne vous fiez pas à son air de petite ville portuaire et industrielle. Mossel Bay est connue pour être le lieu où accostèrent les premiers Européens en Afrique du Sud : l’explorateur Bartolemeu Dias et ses hommes. Oh ironie, son expédition avait réussi à passer le Cap de Bonne espérance sans même le voir! Il faudra attendre le voyage de retour pour qu’il mette cet endroit mythique sur une carte.

Notre première prise de contact avec Mossel Bay sera son marché artisanal, le Craft Art Workshop dans le centre ville. A la fois atelier d’artistes et espace de vente, c’est un endroit à ne pas louper : peintures, sculptures, bijoux, jouet, tissus, vêtements, linge de maison… c’est une vraie caverne d’Ali Baba sans compter qu’un achat contribue à soutenir un artiste/artisan local! J’en ressors avec quelques souvenirs avant de passer à l’Office du Tourisme de Mossel Bay, juste à côté. Il est l’heure de casser la croûte, et nous avons besoin d’un conseil pour faire un break. Le personnel nous conseille tout de suite Delfino’s. Un bar/grill qui se trouve au Point Village, un complexe d’appartement construit sur une petite pointe isolée à l’est de la ville avec probablement l’un des meilleurs paysages que peut offrir Mossel Bay. Et si vous passez au restaurant d’à côté (ils communiquent), vous trouverez un endroit tout mignon, un peu baroque… et dont le sol est complètement recouvert de sable.

Nous sommes en semaine, mais la terrasse est pleine! Un tiède soleil d’hiver d’hiver chauffe tout ce petit monde. Des groupes d’amis, une paire de touristes, quelques familles, des surfeurs… presque tous blancs. La seule sud-africaine noire… c’est une nounou, qui promène sur la plage deux petites filles, blondes et bouclées, sans leurs parents. Ils semble donc que l’ascenseur social post-apartheid connaisse des ratés. Jeune Loup m’en fait la remarque, et me pose des questions. Je le vois attentif à plein de choses et de détails. Quand Nelson Mandela fut élu président, il étai encore un petit garçon… Je lui explique tout ce que je sais sur l’apartheid, la transition, les premières élections multiraciale. Lui explique aussi d’attendre Le Cap pour comprendre… mais il veut en savoir plus. Ça le travaille depuis que nous avons croisé plusieurs townships… celles de Port Elizabeth, de Knysna, celle de Mossel Bay. Je le sens plein de curiosité mais aussi de colère, lui qui a connu la guerre et la discrimination de près.  Pendant que je lui raconte tout çà, les surfeurs, insouciant et heureux, perdus dans l’océan, continuent de fendre les vagues.

Après avoir avalé un burger, nous nous remettons en route sous un soleil bas qui semble resté suspendu. Dès que 13 heures est passé, le reste de la journée se prolonge comme une longue fin d’après-midi, jusqu’à ce que le soleil se couche, avec une lumière d’une qualité irréelle. Et pendant des heures, nous roulerons dans un véritable fond d’écran Windows. Entre collines vert tendre et champs de colza jaune citron.

Difficile à croire que ce paradis fut un enfer pour la majorité des habitants pendant si longtemps!

Pour aller plus loin

Knysna – Wilderness -Mossel Bay

Y arriver : Knysna, Wilderness et Mossel Bay se trouve sur la Route N2 (la “Garden Route”) qui couvre la distance entre Port Elizabeth et Cape Town. Vous y accéderez donc via l’une de ses deux villes soit en louant une voiture,  soit via les différentes lignes de bus: Citiliner, Greyhound, Translux ou City to City. Il existe aussi le BazBus pass, super utile si vous passez du temps le long de la Garden Route, le pass vous permettra de faire du “Hop on/Hop off” et dépose ses passagers devant des hôtels de jeunesse sélectionnés.

Alternative si vous êtes pressés: atterrir dans la petite ville de George, à quelques kilomètres de Wilderness, reliée à Johannesbourg.

1,2,3 Bruxelles ! Ou comment être un touriste dans sa ville (1)
Musique du Départ #22 : Virgenes del sol




  1. Isa
    le 27.06.2017

    L’Afrique du Sud est vraiment une destination qui me fait rêver et sera probablement la prochaine si j’arrive à me remettre de l’indonesie et ne plus vouloir y repartir illico…
    Tes photos sont superbes et ce n’est pas forcement le type de paysages qu’on s’attend à découvrir dans ce pays , c’est peut être pour cela que j’ai envie de le découvrir !

  2. Melissa
    le 27.06.2017

    En effet… certaine région d’Afrique du Sud (surtout celle là) ressemblent plus à la Californie que l’idée qu’on se fait lde l’Afrique mais ce continent est si vaste! (et merci pour le compliment).