Cape Town: Hike up Lion's Head

Quand on découvre Cape Town pour la première fois, on a une espèce de choc. La route est longue pour y arriver depuis l’Europe et il y a toute un continent à survoler! C’est le bout de l’Afrique, pour nous, quasi le bout du monde! Plus au sud, c’est l’Antarctique!

Cette ville, ce pays, j’y avais tant rêvé. J’avais attendu 15 ans pour enfin m’y rendre.

Et pourtant. Le sentiment qui m’a envahi lorsque j’ai découvert la ville, c’est celle de la familiarité… et je ne m’y attendais pas.

Ces maison de style hollandais, ces demeures de style géorgiens ou art déco, ces jardins à l’anglaise et cette statue de la reine Victoria… On pourrait-être dans une grosse ville d’Europe, à la population bigarrée et métissée et si je vais sur la plage de Camps Bay, un petit air de Californie flotte dans l’air mais il y a quelques indices… La montagne de la Table qui domine la ville prend la couleur rouge de la terre d’Afrique quand le soleil se couche et à côté des écureuils, de drôle d’oiseau inconnus se baladent dans les parcs.

Une ville façonnée comme un théâtre romain, lovée entre sa Montagne, les collines de Lion’s Head, Signal Hill et Devil’s Peak, elle fait face à l’océan et semble projeter Robben Island comme un baiser à son public. Cette île prison est maintenant le testament des hommes qui ont beaucoup sacrifié pour l’égalité…

Et presque 20 ans plus tard, l’autre choc, c’est l’inégalité. Entre la jeunesse dorée de Sea Point ou de Camps Bay, qui semble avoir mis l’apartheid derrière elle à coup de cocktails et de fraternisation autour d’une séance de surf  et la majorité de la population qui vit à des kilomètres du centre ville dans les townships et pour qui les conditions de vie sont souvent à peine meilleure et ou après l’euphorie et l’espoir, l’amertume et le cynisme semble prendre place.

Entre tout çà, il y le Capetonien moyen: joyeux, tolérant, bavard, aimant la vie, amateur de musique, de bonne chère et de bon vin et raillant ces « workaholics » de Jo’burg qui ne savent pas profiter des belles choses. Ce sont ceux que j’ai rencontré qui m’ont ancré un bout de coeur là-bas, à la confluence de l’Océan Atlantique et de l’Océan Indien.

Et lectrice, lecteur, je te mets au défi d’y aller et de ne pas vouloir y revenir!