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February 2012

Des bonheurs de l’imprévu: perdue à Rio

A Day in Ipanema

Cet article a été écrit à propos d’un voyage datant de 2009

Les montagnes de la forêt de Tijuca et les immeubles qui bordent Ipanema se détachent en ombres chinoises dans les rayons du soleil couchant. A deux pas du Poste 8, j’attends une de mes collègue et son compagnon qui logent à Barra de Tijuca, ce nouveau quartier plutôt bourgeois où se trouve la plus longue plage de Rio de Janeiro.. Après une bonne semaine de vadrouille en solo post-Conférence, c’est le lent retour vers la réalité. Mon dernier soir au Brésil et déjà, le subtil pincement de la nostalgie se fait sentir alors que j’ai les yeux encore plein de la lumière de la plage. Je saisis mon iPhone,  m’aperçois que je capte un réseau wi-fi et twitte pour tuer le temps.  La jeunesse dorée de Rio défile sur le trottoir à mosaïques qui longe la plage, les surfeurs sortent un par un de l’eau. Après une heure, pas de signe de ceux que j’attends. Ils ont sans doute été retardés. Eh bien je les retrouverai à l’hôtel et irai en bus jusque là.

Lectrice, lecteur, laisse-moi t’expliquer un truc sur les bus cariocas: on ne sait jamais exactement où ils passent et où ils vont. Les arrêts de bus sont bien là mais à part le numéro de ligne (et encore), pas d’indication de sa provenance, de sa destination et encore moins des arrêts intermédiaires. Pendant que je patientais, j’ai remarqué une ligne qui se dirigeait vers Barra. Je demanderai donc au chauffeur s’il s’arrête là. Le bus ne tarde pas à arriver et tant bien que mal, j’essaie de me renseigner. Je n’ai pas une réponse claire mais décide de monter?. Je pense me souvenir de la route et je descendrai si nécessaire. Le bus démarre, passe le quartier de Leblon, dans le bas de la Favela de Rocinha, à Sao Conrado… jusque là, tout va bien puis… je ne reconnais pas la route. Nous sommes dans un quartier de bureau et centres commerciaux. Pas de taxi dans le coin… Je commence à m’inquiéter. Après un moment, je me dirige vers l’employé qui collecte les prix de la course et lui montre une carte où je pointe l’endroit où se trouve l’hôtel. Des palabres s’en suivent avec une des passagères. J’ai vite fait de comprendre qu’ils essaient de savoir quel bus je dois reprendre et où je dois descendre. Nous voilà revenus sur la plage. On me  fait signe de descendre, d’aller de l’autre côté de la route et d’attendre. Il fait nuit, je  me dirige vers un kiosque et me rends compte que je suis à la fin de la plage de Barra. L’hôtel se trouve à l’autre extrémité, à 12 kilomètres de là. Génial.

Au kiosque, on me renseigne: il faut prendre la 179, mais attention, il doit passer par Rua Orla. Un petit jeune qui était attardé au bar décide de me tenir compagnie. Leonardo est grand adolescent un peu dégingandé, en training et en casquette. Très fier, il m’annonce qu’il a commencé à apprendre l’anglais il y a 4 mois. “Un mois de cours puis le reste, c’est tout seul avec l’Internet et la télé parce que c’est trop cher”. J’essaie de le complimenter et de le corriger. Il pense être bien avancé et ses constructions de phrases sont toutes tarabiscotée mais sa bonne volonté est tellement évidente qu’elle m’amuse. Je  lui parle de mon dimanche après-midi à Maracana à regarder Flamengo jouer au football. Il est fan. Encore un! Je me demande s’il existe des Cariocas supporters des autres clubs de la ville. Lui m’apprend à compter correctement en portugais, objecte à ma prononciation, m’ordonne de prendre des cours avant de revenir au pays: “Mais de portugais brésilien, hein”. Nous attendons, le bus ne vient pas et quand en passe un, ce n’est pas celui qu’ il faut. Leonardo est frigorifié et frissonne dans son training (un thermomètre au bords de la route indique 18 degrés). Un coup de fil oblige mon bon Samaritain à partir. Sa maman l’attend pour dîner. Il me serre la main et me lance un grand geste avant de traverser l’avenue en courant et de disparaitre dans la nuit.

Me voilà donc seule. Toujours la patience. Je regarde l’heure. Il est presque 20h30. Cela fait 4 heures que passe à attendre. Tant pis. Par chance, un hôtel se trouve à quelques centaines de mètres et un taxi vient de déposer un client. Je  monte dedans.

En ressassant cet intermède non-prévu au programme, je souris en me disant que cela valait bien les 36 reals de la course.

 





  1. Julien@Voyageur-Independant
    le 15.12.2017

    Rio, ville qui me fait rêver. Toi qui est allée à Cape Town, quelle est la ville que tu as préféré?

  2. Melissa
    le 15.12.2017

    Hello Julien… Question piège!!! ;D Petit penchant pour Le Cap car je trouve qu’elle a une taille un peu plus facile à appréhender pour le visiteur.

  3. Julien
    le 15.12.2017

    Je ne vois pas l’article, c’est normal ?

  4. Melissa
    le 15.12.2017

    Euh non… mais tu as réussi à le commenter malgré tout! ;D

  5. Voyage Perou
    le 15.12.2017

    haha je suis bonne pour me perdre dans les villes (et c’est pas voulu). Mais c’est tellement agréable malgré tout, on fait des découvertes improbables! Et c’est des moments qui nous appartiennent à nous tous seuls 🙂

  6. Stéphane
    le 15.12.2017

    Sympa ce petit récit surtout que j’étais à Rio en novembre et j’étais à la favela de rocina.

    Même si je n’ai pas trop compris le système de bus, il m’a paru assez fiable quand même.

  7. Melissa
    le 15.12.2017

    Oh, il est tout à fait fiable (je l’ai même pris plus tard pour me rendre à la gare routière) mais sur les indications de mon hôtesse (et àa apparaissait aussi sur lz dignalisation du bus) mais aux arrêts, aucune indication! Je me demande si ç va changer pour les jeux olympiques.

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