- Córdoba , Argentine -

August 2015

Córdoba : Introduction Rock and roll à la 2ème ville d’Argentine !

1er janvier… en fin de matinée, j’embarque dans un bus à destination de Córdoba. Au fur et à mesure que le bus se rapproche de sa destination, le paysage commence à changer. La pampa commence à onduler… on se rapproche tout doucement des Andes, même si elles restent encore loin. Les images de la veille me tournent encore dans la tête. Mon bain au coucher du soleil dans le Rio Parana avec les gratte-ciels de Rosario en toile de fond, le calme de l’heure bleue sur les rives du fleuve… et celui de mon auberge (les quelques résidents étaient cloués devant la télé). Autant j’avais envie de solitude au réveillon de Noël, autant je cherchais de la compagnie mais ne la trouvais pas ce soir de Saint-Sylvestre. Avant minuit, j’avais décidé de sortir, avec une mini-bouteille de mousseux pour célébrer la Nouvelle année, direction le parc. Je pensais y trouver une foule… mais non. Sur les marches du Monument au drapeau, un couple d’amoureux semble seuls au monde et dans le parc, deux ou trois groupes, des familles, qui papotent et attendant minuit, comme moi. Lorsque sonne minuit, je m’attends à des explosion de feux d’artifice, mais non… j’entends le sifflement caractéristiques des fusées quelque part, dans la ville, mais ne voit rien. Le Parana est lui plongé dans le noir. Je débouche ma bouteille et trinque à l’avenir. J’ai tout l’Argentine, le Chili et plein d’autres aventures devant moi.

Je suis donc plutôt fraîche lorsqu’en fin d’après-midi, je descend à la gare des bus de Córdoba, deuxième ville d’Argentine. « Córdoba, la docta », Cordoba l’érudite qui doit son surnom à son université, la deuxième plus ancienne d’Amérique latine. J’irai bien vite découvrir tout çà mais pour le moment, je me fais engueuler en montant dans le bus de la ville pour rejoindre mon auberge, le chauffeur n’a pas l’air d’apprécier mon sac à roulette ! A ce moment, je ne sais pas encore que je vais passer pas mal de temps ici…

Je débarque enfin dans mon auberge. Go Hostel est comme je l’aime : petite, bien équipée, à taille humaine. Nous devons être une bonne dizaine de résidents là-dedans et elle s’avèrera la plus conviviale de tout le voyage. A l’accueil, il y a aussi Thomas, jeune Français venu en Argentine pour les études, et qui est resté par amour. Ce jeune papa sera d’une aide précieuse lors de mon séjour. J’opte encore pour une chambre individuelle, petite, mais propre et pourvue d’un ventilateur, ce qui est indispensable en été. C’est aussi ici que serai officiellement initiée au maté, par Martin. Et on ne rigole pas avec le maté, une espèce de thé qui est la boisson nationale ! Je ne me suis pas débinée au premier essai. Le sucre dans le maté, c’est pour les gringos! Je l’ai bu « amargo ». Et c’était bon.

Je pensais qu’il s’agissait d’un cliché mais en fait non : partout où qu’ils aillent, les Argentins ont leur gourde à maté dont dépasse la « bombilla », une espèce de paille souvent métallique. A côté du chauffeur de dus ou de bateau, sous le bras de l’homme d’affaires  en costume ou celui de l’étudiante en promenade. C’est fou!

Le maté
Le maté est une infusion issue de la tradition améridienne guarani, faite à partir « yerba maté ». Très vite, cette boisson sera adoptée par les colons européens. Caractérisée par un petit amer, sa préparation est très codifiée. Comme le thé et le café, c’est une source de caféine mais on lui prête aussi pas mal de bienfaits : anti-oxydants, d’aide contre le concert, le surpoids, les maux de tête et les rhumatismes. Bref, la yerba mate est une vraie plante miracle 

Córdoba, ville jésuite

Comme la soirée est magnifique, je me dépêche de défaire mes affaires, me rafraîchir et d’aller me promener dans cette ville qui selon tous les guides, à une réputation d’être très agréables. Mais voilà… je l’ai déjà dit, il en va de ville ou de pays comme des personnes. Certaines vous reviennent tout de suite, vous séduisent d’emblée et d’autre, moins. Malgré le grand soleil et le berges arborées du canal qui traverse la ville, j’ai du mal à appréhender cette cité. Dans le quartier de Tribunales, là où se trouve l’immense Palais de Justice de la province, se trouve également la mairie de Córdoba. Un bâtiment d’une laideur affreuse qui me fait penser à ce que Ceaușescu aurait pu faire construire à Bucarest. Pourtant, Córdoba est ancienne, et même très ancienne pour une ville d’Amérique latine ! Elle est née à la moitié du 16e siècle et c’est dans le Microcentro, autour de la Plaza San Martin, qu’on trouve ce qui subsiste de cette histoire avec la « Manzana Jesuitica », le Quartier jésuite.

L’ordre était tout jeune lorsqu’il vint s’installer dans la région, peu après le fondation de Córdoba. Cet ordre aura une importance capitale dans l’histoire du Cône sud du continent sud-américain. Une église (évidemment dédiée au Saint-Ignace), une résidence, le collège de Montserrat et les premiers locaux de l’Université sont construits. Très vite, Córdoba deviendra un centre important de savoir et d’évangélisation. Afin de soutenir financièrement leur ordre et ses activités, les Jésuites construiront des « estancias », des fermes, à quelques kilomètres de la ville. Des 6 estancias, il en reste 5 que l’on peut encore visiter aujourd’hui. Tout l’ensemble jésuitique de Córdoba est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Et c’est un délice que de s’y promener, à l’ombre de ses belles pierres et des bâtiment couleur sorbet à l’orange qui forme un merveilleux contraste avec un ciel d’un bleu pur!

Tout à côté, on trouve la cathédrale et la grande Plaza San Martin, le cœur du Microcentro de Córdoba. Comme toutes les places majeures argentines, c’est un grand carré rempli d’arbres et de bancs qui ne désemplissent pas du matin jusqu’à très tard le soir. Il y a toujours quelque chose qui se passe Plaza san Martin! On vient y déguster une glace à l’ombre, admirer une démonstration de tango, regarder un spectacle de rue le soir au pied du Cabildo, l’ancienne mairie de l’époque coloniale et même à près de minuit, des familles entières s’y promènent ou viennent papoter.

A l’arrière de la Manzana, on trouve la Calle Dean-Funes, une jolie rue pavée remplie de boutiques et des restaurants invite le promeneur à s’y attarder… sauf que nous sommes le premier janvier. Tous les magasins sont fermés et la moitié des bars=restaurants aussi. Je fini par en trouver un… et j’ai très, très envie de manger quelque chose de pas typique du tout : une pizza. Je commande et le serveur me fait un grand sourire : « Vous voyagez seule ? C’est votre première fois à Córdoba ? Benvenida, votre espagnol n’est pas mal.» (vil flatteur, je bafouille et n’ai jamais appris) car si il est une chose pour lequel le Cordobès est connu, c’est sa gentillesse et sa chaleur. Et aussi sa capacité à faire la fête.

Salsa in the Park

Je ne tarderai pas à le découvrir!  Quand je quitte le restaurant pour rejoindre mon auberge, la nuit est tombée. Devant le Palais de justice, de la musique vrombit : de la salsa ! C’est un bal improvisé en plein dans le parc! Rien d’officiel, juste des couples, tous jeunes et une sono que je n’apercevrai pas. A part l’éclairage public, il n’y a rien d’autre. Combien sont-ils ? Peut-être bien une centaine à enchaîner les pas de danse au fil des morceaux. Je regarde, fascinée… Ca me donne envie de m’y mettre moi aussi. De prendre des cours au retour (mais pourquoi j’y pense?), à force de danser seule, je ne sais plus ce que ça fait d’avoir un partenaire. Et si c’était l’histoire de ma vie ? Je bloque mon cerveau… pas envie de réfléchir à çà là, maintenant, au milieu de toute cette joie. Je prend mon appareil photo et j’essaie d’immortaliser ce moment. Une tâche quasi impossible! Le seul éclairage est celui des réverbères du parc, autant dire quasi nul et je ne suis pas encore une experte des photos en basse lumière. Après un bon trois-quart d’heure, je me décide à partir, je n’arriverai à rien de mieux que ce que j’ai déjà photographié et je commence ) être vraiment fatiguée. Sourire au lèvre, la tête encore pleine de musique, je quitte le parc et dans la grande allée qui mène à la sortie, on me bouscule. Pire en fait, on me jette à terre. Je n’ai rien vu venir. Instinctivement, j’ai mis la main sur la sangle de mon appareil-photo. Pour la première fois, je suis victime d’un vol à la tire. Mais mon voleur n’avait pas compté sur mon aspect combatif! Flanquée à terre, je tire sur la sangle de toute mes force en criant. Pendant que je lutte je me traite de tous les noms. Il aura fallu d’un moment de distraction. D’habitude, je range mon appareil-photo dans mon sac et là, baignant dans une espèce de douce euphorie, j’ai négligé de le remettre. Idiote que je suis. Sans doute m’avait-il repérée depuis longtemps, attendant le bon moment d’agir. Mais je lutte, il ne s’en tirera pas comme çà! Et je crie. Je parie qu’il ne s’attendait pas à pareille résistance… combien de temps ça dure ? Je ne saurai le dire. Celà me semblât long. Pourquoi il n’abandonne pas, l’imbécile ? Il y a plein de gens dans le parc, mes cris vont le faire repérer ! Finalement, mes mains meurtries lâchent mon appareil-photo mais je ne m’avoue pas vaincue! Mon voleur détale comme un lapin avec moi à ses trousses… “Ladrón!” Il a vite fait de me distancer et ma forme physique n’est plus ce qu’elle était. Du coin de l’œil, je vois un jeune homme qui s’élance à sa poursuite sans hésiter. On m’entoure, on s’inquiète de moi… Est-ce que je ne suis pas blessée ? Non, non… je regarde mon jeans tout déchiré. Tant pis! Les visages sont flous, l’adrénaline et la course me donne le tournis! Une minute plus tard, mon bon samaritain revient vers moi avec l’appareil-photo en main. Endommagé, mais au moins, je récupère ma carte SD. Et tous les badauds applaudissent sur son passage. Je l’embrasse chaleureusement et le remet entre les mains de la jeune fille qui l’accompagnait. Il a du faire forte impression ce soir!

Et c’est cette image que je garderai de cette soirée. Celle d’un inconnu qui part aux trousses de mon voleur et des cris de joie des promeneurs du parc.

Faith in humanity : Restored!

Que voir et que faire à Córdoba ?
Rosario, la rebelle avec Elisa, blogueuse argentine




  1. Les Bazos
    le 23.11.2017

    Woaw, quelle aventure ! Heureusement que tu n’as pas lâché l’affaire ! Tes photos sont superbes, je ne connais pas ce coin du monde, mais pourquoi pas m’y rendre un jour… En attendant, merci de nous le faire découvrir !
    A bientôt !

    A.

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