- Stellenbosch , Afrique du Sud -

September 2014

Roadtrip en Afrique du Sud : la Garden Route – Jour 3 : Swellendam & Stellenbosch

Depuis que nous avons quitté Mossel Bay, la voiture file dans un paysage de rêve. De douces collines vertes, ou jaunes de colza se suivant a un doux rythme et à l’horizon, des montagnes déchirent le ciel… D’azur, le ciel a viré au cobalt, puis au violet. Lorsque Jeune Loup et moi arrivons enfin à Swellendam, le soleil a commencé à se coucher.

Cette nuit, nous la passerons au Mountain View Swellendam, une propriétés qui cumule des studios  et un charmant cottage, un peu à l’extérieur du centre de la ville.  Avec ses structures en bois et ses toits de paille, l’endroit est charmant et champêtre à la fois. Pour une vingtaine d’Euro, nous héritons chacun d’un studio “sous le toit”. On se dépêche de ressortir pour regarder le soleil se coucher depuis notre terrasse. La vue sur la petite ville et les montagnes du Langeberg est magique! Tout le paysage semble être englouti dans une lumière orange et mauve. Mais il fait faim… Avant d’aller manger, nous allons prendre conseil chez nos hôtes.

Swellendam, la Rebelle endormie

Swellendam, la 4e plus ancienne ville du pays,  est plutôt touristique mais surtout l’été! L’hiver, des restaurants ferment, où n’ouvrent pas longtemps. Coup de chance, nous ne sommes pas loin du Drotsdy’s Restaurant. Le temps de se préparer et la nuit est tombée sur la ville… la température aussi, il fait un froid de canard. Dans la grande salle du restaurant, un grand feu commence à crépiter… mais la table est réservée, nous sommes placés dans une petite salle froide décorée d’un nombre incalculable d’objets aux sigles d’une célèbre marque de soda… Un peu incongru dans une demeure historique! Lorsque l’on quitte le restaurant, un froid piquant nous perce les vêtements, mais sur le chemin, les étoiles brillent! Swellendam est petite, et l’éclairage raisonnable, on peut donc facilement admirer le ciel austral et ses constellations inconnues. C’est comme lire la carte d’une ville où on met les pieds pour la première fois. J’arrive quand même à pointer la Croix du sud à Jeune Loup qui est loin, bien loin de partager mes considérations astronomiques.

J’essaie de le persuader de notre petitesse dans l’univers (blablahblah) mais nous revoilà de retour et nous n’avons qu’une idée: surfer sur le web, utiliser pour quelques instants la connexion internet de nos hôtes dans leur salon (pendant qu’ils regardent la télé). De vrais drogués! Vers 22 heures, chacun rentre chez soi, bien sagement.

Les petits matins d’hiver, en Afrique du Sud

Le matin, je tire un Jeune Loup pour le moins frigorifié de sa chambre. Il fait deux degrés à l’aube, les sommets du Langeberg sont saupoudrés de neige et notre pauvre louveteau a eu bien froid sous son toit de chaume, le petit chauffage électrique n’étant pas de taille pour chauffer une pièce de la dimension de nos studios. Décidément, l’Afrique du Sud n’est pas préparée du tout pour les grands froids et lorsqu’on débarque dans un café pour le petit déjeuner, le rituel désormais habituel est en place: le personnel est en pull et et quelqu’un essaie d’allumer un poêle. Je garde ma veste pour manger le meilleur muesli-yoghurt de ma vie, avec une bonne dose de miel (une spécialité de Swellendam). Maintenant qu’on peut voir la ville de jour, on a le temps de l’étudier un peu! Et c’est un peu étrange. Malgré son statut de 4e plus ancienne ville du pays, Swellendam est d’une taille plutôt modeste, un mélange entre bâtiment modernes et sans signes distinctifs et quelques charmantes maisons historiques qui semblent venir tout droit d’Amsterdam. Toutes blanches, elles sont souvent recouvertes d’un toit de chaume, comme notre guesthouse. C’est que Swellendam en a connu des aventures pendant son histoire : république sécessionniste face à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, incendiée et défigurée, Swellendam s’en est quand même sorti avec un patrimoine important.

Nous n’aurons pas vraiment le temps d’en profiter mais avant de reprendre la route, je tiens à jeter un œil à l’intérieure de l’Eglise réformée hollandaise, un véritable monstre quand on la compare aux autres bâtiments de la ville. Elle n’est pas très vieille (1910) mais c’est “l’empilement” de style qui la rend si particulière… un mélange de”Cape Dutch”, de byzanthin et de gothique, entre autre. Aux portes de l’église, un homme m’aide à ouvrir la porte. Je regarde d’un air curieux le mètre ruban qu’il tient à la main. l’homme a saisi mon regard. “Je suis venu prendre des mesures. J’habite dans une ferme avec un grand terrain et j’aimerai construire une chapelle qui aurait les même disposition. J’aime bien l’intérieur.” Je le regarde un peu stupéfaire. S’il fera çà tout seul? Oui, et avec quelques amis et ses fils. L’intérieur de l’église est tout aussi blanc, sobre et un peu austère comme cette branche du protestantisme. Je prends congé en serrant la main de ma rencontre matinale et c’est reparti pour la dernière partie de notre roadtrip!

Stellenbosch, romantique et fière

Quelques heures plus tard,nous voilà arrivés à l’heure du déjeuner à Stellenbosch. Stellenbosch est une ville toute blanche. Plus encore que Swellendam, elle reste enracinée dans son glorieux passé afrikaner. Si Stellenbosch était née au bords de la mer, peut-être aurait-elle supplanté Le Cap, qui sait? Mais l’histoire et la géographie en ont fait autrement et pour le bonheur des touristes, la ville reste une petite perle d’architecture “Cape Dutch” dont les petites rues sont bordées de chênes, emblèmes de la ville. C’est aussi le coeur de la région des vins. Depuis Stellenbosch, il est facile de rejoindre Paarl ou Franschoek, où les huguenots français, venus se réfugier au bout du continent africain, apportèrent avec eux la culture de la vigne.

Ce qui frappe quand on se balade dans Stellenbosch, c’est le nombre de jeunes gens. Pas étonnant, Stellenbosch est une ville universitaire prestigieuse en Afrique du Sud, même si elle résiste encore un peu au vent du changement… car quand je disais que Stellenbosch était une ville blanche, ce n’est pas seulement à cause de ses bâtiments historiques recouverts de chaux. C’est entre autre à Stellenbosch que furent nourries les théories de l’apartheid… pourtant, Le Cap, ville métisse et frondeuse, n’est qu’à une bonne demi-heure mais les deux plus anciennes villes d’Afrique du Sud semblent vivre dans deux mondes séparés.

Mais en ce bel après-midi, les couleurs de Stellenbosch sont réunies sur le  Braak, la plaine herbeuse qui sert de Centre à la ville. Juste à côté, il y a un supermarché. Jeune Loup et moi allons nous y engouffrer pour improviser un pic-nic. Pour quelques Euros, nous voilà revenus avec du pain, de la salade, deux cuisses de poulet et une salade de fruits. Dans le coffre, nous avons soigneusement rangé deux-trois bouteille de pinotage LE cépage sud-africain, c’eût été un crime de repartir sans!

Assis sur l’herbe, nous dégustons notre pic-nic. Au plus fort de l’après-midi, le soleil d’hiver arrive à chauffer assez fort que pour laisser tomber la veste, mais dès qu’il se cache, un petit vent froid vient subtilement vous rappeler la saison. On en profite pour regarder ce qui se passe. Les promeneurs, les étudiants, les mères et leurs poussettes… tout semble fonctionner au ralenti par ici, comme si le temps s’était contracté. Notre repas fini, nous partons en promenade, rejoindre le Musée de l’Université (Sasol Art Museum). Situé dans un magnifique bâtiment colonial rouge qui tranche dans le paysage urbain de Stellenbosch, ce musée est plutôt petit mais combine une riche collection d’Art moderne (surtout local) et ma partie préférée, une collection archéologique et anthropologique provenant de tous les coins du pays et d’ailleurs en Afrique australe. Malheureusement, les photos sont interdites mais fais moi confiance Lectrice, Lecteur, tu ne regretteras pas ton passage, si tu t’y rends.

La visite du musée sonnera la fin du roadtrip… Jeune Loup est déjà dehors, impatient de retrouver “une vraie ville” et de découvrir ce Cap que je lui ai tant vanté sur la route.

Une bonne heure plus tard, nous nous garrons dans le garage de l’hôtel. On a avalé la route, mais le voyage est loin d’être fini!

Pour aller plus loin:

Swellendam est le point de base pour visiter de nombreux coins nature, comme la Marloth Nature Preserve ou le Bontebok National Park. C’est également une bonne base pour se rendre au point les plus méridional de tout le continent africain: le Cap Agulhas. Rien de très spectaculaire parrait-il (même si on peut y appercevoir des baleines) mais les amateurs de géographie apprécieront!   Site web: http://www.swellendamtourism.co.za

Stellenbosch Si vous souhaotez visiter le “Cape Wineland” (la région des vins), séjourner à Stellenbosch est une bonne idée. par contre, si vous êtes au Cap avec un temps limité et que vous souhaitez faire un tour dans cette jolie ville, le moyen le plus facile est de prendre le train. Site web: www.stellenbosch.travel/

1,2,3 Bruxelles ! Ou comment être un touriste dans sa ville (2) : Quartier du Châtelain
#thailandBFF : Cours de cuisine thaï à la Baipai Thai Cooking School




  1. Severine - Native du Monde
    le 24.10.2017

    Sympa l’idée d’avoir une chapelle dans son jardin… 🙂 La lumière violette sur les photos est magnifique.

  2. Melissa
    le 24.10.2017

    Merci Severine, c’est çà qui était extraordinaire tout le long de ce séjour: la pureté des couleurs du ciel. Je vais sans doute radoter mais je n’avais jamais vu çà, même lors d’un voyage précédent (pendant le printemps austral). Je crois que je reviendrai encore en hiver là-bas (même s’il parrait que nous avons eu de la chance avec le temps).

  3. Fabien
    le 24.10.2017

    Au milieu de ce beau récit ce qui “m’accroche” le plus c’est l’idée de voir le ciel austral. Passionné d’astronomie depuis bien longtemps, j’ai du mal à imaginer l’effet que cela peut produire de se retrouver totalement perdu sous un ciel inconnu…cela me laisse rêveur 🙂

  4. Melissa
    le 24.10.2017

    Je vois que nous partageons un point d’intérêt, Fabien! ;D Je peux te dire que tu vas sans doute avoir une espèce de vertige. Quand on connait bien le ciel de son son hémisphère, se retrouver sous des étoiles inconnues, c’est très, très déroutant (vive les apps)! Et encore, à chaque fois que je me suis rendue dans l’hémisphère sud, il y avait toujours trop de lumière pour bien voir! Frustration! ^^

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