- Cordoba , Argentine -

August 2015

Que voir et que faire à Córdoba ?

Córdoba, comme j’aurai arpenté tes rues ! En long, en large et en travers. Ce qui devait être une étape de 3 jours s’est transformé en une longue escale de 6 jours ! Par nécéssité. Le lendemain de ma mésaventure au Parc, il fallait absolument récupérer un appareil nouvel appareil photo et là, catastrophe ! L’Argentine est l’un des pires pays pour l’achat d’objets électroniques. Peu de choix, prix prohibitifs… Finalement, j’opte pour un Nikon J1, léger, flexible… en espérant qu’il ne me fera faux bon le long du voyage. Mais rien à faire, Córdoba… malgré ta bonne réputation, celle d’une ville pleine de chaleur et bonne vivante, il manque quelque chose pour que je m’y sente comme chez moi.

Ce qui ne veut pas dire que Córdoba n’ait rien à offrir, au contraire ! Alors…

Que voir et faire à Córdoba

On en avait déjà parlé dans l’article précédent : la Manzana Jesuitica (le quartier jésuite) est un immanquable ! Ce bloc de bâtiment datant du 17e siècle est LE patrimoine chéri de la ville. Là ou Córdoba est née et a acquis sa réputation « d’Athènes des Amériques ». On commence la visite par l’église de la Compagnie de Jésus. Comme la grande majorité des églises d’Amérique latine de l’ère coloniale, elle est en style baroque à l’intérieur, avec une façade plutôt simple, faite de grosses pierres que l’on va retrouver ailleurs dans le quartier mais sa particularité, c’est sa voûte en bois qui figure une coque inversée. Sortez de l’église et baladez-vous du côté du Collège national de Montserrat… et regardez à vos pieds : sur le trottoirs, vous verrez les traces des fenêtres, comme de ombres blanches sur le sol ! Les silhouettes de fenêtres ont été tracées sur le trottoir. Regardez maintenant en l’air. Avec ces murs couleur orange, ses balcons et décorations en fer forgé, on jurerait être quelque part en Espagne ! L’illusion est pendant quelques secondes saisissante ! Je n’hésiterai pas à y entrer. La cour intérieure est un petit havre de paix et les couloirs sombres du Collège fournisse un peu de fraîcheur bienvenue… Je suis seule, personne n’a l’air de vraiment surveiller l’endroit et je peux m’y promener à loisir. A l’intérieur, j’y trouverai une drôle d’exposition sur les poupées représentant des régions d’Argentine Bizarre, vous avez dit bizarre ?

La cathédrale et le Cabildo

C’est un peu les deux pouvoirs qui géraient la ville qui sont côte à côte : La Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, le pouvoir des cieux et le Cabildo, le pouvoir sur terre. La Cathédrale domine de toute sa masse orange la Plaza San Martin, on ne peut pas la louper avec ses deux campaniles ! L’intérieur est bien entendu somptueux mais la « pièce de résistance », c’est l’autel en argent massif importé du Pérou.

A côté, le Cabildo, siège du maire et des autorités de la ville du temps des colonies, semble bien sage dans son habit blanc. Le passants viennent y chercher l’ombre de ses arches et les touristes y découvrirons le musée de la ville de Córdoba. Entre la cathédrale et le Cabildo, on trouve un autre musée, le Musée de la Mémoire, dédié aux années sombres de la dictature. Sur la façade, une emprunte digitale composée de noms. Ceux des victimes du régime. C’est dans cet immeuble que l’antenne locale de la D2 (les services de renseignement) avaient établi un centre de détention des individus que la dictature estimait suspecte. Le résultat ? On le connaît. Des milliers de personnes assassinées, d’autres forcées à l’exil, de nombreux bébés nés en captivité puis « donnés » à des familles plus « méritantes » et des milliers de disparus, les « desaparecidos » dont le sort de certains n’est toujours pas connu à ce jour.

Paseo del Buen Pastor

A l’entrée du Paseo del Buen Pastor, le souvenir des disparus est rappelé par de grandes photos imprimées, en noir et blanc. Des visages de femmes. Sur une des photos, une femme est accompagnée d’un enfant. Des disparues. Sur le site de la « Promenade du Bon Pasteur », se trouvait une prison pour femmes. Une fois désaffectée, elle fut rasée et transformée en galerie commerciale. De la prison, il ne reste que la chapelle, devenue galerie d’art. Et il faisait plutôt calme au paseo ! A part une jardinière qui arrose les plantes du lieu, et une paire d’étudiantes qui prennent le frais à l’ombre, il n’y a pas d’autres âmes qui vivent. Pourtant, l’endroit est plutôt plaisant avec ses sculptures contemporaines et ses cafés branchés.

Juste à côté du Paseo, se trouve une église insolite : celle des Capucins. Elle n’est pas très ancienne (elle date des années 20) mais voilà, sa particularité, est qu’elle colorée, comme cela se faisait au Moyen-âge : chaque pilier, chaque moulure est colorée ! Elle vaut vraiment une petite visite !

Musées Caraffa, Evita et Parque Sarmiento

Marcher le long de l’Avenida Yrigoyen, c’est un peu marcher sur les traces de la bourgeoise cordobès. Les jolies villas se succède le long de ce large boulevard « à la française » jusqu’à arriver à la Plaza España, un immense Rond-point. Trois possibilités s’offrent à vous : soit visiter le Museo de Bellas Artes Evita – Palacio Ferreya, qui rassemble une collection d’artistes nationaux, soit aller au Museo Emilio Caraffa, le plus important des musées de la ville en ce qui concerne l’art contemporain. Problème pour moi : les musées en Argentine ont une fâcheuse tendance à fermer en janvier pendant tout l’après-midi avant de rouvrir le soir  ! Résultat, je n’ai pu pas voir cette collection qu’on décrit comme une des meilleures d’Argentine. Je continue donc mon chemin vers le Parque Sarmiento, le terrain de jeu des habitants de la ville. Et ce parc est immense (j’en aurait visité un petit bout) : zoo, lac artificiel, terrain de tennis… il y a un peu de tout ! Ce grand espace vert est charmant avec ses arbres et ses plan d’eau. Un charme malheureusement un peu gâché par le manque d’entretien. Si Córdoba a pu investir pendant les années de reprise qui ont suivi la crise de 2001, la crise actuelle couplée aux problèmes financiers récurrents plombent à nouveau l’économie argentine… et ça se sent…

Barrio Güemes

Probablement mon endroit préféré de Córdoba ! Le Barrio Güemes était un quartier populaire. Et même un peu dangereux m’a t’on dit. Peu à peu, le quartier s’est gentrifié… contrairement au reste de Córdoba, le quartier est composé essentiellement de petites maisons de cité, souvent peintes couleur saumon. Cela donne une certaine harmonie dans une ville qui en manque beaucoup. Et coup de bol, le jour où je visite Güemes, c’est un samedi et tous les week-ends, se tient la Feria Artesanal, un des meilleurs marché d’artisanat et d’antiquité d’Argentine. Je me noie dans la ville qui flâne le long de la Calle Belgrano. Je remarque que de nombreux bars et restaurants se sont installés dans les anciennes maisons d’ouvriers. Des magasins d’antiquité aussi, ou de design. Pas de doutes, je suis dans un quartier en cours d’hipsterification et j’adore. Et Lectrice, Lecteur, j’ai honte. 😉

Bref, je ne boude pas mon plaisir et prend plaisir à regarder tout ce se passe autour de moi, les musiciens de rues, les marchands qui essaient de convaincre un client, les parents qui tiennent leurs enfants dans leurs bras… Enfin, je me sens à ma place… et c’est le dernier soir. Je m’attarde à une terrasse et commande un Fernet-coca (la deuxième boisson nationale après le verre de malbec (ce sera la dernière). Mais QUI a eu l’idée de mixer cette alcool amer au goût de plante avec du coca ?

Il me reste un peu de monnaie… c’est la pleine lune ce soir et comme il n’y a pas de petits profits, une jeune femme propose aux passants de jeter un œil sur notre satellite à travers un télescope. Je ne résiste pas… la lune est belle, la soirée est douce et je suis heureuse de quitter Córdoba un peu plus conquise qu’au départ.

Pour aller plus loin

L’un des avantages de Córdoba, c’est qu’il y a énormément de choses à faire et de petites villes à visiter aux alentours, des excursions qui peuvent se faire à la journée.

Il y a les 5 estancias des jésuites, patrimoine de l’UNESCO

Le village de La Cumbre, très populaire chez les habitants de Córdoba, à cause de son climat frais.

Alta Gracia, aussi dans la montagne. Cette petite montagne abrite une estancia jésuite… et la maison où Che Guevarra vécu quand il était adolescent.

La Cumbrecita : Probablement la plus populaire des destination aux alentours. Si vous comptez y loger, prenez-vous y bien à l’avance en été (je voulais y aller et PAF, pas de chance, tous les logements abordables étaient complets). Située dans la sierra centrale, les amateurs de nature (sentiers forestiers, cascades, randonnées…) s’en donneront à cœur joie.

Villa General Paz Aussi très populaire (la plupart des autres résidents de l’auberge y sont allés). Située au bords d’un lac, mon « guide le décrivait comme « un croisement entre Las Vegas et Disneyland ». Ce qui était le seul argument nécessaire pour que je n’y aille pas.

Villa General Belgrano : Tant qu’à faire dans la curiosité, j’ai préféré visiter cette ville. Sa particularité ? Elle fut fondée par les naufragés du Graf Spee, un cuirassé torpillé au large de Montevideo pendant la 2e Guerre mondiale. Les rescapés sont donc allés s’installer bien loin de la mer, dans les Sierras Centrales de l’Argentine et que dire ? C’est très, très étrange de voir une architecture aux accents bavarois en Argentine ! Tout y est : les maisons style chalet, les géraniums aux balcons… On y brasse de la bière (testée et approuvée) et on y célèbre l’Oktoberfest… malheureusement, la tour d’observation qui promettait une superbe vue sur les alentours était fermée ! La jolie route qui vous y mènera passe à travers la montagne et le paysage devient de plus en plus joli au fur et à mesure que l’on se rapproche de Villa General Belgrano. Départ toute les heures depuis le terminal des bus locaux de Mercado Sur.

Pour rejoindre Cordoba

  • Córdoba est très bien connectée au reste du pays, essentiellement par bus. Le site Omnilenas vous renseignera sur les horaires pour tous les bus en Argentine Le terminal de bus est lui aussi très bien relié par les transports en commun municipaux (comptez une dizaine de minutes pour rejoindre le centre). Compter 11 heures de route dpuis Buenos Aires (une occasion de tester la classe Cama avec ses grands sièges inclinables et ses snacks inclus).
  • Par avion : Via l’aéroport Ingeniero A. Ambrosio Taravella, depuis Buenos Aires (et d’autres villes argentines) et d’autres ville des Amériques comme Miami ou Lima.
  • Le train : L’option la moins chère, mais aussi la plus longue. Départs deux fois par semaine (les lundis et jeudi depuis BA, les mercredis et dimanches depuis Córdoba) Plus d’info sur http://transitocordoba.com/transporte-de-la-ciudad/trenes/tren-cordoba-buenos-aires/

Office du tourisme de la ville de Córdoba : http://www2.cordoba.gov.ar/turismo/ et de la Province de la Province de Córdoba : http://www.cordobaturismo.gov.ar/





  1. LadyMilonguera
    le 13.12.2017

    Effectivement, Cordoba semble ne pas manquer d’intéret…

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